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  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane - Tag - Société</title>
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  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 02 Sep 2008 15:28:44 +0000</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Apprentis sages (4) : Allez et (sur)peuplez la terre... du Saloum.</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village</link>
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    <pubDate>Sat, 07 Apr 2007 01:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Agriculture</category><category>Apprentis-sages</category><category>Population</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je reviens dans la série des &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/tag/Apprentis-sages&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Apprentis-sages&lt;/a&gt; pour cette fois ci abandonner mes pauvres cousins face
aux défis de la Ville et aller voir un peu ce qui se passe du coté de ceux qui
sont restés au village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est toujours la révolution dans la petite vie de mes cousins, de mon
village, la -bas dans le bassin arachidier, anciennement vivier de riches
négociants aujourd'hui source privilégiée de &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;nouveaux boat-people&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme toute révolution, celle-ci nait dans la tension d'un conflit.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un des mes cousins est actuellement en cavale. Il a pris le maquis dans
cette zone frontalière (avec la Gambie) propice à ce genre d'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de sa fuite un drame qui est devenu banal dans ce pays depuis
que les bergers y cohabitent avec les paysans. Il faut dire qu'ici, le berger
d'un jour est le paysan de la veille et ces conflits exigent une schizophrénie
permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin donc, de corvée pour guider le troupeaux ce jour là, savait bien
qu'il n'échapperait pas au conflit quand ses bêtes sont entrés dans les champs
appartenant au village voisin. Mais tout jeune peul qui se respecte a la
machette aussi afutée que la fierté dangereuse. Aussi mon jeune cousin après
avoir fait sortir son troupeaux du champ saccagé, atendit sans se dégonfler
l'arrivée du propriétaire. Qui arriva. Bien accompagné. Bref une foule. Des
accusations outragées, des excuses néssairement insuffisantes, des menaces
pleines de défis et bientôt il ne restait plus que l'affrontement. Sauf que mon
cousin, peu volontaire pour la raclée (qui récompense habituellement la
négligence du berger et produit des générations d'ex bergers agguéris aux coups
et excellent coureurs) se dégagea d'un coup de machette au jugé avant de
s'évanouir parmi les &lt;a href=&quot;http://www.diawara.org/senegal/senegal_agriculture_cereales.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;épis de mil&lt;/a&gt; très hauts en cette saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banalité de cette anedocte aurait pu faire bailler n'importe qui dans ce
terroir, si le coup de machette n'avait atterit dans une chair délicate et mis
l'infortuné en sérieux danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Il a été &amp;quot;taillé!&amp;quot; dit on litéralement dans la langue locale utilisant le
même verbe que pour le bois. &amp;quot;Il a été taillé par UnTel de tel village&amp;quot;
consigna méticulisement le gendarme dans le PV avant d'anoncer tranquilement à
l'assistance qui avait accompagné les frères indignés au bourg voisin pour
porter plainte qu'on irait le chercher le lendemain. Pour interrogatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin n'est pas rentré au village. Il a profité de la nuit pour passer
la frontière. Un ami l'a un peu aidé avant de revenir rapporter à mon oncle le
message d'au revoir du fugitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah l'idiot! L'histoire a été reglée comme d'habitude. Délégation ad hoc.
Excuses formelles. Regrets sincères. Compassion réelle pour la victime. Et
rappels subtils dans les salémalecs de tout ce qui lie les deux parties. Oui
bien sur, la plainte sera retirée, le blessé soigné. Les gendarmes tiendront
quand même à faire regretter à mon cousin d'avoir osé s'enfuir. Ils exigent sa
présentation au poste. Dès son retour, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classique symptôme de ce qu'on appelle savamment la saturation foncière dans
cette zone un peu trop peuplée pour les ressources qu'elle peut offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais assis à l'ombre du manguier qui domine la cour de la concession
familale, tandis qu'on commente la stupidté du cousin et la fatalité du
conflit, je regarde courrir autour de mois les acteurs d'un futur conflit bien
plus tragique : des enfants, pleins d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, mon oncle qui a de nombreux fils est desormais tant de fois grand
père qu'il ne comple plus le nombre de gateaux de mil qu'il distribue avec
génrosité à toute heure dans la pure tradition des grand-pères. Or, dans une
région déjà complètement en culture, il a du découper les terres de la famille
en lots déjà trop petits pour offrir à chacun de de ses fils son lopin. Lesdits
fils, mes cousins testent in vivo la règle mathématique dite de croissance
exponentielle d'une population en refusant obstinément de découvrir la
contraception (je simplifie, là).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une génération, pas si lointaine que cela, ces enfants se battront pour
le partage de ses terres. Et les conflits entre frères sauront être bien plus
sanglants qu'entre voisins. On fera dans le familial, sans retenue ni
pudeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays où la seule alternative au travail agricole sinistrée reste
l&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;'aventure maritime vers les côtes d'Europe&lt;/a&gt; ou l'&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/05/15/Apprentissages-3-%3A-Mon-cousin-decouvre-la-Chine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;horizon bouché de l'aventure urbaine&lt;/a&gt;, la bombe démographique fait ses
derniers tics-tacs avant une explosion qui pourrait jeter chacun à la gorge de
son frère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fait la l'équipe des volontaires de déminage ? On tatonne. On
essaie d'initier d'autres activités économiquement viables qui ne requièrent
pas autant d'espace. On essaie de causer contraception et planning familial. On
essaie d'ouvir à ceux qui viennent au village la voie vers l'apprentissage d'un
métier. Et on compulse avec fébrilité les lectures sur la gestion de la terre
dans les environnements similaires &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/#pnote-95743-1&quot; id=&quot;rev-pnote-95743-1&quot; name=&quot;rev-pnote-95743-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Oui cela fait
beaucoup d'apprentissages pour mes cousins et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour peut être l'Etat se reveillera pour proposer une réforme foncière
plus ou moins heureuse. Un plan peut etre concoté par quelque prophète du
libéralisme à la Banque Mondiale ou au FMI. Histoire d&amp;quot;appliquer &lt;a href=&quot;http://sanou.mbaye.free.fr/blog/index.php?/archives/10-LAfrique-et-le-neoliberalisme-resistance-ou-soumission.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la recette miralce habituelle&lt;/a&gt; qui met en situation de
concurrence libre et non faussée les agneaux de mon villages avec quelque loups
bien choisis. Au risque de créer une autre population de sans terre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/#rev-pnote-95743-1&quot; id=&quot;pnote-95743-1&quot; name=&quot;pnote-95743-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]
par exemple cet &lt;a href=&quot;http://www.dhdi.free.fr/recherches/environnement/articles/barrieredroitenvironnement.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; sur la gestion du foncier en pays bassari par Olivier
BARRIERE&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ville Cruelle -  Où la communauté se noie dans la multitude</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/06/Ville-Cruelle-1-%3A-Et-la-communaute-se-noie-dans-la-multitude</link>
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    <pubDate>Fri, 06 Apr 2007 04:40:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Agression</category><category>Dakar</category><category>Individualisme</category><category>Société</category>    
    <description>&lt;p&gt;La scène se déroule dans un &amp;quot;car rapide&amp;quot;, un des ces monstres roulants qui
encombrent les rues de Dakar au grand regret des autres conducteurs mais qui
font office de transport en commun le plus populaire de la ville. Ces cars,
qu'emprunte la grande masse laborieuse qui se deverse chaque jour de la grande
banlieue dakaroise vers le centre, sont un laboratoire de notre société.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin qui a emprunté le car ce matin là tente en vain de sauver le
repassage impeccable et la blancheur de son ample et superbe &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/09/Hypermarche-le-Senegal-Rayon-Beaute&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Kaftan&lt;/a&gt;
aux broderies élaborées mais la tâche est ardue. Sur sa gauche, il a une
vendeuse de poissons qui transporte toute sa marchandise dans une large bassine
qui encombre l'étroit couloir du car et dont les éffluves &amp;quot;marines&amp;quot; sont bien
moins dangereuses que les arêtes tranchantes et queues de poissons qui en
débordent joyeusement tentant d'ecorcher les pan du Kaftan. Sur sa droite, un
jeune homme est plongé dans la lecture d'un journal qu'il étale sans gène sur
ses voisins les obligeant à des contorsions qui achèvent de froisser mon
fringant cousin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lecteur indélicat est en fait un voleur en pleine action.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il a repéré sa victime pendant qu'elle payait des courses au marché et l'a
suivie dans le car. Il a profité de l'entassement des voyageurs sur les sièges
pour opérer. La technique est presque un classique du genre. Le journal lui
donne un peu de discretion pendant qu'un canif aiguisé tente de lui ouvrir les
entrailles du sac à main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame assise en face a longtemps observé la scène avant d'oser intervenir.
