On ne craint plus les bombes H.
Par Doomu Rewmi le mercredi 12 avril 2006, 02:35 - Humeurs du berger peul - Lien permanent
La
catastrophe nucléaire de Tchernobyl, c'était il y a vingt ans. Oui madame,
le jour où on s'est fait une grosse peur et même mal, très mal, pour quelques
centaines de milliers de personnes.
C'est l'anniversaire que j'ai découvert ce matin, en écoutant la radio sous la
douche (ah mon vice caché est découvert) et qui m'a fait un peu reflechir.
Attention ce qui suit à été pensé sous la douche dans un état de relaxation un peu trop avancé.
J'écoutais un historien sur rfi (l'émission "Le Monde Change"), relater les évenements comme il furent vécu ce jour là et j'ai réalisé que nous n'avions plus peur des catastrophes nucléaires.
Je sais, il faut que je m'explique....
Revenons un peu en arrière, de vingt ans (non, madame, non monsieur, cet exercice ne vous fera pas retrouver votre silhouette de 1986). C'était déjà le début de la fin de la guerre froide. Mais nous, pauvres mortels, ne savions pas. Le monde vivait, après des décennies de courses aux armements, sous la peur permanente de l'embrasement général, de la der des der, celle qui allait nous laisser au mieux à l'age de la pierre taillé et au pire à l'age de la pière fondue (sous le feu nucléaire s'entend). Nous savions la fin du monde proche, une fin brutale, une fin absurde d'un monde rendu fou par le génie scientifque de l'homme. Une fin causée par la réalisation du rêve extrème de nos dirgeants névrosés et psychotiques: la destruction totale des hommes et du monde.
Les films de série B de l'époque nous la montrent cette fin, avec ces villes inhumaines, bétonnées et mécanisées, ces zombies qui les habitent, ces dirgeants qui jouent avec le feu et puis un jour, le son de cette sirène d'alarme grinçante et monocorde qui retentit, la lumière rouge qui clignote, les zombies qui paniquent... Ce scénario nous le savions tout proche et les prophètes de l'époque nous exortaient à rever d'un monde paix. Lennon chantait dans nos radios :
Imagine all the people
living life in peace...
Oui il fallait l'imaginer, la paix.
Mais aujourd'hui, qui a peur de cette guerre totale et de la destruction brutale de notre planète? On a un idiot guerrier comme quasi-maitre du monde mais personne ne craint vraiement qu'il appuie sur le fameux bouton rouge (celui où dans les films c'est marqué "Ne pas appuyer"). La crise irakienne a rendu hélas peu crédible toute accusation qu'on peut faire à un dictateur féru de nucléaire. La crise irannienne ne vend même plus.
Etrangement, nos angoisses d'aujourd'hui ont quitté le champ physique pour le champ social. Le cauchemar qui hante desromais nos nuits, la fin du monde que nous savons proche et inévitable, c'est une catastrophe sociale, la réalisation du rêve ultime des dominants : l'exploitation totale des hommes et du monde.
Oh... bien sûr nous craignons que ces dirigeants d'aujourd'hui ne détruisent la planète dans leur frénétique exploitation. Mais cette fois ci la fin qui menace est progressive et non soudaine.
En fait c'est peut etre là la grosse différence entre nos peurs d'hier et d'aujourd'hui. La fin absurde qui tombait sans crier gare est remplacée par une agonie lente d'une société d'exploitation et la mort progressive de la planète.
Les activistes d'alors étaient des pacifistes qui voulaient arrêter le compte à rebours infernal par une révolution. Nos activistes sont forcement différents. Ils veulent casser la machine pour reconstruire un Autre Monde.
Nos peurs ont changé oui. Nos rèves aussi ?
Commentaires
Anonyme a dit…
Et le sida des singes ? Et le palu des moustiques ? Et la grippe des poules ? Nos animaux aussi nous tuent, plus coriacement que les bombes. Qui s'en soucie vraiment ?
J
lundi, mai 08, 2006 3:23:00 PM
Doomu Rewmi a dit…
Oui, qui s'en soucie vraiement? that is the question ? Les menaces nées de notre génie technique ou de notre expansion à tous les recoins de la planète sont plus fortes que jamais.
Nous mourrons peut etre tous demains d'une catstrophe sanitaire causée par un élevage productiviste (vache folle ?) ou des ravages soudains d'une virsus genre sida + ebola déniche au find fond de l'amazonie par quelque société de bois.
Ce n'est ni moins dangereux ni moins probable que la Bombe H de jadis. Mais va faire l'épouvantail avec ça voir si tu faios peur à trois gosses. Non... nos psychoses actuelles sont sociales et nos rèves alermondialistes.
mardi, mai 09, 2006 1:02:00 AM