Guelewar, le dernier resistant
Par Doomu Rewmi le dimanche 7 mai 2006, 01:20 - Notes Littéraires - Lien permanent
Si vous passez sur la Place de l'Independance, au centre ville de Dakar, ces temps ci, vous verrez une image très symbolique de qui est arrivé au cinéma Sénégalais : Le Cinéma "le Paris", un des derniers refuges (bien sommaire) des cinéphiles dakarois, a été complètement rasé. J'espère que ce qui renaitra sur ce tas de décombres, comprendra un cinéma.
Mais "Le Paris" ou pas, le circuit cinématographique sénégalais est bien mort depuis longtemps et tout le monde s'est rabattu sur la platine DVD de salon qu'on peut acheter à 25 000 FCFA aujourd"hui pour se regarder des theatres de Saaneex piratés achetés au feu rouge
Sauf qu'il reste quelques resistants, quelques rares lieux où survit le meilleur du ciné, et parmi ceux là, la salle du Centre Culturel Français. Le meilleur du ciné parce que cette salle ne suit pas l'actualité riche en tintamarre holywoodien mais s'offre des visites dans une cinmathèque de films d'auteurs riche en oeuvres africaines. Comme la série actuelle sur Sembene Ousmane (dont on cause ici et ici et là)
Ah Sembène. Le Mandat. Xalaa. Guelewar.
L'autre soir, bien accompagné, j'y ai revu Guelewar. (Symbolique pour un dernier lieu de resistance du cinéma que ce personnage de Guelewar, dernier resistant contre l'indignité de nos pays vivant la main tendue)
Comme à chaque fois que je revois Guelewar, il y a tant de choses que j'ai beaucoup appréciées.
J'ai apprécie la dénonciation du Politicien en mal d'inspiration pour resoudre les vrais problèmes du pays et qui invite le peuple à danser pour célébrer des fausses solutions et leur faire oublier leurs malheurs.
J'ai apprécié la peinture faite de la rencontre des traditions anciennes (Gor Mag dans son superbe costume), des traditions plus récentes (l'abbée, l'imam) et de la modernité, terrible modernité, ambigüe dans sa moralité (ici, des prostitué) et noble dans ses finalités (le mieux être familial ...
J'ai apprécié en filigrane comment Sembène raconte le sort des femmes, des veuves surtout, des filles aussi, livrées à la débauche Dakaroises par l'echec du developpement rural.
J'ai apprécie l'humour, surtout cette manière de rire de ces petits riens de la culture sénégalaise, grossies et caricaturés ou simplement mis en contraste avec cette modernité justement.
Allez voir un peu sur le site de l'Institut Français, une rediffusion est peut etre prévue.
Commentaires
natty a dit…
daaaaaaaamn ! so il n y a plus de cinema a dakar ? je n'ai plus k'a me sucider ou demenager definitivement sur mars !!!
Guelewar fait de la resistance et tu ne saurais pas mieux dire! j'ai vu une interview du grand sembene il y a quelque mois! il tirait sur la sonnette d'alarme sur le fait k'il n y ait plus de salle de cinema a dakar alors ke dans les annees 60 ou 80 y en avait une cinquantaine !
c'est d'un triste !!!
Et oui, tu m'as donne envie de revoir GUELEWAR (et ce sera pour la 12 eme fois!) ce film c'est juste un chef d 'oeurvre !! merci tonton Sembene
jeudi, mai 11, 2006 11:06:00 AM
Anonyme a dit…
Arretez ce délire.
c'est quoi le bon cinéma?
Le bon film n'est pas toujours celui qui dénonce, encore moins celui des temps passés.
Le cinéma peut faire réver et Hollywood le fait bien.
Le bon cinéma n'est pas celui des dollars ou des euros, je te le concède. mais souvent un sourd-muet (un film j'entends du début du siécle passé) est mieux fait qu'un sembène ousmane.
Zut, je me rends compte que je suis entrain de te chercher des poux sur la tête alors que de mémoire, comme gorgui, tu n'as pas de cheveu.
Momm Moyy KENNAKI
mercredi, mai 17, 2006 9:22:00 PM