N'y tenant plus elle a averti la victime et interrompu le vol. Devant les
autres voyageurs fascinés mais passifs, le voleur a d'abord toisé sa victime
sans aucune peur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Tu as de la chance toi. Mais elle ... ce sera la dernière fois qu'elle se
mèle de mes affaires&amp;quot; a-t-il dit en se tournant vers celle qui l'a dénoncé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un geste vif, et il lui à lacéré le visage avant de sauter du car. Pendant
ques les voyageurs s'attroupent autour de la dame en sang, il s'est
tranquilement fondu dans la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin qui comme les voyageurs est resté sans réaction explique sa
propre passivité par un instinct de conservation : pourquoi serail il
intervenu pour risquer d'être bléessé pour quelqu'un qu'il ne connait
pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette scène et cette attitude sont devenues monnaie courante dans une ville
qui découvre depuis peu (une dizaine d'année) des formes de plus en plus
violentes d'agression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indivdualisme en tout beauté n'est ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcul égoiste de mon cousin et de chacun des voyageurs est évidemment
faux. En effet ils croient assurer leur propre sécurité en choisissant de ne
pas s'interposer. Or c'est justement l'assurance de leur non intervention qui a
permit à l'agresseur d'opèrer. Et qui les fera victime à leur tour un autre
jour. Ainsi leur attitude qui fait sens à l'echelle individuelle devient
castastrophique pour le collectif. Ce genre de fausse optimisation est une des
grandes joies de l'individualisme et le terreau de l'exploitation capitaliste
(mais je digresse...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui rend possible cet individualisme c'est avant tout la multitude
des inconnus qui peuple une ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en effet ne pas être tenté de laisser à son sort un inconnu? Et
puis, on risque peu de le rencontrer ailleurs pour se voir accusé de lachété.
L'héroisme de nos ainés qui se jettaient au secours d'une dame en detresse
n'était peut etre que la peur de l'oppobre quand tout le monde connaissait tout
le monde dans un cadre bien provincial. De son coté le voleur assuré de son
anonymat peut commetter son forfait et se perdre facilement dans l'immensité
urbaine sans qu'on le cueille le lendemain à sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'a rien d'extraordinaire. C'est classique à tout les grandes
villes du monde j'imagine. Ce qui me chagrine reellement c'est que tandis le
Sénégal s'urbanise de plus en plus vite devant la paupérisation insupportable
de son monde rurale, les villes connaissent une croissance folle en dehors de
tout contrôle, de tout planification et, surtout de toute reflexion sur
l'habitat et ses conséquences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et parmi ces conséquences, ce nouvel individualisme que nous ne connaissions
pas vraiement par ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens de la communauté tant invoquée chez nous se noie ainsi tranquilement
dans la multitude grouillante de nos villes en pleine explosion
démographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS: Ville Cruelle est le titre d'un beau roman de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mongo_Beti&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Mongo Beti&lt;/a&gt; (publié
sour le pseudonyme d'Eza Boto).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/06/Ville-Cruelle-1-%3A-Et-la-communaute-se-noie-dans-la-multitude#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Talibés : Notre humanité en jeu?</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html</link>
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    <pubDate>Tue, 20 Mar 2007 01:47:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il est vingt deux heures et les rues de Dakar se sont vidées enfin de leur
trop plein de véhicules et de monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela laisse un air d'après fête, avec les détritus et pour le dire brutalement
l'incroyable saleté qui tapisse les rues. Pour l'instant le calme et la
fraîcheur du soir font comme un écho à la fureur de la journée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je marche dans ces décombres de la journée, mon petit trajet nocturne occasion
de méditations souvent aériennes et dont, pauvres lecteurs, vous subissez
parfois les chutes maladroites.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce soir là, ma chute, un rappel à une douloureuse réalité, est venue sous une
forme innocente, fragile et pathétique : une main d'enfant m'a accroché...&lt;/p&gt;    &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Une main encore petite de son âge mais que déjà une vie
d'aumônes a rendu calleuse. Une main grise, sale et sèche qui prolonge un
maigre bras à la peau agressée par le froid et les derniers souffles de
l'Harmattan (ce vent sec qui souffle en Hiver et mène le sable du Sahara à nos
portes). Au bout de ce bras, l'épaule émerge de ce qui reste d'un T-shirt dont
le col s'élargit sur une petite poitrine aux côtes bien visibles. L'enfant aux
pieds nus qui m'interpelle ainsi n'a même plus l'envie de me chanter sa
complainte : il se contente d'un &amp;quot;saara gira yalla&amp;quot; pour demander sa
pièce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un talibé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'image est banale à Dakar et, c'est terrible à dire, ne m'aurait guère arrêté
si ce n'est deux détails.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'heure d'abord, tardive : je me demande ce que fait ce talibé dehors à cette
heure. Des restes de décence me disent aussi qu'un enfant dehors la nuit, par
ce froid, est un signe d'un terrible abandon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et puis l'autre détail : avec ces fins traits de peul, encore plus marqués par
sa maigreur, ses grand yeux sous le front large, cet enfant ressemble à mon
petit frère. A moi-même d'ailleurs quand je pense à mes photos d'enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et je prends tout à coup mesure de la réalité que nous trouvons desormais
banale à Dakar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, à vingt deux heures passées, un enfant de cinq ans, perclus de fatigue et
de froid, me demande d'une voix ensomeillée une pièce. Et j'allais trouver cela
banal. Jusqu'à ce que je réalise que cet enfant aurait pu être mon frère. Ou
moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand sommes nous tombés aussi bas, nous habitants du pays dit de la Teranga,
que nous laissons tous les jours des enfants dans cette condition ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a eu sa pièce et moi ma gifle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis, j'ai regardé le phénomène et les réactions qu'il suscite autour de moi
avec une attention nouvelle. J'essaye de comprendre comment nous percevons et
traitons les talibés, au quotidien comme dans le long terme. J'ai un peu
l'impression que c'est notre humanité qui est en jeu ici. En effet comment
qualifier une société qui serait indiffèrente ou, pire, complice active d'une
marginalisation aussi cruelle de ses enfants? Oui je crois bien qu'il y va de
notre humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors comment traite-t-on donc ces talibés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A la maison&lt;/strong&gt;, pour commencer au plus près? Il n'est pas rare de
voir une mère de famille avoir ses talibés attitrés. Ils passent après chaque
repas prendre des restes dont la qualité dépend aussi bien du niveau de vie de
la maisonnée que de sa générosité réelle. Une véritable relation s'instaure
souvent. Issue d'une maisonnée plutôt traditionnaliste j'ai souvent mangé
autour du même bol que les talibés attitrés de maman. Rien d'extraordinaire
dans cette charité bien répandue dans nos régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans la rue ?&lt;/strong&gt; C'est apparemment autre chose. Il faut d'abord
dire que l'explosion du nombre de talibés dans les rues de Dakar est
relativement récente et coïncide fortement avec une période de grande
paupérisation et d'exode rural. Preuve s'il en faut que le phénomène est une
manifestation du plus large problème de la pauvreté. Hélas, peut-être parce
qu'ils sont arrivés en grand nombre au moment même où Dakar découvrait une
nouvelle violence urbaine, les fameux &amp;quot;Agresseurs&amp;quot;, ils suscitent désormais
méfiance et stigmatisation. L'aumône vite jetée en réponse à la complainte du
talibé devant la vitre de la portière va de pair avec une tentative claire de
se distancier de cette source possible de délinquance. On les ignore quand on
peut. On les accuse quand on veut. On les regarde finalement bien peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans les média ?&lt;/strong&gt; De tous les maux qui affligent ce petit bout
de tiers monde qu'est le Sénégal, ce sont les talibés qui, à juste titre,
provoquent du monde occidental, le plus d'indignation, de compassion et de
projets humanitaires. Aussi vous trouverez facilement plusieurs associations
concentrant leurs actions sur les talibés. Il y a également pas mal de
littérature sur le Net à ce sujet. Cela va du &lt;a href=&quot;http://membres.lycos.fr/talibes/&quot;&gt;petit mémoire étudiant&lt;/a&gt; aux élucubrations
simplistes sur un &lt;a href=&quot;http://www.senegalaisement.com/senegal/mendicite.html&quot;&gt;certain portail&lt;/a&gt;.
