Mère, toi aussi tu as un fils.
Par Doomu Rewmi le jeudi 22 novembre 2007, 15:35 - Magazine du (théatre) Politique - Lien permanent
Désolé pour certains mais le délire ci-dessous ne fera réellement sens que pour ceux qui vivent ou suivent de près l'actualité (politique) sénégalaise.
J'ai hésité à le poster. En fait j'évite toujours d'aborder les sujets brûlants de l'actualité politique. D'abord pour garder une distance avec ce dont je parle. Ensuite, je l'avoue, parce que je crains d'attirer l'attention potentiellement dévastatrice de nos acteurs politiques (mes obligations actuelles me l'interdisent).Mais publions. Car après tout, ce ne sont que les délires d'un pauvre fou sur un nébuleux coin peu (mais bien) fréquenté du Web.
A l'heure où on nous apprend qu'un enfant prodige serait soudain apparu au grand jour pour mener les destinées du pays,
À l’heure où les pires de tes enfants, parfois même fils d'une autre sont venus se servir dans ton écrin des plus coûteux de tes bijoux qu'ils bradent, t'apportant ensuite des cadeaux en pacotille pour tromper ta patience qu'ils prennent pour de la naïveté,
À l’heure où, ô mère, les galopins qui te volent cruellement le lait qui doit nourrir mon petit frère, lui subtilisent chaque grelot que tu lui bricoles, pavanent devant toi leurs nouveaux jouets, prétendant même t'impressionner par ce qu'il savent en faire,
À cette heure, pauvre mère, où une autre mère assise sur ta tête, prend la nourriture de la bouche de tes petits pour engraisser le sien et oser ensuite leur demander de se soumettre à sa vigueur plus grande,
À cette grave mère, où je te sens prête à te rendre, victime toujours résignée de toutes les trahisons, je voudrais te rappeler, mère que toi aussi tu as un fils.
Tu l'as enfanté dans la douleur, mère. Etait-ce accroupie à même le sol de quelque arrière case de l'arrière pays ou sur la table délabrée d'un hôpital populaire réduit à ses murs lézardés et à son personnel démotivé juste encore assez éveillé pour t'écrire une ordonnance que tu ne comprendrais jamais et saurais difficilement payer ? Ce n'était certainement pas dans la maternité rutilante d'une clinique hors de prix ou dans celle encore plus rassurante d'une autre patrie mieux lotie dans la loterie de l'Histoire.
Oui, mère, toi aussi tu as un fils.
Tu l'as élevé dans mille terreurs, Mère, assailli de toutes parts par les hordes des maladies infantiles, peu défendu par des vaccins qui, tels des mercenaires demandaient leur prix. Tu as marché des kilomètres souvent avec lui sur ton dos pour aller chercher protection chez quelque sorcier en blouse blanche. Tu as appris par coeur les recettes de grand-mère qui savait reconnaître les fièvres scélérates et les racines amicales. Tu as tremblé, pleuré, supplié et prié un ciel muet et parfois avare de son eau. Tu as regardé succomber certains de ses frères et soeurs et attendu sept années pour oser croire que lui survivrait. Oui il a survécu. Son corps marqué par les cicatrices de cette guerre est-il moins beau, moins digne d'amour que celui lisse, clair et sans tache du fils d'une autre qui aura grandi dans la sécurité du château, protégé des milles maux, souvent exilé pour se regaillardir, toujours sous l'oeil rassuré mais exigeant d'une autre mère.
Oui mère, tu as vraiment un fils.
