(Sur)vivre à Dakar
Par Doomu Rewmi le jeudi 6 avril 2006, 22:31 - Chroniques d'une société dérèglée - Lien permanent
A coté du tapage médiatique pourtant, je constate autour
de moi une réaction lasse et désabusée. Un « Ah… encore !» sans plus.
C’est qu’on désespère, de voir le problème de notre habitat urbain, notre cadre
de vie, traité dans le fond
On se prendrait à rêver d’un autre cadre de vie loin de notre cauchemar
quotidien...
Oh c'est vrai Dakar à ses attraits.
Pour le touriste Dakar évoque peut être les
fleurs et
les étals
bigarrés du Marché
Kermel, les statuettes du village artisanal, la complainte du talibé au feu
rouge, l'insistance du vendeur de Ponty et s'il a plus de chance l'accueil
chaleureux d'une quelconque famille sénégalaise.
Pour le fonctionnaire international en
poste, où simplement le Dakarois très aisé, c'est le privilège de la maison
avec vue sur mer, des bonnes tables du centre ville, de quelque club
d'équitation, de tennis ou de voile. Il pourra se plaindre parfois de devoir
traverser les embouteillages dans son 4x4 climatisé.
Pour mon cousin, débarqué du Saloum, Dakar est aussi un rêve, avec les journées
de manœuvre à 3000 FCFA, les possibilités offertes par la revente dans les rues
de pacotilles
chinoises, les délicieux plats de Ceebu Jën qu'il peut trouver à la maison
sans parler des match de la coupe d'Europe à la télé.
Pour l'immense majorité de nous autres Dakarois, c'est bien différent.
Pour nous, vivre à Dakar aujourd’hui c’est investir des années d’effort pour
acquérir dans une de ces nouvelles cités qui poussent en banlieue une maison
exiguë, la transformer sauvagement pour empiler les appartements mal conçus et
les louer dans l’espoir d’un retraite dorée et finir par voir tout cela emporté
par une
inondation.
Vivre à Dakar, des palais hideux du quartier des Almadies aux maisons
préfabriquées de Mbao, ce sont toujours les mêmes rues étroites mal tracées,
sans bitume ni trottoir, sans égout ni drainage, sans éclairage public ni
espaces communautaires. Sans verdure. Dans les quartiers populaires, on subira
la cacophonie nocturne de jeunes désœuvrés qui n'ont aucune obligation de se
réveiller le lendemain, et dont on ratera accessoirement les jolies
chorégraphies
Vivre à Dakar, c’est devoir résoudre le casse tête du
déplacement vers écoles et bureaux quand le moindre trajet est devenue une
entreprise de longue haleine, détruisant des heures entières de vie
familiale.
Dakar s'est développé vite ces vingt dernières années et dans cette course
démographique, les autorités dépassés par les promoteurs immobiliers, parfois
complices, ont peut être sacrifié notre carde de vie sur l'autel de la
spéculation immobilière.
Devant nos quartiers je me prends à rêver d'un autre développement urbain qui rendrait
vie aux quartiers en y recréant le cadre communautaire dont se souviennent nos
aînés, qui offrirait à chacun ces petits riens qui font le beau cadre de
vie : des arbres, de
l'espace. Un développement urbain qui ne remplacerait pas les concessions du
monde rurale et leur cour polyvalente véritable lieu de réunion familiale par
un empilement d'apparts (mal) occidentalisés qui ne nous laissent plus vivre
ensemble. Un développement urbain qui ...
Ah de quoi je parle... pour parler d'un développement urbain il faudrait que
les autorités anticipent un peu ... Là, elles ont déjà du mal à
suivre.
Commentaires
Anonyme a dit…
j ai bien aimer ton blog bonne continuation té la meilleur
de la part de andrew kane from sunugal
vendredi, avril 28, 2006 1:34:00 PM
Doomu Rewmi a dit…
Merci Andrew
Toi aussi STP continue de passer nous poster un commentaire.
mardi, mai 02, 2006 1:10:00 AM