Dans la presse quotidienne c'est plus sous la rubrique des faits divers qu'on
trouve parfois &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/actufr/articles/040/article_21217.asp&quot;&gt;raconté un drame&lt;/a&gt;.
A côté, combien de silences ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chez nos gouvernants alors&lt;/strong&gt; ? Eh bien la surprise est que
ceux-là semblent très préoccupés par le phénomène. Il avait sa place dans le
&lt;a href=&quot;http://www.gouv.sn/discours_pres/detail.cfm?numero=303&quot;&gt;Discours du
Président au 31 Décembre 2006&lt;/a&gt;, il était dans le programme de campagne de la
plupart des candidats aux présidentielles, il a fait l'objet d'un &lt;a href=&quot;http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/AFRICAINFRENCHEXT/SENEGALINFRENCHEXTN/0,,contentMDK:21234644%7EmenuPK:461591%7EpagePK:2865066%7EpiPK:2865079%7EtheSitePK:461478,00.html&quot;&gt;
programme particulier de la Banque Mondiale au Sénégal&lt;/a&gt; et a fait la une du
mensuel (?) sur papier glacé de la BM à Dakar. Mieux, j'ai dégotté sur le site
du Ministère de l'Education cette &lt;a href=&quot;http://www.education.gouv.sn/politique/eqja/fichiers/Etude-jeunes-daara.pdf&quot;&gt;étude
impliquant l'UNESCO&lt;/a&gt; qui envisage des formations qualifiantes pour améliorer
les chances d'insertion du talibé. Bref on a l'impression que le problème est
pris en charge et que s'il n'est pas réglé c'est plus faute d'efficacité que
manque de conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et puis il y a le traitement des ONG, nationales ou internationales, des
associations locales ou étrangères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui il se passe tout cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et j'en viens à me dire que si le sort cruel de ces enfants est un
des symptômes visibles et tragiques des multiples et profonds maux de notre
sous-développement, sa persistance malgré les discours et programmes est à
prendre avec la même patience presque fataliste que l'échec de nos plans de
développement jusqu'à aujourd'hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et ce n'est rien puisqu'un gamin famélique et grelottant qui
ressemblait beaucoup à mon frère m'a quand même interpellé au milieu d'une nuit
froide pour quémander une pièce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et ce n'est pas assez ou pas ce qu'il faut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et puis je m'interroge toujours sur notre humanité pensant (à tort!)
qu'il suffirait qu'on dise tous &amp;quot;NON&amp;quot; à cette ultime indignité pour qu'elle
s'arrête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais faire quelque chose quand même. Vous aussi, faites donc.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>La saison (ou plutot L'ère) des Marabouts</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/12/01/La-saison-Lere-des-Marabouts</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Dec 2006 01:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Magazine du (théatre) Politique</category>
        <category>Elections</category><category>Marabout</category><category>Politique</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;blockquote style=&quot;color: rgb(0, 51, 51);&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;
&lt;p&gt;Qui se couvre de promesses, grelottera au grand froid.&lt;/p&gt;
Birago DIOP, Les Nouveaux Contes d'Amadou Coumba&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
C'est la nuit dans un quartier populaire de Dakar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est 23 heures passées mais la rue grouille de monde, marée humaine jetée
dehors par la chaleur qui ne finit pas de sévir, l'exiguité des maisons
surpeuplées et la simple curiosité de ce qui se passe dehors.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coin de la rue est éclairé par un lampadaire qu'un adroit jet de pierre a
dut esquinter puisque son ampoule pend au bout d'un cable, oscillant au gré
d'une brise rare, diffusant une lumière jaune et blaffarde. Un peu à l'ecart du
lampadaire, un groupe de jeunes s'anime de débats passionés, d'eclats de rires
sonores et parfois, de piques taquines lorsque passe une fille du quartier. Au
loin, on peut entendre un haut-parleur saturé brailler les inévitables chants
religieux qui ne reussisent toujours pas à enchanter les nuits dakaroises. En
face, une bonne femme s'active autour d'un fourneau où brule du charbon de bois
invectivant sans arrêt sa fille dans un peul chantant : elle grille des
cacahuetes (dans une poëlle remplie de sable chaud) pour les vendre en cornets
aux passants et aux voisins habitués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Banale et finalement paisible scène nocture de ce quartier.&lt;br /&gt;    Dans cette scène, le rutillant 4x4 Volkswagen Touareg qui longe la rue a beau
ronronner silencieusement, ses tentatives de se donner un air discret frisent
le grotesque tant il detonne dans le décor. &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Apparemment
convaincu de l'efficacité de son effort de camouflage, le 4x4 s'immobilise
comme pour se cacher sous l'ombre d'un arbre dont les branches surplombent la
rue : le conducteur doit avoir des fanstasmes de la jungle animés par les
courbes félines de sa voiture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a peine le temps d'apercevoir l'homme qui s'en echappe caché derrier le pan
d'un boubou et qui s'engoufre dans l'entrée beante d'une maison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le groupe qui discutait a marqué un petit silence. En fait, une oreille
attentive pourrait percevoir leurs chuchotements :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;C'est Untel. Il vient voir Serigne Modou le Marabout.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il aurait pu nous saluer quand même&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il veut se faire discret, tu sais&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Ah .. c'est vrai, on ne l'avait pas vu depuis ...&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Oui mais là c'est sur on va le voir passer plus souvent &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Ah oui ... les élections.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne demie heure plus tard, le même froufrou furtif du grand boubou, la
même tentative ridicule du 4x4 de passer inaperçu et la rue reprend son aspect
habituel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais desormais la scène se repetera plus souvent devant chez Serigne Modou le
Marabout : les lections approchent et les politiciens veulent des garanties
qu'ils garderont leur postes et leurs 4x4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi commence à Dakar, à quelques mois des éléections présidentielles et
législatives de 2007 la Grande Saison des Marabouts ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'approche des élections, le politcien local se re-découvre soudain une
angoisse existentielle, une ferveur religieuse et une foi inébranlable dans le
rapport très proche que son marabout attitré, au pouvoir mystique illimité,
entretien avec Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre politicien renoue donc avec le maître occulte qui saura executer les
rites lui garantissant l'investiture et la victoire. Il y aura des gris-gris
bien sûr, le Polictien a besoin de symbole concret et permenent de son bouclier
mysqtiue. Mais il y aura surtout des décotions fabriquées selon des formules
secretes alliant racines et incantations, il y aura des bains nocturnes parfois
au millieu de la brousse, des aumônes étranges ('&lt;em&gt;Donne une paire de
chaussures à une veuve enceinte!&lt;/em&gt;)&amp;quot;, et des rituels quotidiens ou plus
envahissants (&amp;quot;&lt;em&gt;Avant de saluer quiconque repète trois fois
&amp;quot;&lt;/em&gt;jaybajakrejem&lt;em&gt;&amp;quot; en croisant l'index et le pouce de ta main
gauche&lt;/em&gt;&amp;quot;) ... et des promesses de satisifaction (&amp;quot;&lt;em&gt;Tu seras maintenu à
ton poste&lt;/em&gt;&amp;quot;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le marabout cependant n'est pas du genre à se couvrir de promesses. Notre cher
politicien le couvrira de ses largesses. Largesses d'autant plus facilement
offertes qu'elles seront au frais de la République : il embauchera son neuveu à
la mairie, lui fera bénéficier d'une dotation de riz destinés au plus
nécessiteux, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il n'y rien là de nouveau sous le soleil de la corruption et de la
superstition policiennes. Ce n'est d'ailleurs pas une exclusivté de nos
tropiques : L'increvable Giscard lui même vient d&lt;a href=&quot;http://www.xalimalaplume.com/details.php?ref=2275&amp;amp;categorie=une&quot;&gt;'avouer
le concours d'un marabout sénégalais&lt;/a&gt; à son election en 74, Mitterand voyait
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lizabeth_Teissier&quot;&gt;l'autre diseuse
d'aventures&lt;/a&gt; et on peut trouver plus dans &lt;a href=&quot;http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&amp;amp;art=456&quot;&gt;le bouquin de
Sylvine Jumel&lt;/a&gt; (La sorcellerie au coeur de la republique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, la saison des marabouts n' a rien d'extraodinaire, on est après tout
haibitué aux polticiens faisant tout pour garder le maroquin sauf bien faire le
truc pour lequel ils sont élus (ce que naivement je crois être le meilleur
moyen, mais bon....).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la politique sénégalaise a un autre rapport bien particulier avec les
marabouts*, un autre type de marabout en fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-style: italic; font-size: 85%;&quot;&gt;* &lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt; :