Tu l'as éduqué à l'école de la vie, celle du pas assez, du peu partagé entre plusieurs, celle des misères quotidiennes et des conjonctures difficiles, des coups durs qu'un hasard cruel semble destiner si souvent aux mêmes. Certes il a été aussi à l'autre Ecole, celles des classes bondées, des coudes serrés, des profs lésés, celle qu'on rêvait voir construire la république et qui s'est soudain déversée dans la rue publique en une horde jeune criant son rejet d'un joug devenu intenable et scandant le nouveau slogan de l'espoir placé en un seul homme. Cette école qui n'a jamais guéri de cette hémorragie, de cette saignée qui devait sauver tout le corps, cette école la, Mère, à plus tard recraché ton fils des couches populaires sur le rivage sans horizon des maîtrisards chômeurs. Non, Mère, ton fils n'aura pas eu le privilège des lycées cossus réservés aux fils d'ailleurs, il n'aura pas eu le car climatisé, les programmes importés et terminés, les inscriptions toutes prêtes et l'envol vers la métropole. Il lui aura fallu creuser son trou et, comme une fourmi, tenter de construire graine par graine son édifice fragile. Ou peut-être, vainqueur au mérite de la course à la bourse, il sera puni d'un exil à la dure, dans le froid et les galères.
Oui mère, toi aussi finalement tu as un fils, et lui aussi est de retour.
En son absence, le nouveau maître a pris possession du château porté par un frêle espoir sur une tempête de révolte contre les injustices sociales. Un nouveau maître triomphant aujourd'hui mais dont le défi avait d'abord été hésitant avant de s'affirmer porté par la horde vengeresse des frères, des sœurs et du père de ton fils. Ceux la même qui, le dernier souffle emporté par la bataille qui renversa l'ancien despote, mirent leurs espoirs aux pieds du nouveau maître avant de s'effondrer.
Tu as un fils, mère.
Et il était là quand tu t'es jetée pleine d'espoir dans l'étreinte du nouveau maître. Ah quelle douloureuse surprise mère quand cette étreinte se montra cruelle et sans respect pour tes organes. Ton fils était là qui pleurait de déception quand le nouveau maitre te violentait et te possédait de toutes les façons indignes. Ton fils était là, tremblant de rage quand il offrait ton corps sacré aux assauts sauvages de ses vulgaires hommes de main. Ton fils était là, hébété de douleur quand il se sont battus comme des chiens pour les derniers lambeaux de ta chair. Ton fils était là mère, quand la concubine du nouveau maître comptait tes bijoux pour offrir un cheval de course à son fils.
Oui mère, toi aussi tu as encore un fils.
Un fils écorché par la trahison amère du destin, mais qui rêve encore de te rétablir dans ta stature telle la reine que tu es toujours dans son cœur. Un fils prêt à se jeter dans les joutes saisonnières pour reconquérir ton honneur fut-ce face au fils de l'autre.
Que dis-je mère ? Tu n'as pas un fils mais des milliers et des milliers.
Je les vois debout, mes frères, mes sœurs, qui te regardent plein d'appréhension, refusant de croire que tu accepteras l'ultime trahison qui te verra héritée comme un vulgaire butin de guerre et tomber sans vie dans l'étreinte du fils après avoir subi le viol du père.
Mère, ô pauvre patrie, souviens toi que toi aussi tu as un fils.
Commentaires
c'est beau et courageux merci JP
J'avoue que la perspective que tu évoques m'effraie depuis un certain temps. Ca ferait franchement Banana Republic! En plus, sachant que nous avons réélu Wade et apparemment sans fraude massives, je me demande si ça ne risque pas de se faire démocratiquement ce qui serait une sorte de suicide la part du peuple. Parfois, je me dis que c'est tellement énorme que ça ne pourra pas arriver. On n'est quand même pas en syrie ou au Togo, ici les gens votent depuis le dix neuvième siècle au moins; mais bien évidemment, l'histoire ne protège de rien si les vivants ne jouent pas leur rôle. Si ce coup de force réussissait, je perdrais presque tout espoir pour le Sénégal.
pfuiiiiiiiiiiiiiiiit...
il me faut reprendre mon souffle...
ce texte est trop fort !!!!
c'est beau, c'est emouvant, c'est vertigineux et surtout, malheureusement, tellement vrai !!
tout ça écrit d'une superbe plume
les images, les images, les images....du début à la chute finale... trop fort
là je dois l'admetre bro, j'admire ! (y'en a une qui va être contente de lire ça :) )
hady c'est absolument effrayant oui , il y a des chance qu'il y arrive certes ( vus les moyens qu'ils emploi) mais je crois qu'il n y a pas moyen que cela se fasse démocratiquement ! Quand même, ca on ne laissera pas faire !!!
