Sans attendre Noël, un livre des miracles
Par Doomu Rewmi le dimanche 5 novembre 2006, 00:24 - Notes Littéraires - Lien permanent
Si j'en crois le Monolecte, un
livre est un excellent cadeau pour Noël. Je veux bien moi qui réclame des
livres chaque fois qu'on doit me faire un cadeau. L'idée de ce autre blogueur
de faire de un livre de ses écrits me semble sympa aussi. Lire des perles de
certains blogs aurait de quoi rendre joyeux un Noêl.
Mais Noël ... Ah Noël.. faudra que je vous raconte Noël et moi. Un prochain
post.
En attendant, je me dis juste que Noël étant la saison où le bon sentiment est
de rigueur, je vais me poser là avec le seul sentiment que je peux déclarer bon
sans aucun pointe de trace d'ironie : l'Humanisme.
Oui je vais vous parler d'un livre qui fleure l'humanisme ...
Oui mes amis il y a un livre qui parle de cela et si vous ne l'avez pas encore lu, ma fois Noël est une bonne occasion de s'offrir des cadeaux. L'avant Noël c'est même encore mieux.
Quoi ? Ah .. pardon .. oui j'arrête le mystère. Je n'en faisais pas. D'ailleurs mon livre vous l'avez peu être lu déjà et aimé sûrement...
Bon OK je me lâche. Et j'en lâche plein d'un coup parce qu'il ne s'agit pas d'un livre mais des romans de Daniel Pennac sur la tribu Malaussene.
Oui, un vieux truc, ça. Vous connaissez déjà. Imaginez ceux qui n'ont pas et qui pourraient avoir le plaisir de le découvrir ce Noël.
J'ai lu la et ailleurs des articles tenter de définir, labelliser et catégoriser les romans de la saga des Malaussène. Avec amusement. Roman policier ? Je suis plié de rire. Comédie littéraire ? Je fais la moue. Du Dickens moderne ? Non pas totalement. Au delà du fait que la catégorisation est nécessairement réductrice, c'est que les romans de Pennac s'y prêtent mal. Mais j'ai trouvé un label qui me plait bien : des romans humanistes.
La saga des Malaussène, c'est une histoire de Belleville racontée par amour pour Belleville, pour le vieux village en hauteur de Paris, dont l'absorption administrative dans Paris était le début de la digestion par l'ogre urbain d'un mode de vie plus ... humain.
La saga des Malaussène, ce sont les aventures extrodinaires d'une galerie fournie de personnages (hélas) improbables mais auxquels on ne peut que croire tellement chacun d'eux porte en lui une perle d'humanité à laquelle on veut se lier. Cette humanité qu'on retrouve dans un spectre aussi large , extrême, de personnages dont la juxtapostion fait le fantastique. Cette humanité qui s'enrichie en fait de cette diversité qui nous oblige à la voir parée de tous les atours et donc à la reconnaitre au delà des oripeaux dans sa nudité, au delà des manifestations dans son principe.
Mais je dois avouer que ce qui m'accroche le plus, c'est l'écriture. Elle est joyeuse dans son contenu comme dans son style. Pennac a un sens extrordinaire de la formule et une manière de conjuguer les mots qui les tire aux limites de l'elastique de leur sens. Il y a là un truc qui resonne certainement avec ce que mon amie T. appelait mon oralité. Pennac lui même, dans un interview, associe le défaut de lecture à un défaut d'oralité.
Ce n'est pas un hasard en tout cas si le personnage principal de la Saga des Malaussene est un excellent conteur. Pennac est un artiste conteur qui s'exprime aussi bien sur papier que sur scène.
J'en ai assez dit, allez lire et vous direz le reste.
