Mais "Le Paris" ou pas, le circuit cinématographique sénégalais est bien mort depuis longtemps et tout le monde s'est rabattu sur la platine DVD de salon qu'on peut acheter à 25 000 FCFA aujourd"hui pour se regarder des theatres de Saaneex piratés achetés au feu rouge

Sauf qu'il reste quelques resistants, quelques rares lieux où survit le meilleur du ciné, et parmi ceux là, la salle du Centre Culturel Français. Le meilleur du ciné parce que cette salle ne suit pas l'actualité riche en tintamarre holywoodien mais s'offre des visites dans une cinmathèque de films d'auteurs riche en oeuvres africaines. Comme la série actuelle sur Sembene Ousmane (dont on cause ici et ici et )

Ah Sembène. Le Mandat. Xalaa. Guelewar.

L'autre soir, bien accompagné, j'y ai revu Guelewar. (Symbolique pour un dernier lieu de resistance du cinéma que ce personnage de Guelewar, dernier resistant contre l'indignité de nos pays vivant la main tendue)

Comme à chaque fois que je revois Guelewar, il y a tant de choses que j'ai beaucoup appréciées.

J'ai apprécie la dénonciation du Politicien en mal d'inspiration pour resoudre les vrais problèmes du pays et qui invite le peuple à danser pour célébrer des fausses solutions et leur faire oublier leurs malheurs.

J'ai apprécié la peinture faite de la rencontre des traditions anciennes (Gor Mag dans son superbe costume), des traditions plus récentes (l'abbée, l'imam) et de la modernité, terrible modernité, ambigüe dans sa moralité (ici, des prostitué) et noble dans ses finalités (le mieux être familial ...

J'ai apprécié en filigrane comment Sembène raconte le sort des femmes, des veuves surtout, des filles aussi, livrées à la débauche Dakaroises par l'echec du developpement rural.

J'ai apprécie l'humour, surtout cette manière de rire de ces petits riens de la culture sénégalaise, grossies et caricaturés ou simplement mis en contraste avec cette modernité justement.

Allez voir un peu sur le site de l'Institut Français, une rediffusion est peut etre prévue.