Je ne trouve pas la perspective si effrayante que cela. A ma lecture, je trouve que Doomu rewmi le présente de façon tellement optimiste en prenant en plus soin de souligner que ce serait un juste retournement des choses (« vengeance » des fils légitimes, fils aussi (ou plus) dévoués et talentueux que l’autre, majoritaire en plus …, etc., bref, tout ce qui justifierai cet acte en fin de compte) que l’on voudrait presque que cela arrive.
Je ne suis pas l’actualité politique sénégalaise dans les détails (quand je parcours les infos, je regarde que les gros titres, dés fois sans lire les articles eux même), j’en sais juste assez pour pouvoir comprendre le parallèle avec ton texte. Ce parallèle me permet d’ailleurs d’en savoir un peu plus, et comme je disais : non, cette perspective, au vue de ce texte en tout cas, ne me fait carrément pas peur, j’aimerai que cela arrive.
Démocratiquement de préférence, et si cela se fait autrement la fin justifierai aussi les moyens, car cette « fin » serait un bien pour la « mère » qui n’en ai pas consciente.
quoi? radical? moi? :-)
En fait, Nayabingui, la perspective que Hady Ba craint, c'est celle que le fils de l'autre hérite de notre chère terre de son père comme un vulgaire butin.
Et peut etre bien que je suis optimiste de croire que mes frère et sœurs sont là debout plein d'appréhension à cette idée. Mails Il y a au moins Hady.
Peut être aussi que je suis optimiste de les voir, ces frères et sœurs, allers affronter le fils de l'autre dans les joutes saisonnières : ces joutes pourrait être simplement occultées ou perverties.
A mon avis, le père fera tout pour ne laisser aucun chances à aucun concurrent. Il ne laissera pas le hasard de la compétition perturber son auto-succession.
Oui auto-succession, c'est de cela au fond qu'il s'agit : de cette volonté vaine de se perpétuer fut-ce au travers d'une progéniture télécommandée.
Mais inévitablement le temps sécoule et un jour ce règne finira.
La question objective à se poser est la suivante: Serait-ce vraiment un mal? Je pense que oui pour au moins deux raisons.
La première est que Karim Wade, quoi qu'on en dise n'a jamais fait la preuve de sa compétence. Il a, par pur népotisme, obtenu un pouvoir de gestion absolument exorbitant. Il ne nous a pas prouvé que ce népotisme était a posteriori justifié par le fait qu'il était moins corrompu que les autres: il en a profité pour se constituer une cours et pondre cette hérésie de pensée concrète qui est à la pensée ce que le lego est à la maçonnerie.
Deuxièmement, le peuple sénégalais a élu son père principalement pour qu'il éradique la corruption du régime Diouf, Me Wade a fait émerger une nouvelle classe politique qui non seulement est infiniment plus corrompue que la précédente, mais en plus est totalement incompétente et inculte et n'a aucun sens du service public. Vouloir de surcroit laisser le pays en héritage à son fils est une insulte intolérable à tout Républicain. On me parlera de Bush Jr, d'abord W n'est pas un exemple de compétence, mais en plus quelles que soient ses errements, on ne peut pas comparer ce qu'il fait avec le pure et simple détournement de fonds publics qu'opère sans vergogne le régime sénégalais actuel.
"car cette « fin » serait un bien pour la « mère » qui n’en ai pas consciente": Je ne vois pas de quel droit quiconque s'arrogerait le droit de faire mon bien contre mon avis. Même Dieu me laisse libre de croire en lui et de lui obéir... Et vous voudriez qu'un simple mortel confisque ce que les penseurs du 18e siècle appelaient un droit naturel. Que d'arrogance vraiment!
