Utopie de Ndoumbelane (2) : Où la soupe utopique mijote....
Par Doomu Rewmi le jeudi 16 novembre 2006, 04:00 - Chroniques de l'Utopie - Lien permanent
Jadis, autrefois, il y a bien longtemps en tout cas ... en fait il y a
seulement quelques années, on reprochait aux altermondialistes de ne faire que
critiquer et de ne rien proposer. Oui c'était le temps où on les appelait des
"anti", quand le monde a découvert avec stupeur à Seattle, cette
jeunesse internationale rebelle.
Depuis, les idées ont foisonné et ils sont devenus les "alter". Ce glissement
sémantique est, à mon avis, l'une des plus grandes victoires des mouvements de
resistances à la mondialisation libérale : ils se sont fait reconnaitre comme
portant une vocation non pas de destruction mais de changement, d'alternatives.
Et beaucoup le souhaitent au fond ce changement.
Oui, rever l'Alternative est devenu une activité presque respectable.
Sauf que.
Oui, sauf que des amis comme Jean Zin viennent faire le massacre de nos illusions (en fait une déconstruction patiente et très travaillée de l'article, bravo!) et demontrer ... la pauvreté des propositions de nos utopistes.
En lisant Jean Zin cependant, c'est une remarque mineure dans son propos qui a attiré mon attention :
(C'est moi qui souligne en gras)Dans ce sens, nous avons besoin d'utopies, comme projets de ce qui n'existe pas encore, mais nous n'avons certainement pas besoin de ce qui ne peut exister nulle part, encore moins de mauvaises utopies qui nous mènent au pire ! En se livrant au massacre des utopies, ce sont les chances d'une utopie réaliste qu'on préserve, c'est l'utopie d'une véritable alternative qu'on défend
On à l'impression de se retrouver devant la viel argument contre la recherche fondemmentale qu'on veut parfois voir s'occuper seulement de ce qui peut avoir une application. Le problème bien sur c'est qu'on ne sait pas.
De la même manière sait on dire quelle piste dans la recherche d'utopies se révelera un jour réalisable ? Je ne suis pas très sûr.
Evidemment, Jean Zin made a valid point comme dirait nos amis anglophones. Il y a le risque d'un certaine inneficacité. Mais il est à opposer ici au risque de manquer d'imagination à trop brider. J'étais donc tranquile dans mon objection jusqu'à hier quand un ami perspicace m'a rappelé à l'ordre sur une discussion. 'C'est sympa d'avoir des idées mais il encore qu'elles ne se détachent pas trop de la réalité sénégalaise".
(Oui j'avoue j'étais entrain de parler encore de choses aussi hérétiques que la remise en cause de de la croissance et le rejet d'un certain developpement industriel, la recherche d'un modèle d'evolution plus conforme avec ce qu'on sait aujourd'hui de l'ecologie. Dans un pays qui, depuis quarante qu'il existe rêve d'avoir comme tout le monde ses grosses usines et d'immense centre commerciaux, le propos peut sembler hérétique.)
Me voila donc devant mon premier dilemne d'apprenti utopiste, un des premiers principes contradictoires qui épicent ma soupe de l'aternative : la nécessité de s'ancrer dans le réel et le refus de brider l'imagination.
En palabres, la contradiction nous dévia mon ami objecteur et moi vers une digression très conceptuelle sur la conditions de la naissance du rêve utopique, le lieu idéal de sa gestation (la haut chez les élites ou ci-bas chez le peuple hien ?) , le véritable objet de ce rêve, les scénarios de son avénement (Révolution now !) , ... etc. A ce stade de la lecture vous devez vous être endormi où vous êtes des vrais!
En pratique, je défendais bec et ongles la nécessité du rêve en arguant que :
- "L'imagination, ce n'est pas le mensonge" (Cf Messieur les enfants, Daniel Pennac)
- Lorsque le rêveur a les pieds dans la boue, on ne peut douter de son ancrage d'une part et de son désir d'envol d'autre part. Donc tant que le rêve utopique local est fruit d'un rêveur local, peut on vraiement douter de cet ancrage ? Oui et NON. Oui bien sur. Il n'a pas la distance nécessaire et il peut etre suceptibles aux mirages. NON évidemment parce qu'on est assuré que son utopie se concentre sur les soucis locaux. Dur de trancher ...