J'aimerais juste signaler ici, principalement aux non-Sénégalais, l'usage du
terme marabout dans ce texte pour deux sens très distincts : dans la première
partie du texte je parle du marabout consultés à la recherche d'interventions
occultes; celui ci ne dirge pas une communauté et exerce plutot une profession
libérale. Le marabout dont il est question dans la deuxième partie est lui un
chef religieux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Senghor déja avait été un des premiers à reconnaitre le pouvoir de ces
véritables chefs de communatés et s'etait appuyé sur eux pour mener sa campagne
electorale à la veille de l'indépendance du Sénégal. Dans un pays à très forte
majorité muslmane, l'alliance entre le catholique Senghor et ces chefs
religieux musulmans (contre leur co-réligionnaire Lamine Gueye) illustrait bien
une chose : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;il ne s'agissait pas ici d'un rapport religieux mais
d'un rapport de pouvoirs&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, celui en construction du nouvel état
sénégalais face aux pouvoirs traditionnels déja bien établis de ces chefs
réligieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Senghor tout au long de son règne maintint cette alliance des Marabouts et de
l'état. Je me demande toujours si le rôle que Senghor leur a donné ainsi dans
la vie politioque du Sénégal était inévitable et s'il n'est pas responsable de
ce qu'il en advient aujourd'hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet les sucesseurs de Senghor ont progressivement degradé cette relation
en impliquant plus les chefs religieux dans la bataille politique. Ainsi sous
Abdou Diouf, le fait pour un chef réligieux de donner une instruction de vote à
sa communaté est devenu pratique courante toutes confréries confondues. Et
comme je le disais dans un &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/03/26/Le-Saint-Le-Politicien-et-lAmenagement-du-Territoire&quot;&gt;
précédent post&lt;/a&gt;, les marabouts sont même devenus des facteurs importants
dans les décisions d'aménagement du territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis en 2000, Wade inaugure une nouvelle ère : celle du Président qui se défait
de ses oripeaux étatiques pour assumer son allégeance personnelle au marabout,
hérissant les plus républicains d'entre nous par ses recurrentes prosternations
devant ce dernier sous l'oeil des caméras offcielles. Le geste est d'autant
plus critiqué qu'il est supçonné d'etre motivé par des calculs bien politciens,
ledit marabout étant à la tête d'une communauté qui est un immense vivier
electoral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette ère Wade aura ensuite vu des marabouts à la tête de partis politiques
(ex: Serigne Modou Kara et son PVD), la fin effective de l'interdiction de
radios religieuses sur la FM , l'utilisation des versets du coran par les
dauphins de Wade pour s'insulter à la une de journaux et enfin dernière
escalade en date : la nommination d'&lt;a href=&quot;http://www.xalimalaplume.com/details.php?ref=2278&amp;amp;categorie=une&quot;&gt;un
marabout-politicien au poste de Minitre d'Etat&lt;/a&gt; auprès du Président de la
République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui au dela de la saison des marabouts, c'est l'ère des marabouts-politiciens
qui a sonné au Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela dit, ce serait un peu reducteur de mettre tout ceci sur le compte de WADE.
Le Marabout-Politcien était peut etre un phénomène inévitable et
prévisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet les chefs religieux ont été toujours des chefs politiques de leur
communauté dans le sens littéral du terme : ils en ordonnaient la vie publique
et collective. Ils ont ainsi été souvent &lt;a href=&quot;http://www.soninkara.org/histoire-soninkara/colonisation/mamadou-lamine-drame.php&quot;&gt;
resistants&lt;/a&gt; à la colonisation. Puis, lorsque la vie publique, la gestion de
la communauté est passée sous la charge des colonisateurs , ils ont été leurs
interlocuteurs avant de devenir ceux du nouvel etat indépendant du
Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, dans la nouvelle configuration démocratique du pays, avec sa scène
politique marquée par le clientélisme et l'enrichissement rapide des
dirigeants, combien de temps pouvaient ils ignorer cette tentation sachant leur
propre capacité de mobilisation populaire ? Défaits d'autres valeurs qui
auraient pu les empecher de s'engager dans cette scène corrompue, de moins en
moins guides religieux et de plus en plus princes héritiers de pouvoirs
communautaires, leur investissement dans la vie politique semble
inévitable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci d'autant plus que, deception de l'alternance aidant, on vit une période de
défiance profonde du peuple à l'egard de la classe politique. Le resultat est
une grande confusion : l'impression de ne pas savoir à quel saint se vouer.
Quel saint ? Ben tiens .. se dit le prétendu saint homme, me voila!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un marabout pour apporter un peu de certitudes et peu ou prou de morale (à
voir!) ... On peut se demander où nous menera cette ère des marabouts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait tout un article pour revenir dessus. Mais quelques réponses
évidentes :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A plus de communatarisme&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A l'affaiblissement de l'Etat voire la destruction du modèle
républicain&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A la radicalisation religieuse du pays&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Que des bonnes nouvelles ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/12/01/La-saison-Lere-des-Marabouts#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;...en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyranie&quot;</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/11/13/en-toute-beaute-et-en-toute-jeunesse-le-debut-de-la-tyranie</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 13:37:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Humeur</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;La scène inspire des images de guérilla urbaine, de révolutions sanglantes,
de terreur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On aperçoit d'abord au loin une épaisse fumée noire qui s'élève au dessus des
maisons et des arbres qui bordent les rues. Tout autour de vous les gens
inquiets lèvent la tête vers ce signe sinistre, s'interpellent,
s'interrogent.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Puis arrivent, venant de cette direction, les premiers d'entre eux. Ils courent
tous, en se retournant parfois, passent sans s'arreter. L'un est en sang,
l'autre tiens à la main un gourdin, un troisième s'arrete devant vous pour
ramasser un gros caillou, puis un autre avant de repartir. Ils répondent à
peine à vos questions :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;quot;Oui, c'est une voiture.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;quot;Ils l'ont brulée&amp;quot;.&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui ils ? Vous ne saurez pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bientôt c'est une foule qui arrive de ce coté, ils courent tous, une arme de
fortune à la main. Ils ont souvent le même T-shirt rouge. On commence à
reconnaitre les couleurs, les emblèmes. Ce sont les supporters de l'équipe qui
a gagné la finale d'hier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;quot; Quelle finale ? &amp;quot; (oui, je ne suis pas les hivernales!) ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On comprend bientôt qu'iIls courent vers leurs maisons en feu. Pendant qu'ils
brulaient une voiture dans le quartier de leurs adversaires d'hier, ceux-ci
sont allés mettre le feu à leurs maisons. Effectivement de coté la aussi, dans
l'autre direction, on dirait des panaches de fumées noires dans le ciel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils défilent ainsi, au pas de course. Une véritable petite armée, jeune , très
jeunes, génération &amp;quot;boulfaale&amp;quot; comme ils se nomment eux mêmes. Les plus grands
ont l'air costauds, déterminés et sérieux. Impressionnants. Parmi eux, les plus
jeunes s'amusent. Des gamins, même dix ans, qui ont souvi le groupe parce que
c'est amusant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bientôt la fleuve humain se tarit. La rue retombe dans un calme suréaliste. Les
voisins s'interpellent, commentent, rendent un verdict amère sur les dérives de
la jeunesse, rappelent peut etre avec un peu de nostalgie l'époque forcément
meilleure de leur jeunesse. Puis après un hochement de tête résigné rentrent
chez eux. Leurs enfants qu'ils n'ont pas pu (?) empécher de suivre la vague
raconteront à leur retour les scène de batailles, les blessures ouvertes, les
ambulances, puis la police et les grenades lacrymogènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui on en est là...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'air de mon vieux quartier de la Médina en a porté les premiers frémissements
dépuis des semaines déjà, puis c'est devenu petit à petit le bruit de fond de
nos journées, le ton montant progressivement jusqu'à devenir une sorte de
tension preque éléectrique qui chargeait l'air le jour où ça devait avoir
lieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un match de foot. Une finale des hivernales, les navetanes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tension electrique se finit en explosion. De joie d'abord pour les
vainqueurs, de violence ensuite dans ce qui est devenu la traditionnelle
troisième mi-temps de ces matchs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prudemment perché au balcon, j'ai regardé passer ces explosions successives qui