@DR: Je ne fais malheureusement pas grand chose pour mon pays: je vis pour l'instant à l'étranger et même si j'y vivais je ne suis pas sûr que je m'impliquerait dans la vie politique. Ce n'est simplement pas mon tempérament. Si jamais j'ai l'honneur d'être recruté à la fac et d'enseigner à des étudiants sénégalais, j'estimerais avoir fait ce que je pouvais faire de mieux pour mon pays vu mes compétences et mon tempéraments.
Par « fin », j’imaginais celle où le vrai fil de la mère, retrouver sa place que lui a piqué l’autre, donc le peuple sénégalais à la pace de Karim.
Et quand je parle de fils légitime, je parle du peuple sénégalais, et pas de karim wade
Quand je souhaite que cela arrive (même de façon antidémocratique) finalement, je parle d’une révolution du peuple sénégalais (raison pour laquelle je me demande si je suis radical ou pas)
Nos commentaires partent d’un malentendu sur la finalité, c’est pour cela que je ne comprenais pas que cela te fasse peur, car moi la perspective que j’ai noté dans le texte de doomu, c’est celle lueur d’espoir qui voie justement ces frères et sœurs, se lever et refuser l'ultime trahison, et ça je le souhaite vraiment
je vous prie de m'en excuser. J'espère que ce sera démocratique malgré tout.
Moi je pense qu'au fond, il n'ya aucun moyen que cela se fasse démocratique. COmme l'a souligné DR :
" le père fera tout pour ne laisser aucun chances à aucun concurrent. Il ne laissera pas le hasard de la compétition perturber son auto-succession."
et ce "tout" serait vraiment "par tous les moyens necessaires", democratiques ou pas. CE qui m'inquiète, mais qui m'inquièete vraiment, c'est que je n'ai pas l'optimisme de DR ou naya; Je ne suis pas sur que le peuple sénégalais refusera cette ultime trahison. Il y a cette lethargie chez nous, depuis 2000, qui nous fait tout accepter sans broncher..c'est complètement hallucinant. OUi il y a bien eu cette superbe rebellion des marchants ambulants mais je me dis que c'est parce que le fait était là, flagrant. Ou on les laissait faire leur petit commerce ce jour là, ou ils n'aurait pas de quoi remplir la marmite le me soir ...il ne pouvait pas laisser passer. S'agissant de passation de pourvoir du père au fils, le sénégalais moyen est justement trop occuper à se demener comme un petit diable pour trouver sa DQ, qu'il na justement plus le temps ni la force de se battre contre ce genre de "ces choses" ("bof, de toute façons ce sera toujours pareil, ca restera toujours entre eux" Voila ce que m'a dit le taximan hier ) et ce qui est sur, c'est qu'il ne fait pas compter sur l'opposition actuelle ...
Moi aussi je me suis posé la même question que Hady, à une nuance près : pourquoi je pense que c'est un mal ? (Parce que je le pense déjà. Du fond de mes tripes.)
Il y a d'abord un aspect relevant du principe. Du genre de principe qui fondent une république. Ce principe qui vent que le poste de Président ne s'hérite pas. Qu'il relève du choix libre du peuple. Cette succession me semblerait violer ce principe et miner les fondement de notre démocratie. Je pourrais illustrer ad nauseam comment.
Une deuxième raison relève de ce que cette succession constitue de prolongement du régime actuel que je désapprouve particulièrement pour son action désastreuse sur la refondation ethique et instiututionnelle du pays.
Enfin une troisième raison est que j'ai vu les actes posèes et les résultats obtenu par ce fils avec le cheval de course que sont père a mis entre ses mains : peu convaincant.
Mais les deux dernière raisons ne sont pas importantes ici, elles n'empecherait nullement le fils de compétir démocratiquement. La première est le principe qui rellement me derange.
Doux rêveur !
Tu as encore foi en cette mére?! ne te souviens tu donc pas de fevrier 2005 quand aprés t'avoir fais miroiter le renvoi de ce pére indigne, elle lui remettait ferveur les clés du coffre-fort et même les titres de propriétes?
