Histoire sans morale
Par Doomu Rewmi le vendredi 24 novembre 2006, 03:25 - Magazine du (théatre) Politique - Lien permanent
Il était une fois Ndoumbelane, pays des bêtes, des hommes.
(et parfois des hommes se comportant comme des bêtes, mais c'est une autre
histoire celle là .. quoique ... ).
Il était une fois Ndoumbelane pays imaginaire (qui n'est donc pas le Sénégal)
où se jouait un petit théatre (donc pas la politique sénégalaise).
Il était une fois la morale, mais il faut dire pour mettre fin à tout suspens
que dans cette histoire, cette pauvre morale sera mise à mal, torturée,
bafouée, ignorée, assassinée... tant et si bien qu'elle s'exila rapidement vers
un pays nommé utopie.
Il était une fois à Ndoumbelane, un vieux monarque et un jeune fils
spirituel...
Ah l'allégresse populaire ce jour là! Elle n'avait rien à envier à celle de l'Indépendance, 40 ans plus tôt. Un nouveau soleil brillait sur Ndoumbelane à l'aube d'un jour de tous les espoirs, des lendemains qui chantent (et surtout qui travaillent disaient en choeur monarque et ses jeunes sujets qui levaient déja la main pour recevoir des emplois).
Le vieux rebelle devenu monarque s'installa donc au trône avec courtisans (jeunes, en gueniles, un peu dépassés par les évennement et d'une vulgarité propre aux combattants) , femme (qui reniflait les recoins cafardeux du Palais) et enfants. Ah les enfants... oui, surtout les enfants. Le monarque avait deux fils, l'un spirituel l'autre naturel.
[Excusez la digression, mais le conteur se sent obligé de préciser ici qu'au gré des distributions de faveurs, le vieux monarque s'est retrouvé depuis père d'un si grand nombre de fils spirituels que des esprits moqueurs voulurent mettre fin aux "coming out" intempestifs de ceux ci en le déclarant simplement "Père de la Nation" sans bien sur vouloir faire aucune allusion au penchant légrement despotique que ce titre suggère.
Cela dit, d'autant de fils spirituels, on ne trouva jamais la Mère Pensée qu'on supposa morte en couches. Encore une autre histoire...]
Le fils spirtuel devint vite grand vizir de Ndoumbelane, puissant bras gauche ( Tiens oui, pourquoi toujours bras droit. Et les gauchers alors ? ) de son père spirituel, et gera pour lui sa cour (jeunes, en costumes et d'une vulgarite propre aux ex-combattants).
La famille (spirtuelle, oui ...) nageait dans le bonheur, l'amour fillial, et les milliards ...oups .. effaçons ca.... dans le bonheur donc en travaillant au changement promis.
Puis un jour le fils spirtuel fut expulsé du palais, sous le quolibets et les jets de pierre d'autres fils non moins spirtuels qui avaient longtemps attendu leur tour (attente parfois passée à caresser et louer leur frère ennemi).
Stupeur à Ndoumbelane. On s'emut de la douleur du père trahi en même temps qu'on compatissait aux malheurs du fils rejeté.
Mais la querelle familiale se corsait de jour en jour et bientôt le fils, desormais, ex vizir, se retrouva au fond d'un cachot de Ndoumbelane.
Le bon peuple de Ndoumbelane, s'emut de plus belle. Il compatit tant et si bien avec l'ex vizir jeté au cachot qu'il vit en celui-ci un nouveau rebelle qui les délivrerait de la gueule de bois de lendemain d'euphorie qui avait succédé desormais aux joies de l'avenement du monarque.
" Un homme si mal traité par les siens ne peut qu'etre bon" se dirent les Ndoumbelanois qui avaient certainement vendu leur sens de la logique à l'époque des Plans d'Ajustements Structurels, pour se nourir.
Mais, réunis sous leurs arbes à palabres, ils se demandaient chaque jour avec curiosité ce qui avait bien pu opposer le père au fils. Spéculations et rumeurs courrurent bon train. Etrangement, le fils embastillé comme le monarque embastilleur ne voulurent rien dire : seul Lui et Moi savons, disaient ils (se donnant de la majuscule comme pour fêter leur majesté).
Les plus cyniques eurent tôt fait de conclure au pire :
"Le trésor de la couronne!" disaient il; "Une histoire d'argent".
Mais comment croire cela ? Comment croire qu'il n'y eut rien d'autre ? Qu'ils se battent et se déchirent pour un trésor qu'ils pouvaient partager sans l'épuiser ?
Les ndoumbelanois, amateurs de mélodrames, s'accordaient une pause entre deux épisodes de telenovelas pour echafauder d'autres hypothèses :
"Il a voulu tuer le père, du moins en esprit. Heritier empressé!"
"Le fils naturel! voila la raison! Le père veut lui donner l'heritage"
"Une comédie jouée en connivence, un plan pour s'accapaer la scène et rester ensemble au pouvoir"
Ils spéculaient.
Et puis les feux du conflits s'atténuèrent.
Intermédiaires discrets et discussions nocturnes ? Apaisement affectif ? Toujours est-il que le fils sortit de sa géole.
Père et fils, jurèrent en choeur, qu'il n'y avait eu aucune négociation. Le fils "faisait confiance en la justice de son pays" (Al capone aussi, jadis, mais ne mélangeons pas les genres!) tandis que le père laissait la justice faire son travail.
Faut-il que le rois maudits soient condamnées à étaler leur viscitude en public ? Les ndoumbelanois pourraient se poser la question car voici soudain, un éclat, un échange sous leurs yeux stupefaits. Les deux parties s'interpellent :
"Il a négocié. Il a meme supllié"
"Quoi ? c'est même pas vrai. C'est vous qui avait demandé"
"Mensonges, tu t'es engagé à payer"
"Oui c'est vrai, mais je ne l'ai écrit nul part"
"Traitre tu nous avais promis notre part du butin"
Le petit couteaux étaient tirés et prets à se battre. Les chefs (de gangs ?) , ne se prononçaient pas.
Mais tout le monde désormais savait : le conflit portait sur le trésor de la couronne. Qui se pose encore la question ? D'ailleurs le fils avait bien avoué avoir puisé mais seulement là où on lui avait ouvert le coffre.
Cette histoire n'as pas encore de fin.
Elle n'a surtout plus de morale depuis longtemps.
C'est l'histoire de gens qui nous gouvernent et qui reclament leur part de butin à celui qu'ils accusent de vol.
C'est l'histoire de gens qui veulent nous gouverner et qui avouent avec fierté avoir volé si intelligemment que c'est légal.
Histoire de rois et princes qui ont oublié la morale.
Cherchez donc une morale à cette histoire ...
Commentaires
TrippleX a dit…
La Morale... L'homme est corrompu jusqu'à l'ADN... jusq'à l'âme.
Mais ce serait trop cruel.
la politique est folle elle entraine toujours les hommes dans sa folie, mais certains savent la dompter.
Mais je comprends ton pessimisme.
vendredi, novembre 24, 2006 9:05:00 AM