crachent leurs marée de manifestants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y bien sur pour moi la dedans une petite histoire personnelle, celle banale
du temps qui passe, des années qu'on prend et des petis choses dans le
quotidien auxquelles on les mesure. En effet, la marée des supporters a changé
sous mes yeux. D'abord une marée d'adultes à mes yeux d'enfant, puis une foule
d'adolescents de mon age , c'est desormais une masse de jeunes que j'observe du
haut de ma trentaine. Oui banale histoire de moi qui vieillit et des supporters
qui ont toujours le même age. Je regarde mon nombril et me morfond mais bah
..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'autre histoire, la vraie la terrible histoire, c'est celle de l'avenement au
fil des ans, sous mes yeux résignés, d'une nouvelle tyrannie. Ce n'est pas la
nostalgie qui parle quand je dis qu'avant cela ne passait pas ainsi. Les
hivernales se sont bien transformées petit à petit. D'une activité des vacances
scolaires qui réunissait la jeunesse du quartier dans de multiples
confrontations bon enfant avec d'autres quartiers alentours, ces joutes sont
devenues des affrontements guérriers où la moindre rencontre se paie très chers
en batailles de rue, en casses et vandalisme, en victimes mutilées a vie,
....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me souviens de ce texte de Platon placardé dans toutes les classes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;em&gt;Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les
enfants,&lt;br /&gt;
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,&lt;br /&gt;
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les
flatter,&lt;br /&gt;
Lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois, parce qu'ils ne
reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne,&lt;br /&gt;
Alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse,&lt;br /&gt;
le début de la tyrannie.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Platon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Oui je retrouve bien la tyranie de Platon dans la marée qui passe devant chez
moi et dans les hochements de têtes des mes voisins qui rentrent chez eux
attendre que leurs enfants reviennent de ces batailles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun des jeunes (oui je suis bien obligé de les nommer ainsi) qui constituent
cette foule violente est un enfant que personne n'a forcé rentrer à la maison,
à qui personne n'est venue tirer les oreilles et demander des comptes sur son
attitude dans la rue. Et chacun de ses groupes qui s'afrontent, est une bande
de jeunes qu'aucune autorité du quartier, un ainé respecté, un viellard craint,
n'est vénu prendre en main pour leur dire ce qui est mieux pour eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amateur de causes profondes, je me demande evidemment ce qui a changé pour
qu'on en arrive là. Je ne sais pas. Je sais que la réponse n'est jamais simple
quand on par le de phénomène sociaux. Alors je vais chercher partou en meme
temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans l'abrutissement individualiste qu'impose la vie urbaine, cet
abrutissement qui met fin aux communautés et à la prise en charge collective de
la jeunesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans la pauvreté urbaine et la misère sociale qui ont fait que chaque enfant
nait devant un horizon bouché où le seul modèle se présente sous les traits de
El Hadji Diouf, enfant terrible, violent, batailleur, indiscipliné, insolent
... riche et aimé de tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans la perte des valeurs morales qui font que chaque jour le moindre
politicien ou responsable public corrompu vient se pavaner avec arrogance
devant ces jeunes, sapant la valeur de l'autorité administrative et invalidant
tout sermon sur la vertu d'un comportement plus exemplaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans le spectacle désolant de nos dirigeants qui se batttent tant pour le
butin national qu'ils en ont oublié de sauver les apparences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans l'avénement des nouveaux modèle de nos dirgeants, des ces ministres qui
ont acquis leur responsabilité, malgré leur caractère surlfureux, simplement
parce qu'ils ont affiché la témérité, la violence militante et le manque total
de respect envers toute autorité non rallié à leur camp et l'insolence qui a
cloué le bec à tous leurs adversaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne sais pas trouver une cause profonde immédiate à ceci mais je sais une
chose : c'est que c'est là le sympotome de ce genre de décompostion sociale qui
méne si facilement aux guerres civiles et aux enfants soldats du Libéria et du
Sierra Leone.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/11/13/en-toute-beaute-et-en-toute-jeunesse-le-debut-de-la-tyranie#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dakar, la grande mendicité africaine</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/09/06/Dakar-la-grande-mendicite-africaine</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a5779d563c17c7e6fec19da0b7893d72</guid>
    <pubDate>Wed, 06 Sep 2006 01:44:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Dakar</category><category>Dans la Rue</category><category>Mendiant</category><category>Société</category><category>Sénégal</category><category>Talibé</category>    
    <description>&lt;p&gt;Ce doit effectivement être une des images les plus marquantes pour le
visiteur à Dakar. Lorsque sa voiture à parcouru l’avenue Roume, longeant le
Palais de la République, palace colonial aux épais murs blancs dont les grilles
dévoilent un jardin tropical toujours superbe, passant sous les grands arbres
qui bordent l'avenue et dont les cimes se joignent au dessus de la chaussée
pour lui donner un voûte verte et ombragée, débouchant ensuite sur la Place de
l’Indépendance et son étonnant mélange de Building moderne et de vielles
battisses coloniales, quand enfin ayant fait le tour elle s’arrête au feu
devant la BICIS, le visiteur qui savourait la beauté du Plateau découvre
soudain son autre visage : la nuée miséreuse des mendiants voletant autour de
sa voiture.&lt;/p&gt;    Tac ! par ici et c’est un aveugle qui la heurte de sa canne au bois lissé au
fil des ans par ses mains rugueuses et qui dirige vers lui ses orbites creuses
et ses paupières affaissées tendant une main crochue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toc ! de l’autre coté et c’est une vielle dame qui implore le regard pétillant
d’espoir, le sourire édenté et la peau toute frippée achenvant d’en faire une
universelle grand-mère qu’il est d’autant plus dur à ignorer .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la vitre avant, un talibé, laisse déjà monter sa complainte, un bout de
verset coranique chanté dans une voix chevrotante, et dans laquelle l’oreille
profane n’entendra peut être que la belle mélancolie mais où un autre plus
renseigné notera également les erreurs et défaillances qui trahissent une
éducation négligée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière le talibé une femme portant au dos et dans les bras ses jumeaux
annoncera « Seex ya ngi yelewaan ! » tandis que mille bouches bourdonnent
autour de la têtes des bambins qu’un soleil implacable achève de rendre
malades.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu'à présent cette image venait même en surprise au touriste éperdu à qui
les dépliants avaient plutôt vendu les fleurs et milles couleurs du marché
Kermel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Surprise il n’y aura desormais plus. Du moins pour certains...&lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
En effet j’ai découvert le mois dernier sur l’édition en ligne du New York Time
&lt;a href=&quot;http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60915FE395A0C728EDDA10894DE404482&quot;&gt;
cet article&lt;/a&gt; titre « Spare Change Is Big Business in a Culture of Generosity
» (il faut être enregistré. Sinon vous le trouverez copié &lt;a href=&quot;http://www.mail-archive.com/ugandanet@kym.net/msg23159.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai été étonné que, pour une fois que le NY Times parlait du Sénégal, qu'il
ait choisi ce sujet et cet angle d'attaque (et pas la complainte habituelle sur
le sort de talibé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un &lt;a href=&quot;http://www.google.sn/search?hl=fr&amp;amp;client=firefox-a&amp;amp;rls=org.mozilla%3Afr%3Aofficial&amp;amp;q=Senegal+Beggars&amp;amp;btnG=Rechercher&amp;amp;meta=&quot;&gt;
coup de google&lt;/a&gt; plus tard, j'avais lu le même article (par Elisabeth
Dickinson) sur le site du &lt;a href=&quot;http://www.iht.com/articles/2006/08/21/news/beggars.php&quot;&gt;International Herald
Tribune&lt;/a&gt; puis trouvé un &lt;a href=&quot;http://www.ronntaylor.com/bulbs/000818.html&quot;&gt;blogueur&lt;/a&gt; qui y fait
référence. L'article fait donc tache sur le web et probablement sur le futur
touriste américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &lt;a href=&quot;http://www.google.sn/search?q=S%C3%A9n%C3%A9gal+Mendicit%C3%A9&amp;amp;start=0&amp;amp;ie=utf-8&amp;amp;oe=utf-8&amp;amp;client=firefox-a&amp;amp;rls=org.mozilla:fr:official&quot;&gt;
recherche en français&lt;/a&gt; m'a donné l'occasion de lire l'assemblage
d'affirmations péremptoires et d'opinions limités au point de vu touristique
que le site &lt;a href=&quot;http://www.senegalaisement.com&quot;&gt;www.senegalaisement.com&lt;/a&gt; présente &lt;a href=&quot;http://www.senegalaisement.com/senegal/mendicite.html&quot;&gt;sur le sujet&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela m'a donné envie de revenir sur certains points pour apporter des