Aurais-tu oublié ces "fréres" qui pour obtenir les faveurs du pére sont prets (véritables judas) à marcher sur des cadavres,? alors lécher les bottes du fils de l'autre: aucun probléme;
Et que fais tu de ce fils, privilégié parmi la masse de non instruits, qui a été à l'école des blancs , en est revenu bardé de diplomes et qui face à ce pére n'oppose que des récriminations murmurées dans la barbe?
Et tu trouves le moyen d'avoir encore de l'espoir?!
prends garde que le pére ne pratique la politique de la terre brûlée, si des linguéres comme Natty trouvent le moyen malgré tout de s'opposer à ces ambitions.
Mon indécrottable optimisme me fait penser que le pire n'est jamais certain. Et surtout, mon cynisme me fait voir qu'il y a tellement de gens qui s'imaginent sincèrement qu'ils sont légitimes pour diriger le pays, que ces gens sont des requins aussi redoutables que le père vieillissant qui essaie d'installer une dynastie et mon essence cynique espère que ces requins maléfiques ne feront qu'une bouchée du fils qui s'imagine pouvoir leur ravir le gâteau! Après, le peuple choisira entre requins.
@Gootel: j'ai également été consterné par les dernières élections. A la décharge du peuple, il faut dire qu'il avait le choix entre Wade et des personnes manifestement encore moins estimables. On peut donc comprendre qu'il ait choisi le moins pire d'entre eux.
@DR: je partage ton principe
@Natty: Ravi de te croiser, même si c'est virtuel
@Hady Ba:c'est justement là où se trouve le probléme; le choix ne devait pas se faire entre le mal et le pire mais tout simplement dans la volonté forte de montrer à celui qu'on allait élir pour remplacer Wade que le pouvoir reste au peuple et que lui aussi se ferait ejecter s'il se comportait mal.
cependant, moi à la décharge du peuple, je dirai que le cercle des "intellectuels" est resté à huis clos entrain de débatttre à n'en plus finir sur la défaite certaine de Wade au lieu de s'investir dans le combat pour expliquer à la masse le vrai combat à mener
@DR:crois tu vraiment que la compétition puisse être démocratique entre le FILS et les fils? je ne le pense pas et au contraire m'est avis qu'On va essayer de donner à la chose une apparence de légalité à défaut de légitimité et que aprés quelque semaines de vaines protestations tout va rentrer dans "l'ordre".
@Natty: je ne suis pas certaine comme toi que ce soit l'instinct de survie qui pousse le sénégalais moyen comme tu dis à se désinteresser de la vie de sa nation mais plutôt la tentation de préserver le mince parcelle de pouvoir qu'on a acquis, qui de par une augmentation factice de salaire, qui de par un parent, proche, allié ou juste une connaissance, à qui le Pére ou le fils a distribué un poste juteux.Alors on attend en se disant que se sera bientôt notre tour de gouter au gateau et qu'il faut pas que le rêve s'acheve.
une autre explication serait la peur panique qui s'est installée avec l'état policier et la DIC comme bras armé:"je ne réagirais pas la premiere, pourquoi ne pas attendre que Natty se lance? ou bien non Hady à l'abri sous d'autres cieux est mieux placé"
seulement avec une telle mentalité qui viendra se battre pour nous?
SO GILR GET UP AND STAND UP FOR OUR RIGHTS!!!!
Hello tout le monde.
Je relis vos commentaires et je suis tenté par plein de débats la dedans.
Je suis déjà revenu sur la démarche de hady, à savoir me poser la question et tenter objectivement de dire le mal que j'y vois. Et comme lui, je le vois dans la violation du principe républicain. Une violation qui peu se couvrir des oripeaux de la légalité mais sera difficilement légitime et certainement pas bénéfique pour notre pays.
Maintenant que devrait etre la réaction des citoyens et pourquoi n'est ce pas le cas ?
