Immigration : Le Choix de Sarkozy
Par Doomu Rewmi le jeudi 17 août 2006, 19:30 - Chroniques de mon autre pays - Lien permanent
Sarkozy a fait son choix. Il nous raconte qu’il a fait pour la France le
choix de choisir au lieu de subir. « Immigration choisie » dit il, et non «
Immigration subie ».
Et les journaux de s’enflammer du débat sur ce nouveau paradigme dans la
politique de l’immigration française.
De grands penseurs français s’emparent de
la question, « réagissent » comme dit la presse, qui d’ailleurs elle aussi se
répand en analyse sur la « trouvaille de Sarkozy ».
Nos présidents, passé et présent, se disent tour à tour « choqué »ou contre une opération malhonnête pour le Continent Noir.
Nos chanteurs préférés s’indignent de ce nouvel esclavage.
Et même les leaders d’opinions de la blogosphère francophone, répondent avec leur hospitalité, leur empathie, leur ironie, et leur lucidité (contrairement à la presse) sur les vraies raisons de Sarkozy.
C’est que la formule de Sarkozy à une portée historique et morale telle que on peut difficilement ne pas lui répondre. Pour lui rappeler la responsabilité historique de la France, pour lui rappeler portée globale de ce choix et son impact ailleurs, pour lui dire l’immoralité du pillage qu’il prépare.
Oui il y a beaucoup de discours à lui faire sur ce choix. Et c’est la peut être le piège. Parce que le choix de Sarkozy il est ailleurs…
D’abord comme l’ont remarqué les plus lucides, le premier choix de Sarkozy est de faire porter le débat de la prochaine campagne électorale sur le thème de l’immigration. Ce choix qu’il fait avec un certain cynisme politique a plusieurs motivations. D’une part il s’agit d’aller pêcher dans les eaux glauques du marigot lepéniste, ce qui est était après tout une vielle habitude de la droite française jusqu'à ce que récemment la Royale enfant de Dakar innove dans la gauche et brouille les cartes. D’autre part il s’agit, et là ce n’est pas une exclusivité de la droite, de trouver le sujet épouvantail pour éviter soigneusement les vrais débats de la société française sur lesquelles la classe politique dans son ensemble a fait déjà un choix radical (celui de l’exclure du champ de la politique).Que reste-t-il alors au politicien en panne de projet de société, sinon des promesses de Kracher et d’expulsions ? Il se fait provocateur et tout le monde lui répond, chaque voix, y compris la mienne (et j’ai essayé de me taire, je vous assure), allant dans le sens d’alimenter ce débat trompeur.
Le deuxième choix de Sarkozy, est une formule qui cache peut être un autre dessein. Oui sa jolie formule d’accroche, qui, nous dit-il, définit sa nouvelle approche de l’immigration. Mais sa loi, désormais votée, porte-t-elle réellement cette ligne directrice ?Les deux grands volets de cette loi sont
Mais mon impression est que la portée de cette loi est beaucoup plus grande dans d’autres domaines :
Ainsi que ce soit sur le plan politique que sur le plan socio-économique, la question est approchée dans une démarche utilitaire.
Avec, cette approche de l’immigration, on peut toujours se fatiguer à lui rappeler les enjeux historiques et les implications morales.
Le Choix de Sarkozy est déjà fait : c’est celui de se servir de l’immigration, simplement.
Nos présidents, passé et présent, se disent tour à tour « choqué »ou contre une opération malhonnête pour le Continent Noir.
Nos chanteurs préférés s’indignent de ce nouvel esclavage.
Et même les leaders d’opinions de la blogosphère francophone, répondent avec leur hospitalité, leur empathie, leur ironie, et leur lucidité (contrairement à la presse) sur les vraies raisons de Sarkozy.
C’est que la formule de Sarkozy à une portée historique et morale telle que on peut difficilement ne pas lui répondre. Pour lui rappeler la responsabilité historique de la France, pour lui rappeler portée globale de ce choix et son impact ailleurs, pour lui dire l’immoralité du pillage qu’il prépare.
Oui il y a beaucoup de discours à lui faire sur ce choix. Et c’est la peut être le piège. Parce que le choix de Sarkozy il est ailleurs…
D’abord comme l’ont remarqué les plus lucides, le premier choix de Sarkozy est de faire porter le débat de la prochaine campagne électorale sur le thème de l’immigration. Ce choix qu’il fait avec un certain cynisme politique a plusieurs motivations. D’une part il s’agit d’aller pêcher dans les eaux glauques du marigot lepéniste, ce qui est était après tout une vielle habitude de la droite française jusqu'à ce que récemment la Royale enfant de Dakar innove dans la gauche et brouille les cartes. D’autre part il s’agit, et là ce n’est pas une exclusivité de la droite, de trouver le sujet épouvantail pour éviter soigneusement les vrais débats de la société française sur lesquelles la classe politique dans son ensemble a fait déjà un choix radical (celui de l’exclure du champ de la politique).Que reste-t-il alors au politicien en panne de projet de société, sinon des promesses de Kracher et d’expulsions ? Il se fait provocateur et tout le monde lui répond, chaque voix, y compris la mienne (et j’ai essayé de me taire, je vous assure), allant dans le sens d’alimenter ce débat trompeur.
Le deuxième choix de Sarkozy, est une formule qui cache peut être un autre dessein. Oui sa jolie formule d’accroche, qui, nous dit-il, définit sa nouvelle approche de l’immigration. Mais sa loi, désormais votée, porte-t-elle réellement cette ligne directrice ?Les deux grands volets de cette loi sont
- le durcissement des conditions d’obtention de la carte de séjour pour des raisons non professionnelles (regroupement familial, mariage, …)
- l’invention d’une carte facilitée pour les immigrants possédants des compétences recherchées.
Mais mon impression est que la portée de cette loi est beaucoup plus grande dans d’autres domaines :
- D’abord elle veut faire du travail la seule finalité acceptée de l’immigration, le seul angle pour son appréciation.
- Elle précarise les immigrés qui ne possèdent pas des compétences privilégiées, en les maintenant dans la clandestinité, les rendant ainsi plus soumis au dictat de leur employeur local et renforce ainsi un réservoir de main d’œuvre flexible, peu chère, ….
Ainsi que ce soit sur le plan politique que sur le plan socio-économique, la question est approchée dans une démarche utilitaire.
Avec, cette approche de l’immigration, on peut toujours se fatiguer à lui rappeler les enjeux historiques et les implications morales.
Le Choix de Sarkozy est déjà fait : c’est celui de se servir de l’immigration, simplement.
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