précisions qui échappent peut être facilement à ceux qui ont écrits dans ces
deux cas sur le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les talibés, pour commencer par ce sujet qui touche le plus et fait couler
le plus d'encre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'abord il faut dire qu'en monde rurale les talibés ne mendient pas. Ils
travaillent aux champs et le fruit de la récolte les nourrit largement. Le
phénomène est donc urbain quasi exclusivement (il est d’ailleurs intéressant de
le voir présenté comme sénégalais. Le Sénégal n'est pas encore réduit à au
monde urbain).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mendicité actuelle des talibés actuelle de Dakar et d'autre grandes villes
sénégal est une déformation d’une mendicité différente à l’origine, et qui
existait dans les villes hebergeant de grandes écoles coraniques :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Elle ne portait pas sur l'argent mais seulement la
nouriture&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le talibé ne trainait pas dans les rues mais allait de maision en maison,
dans un circuit où il avait souvant ses habitutudes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le but avoué était aussi bien nourricier que formateur à un certain
ascétisme et à la vie à la dure&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
La dénaturation de la mendicité des talibés en une mendicité de la pauvreté et
de l’exploitation relève de la dénaturation de l’école coranique en un lieu de
débarras d’enfants à charge pour famille miséreuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au dela du cas des talibé, si la mendicité de manière plus générale est en
constant développement à Dakar, c'est que la pauvreté est en constant
développement à Dakar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le phénomène reste limité à Dakar et aux autres villes mais ne touche pas
en campagne : le phénomène est urbain. Pourquoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Probalement parce qu'au village les mécanismes traditionnels de solidarité
fonctionnent encore. Ces mécanismes comprennent par exemple :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le remariage systematique (et souvent juste formel) des veuves âgées au
sein de la famille du mari décédé, garantissant une prise en charge des
orphelins&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les aides spontanées fournies au moment des récoltes au familles les plus
démunies qui leur donnent un stock essentiel de vivres&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La solidarité familiale en génral&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi la mendicité reste une réponse urbaine, surtout dakaroise, à la
déliquescence des nos économies et (incidemment ?) de nos sociétés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'ailleurs ceci explique au moins autant que les questions culturelles que
certaines ethnies peu présentes dans les villes restent épargnées par la
mendicité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dakar capitale régionale de la mendicité ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ce qui m'a interpellé c'est que Le NY Times comme la Banque Mondiale
insistent sur l'existence d'un afflux de mendiants de la sous région (Mali,
Guinée) qui convergeraient à Dakar attirés par la réputation de générosité de
sa population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avoue avoir entendu évoquer dans mon entourage cette forme étonnante de
migration mais avoir voulu l'ignorer comme une stigmatisation des étrangers.
J’avais tort. En effet on constate assez facilement la présence aux feux de
mendiants ne s'exprimant pas en wolof mais en Bambara ou en Dioula.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plus grande générosité des dakarois est ici expliquée par la religion. Ah...
tiens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis surpris que tout ce beau monde se contente de l’explication religieuse.
D’abord les maliens et guinéens pratiquent la même religion que les sénégalais
et adhèrent au même confréries sunnites. Pourquoi donc trouverait-on à Dakar
plus de fervent pratiquants de l’aumône que qu’a Bamako ou Conakry?
L’explication semble insuffisante ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne m’etonne pas vraiement que le NY Times se soit arreté à cette explication
: elle prouve le biais de la presse américaine qui, emporté par la rhétorique
de clash des civilisations et par l’islamophobie/arabophobie ambiante, en vient
à retenir d’abord les explications religieuses. En fait la première
caractéristique qui intéresse desormais l’Amérique, c’est la religion (muslmane
ou non) de son interlocuteur. Au final, ceci explique même pourquoi le NY Times
a fait cet article là sur le Sénégal. Il y a dedans tout ce que son lectorat
veut voir sur un pays africain : la misère, le malheurs des enfants, de la
réligion mulsmane pour pays arriéré, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et pour couronner la vision très américaine des choses, on a même l'approche
business débrouillarde du mendiant handicapé. Il ne manque que la success story
de l'ex mendiant devenu milliardaire pour parfaire le rêve amércain.Vous en
connaissez peut etre un ... ?&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/09/06/Dakar-la-grande-mendicite-africaine#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'oiseau ramatou, l'ouvrier du bâtiment et l'économie</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/30/Loiseau-ramatou-louvrier-du-batiment-et-leconomie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6931af9790194c0b513fcb6c8f28f45d</guid>
    <pubDate>Tue, 29 Aug 2006 14:11:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques Intérieures</category>
        <category>Humeur</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;C'est une scène très courante à Dakar et qui me laisse toujours
méditatif.&lt;/p&gt;    C'est au détour d'une grouillante rue de la ville. L'homme, jeune et vigoureux,
les mains calleuses trahissant certainement un travail de forçat dans un métier
du bâtiment, marche la tête baissée, penché sur les mille soucis qui font son
quotidien, se frayant un chemin distrait entre les étals qui encombrent le
trottoir et arrêtent le chaland pour quelques minutes d'une routine du
marchandage si chère aux Sénégalais avec ses régles aussi subtils
qu'incontournables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant le voila qui s'arrête tout d'un coup, sorti de son isolement par un
bruit qu'il essaie de localiser en balayant son entourage du regard.
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Ce sont les pépiements de dizaines d'oiseaux-ramatou,
ces moineaux de nos contrées, à la livrée brune souvent, parfois agrémentée de
vives couleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il hèle l'oiselier qui les porte dans la petite cage puis se met à fouiller
dans ses poches. Ses grandes mains rustres saisissent un porte-monnaie au cuir
élimé et ses doigts aux ongles noircis réussissent à en extirper une pièce
récalcitrante&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;apparemment reticente&lt;/span&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;à quitter sa solitude. Il la tend à l'oiselier puis,
tenant ses deux grosses mains en coque, reçoit avec précaution un des petits
volatiles. Il porte ses mains à son visage et murmure quelque voeu intime à
l'oiseau avant de le décocher telle une flèche messagère au ciel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'imagine toujours que l'oiseau, qui pleurait dans son pépiement incessant la
liberté perdue un crépuscule dans les filets, s'élance d'un coup d'aile
assoiffé et s'élève au dessus de son bienfaiteur, de son ex-geôlier, de la rue
bruyante, de la ville grouillante, ... oui j'imagine toujours qu'il monte aussi
haut que possible, porteur de la prière secrète qu'il a susurée à son oreille,
qu'il couve en lui un moment avant de la libérer dans le ciel dans un cri
perçant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La légende populaire veut en tout cas que le voeu ainsi formulé attire de la
providence la même attention gentille sur son insignifiant auteur que celle
qu'il a offert à la pauvre bête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je devrais m'en émouvoir et peut être héler aussi l'oiselier. Ou alors sourire
devant cette scène typique d'une culture urbaine hybride des légendes passées
et des villes nouvelles. Ce que j'aurais fait il y a quelques années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais aujourd'hui, est ce l'âge ou le cynisme?, je me pose d'autres
questions...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'est ce qui a donc amené cet moineau là, en cage dans cette jungle urbaine,
où elle rencontre son bienfaiteur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N'est ce pas la croyance même de ce dernier dans cette légende populaire qui à
fait qu'un soir, un chasseur a tendu son filet sur l'arbre ou des milliers de
ses congenères nichaient ? N'était ce pas seulement pour lui vendre à lui,
supposé bienfaiteur, sa liberté qu'on la lui volât au crépuscule ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, bien sûr. L'oiseau était en cage parce que lui souhaitait pouvoir le
libérer. Et si ce moineau avait lu un tant soit peu sur les bases de l'économie
il aurait peut etre trouvé dans son sort un sujet intéressant pour alimenter
ses reflexions pendant qu'il était en cage. Il est la victime d'un cycle
économique alimenté par une croyance que le lyrique qui sommeille en moi était
pret à peindre avec poésie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu'achète exactement ce passant ? Que vend l'oiselier ? Que produit le chasseur