---
PS : Les livres de la saga Malaussene que j'ai lu :
- Au bonheur des Ogres, j'ai commencé et c'est le style qui m'a pris ;
- La fée carabine, j'ai pleuré de rire ;
- La petite marchande de prose, le plus décapant, le meilleur ;
- Des Chretiens et des Maures, le plus inventif, le meilleur donc ;
- Aux fruits de la passion, un beau borel, excusez le terme, et c'est le meilleur ;
- Monsieur Malaussène, le plus philosophe, en fait le meilleur ;
N'allez pas croire je n'ai pas lu Pennac hors saga Malaussene, par Exemple sur "Messieurs les enfants". Finalement c'est aussi celui là le meilleur...
Bonnes lectures.
Commentaires
Makhtar a dit…
ouf!! ouf y en encore qui arrivent a lire au Senegal...Je vous envie car j arrive plus a me concentrer pour lire un sel bouquin:
-trop de bruit (vacrame des vehicules,klaxons,animations religieuses et profanes....)
-pas de temps: ca court trop vite.. derriere la DQ bien sur et les "demandes sociales"
et le reste.
Vous arrivez quand meme a me donner le courage de recommencer a lire un peu plus en esperant qu il me reste encore des livres a relire car comme le dit si bien Pennac "«Une bonne bibliothèque n'a que des mauvais livres,puisque les bons ont été prêtés aux amis.» et cela se verifie trop au Senegal!!!
lundi, novembre 06, 2006 11:02:00 AM
Doomu Rewmi a dit…
Yep Makhtar, à courir derrière l'immédiateté on en perd l'occasion de se construire.
Mais je trouve que le principal obstacle à la lecture à Dakar, c'est plutot la diffculté de se produire des livres.
J'ai toujours trouvé dommage que le gamin moyen d'un quartier populaire à Dakar n'aie pas accès à une bibliotheque gratuite pour lire. Se payer les livres des 4 vents ou de Clairafrique relève du fantasme quand meme les bouquins d'occase de Sandaga sont une dépense inacessible.
Et quand on les moyens, deux librairies offrent un choix trop pauvre pour une grande ville.
Dakar est une vile bien peu propice à la lecture.
mardi, novembre 07, 2006 1:52:00 AM
sunu réew a dit…
Ah les livres! Si les livres nourissaient le corps, j'en serai certainement obese.
Merci pour les titres. Worth checking!
Dakar est malheureusement pauvre en livres, et l'Afrique en general. J'essaye toujours d'aller dans une librairie en Afrique, et le spectacle est parfois alarmant: peu de livres a des prix exhorbitants. Je sais que le debat de l'edition est vieux en Afrique, au Senegal en tout cas, mais l'existence eclectique de maisons d'edition en Afrique ne nous aide certainement pas a nourrir notre esprit.
Cheers.
jeudi, novembre 09, 2006 10:38:00 AM
natty a dit…
aaah les Malaussene ! moi je m'en lasserai jamais ! toi meme tu sais :-)
merci! ce post fait defnitly partie de mes prefere (forcement) :-)
mercredi, novembre 15, 2006 8:11:00 PM
Sunu réew (tu ne devrais pas enlever l'accent ou le second E ?)
Le centre culturel francais à Dakar avait (à l'epoque, ca ne nous rajeunit pas!!) une bonne bibliothèque. Je ne me souviens plus si elle était gratuite ou juste d'un prix modique. Si elle fonctionne encore, elle fait le bonheur de tout bibliophile qui ne cherche pas à se jeter sur les parutions les plus récentes.
Pour rester sur Daniel Pennac, ce fameux centre culturel avait projeté son "Messieurs les enfants". N'oubliez pas "comme un roman" de la liste.
Doomu Rewmi, c'est étrange : ton post n'est apparu dans mon agrégateur que ces jours-ci. Saurais-tu pourquoi?
Bonnes lectures à tous.
Samba
Hello SLN
Ebintien! Je suis donc passé dans ma jeunesse a coté de Pennac sans le voir. C'est typique de toutes les choses que j'ai du rater ainsi. L'histoire de ma vie.
SLN, ton aggregateur est une time machine. le curseur ets bloque sur "8 mounth ago". Non ?