Radicale, telle que la voudrais NAYABINGUI qui veut la révolution fut-ce le Grand Soir ? Je me suis souvent demandé (à mon grand désespoir) si j'avais l'âme révolutionnaire tant je me trouvait prudent devant les bouleversements incontrôlés. Une révolution pourrait être belle ou hideuse selon le contenu qu'on lui donnera. Après tout l'Alternace de 2000 en était UNE. Non. décidément, je suis plus préoccupé par un travail de fond que par une transformation immédiate.
Mais que ce soit de manière radicale, et même émeutière, ou pas, ce qui est certain c'est que comme dit GOOTEL, on ne la voit pas venir.
Mais elles ne se laissent pas prédire facilement les révolutions. Elles germent, sourdent, gonflent puis explosent au nez des bénéficiaires du système en place. So just maybe ...
Cela dit, je suis frappée par deux aspects liées et potentiellement contradictoires
1) D'abord ce pessimisme sur le peuple qui serait d'une inconscience coupable, d'une ignorance crasse et tout cela. Il n'aurait que ce qu'il mérite.
2) Ensuite cette appel a l'engagement d'une classe intellectuelle jugée capable et responsable du changement.
Ah nos zélites et nous ....
Hmmm Hmmm ce que j'en pense mérite d'être le sujet de mon prochain article.
Funny, je suis en train de penser à un post sur notre élitisme! Ou plutôt un éloge du peuple soi disant ignorant et paresseux. Someday perhaps, en attendant j'adorerais lire le tien.
@ Gootel: il me semble que l'une des caractéristiques les plus agaçantes de la démocratie est que ce n'est pas un système parfait. Le choix se fait souvent entre le mal et le pire. Pour un Mandela, combien de Chirac, Bush Jr, Sarkozy, Blair ou Wade? J'ai une vision plus modeste par ailleurs du rôle des intellectuels. Bien évidemment, ils ne devraient idéalement pas se laisser corrompre; mais à mon avis, leur rôle est essentiellement diffus et lent. C'est par l'enseignement de choses qui paraissent a priori aussi arides et neutres que les maths, la physique, les lettres etc... qu'ils aident à élever le niveau général de la population. Etant moins idéaliste que vous, je suis également plus optimiste que vous: je pense que le peuple ne vit pas dans la peur panique, ni n'est totalement décérébré: si les politiciens lui offrent un choix acceptable et une alternative crédible, il la saisit. Plonger dans l'inconnu avec un individu notoirement peu fiable en revanche lui sera peut être plus difficile. Et ça me semble plutôt rationnel.
J'avais pris l'habitude, si confortable, de te lire en silence et d'opiner du chef , satisfaite que d'autres doigts que les miens transcrivent avec autant de grâce mes craintes, mes joies et mes espérances . Et me voici réduite, en cette nuit sans sommeil, de t'écrire que ce texte est la plus belle chose que j'ai lue depuis bien longtemps. J'en suis scotchée et... ragaillardie, de me dire que, finalement, cette mère vaut sans doute la peine que l'on se batte pour elle...et pous nous... contre eux, quoi qu'il en coûte...
Merci DR!
Aida Paquette!!!!
Notre terre...Mére! Maman ne pleure pas...le fils prodigue...Ton fils qui est resté à tes cotés qui t'a vue souffrir...pour lui...sont et restent TES FILS!
Nous ne te ferons pas vivre ces moments de "délires "sur notre Terre,fait par... un fils...ton fils sur ce "nébuleux coin"!!!! ça restera de simples délires Mére, Toi qui t'es battue tout ce temps pour voir ...tes fils dans la Paix ...ensemble! Tes fils ne te décevront pas en se déclarant...une révolte contre ton fils prodigue! Il a été loin de sa Terre mais il a su toujours te rassurer en restant si prés de son Pére !!!
Maman tes fils ont compris...tes fils comprendront que la Bataille pour notre Terre...Mére, ce n'est pas entre eux tes Fils...mais c'est aux cotés de Pére, qu'ensemble ils gagneront cette bataille!
@Moi!
Cela me fait réellement plaisir d'avoir une (tentative de) contradiction sur ce sujet.
