Au point qu'on ne s'etonne pas de voir le Monde Diplomatique, au mois d'Août dernier nous offrir les dernières nouvelles de l'utopie. Et ce dont rend compte Serge Halimi dans cet article à l'air carrément "establishment". Une floppée de grands penseurs venus des quatre coins du monde pour faire le point sur l'état des utopies. On se croierait presque revenus aux années de Bandung pour le tiers-monde où aux siècles où l'Europe fleurissait d'utopies. A lire le début, j'ai failli ranger mes panoplies de rêves d'alternatives et aller me coucher : des grands de ce monde s'occupent de l'Utopie. Je peux me reposer et aller acheter un 4x4 et un Frigo de plus à bourrer de boeuf aux hormones.

Sauf que.

Oui, sauf que des amis comme Jean Zin viennent faire le massacre de nos illusions (en fait une déconstruction patiente et très travaillée de l'article, bravo!) et demontrer ... la pauvreté des propositions de nos utopistes.

En lisant Jean Zin cependant, c'est une remarque mineure dans son propos qui a attiré mon attention :

Dans ce sens, nous avons besoin d'utopies, comme projets de ce qui n'existe pas encore, mais nous n'avons certainement pas besoin de ce qui ne peut exister nulle part, encore moins de mauvaises utopies qui nous mènent au pire ! En se livrant au massacre des utopies, ce sont les chances d'une utopie réaliste qu'on préserve, c'est l'utopie d'une véritable alternative qu'on défend

(C'est moi qui souligne en gras)

On à l'impression de se retrouver devant la viel argument contre la recherche fondemmentale qu'on veut parfois voir s'occuper seulement de ce qui peut avoir une application. Le problème bien sur c'est qu'on ne sait pas.

De la même manière sait on dire quelle piste dans la recherche d'utopies se révelera un jour réalisable ? Je ne suis pas très sûr.

Evidemment, Jean Zin made a valid point comme dirait nos amis anglophones. Il y a le risque d'un certaine inneficacité. Mais il est à opposer ici au risque de manquer d'imagination à trop brider. J'étais donc tranquile dans mon objection jusqu'à hier quand un ami perspicace m'a rappelé à l'ordre sur une discussion. 'C'est sympa d'avoir des idées mais il encore qu'elles ne se détachent pas trop de la réalité sénégalaise".

(Oui j'avoue j'étais entrain de parler encore de choses aussi hérétiques que la remise en cause de de la croissance et le rejet d'un certain developpement industriel, la recherche d'un modèle d'evolution plus conforme avec ce qu'on sait aujourd'hui de l'ecologie. Dans un pays qui, depuis quarante qu'il existe rêve d'avoir comme tout le monde ses grosses usines et d'immense centre commerciaux, le propos peut sembler hérétique.)

Me voila donc devant mon premier dilemne d'apprenti utopiste, un des premiers principes contradictoires qui épicent ma soupe de l'aternative : la nécessité de s'ancrer dans le réel et le refus de brider l'imagination.

En palabres, la contradiction nous dévia mon ami objecteur et moi vers une digression très conceptuelle sur la conditions de la naissance du rêve utopique, le lieu idéal de sa gestation (la haut chez les élites ou ci-bas chez le peuple hien ?) , le véritable objet de ce rêve, les scénarios de son avénement (Révolution now !) , ... etc. A ce stade de la lecture vous devez vous être endormi où vous êtes des vrais!

En pratique, je défendais bec et ongles la nécessité du rêve en arguant que :
  • "L'imagination, ce n'est pas le mensonge" (Cf Messieur les enfants, Daniel Pennac)
  • Lorsque le rêveur a les pieds dans la boue, on ne peut douter de son ancrage d'une part et de son désir d'envol d'autre part. Donc tant que le rêve utopique local est fruit d'un rêveur local, peut on vraiement douter de cet ancrage ? Oui et NON. Oui bien sur. Il n'a pas la distance nécessaire et il peut etre suceptibles aux mirages. NON évidemment parce qu'on est assuré que son utopie se concentre sur les soucis locaux. Dur de trancher ...
  • L'important dans le projet utopique n'est pas la cible (par définition idéal innacessible) que le parcours qu'il implique qui est d'une part est un choix reflechi (oui, constructiviste) et d'autre part promet l'amélioration dans le moindre pas fait dans le sens de l'utopie.
  • et d'autres chose du même acabit ...
Non décidemment ce n'est pas facile de doser les ingredients dans le soupe de l'utopie. Et je n'en suis qu'au début de la recette...

Votre recette d'utopie vous, c'est quoi ?