- L'important dans le projet utopique n'est pas la cible (par définition idéal innacessible) que le parcours qu'il implique qui est d'une part est un choix reflechi (oui, constructiviste) et d'autre part promet l'amélioration dans le moindre pas fait dans le sens de l'utopie.
- et d'autres chose du même acabit ...
Votre recette d'utopie vous, c'est quoi ?
Commentaires
tripplex a dit…
Humm ça m'a l'air intéressant, mais je dois être sur une autre planète en ce moment parce que tout ça me semble flou.
jeudi, novembre 16, 2006 9:07:00 AM
Makhtar a dit…
yep!!!
on doit "oser" rever puisque c est u n luxe chez nous!!!
cependant nous prendrons bien garde de dfferencier l ambition du projet( http://moubaracklo.blog.lemonde.fr/2006/09/04/2006_09_lambition_et_le/).
comme le dit si bien moubarack.
jeudi, novembre 16, 2006 2:21:00 PM
Doomu Rewmi a dit…
Percpetive tripplex, oui c'est flou. Parce que je ne fais ici que reflechir tout haut à des choses encore floues dans ma tête.
De plus, comme je le lisais ce matin je ne sai splus où, on ne doit jamais nier la complexité dès qu'il s'agit d'affaires humaines. Je crois que ces choses sont complexes.
Makhtar, je dirais meme que le rêve est une nécessité pour nous. L'imagination est le génie du desespoir. Et nous sommes desespérés. Cependant Moubarack LO a bien raison de rappeler que sans le projet pour le mettre en oeuvre, ce que produit notre imagination reste à l'etat de fantasme.
Osons rever, oui. Sachons réaliser, aussi.
jeudi, novembre 16, 2006 4:57:00 PM
tripplex a dit…
A quoi ça sert de réfléchir sur l'utopie qui par définition pose les bases d'un "Parfait" qui n'existe pas et n'existera jamais.
Même les avancées humaines qui ont soit disant découlées d'utopies ne sont pas parfaites, et ne sont donc pas des conséquences d'une réflexion utopique. Je dirais même qu'on utilise trop le mot utopie à toutes les sauces. L'utopie est irréalisable n'est ce pas?
En fait je déteste les concepts flous alors veuillez m'éclairer.
Je pense que dans le cadre de ton article, Doomu, on parlerait plus de "possibilités". par exemple on peut étudier la possibilité d'un monde totalement écolo, ça pourrait exister (bha oui il suffit d'un peu de volonté) dans ce cas dès lors que c'est réalisable ce n'est plus une utopie...
rêver n'est pas toujours de l'ordre de l'utopie, tout comme l'imagination qui mène a de grandes choses comme le disait "Beau... de l'air !" lol, l'imagination c'est lest la reine du vrai.
lol bon j'arrête je me noie.
vendredi, novembre 17, 2006 8:29:00 AM
Doomu Rewmi a dit…
Yes Yes Dame tripplex "utopie" veut pratiquement dire par définition ce qui n'existe pas et en même temps ce qui est parfait.
Je me passerais de considérations métaphysiques sur cette idée que le parfait n'existe pas ... (Il faut n'avoir jamais vu le regard d'une dame que je connais pour penser cela ;-) ou n'avoir pas asseez écouté B.B King).
Mais en fait, il faut dire que l'Utopie, c'est le parfait vers lequel on voudrait tendre. Chaque pas qui nous en rapproche est une avancée. L'atteindre exactement ? Bah .. même le définir exactement n'est pas possible.
Notre utopie c'est l'ideal qu'on se donne.
Bref c'est probablement une question de vocabulaire qui fait poru toi l'utopie c'est l'impossible alors que pour moi c'est le souhaitable.
vendredi, novembre 17, 2006 1:00:00 PM