Et comme c'est moi qui ai commencé le jeu de l'analogie maternelle et sentimentale, je ne dois pas m'étonner que tu tentes de l'utiliser pour me refourguer le soi-disant "Père". Hélas, il y a une double méprise.
D'abord tu fais la même erreur que tous les dictateurs du monde qui se veulent Père de la Nation. Comme toujours cela veut dire simplement une appropriation du pouvoir et une personnalisation de l'État qui devient la propriété absolue du prétendu Père. (Après tout, dans une maison, la seule loi qui vaut c'est celle du Père. Ni Dieu ni roi n'y font loi). Non, non, non. On ne veut pas de Père pour la nation mais un Président. Un père ne se choisit pas, un prèsident si. Un père ne rend pas compte, un président si. Un père ne se fait pas renvoyer, un président si. Un père n'est pas forcément soumis a des principes supérieurs a son jugement, un président si. Un père décide a la place des ses fils pour leur bien, un président fait ce que décident de lui confier ses sujets et rien d'autre. La constitution prévoit un Président et pas un Père. Désolé.
Mais le pire c'est que en fait de Père, il n'est père que de son fils. Obnubilé par un amour paternel naturel, il le croit meilleur que tous les fils. Normal, mon père vous dira la meme chose de moi. Et Dieu sait que .... C'est humain. Conme dit l'adage Wolof : "Ken Begul ken genla. Waye kuné begna doomam gen ñep!". Oui c'est humain. Et c'est parce que le pouvoir est après tout exercé par des humains que le système (démocratique, si on veut) erige des principes et des gardes fous. Même si c'est pour ce que tu penses être une bonne raison, la remise en cause de ces garde fous est toujours, toujours, toujours, mauvaise et dangereuse. Et un de ces garde fous est le suivant : le pouvoir présidentiel ne n'hérite pas.
PS :
Autre erreur de logique et de personnalisation que tu fais : celle que je désigne par la Mère n'est pas une personne mais une idée. En Père tu me proposes un être de chair. Pas bon. Il aura beau violer la Mère, il n'en sera que plus brigand et moins père. La preuve il est prêt à la livrer à son fils. C'est d'un incestueux!
I'm back ...T'es sorti de tes gongs ,prêt à renoncer à Mére...pour pouvoir mieux renier le Pére...Rassures toi ton texte je l'ai bien compris!!! "erreur de logique et de personnalisation" je n'en fais pas ...Par contre quand tu parles "d'incestueux"...tu fais erreur...quand tu dis..."le Pére il n'est pére que de son fils"...erreur!!! "Ndéye ,ndeye you kéneu leu...Mbaye , mbayou gneupeu leu..."! Sous ce rythme de Thione Seck je te laisse reconnaitre tes petites erreurs....
@Moi
C'est intéressant que tu m'accuses de renoncer à la Mère (Patrie) au moment ou je déplore dans le post suivant le même renoncement chez une certaine catégorie de la population. Non je n'y renonce pas. C'est bien le volet de mon dernier paragraphe de l'article et que certains ici ont qualifié d'optimiste. J'y dit mon envie passionnée de la réhabiliter fut-ce aux prix d'une confrontation.
La personnalisation tu la nie mais sans aucun argument.
Le fait que le Père ne soit que père son fils aussi tu tente de le nier mais toujours sans argument (Désolé, Thione Seck n'est pas un argument).
Alors en attendant une contradiction plus ... argumentée, je maintiens: je veux un président pour ma nation, pas un père.
"Désolé, Thione Seck n'est pas un argument": je pense vraiment que certaines choses devraient demeurer sacrées! Convenons une fois pour toutes que Dieu, Thione Seck et l'amour de la patrie sont des choses que nous partageons tous ici et voyons si nous avons une bonne raison d'accepter que Wade nous impose son fils.
