Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane

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samedi 7 avril 2007

Apprentis sages (4) : Allez et (sur)peuplez la terre... du Saloum.

Je reviens dans la série des Apprentis-sages pour cette fois ci abandonner mes pauvres cousins face aux défis de la Ville et aller voir un peu ce qui se passe du coté de ceux qui sont restés au village.

Oui, c'est toujours la révolution dans la petite vie de mes cousins, de mon village, la -bas dans le bassin arachidier, anciennement vivier de riches négociants aujourd'hui source privilégiée de nouveaux boat-people.

Et comme toute révolution, celle-ci nait dans la tension d'un conflit.

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vendredi 6 avril 2007

Ville Cruelle - Où la communauté se noie dans la multitude

La scène se déroule dans un "car rapide", un des ces monstres roulants qui encombrent les rues de Dakar au grand regret des autres conducteurs mais qui font office de transport en commun le plus populaire de la ville. Ces cars, qu'emprunte la grande masse laborieuse qui se deverse chaque jour de la grande banlieue dakaroise vers le centre, sont un laboratoire de notre société.

Mon cousin qui a emprunté le car ce matin là tente en vain de sauver le repassage impeccable et la blancheur de son ample et superbe Kaftan aux broderies élaborées mais la tâche est ardue. Sur sa gauche, il a une vendeuse de poissons qui transporte toute sa marchandise dans une large bassine qui encombre l'étroit couloir du car et dont les éffluves "marines" sont bien moins dangereuses que les arêtes tranchantes et queues de poissons qui en débordent joyeusement tentant d'ecorcher les pan du Kaftan. Sur sa droite, un jeune homme est plongé dans la lecture d'un journal qu'il étale sans gène sur ses voisins les obligeant à des contorsions qui achèvent de froisser mon fringant cousin.

Ce lecteur indélicat est en fait un voleur en pleine action.

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mardi 20 mars 2007

Talibés : Notre humanité en jeu?

Il est vingt deux heures et les rues de Dakar se sont vidées enfin de leur trop plein de véhicules et de monde.

Cela laisse un air d'après fête, avec les détritus et pour le dire brutalement l'incroyable saleté qui tapisse les rues. Pour l'instant le calme et la fraîcheur du soir font comme un écho à la fureur de la journée.

Je marche dans ces décombres de la journée, mon petit trajet nocturne occasion de méditations souvent aériennes et dont, pauvres lecteurs, vous subissez parfois les chutes maladroites.

Ce soir là, ma chute, un rappel à une douloureuse réalité, est venue sous une forme innocente, fragile et pathétique : une main d'enfant m'a accroché...

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vendredi 1 décembre 2006

La saison (ou plutot L'ère) des Marabouts

Qui se couvre de promesses, grelottera au grand froid.

Birago DIOP, Les Nouveaux Contes d'Amadou Coumba
C'est la nuit dans un quartier populaire de Dakar.

Il est 23 heures passées mais la rue grouille de monde, marée humaine jetée dehors par la chaleur qui ne finit pas de sévir, l'exiguité des maisons surpeuplées et la simple curiosité de ce qui se passe dehors.

Le coin de la rue est éclairé par un lampadaire qu'un adroit jet de pierre a dut esquinter puisque son ampoule pend au bout d'un cable, oscillant au gré d'une brise rare, diffusant une lumière jaune et blaffarde. Un peu à l'ecart du lampadaire, un groupe de jeunes s'anime de débats passionés, d'eclats de rires sonores et parfois, de piques taquines lorsque passe une fille du quartier. Au loin, on peut entendre un haut-parleur saturé brailler les inévitables chants religieux qui ne reussisent toujours pas à enchanter les nuits dakaroises. En face, une bonne femme s'active autour d'un fourneau où brule du charbon de bois invectivant sans arrêt sa fille dans un peul chantant : elle grille des cacahuetes (dans une poëlle remplie de sable chaud) pour les vendre en cornets aux passants et aux voisins habitués.

Banale et finalement paisible scène nocture de ce quartier.

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lundi 13 novembre 2006

"...en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyranie"

La scène inspire des images de guérilla urbaine, de révolutions sanglantes, de terreur.

On aperçoit d'abord au loin une épaisse fumée noire qui s'élève au dessus des maisons et des arbres qui bordent les rues. Tout autour de vous les gens inquiets lèvent la tête vers ce signe sinistre, s'interpellent, s'interrogent.

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mercredi 6 septembre 2006

Dakar, la grande mendicité africaine

Ce doit effectivement être une des images les plus marquantes pour le visiteur à Dakar. Lorsque sa voiture à parcouru l’avenue Roume, longeant le Palais de la République, palace colonial aux épais murs blancs dont les grilles dévoilent un jardin tropical toujours superbe, passant sous les grands arbres qui bordent l'avenue et dont les cimes se joignent au dessus de la chaussée pour lui donner un voûte verte et ombragée, débouchant ensuite sur la Place de l’Indépendance et son étonnant mélange de Building moderne et de vielles battisses coloniales, quand enfin ayant fait le tour elle s’arrête au feu devant la BICIS, le visiteur qui savourait la beauté du Plateau découvre soudain son autre visage : la nuée miséreuse des mendiants voletant autour de sa voiture.

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mardi 29 août 2006

L'oiseau ramatou, l'ouvrier du bâtiment et l'économie

C'est une scène très courante à Dakar et qui me laisse toujours méditatif.

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dimanche 20 août 2006

Il n'y pas de chomage au Sénégal

Je vous assure... Il n'y a pas de chômage au Sénégal.

Ah... je te vois d'ici, Internaute sceptique, qui lève un sourcil ironique devant cette hallucinante déclaration, te demander si je vais partir dans une pirouette rhétorique qui prouvera une fois pour toute que j'ai le mensonge assez effronté pour mériter un siège à l'Assemblée.

Pas de chômage au Sénégal qu'est ce qu'il raconte nous là ?

Mais si, j'insiste. Il n'y pas de chômage au Sénégal. Je vais vous dire pourquoi ...

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samedi 12 août 2006

Les Pirogues de l’Infamie 3 : Une histoire individuelle de l’émigration clandestine

Oui, oui, … on a assez entendu parler de ces émigrés clandestins qui partent à l’assaut des frontières africaines de l’Europe, sur les clôtures de l’enclave de Ceuta ou à travers le détroit de Gibraltar, dans des petits bateaux vers les cotes italiennes ou sur des pirogues de fortunes vers les canaries.
On les a vus, recueillis par les secouristes, fatigués, blessés, le visage livide, grelottant dans des couvertures ou affalés sur des brancards, le regard perdu au loin, entre les vagues qui ont failli les engloutir….

Mais avez-vous essayé, en scrutant ces traits tirés au bout d’un voyage cauchemardesque de deviner l’itinéraire d’un de ces réfugiés ?

J’en connais un.

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dimanche 30 avril 2006

Apprentis(sages) 2 : Des metiers mal appris

Comme je le disais la dernière fois, c’est la révolution dans la vie de mon petit cousin venu du village et désormais installé à Dakar : il va apprendre un métier.

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