d'oiseau au filet véloce ? Je devrais peut être demander aux messieurs de
l'&lt;a href=&quot;http://econo.free.fr/&quot;&gt;Econoclaste&lt;/a&gt;, ces maîtres de l'economie
pour les nuls, comme moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 85%;&quot;&gt;&lt;em&gt;En attendant, cela me rapelle un blague,
entendue en entreprise évidemment :&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;- &amp;quot;Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir
tué&amp;quot;.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;- &amp;quot;Oui mais si on n'a pas encoure trouvé d'acheteur pour la peau, pourquoi
tuer l'ours ?&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/30/Loiseau-ramatou-louvrier-du-batiment-et-leconomie#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Il n'y pas  de chomage au Sénégal</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/20/Il-ny-pas-de-chomage-au-Senegal</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f313e6f902d59d064e971ea4d04efd3a</guid>
    <pubDate>Sun, 20 Aug 2006 18:20:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je vous assure... Il n'y a pas de chômage au Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah... je te vois d'ici, Internaute sceptique, qui lève un sourcil ironique
devant cette hallucinante déclaration, te demander si je vais partir dans une
pirouette rhétorique qui prouvera une fois pour toute que j'ai le mensonge
assez effronté pour mériter un siège à l'Assemblée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de chômage au Sénégal qu'est ce qu'il raconte nous là ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais si, j'insiste. Il n'y pas de chômage au Sénégal. Je vais vous dire
pourquoi ...&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Vous en Europe, là bas.... Allumez votre téléviseur et
regardez un Journal complet. A tous les coups le chômage s'invitera dans votre
salon : on lui prendra ses mensurations (&amp;quot;... &lt;em&gt;le chômage passe sous la
barre de 12 % de la population active. Le Premier ministre se
félicite...&amp;quot;&lt;/em&gt;), on lui cherchera des raison d'être (&amp;quot;.&lt;em&gt;.. le chômage
existe pour permettre aux patrons....&lt;/em&gt;&amp;quot;) on lui trouvera des relations
sulfureuses (&amp;quot;&lt;em&gt;...le leader du parti nationaliste maintient qu'il existe un
lien entre le chômage et l'immigration ...&lt;/em&gt;&amp;quot;), on lui prédira un avenir
radieux (&amp;quot;&lt;em&gt;... si la France ne mène pas les réformes nécessaires, le chômage
a de beaux jours...&lt;/em&gt;&amp;quot;) ou alors une mort certaine (&amp;quot;.&lt;em&gt;.. le candidat de
la gauche veut mettre fin au chômage...&lt;/em&gt;&amp;quot;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hors de la télé, vous rencontrez le chômage dans votre quotidien, déjà dans le
métro où le mendiant vous raconte sa vie avec lui (&amp;quot; ... &lt;em&gt;messieurs esdames,
je suis au chômage depuis quatre ans... une petite pièce..&lt;/em&gt;.&amp;quot;), au bureau
où son spectre menaçant vous hante (&amp;quot;&lt;em&gt;... je te jure, si j'accepte pas ce
que le chef dit, je risque le chômage moi, ....&lt;/em&gt;&amp;quot;). Il est au coeur des
préoccupations des experts qui se penchent sur son cas, l'étudient, l'analysent
avec brio parfois...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah et puis il a plusieurs visages. Il y a le Chômage des Jeunes qui frappe
traîtreusement les forces vives et les laisse sans RMI ni ASSEDIC. Il y a le
Chômage Longue Durée qui devient plus coriace au fil des années et laisse peu
d'espoir à ces victimes. Il y a le Chômage des Seniors (ah les Seniors... plus
de vieux maintenant) qui est cruel et n'a aucun respect pour l'age. Il y a le
Chômage des Diplômés, qui surprend tout le monde en s'attaquant aux grosses
têtes. Il y le Chômage des Banlieues, qui refuse de voir les choses en
&amp;quot;&lt;strong&gt;faciès&lt;/strong&gt;&amp;quot;. Il y a le Chômage Qui Ne Dit Pas Son Nom qui
perturbe les statistiques et que les gouvernants ne veulent pas voir en
peinture (ou en tableau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui vous avez compris... le chômage est présent partout, au coeur du débat
politique et social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qui sont au Sénégal ont déjà deviné le sens de mon propos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chômage ? Ici ? Rarement entendu parler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas au 20 h de la RTS, pas sur les &amp;quot;xibaar&amp;quot; de Walf FM, pas à la une du &amp;quot;Sud
Quotidien&amp;quot;... la presse n'a pas l'air de connaître ce mystérieux bonhomme. Ou
alors elle ne l'aime pas trop. En tout cas, il est rare de rencontrer le
chômage au détour d'un article ou d'un édito. Ses mesures qui font les gorges
chaudes ailleurs n'intéressent apparemment personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de chômage non plus dans l'arène politique. Ou bien … ah … si attendez...
je crois me souvenir d'une promesse de campagne en 2000... Ou avant cela
encore, la terrible époque du chômage des maîtrisards que le régime de Diouf
essaya d'éradiquer en les transformant en Boulangers....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non sérieusement, le chômage par ici on ne connaît pas trop. Du moins pas en
tant que phénomène faisant l'objet d'un traitement particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regardons les chiffres : &lt;strong&gt;48 % de la population active est au
chômage&lt;/strong&gt; (&lt;a href=&quot;http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/AFRICAINFRENCHEXT/SENEGALINFRENCHEXTN/0,,menuPK:461591%7EpagePK:141159%7EpiPK:55000052%7EtheSitePK:461478,00.html&quot;&gt;d'après
la banque mondiale&lt;/a&gt;, le MEF français annonce 40 %).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne sais pas trop comment ce chiffre est obtenu par nos amis de la Banque
Mondiale (est ce qu'il comptent comme 0.75 chômeur mon cousin paysan qui ne
travaille que les trois mois de l'hivernage ?) mais il apparait énorme comparé
aux 10 à 12% qui traumatisent la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait il qu'avec des taux pareils on ne parle jamais du chômage
?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eh bien a regarder le Journal Télévisé au Sénégal on sait facilement pourquoi.
Ici, l'hôte obligé de votre JT, celui dont on cherche à connaitre les mesures,
celui dont on trouve tous les jours la raison d'etre et auquel on promet une
mort prochaine, c'est le &lt;strong&gt;&lt;em&gt;sous-developpement&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aah... hideux monstre que celui ci. A lui tout seul, le sous-developpement
contient non seulement le chômage, mais l'analphabestisme, la pauvreté, la
malnutrition, la mortalité infantile, la corruption, les risques de guerre
civile ou pas, .....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne parle pas de chômage au Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait l'existence d'un marché de l'emploi qui absorbe presque toute
la population active : le chômage c'est les restes!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait une économie plus active avec de multiples secteurs où
foisonnent les entrepsies suceptible d'employer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait une économie plus formelle dans laquelle on sait compter
l'emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait tellement de choses qui marchent plus ou moins pour qu'on
puisse se pencher sur un &lt;em&gt;détail&lt;/em&gt; comme le chômage ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non... on n'a pas de chomage au Sénégal. On n'est pas encore assez developpé
pour ça ...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/20/Il-ny-pas-de-chomage-au-Senegal#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/20/Il-ny-pas-de-chomage-au-Senegal#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Pirogues de l’Infamie 3 : Une histoire individuelle de l’émigration clandestine</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:112cc70a151500fd5626ca71270a71b8</guid>
    <pubDate>Sat, 12 Aug 2006 17:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Emigration</category><category>Pirogues</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Oui, oui, … on a assez entendu parler de ces émigrés clandestins qui partent
à l’assaut des frontières africaines de l’Europe, sur les clôtures de l’enclave
de Ceuta ou à travers le détroit de Gibraltar, dans des petits bateaux vers les
cotes italiennes ou sur des &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/actufr/articles/081/article_46122.asp&quot;&gt;pirogues de fortunes
vers les canaries&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
On les a vus, recueillis par les secouristes, fatigués, blessés, le visage
livide, grelottant dans des couvertures ou affalés sur des brancards, le regard
perdu au loin, entre les vagues qui ont failli les engloutir….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais avez-vous essayé, en scrutant ces traits tirés au bout d’un voyage
cauchemardesque de deviner l’itinéraire d’un de ces réfugiés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’en connais un.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Laissez moi vous conter son histoire ...&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est originaire de Kaolack, ancienne capitale florissante de la région du
&lt;a href=&quot;http://www.au-senegal.com/decouvrir/geo_saloum.htm&quot;&gt;Sine-Saloum&lt;/a&gt;,
bassin arachidier, carrefour du commerce de cette graîne dont la culture et
l’exportation ont été la spécialité du Sénégal colonial. Aujourd’hui, c’est une
ville frappée de plein fouet par la&lt;/span&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ifpri.org/divs/mtid/dp/mssdp17.htm&quot;&gt;sinistrôse du secteur
