Le Bestiaire de Ndoumbélane (1)
Par Doomu Rewmi le samedi 18 novembre 2006, 01:27 - Recueil de l'Imaginaire - Lien permanent
"Quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plait"Birago DIOP
Je me promets depuis que j'ai commencé ce blog de vous présenter un jour un
peu plus Ndoumbelane.
Oui, vous lisez peut etre les Chroniques
de Ndoumbelane sans en savoir plus sur cette contrée sinon qu'elle est
mythique et utilisée souvent comme métaphore de notre petit Sénégal.
D'autres comme moi, se souviennent de ce pays des contes de leur enfance que
firent vivre dans nos classes du primaire les livres de Léopold Sedar
Senghor et de
Abdoulaye Sadji (une démarche
didactique engagée).
Ce pays de la brousse et des animaux qui parlent, tiennent même leurs
assemblées, discutent, rusent, manipulent, gagnent, perdent, apprennent et
oublient.
Ce pays où tous les animaux portaient un nom double Tile-le-coyote, kakatar-le-camelion, mbile-la-biche, nieye-l'elephant, wundu-le-chat, khath-le-chien , diargogne-l'araignée ... immense et riche bestiaire que celui de Ndoumbelane qui m'appris les noms des animaux en deux langues du même coup (je complétais par une troisième à la maison, privilège d'enfant nécessairement polyglotte d'une ex colonie).
Oui tandis que ceux qui deviendront plus tard mes amis et collègues en France récitaient les animaux de la Ferme, j'ecoutais parler leurs compères bilingues de Ndoumbelane...
J'applaudissait les ruses de Leuk-le-lièvre, riait aux larmes de la betise de la Bouki-la-hyène, saluait les pitreries de golo-le-singe, m'inclinait devant le royal Gaindé-le-Lion, m'inquitait que mbile-la-bouche ne tomba sous la flêche ajusté de nit-l'homme.
Plus tard, Birago Diop de sa plume magique enrichit cette fresques des Contes d'Amadou Coumba où Ndoumbelane se peupla d'encore plus d'animaux et d'hommes.
Je decouvrai ainsi les causes de la démarche hésitante de Kakatar-le-caméléon, du derrière pelé de Golo-le-singe, de la queue courte du lièvre, de l'echine cassée de Bouki. Du refus de Ngor Niébé j'appris la définition du secret, de la mesaventure de Madiakhaté Kala, je retins le principe de Babel, et du pêt du vieux Maodo les arcanes de la datation historique.
Oui Ndoumbelane de mon enfance m'habite toujours et c'est le pays animaux qui parlent et vivent comme les hommes (Le schéma est il universel dans les contes d'enfances ?).
Mais quand je dis aujourd'hui Ndoumbelane, comme beaucoup des miens, j'y vois surtout la métaphore que nous utlisons pour décrire notre pays et son bestiaire public, souvent politique, toujours agité de milles histoires.
Je voulais aujourd'hui vous parler surtout de ce Ndoumbélane là, celui de l'allégorie politique, mais quand on met un pied dans le fleuve de la souvenir, la crue de la nostalgie nous emporte facilement loin de notre destination. Où pour reprendre l'expression de Birago : "Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plait".
Ce post est déjà long de mes souvenirs.
Je suppose qu'il me faudra un prochain post pour vous raconter la République de Ndoumbelane, son bestiaire et sa scène politique, en fait le Theatre de Ndoumbélane qui a même ses intermittents du spectacles..
En attendant je ne vous en dirai que trois choses :
- Je suis né sous le règne du Phacochère
- J'ai grandi sous signe de la Girafe
- Je crois, tout compte fait, que je suis entrain vivre à l'ère de l'Ornithorynque
Commentaires
Dialika a dit…
Vivement un autre jour...
Je me dois vraiment de relire les contes d'Amadou et Coumba (sighs)
samedi, novembre 18, 2006 3:48:00 PM