@Moi: je nne comprends simplement pas comment le fait que Wade Jr soit resté fidèle à son père en ferait un bon prétendant à la présidence de la République sénégalaise. Je suis sur que Diouf Junior aussi était fidèle à son père. Sindiély Wade également. Moi même, je me considère comme particulièrement proche de mon papa adoré, dois-je en conclure que je dois hériter de son poste dans l'Administration sénégalaise? Heureusement que ça ne se passe pas comme ça dans les hopitaux parce que je connais des fils de chirurgiens qui sont un peu incapables d'opérer!
@.HB : Je suis d'accord pour essayer de répondre à ton interrogation seulement il faut qu'on soit d'accord au moins sur un Point: Il n'a jamais été question "d'Imposer" l'autre! Le Sénégal reste un pays démocratique et ne sera jamais une Monarchie!!!
Dans l'exemple que tu donnes te concernant , certes aujourd'hui tu ne te retrouves pas dans l'administration Sénégalaise mais dis toi bien que cette derniére est remplie de fils dont les péres ont eu à servir ce Secteur! Et sauf médisance, il n'a jamais été question de parler d'Héritage ni même de succession...mais juste de fils qui ont suivi les traces de Papa,et cela n'a jamais choqué personne ...bien au contraire ,ça faisait la fierté de certains!!! Il en de même dans tous les secteurs de la Société : Un BON chirurgien dont le fils épouse le même metier plutard à plus de crédibilité auprés des patients du fait de la bonne réputation de son pére... et j'en passe!
Le vrai débat nous le réussirons que si on se pose la question ,la vraie qui mérite d'être posée : W pére , W Fils ou tout autre candidat est il CAPABLE de gouverner ou même d'apporter quelque chose à ce pays? Tout le reste n'est que faux débat et campagne d'intox...
@ D.rewmi : Thione Seck a juste fait les frais de tes convictions...mais je suis sure que tu dois l'apprécier et le pauvre ne fait que reprendre dans ses chansons des adages de la société Africaine...une simple phrase ou un simple adage a plus d'impact qu'un long discours ne me reproche pas de ne pas assez argumenter...
En fait, parfois je plains le fils.
Je m'explique.
Pendant de longues années, pendant les sombres années d'oppositions, il a été protégé des activités du père. J'imagine facilement les scènes tendues où sa mère a du peser pour préserver un peu sa progéniture de la passion politique du Père. J'imagine les malheurs de cette femme qui voyait son mari se mettre en danger tous les jours et qui devait lui tenir tete pour garder sa famille au moins hors de cela.
Elle y est arrivée la pauvre. Mais pensez un peu. Imaginez un peu, ce qu'elle devait leur raconter quand Papa etait en taule. Elle a du le faire promettre de ne jamais, jamais faire de la Politique.
Oui elle a du le protéger. Ses enfants ont pu vivre presque anonymes, grandir, s'instruire. Le fils a pu poursuivre des études supérieures et commencer tranquille une carrière de cadre en Europe, loin de tout cela.
Puis le basculement spectaculaire de l'histoire. Papa a gagné. Le triomphe enfin. Finis les galères. Rentrons aider Papa. Ou en profiter.
Jusque là tout va bien.
C'est alors que l'idée germe dans la tête du Père. Est ce la maman qui a nourri la première cette ambition ? Ou bien l'a-t-elle combattue se rappelant de ce que ce chemin la peut offrir comme sacrifice ? Toujours est il que voila le Père qui pousse son fils dans l'arène. Un fils pas formé à la vie de gladiateur. Un fils qui affronte les dangers de cette arène comme une marionnette creuse que des ficelles font danser au rythmes des doigts du Père.
Oui je le plains. Il n'aura pas menée la vie tranquille et rangée que Maman avait revée pour lui. Il n'aura pas mené celle peut être plus insignifiante mais opulente que le nouveau statut de Papa lui offrait. Non le voila, finalement instrument de la passion du Père.
Un instrument qu'une inattention ou, pire, une disparition père exposerait à une destruction certaine.
Je n'oserai alors imaginer la douleur et le regret de sa mère.
Non parfois je le plains.
Mais je plains encore plus ma patrie, violée.