arachidier&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;; une ville qui continue pourtant une
croissance débridée alimentée par sa position géographique qui en fait toujours
le lieu de transit de beaucoup d’échanges vers les régions intérieures ainsi
que les pays voisins. Kaolack, c’est une gigantesque gare routière, où les
camions surchargés slaloment majestueusement entre les taxis-brousses et les
tas d’immondices, dans le bourdonnement harmonieux des moteurs surchauffés et
des millions de mouches. Une vraie carte postale d’Afrique subsaharienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon ami Baba est de Kaolack. Son grand-père fut un de ces commerçants qui
s’enrichirent dans la collecte et l’achat aux producteurs de l’arachide qu’ils
revendaient à l’Etat Colonial. Une grande maison où les allées venues des
camions chargés rythmaient une vie en constante ébullition. Une grande maison à
l’hospitalité généreuse, typique de cette époque faste, où le voyageur trouvait
toujours l’eau fraîche, le gîte garanti et le bol de riz inépuisable. Depuis le
flot des camions s’est tari et son père, héritier de ce commerce, ancien fils
de rihce négociant qui avait donc fait l'ecole coloniale, finit sa vie
d’ex-fils de bourgeois instruit en commis de la poste à la retraite. La pension
qu’il perçoit assure peut être dix jours de repas à une famille qui ne peut
plus accueillir ses hôtes qu’avec le sourire et un peu de cette eau fraîche
mais trop salée de Kaolack.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son frère, héritier de la fibre commerçante du grand père était allé ouvrir un
petit commerce au détail (une Alimentation Générale, comme on dit ici) dans une
autre ville, pas loin, à Mbour. Ouvert 14 heures par jour, un chiffre d’affaire
de 100 000 F CFA par jour, une marge brute de 7 % et les charges qui attendent,
puis il faut affronter l’embarras de ne rapporter à Kaolack que quelques
provisions et bien peu d’argent chaque mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour,Baba qui était de passage à Dakar a reçu un coup de fil paniqué de
Kaolack, son frère aurait disparu, sa boutique est vide et on dit qu’il est
partit dans les pirogues. « &lt;em&gt;Ci loothio yi la dem …&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baba part en urgence pour Mbour et mène une enquête rapide qui le met sur les
traces de son frère et d’un groupe d’amis, qui, désespérant de construire une
vie avec si peu, ont écoulé le stock de la boutique pour se payer le passage
sur une pirogue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laquelle ? On ne sait pas. Ou bien on ne peut pas dire. Quand ? Il y a dix
jours. Ou quinze. Peut être. Une nuit en tout cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers où ? L’Europe bien sur. Comme tous les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baba revient à Dakar, nous raconte l’histoire. Je connaissais son frère, il
avait un air calme et un sourire rare et marchait beaucoup au lieu de prendre
le car.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne sait pas trop que faire après. Par ici, il n’y pas de numéro vert et de
soutien psychologique aux familles des victimes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas de listes des réfugiés arrivés sains et sauf ou des corps de noyés
à identifier. Les autorités discutent du sort de ceux qui sont arrivés là-bas.
Mais elles n’ont rien à dire de ceux qui se sont peut être perdus en chemin.
Elles n’ont par l’air non plus d’avoir quelque chose à dire à ceux qui
attendent inquiets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rien. Attendre. Des jours. Puis quelques semaines. On scrute les visages à la
télé. Peut être …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois semaines plus tard, un coup de fil.&lt;br /&gt;
« &lt;em&gt;Allo, oui c’est moi. Je vous appelle d’Espagne. Je suis fatigué mais j’y
suis. Ils disent qu’ils vont nous relâcher. Mon ami S. dit que son frère qui
vit à Barcelone sera là. Il va nous emmener. Il dit qu’on trouvera un boulot.
Je donnerais des nouvelles de que je peux. Priez pour moi&lt;/em&gt;.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous l’avez peut être vu à la télé, les traits tirés par la fatigue d’un voyage
cauchemardesque,le visage livide, grelottant dans des couvertures, un gobelet à
la main, son regard perdu au loin, entre les vagues de l’océan qui a failli
l’engloutir, et qui raconte une histoire qui à commencé dans le bassin
arachidier, dans une maison riche et accueillante, il y a seulement deux
générations.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine#comment-form</comments>
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    <title>Apprentis(sages) 2 : Des metiers mal appris</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/04/30/Apprentissages-2-%3A-Des-metiers-mal-appris</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Apr 2006 20:19:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Apprentis-sages</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Comme je le disais la dernière fois, c’est la révolution dans la vie de mon
petit cousin venu du village et désormais installé à Dakar : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;il va
apprendre un métier.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Oui il devient sage apprenti à défaut de pouvoir être un apprenti sage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est pas le seul à se jeter dans le bain dakarois à la recherche d’une
nouvelle manière de faire sa vie. Tous se retrouvent devant le délicat choix du
métier dans lequel il la feront cette vie, le seul apprentissage qu’ils ont
reçue jusqu’à présent étant bien peu utile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a par exemple D le sérère qui est chauffeur&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;. Il est
venu à Dakar adolescent, se faire laveur de voitures. Il a pratiquement appris
les rudiments de la conduite par promiscuité intense avec celles-ci. Puis il a
passé le permis, sésame vers les métiers de la conduite et du transport. Pour
quelqu’un qui ne lit pas le français (il déchiffre l’arabe, appris à l’école
coranique), l’obstacle n’était pas mince. Il a ensuite conduit clandestinement,
de nuit, un taxi avant de finir chauffeur chez un particulier. Sa volonté est
toute tendue vers un autre type de permis qui lui donnera l’accès aux poids
lourds. Il se rêve conducteur de camions dans une usine je crois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
K est son petit frère. Il a à peine douze ans et le soir parfois, il passe
chercher son frère, et on peut percevoir derrière son visage fatigué, l’ombre
du sourire de gamin insouciant et le regard rêveur de l’enfant qu’il est
encore. Il est apprenti chez un peintre. Ses aînés lui ont choisi cette voie en
pariant peut être sur le boom immobilier que connaît Dakar. Plus grand, il
réunira peut être de quoi acheter son matériel et devenir peintre
indépendant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre s’est mis à la menuiserie et a rejoint un atelier qui fait de superbes
meubles exposés sur la Corniche Ouest, au bord de la baie de Soumbédioune. Il a
commencé par les travaux de rabotage et de ponçage et finira par faire des
ensembles magnifiques pour chambre à coucher ou salon de luxe. Un des
artisanats les plus florissants du Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon petit cousin, pour revenir à lui, a choisi d’en découdre avec la couture.
Le voila donc apprenti chez un tailleur ami de son tuteur. Il y fera au début
du rapiéçage, joindra les morceaux quand son patron fera la coupe, fera les
boutons, repassera, livrera. Lui aussi un jour peut être, devenu couturier
expérimenté, ouvrira son atelier et coudra de superbes boubous en Bazin aux
couleurs chatoyantes et aux broderies très élaborées qu’un coquet « tonton »
sera prêt à payer une fortune pour pourvoir porter, laissant les pans amidonnés
voler et claquer dans la brise de Takussan tandis qu’il marchera vers sa
drianke rêvant déjà des effluves épicées d'encens savemment mélangés qu'elle
brulé pour embaumer la pièce où ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oh! Pardon je digresse...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voila le vivier de l’artisanat Sénégalais : ces milliers d’ex apprentis dont le
labeur quotidien équipe la majorité des Sénégalais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà du destin commun de la majorité d’entre eux, enfant des champs devenus
artisans dans les villes, ce sont les filières d’apprentissage de ces métiers,
ou plutôt l’absence de filière qui interpelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet comme les travaux des champs pour nos parents, c’est encore sur le tas
que tout s’apprend. Là encore, un minorité de gens d’exception deviendront de
véritable maîtres dans leur art. La grande majorité hélas restera dans une
moyenne plutôt médiocre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pense du coup aux filières modernes d’apprentissages français (avec des CAP
même pour la boulangerie), ou des vielles filières allemandes qui relève encore
du compagnonnage produisant des « maîtres » et je me demande si cela peut
marcher notre affaire ….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet si je récapitule bien, les jeunes du monde rural arrivent tous en
ville pour s’investir dans des métiers qu’ils n’apprendront jamais formellement
?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est il possible qu'il se développe dans ces conditions une production de
qualité ou des circuits profitables pour les artisants?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/04/30/Apprentissages-2-%3A-Des-metiers-mal-appris#comment-form</comments>
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