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  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane - Tag - Sénegal</title>
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  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 02 Sep 2008 15:28:44 +0000</pubDate>
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    <title>Fêtes sous tous les tons : Tabaski - Aid El kabir - Fete du Mouton (1)</title>
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    <pubDate>Sat, 23 Feb 2008 15:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Fête</category><category>Mouton</category><category>Sénegal</category><category>Tradition</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tabaski. Aid El Kabir. La fête du mouton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien sur dans ces diverses appellations d'une fête plusieurs manières
de la percevoir. Plusieurs perceptions qui ont traversé ma vie si bien qu'il
m'arrive de me demander régulièrement s'il s'agit de la même fête. Est ce que
la Tabaski de mon enfance dakaroise a quelque chose à voir avec l'Aid de mon
ami Youcef à Paris ou la « Jouldé » de mon cousin au village ?
Et quel est le lien entre tout ceci et la stupide image de &amp;quot;mouton dans la
baignoire&amp;quot; facilement évoquée par certains pour alimenter les
xénophobies ? Cette année tandis que je regardais venir la fête à Dakar,
sous un angle encore nouveau pour moi pour des raisons que j'expliquerais,
j'avais envie de passer en revue tous les avatars de cette fête que je
connais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence bien sur, il y a pas mal de temps, à Dakar, dans la tête d'un
enfant ....&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tabaski!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on appelle &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/#pnote-212971-1&quot; id=&quot;rev-pnote-212971-1&quot; name=&quot;rev-pnote-212971-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; l'Aid El Kabir au
Sénégal. Et c'est ce mot qui évoque précisément la fête populaire de mon
enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fête annuelle qui a dû être pour nous enfants du Sahel ce que Noël était
pour d'autres enfants ailleurs. Et comme Noël, c'est d'abord les préparatifs
qui nous amusaient. Pour moi, c'est Maman qui donnait le premier signe de
l'approche de la Tabaski lorsqu'elle nous engageait dans le grand nettoyage de
la maison. Rideaux et meubles, murs et sols, tout devait être remis à neuf pour
la fête. On s'y attelait avec l'excitation qu'un enfant a toujours pour
l'inhabituel, la rupture de la routine familiale. Nous prenions avec
enthousiasmes les balais, les têtes de loups, les brosses et les seaux. On
grimpait avec une joyeuse agilité les échafaudages de fortune (tables
superposées, un seau renversé, n'importe quoi nous servait d'escabeau) pour
accéder aux hauteurs de la maison. Bref on s'amusait tous follement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis arrivaient les premiers moutons qu'on voyait conduits par des marchands
ambulants qu'un homme avait vite fait d'interpeller avant d'entrer dans le
rituel de l'évaluation puis du marchandage. Nous arrêtions alors nos jeux pour
le regarder faire.Il le tâtait, lui ouvrait la bouche pour évaluer son age par
sa dentition, reculait de quelque pas pour apprécier son allure. &amp;quot;Foq Niaar
la!&amp;quot; (&amp;quot;Il est à sa deuxième dentition&amp;quot;) affirmait le vendeur avant de
rajouter : &amp;quot;Guiss nga ni ben melo la&amp;quot; (&amp;quot;Et tu vois qu’Il a une robe d'une
seule couleur&amp;quot;). Ainsi commençait le marchandage habituel. Si tout ceci
aboutissait à une vente, c'est souvent un fils fier, un d'entre nous, qui
venait prendre en charge le bélier pour le ramener à la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah les moutons et les garçons! Une belle et terrible histoire que celle
entre les jeunes garçons et le bélier paternel. Des garçons sous d'autres cieux
comparent peut-être les bagnoles de leurs pères; nous, nous mesurions la
grandeur de Papa à l'allure du bélier. Alors forcément on s'en occupait avec
soin. On se levait assez tôt le matin pour doucher le bélier (qui était parfois
récalcitrant ou qui s'échappait et cela donnait un joyeux bordel, il faut
dire), le brosser pour faire luire sa robe impeccable. Puis on l'attachait
devant la maison pour le laisser sécher et surtout le faire admirer. C'était
une véritable exposition de moutons dans tout le quartier et nous allions de
l'un à l'autre commentant en connaisseurs l'élégance des cornes chez l'un, la
force dégagée par l'autre, la beauté du poil de celui-ci. Et chacun de se
remettre à la toilette de son mouton. Certains allaient jusqu'à teindre le bout
des pattes et de la queue au henné ou lui ciraient les cornes. On lui achetait
la plus belle herbe, le meilleur fourrage. On s'assurait qu'il buvait. Bref on
le bichonnait. Tant et si bien qu'il arrivait fréquemment qu'un gamin se
retrouve si attaché au mouton qu'il pleurait à chaudes larmes lors de
l'inévitable sacrifice et refusait de manger de la viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui parce que bientôt arrivait le jour de la Tabaski, les derniers
préparatifs... Ah .. oui. J'oubliais tous les autres préparatifs, les courses
pour acheter des beaux coupons de tissus, la séance chez le couturier qui les
fera sur mesure, les boutiques encore vers minuit pour trouver la paire de
babouches adéquates,... etc. Puis on se réveillait tôt le lendemain et on y
était déjà.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me vois encore, dans le boubou aux larges pans bien gominés, le bonnet
imitant celui de Papa, le tenant fièrement à la main pour aller à la Grande
Mosquée. Première exhibition de mes beaux habits. Au retour, on égorgeait le
mouton dans la cour de la maison. Désordre familial garanti : Papa qui
demande pourquoi tout n'est pas prêt, Maman qui insiste pour qu'il se mette un
pagne autour pour ne pas tacher de sang le tissu très cher qu'il porte, un
petit qui pleure parce qu'il ne faut pas tuer le mouton, un autre qui n'a pas
finit de creuser le trou où on déversera le sang et les boyaux, Papa qui ne
trouve pas le couteau bien aiguisé, Maman qui veut encore acheter quelque
condiment pour la grillade, ma sœur qui essaie d'allumer le feu, l'autre qui
rate les frites, Papa qui s'énerve parce que tout le monde n'est pas là ... et
tout le monde qui s'arrête soudain, une minute solennelle pendant que Papa
égorge enfin le mouton que quelqu'un a réussi à entraver et à coucher par
terre. Le filet de sang n'a pas faibli que l'activité s'emballe à nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure après on mangeait déjà les premières grillades, puis après
plusieurs plats successifs, les adultes s'étendront pour une sieste, la fête
finie pour eux. L'après-midi appartiendra aux enfants. On remettra nos tenues
et on sortira faire le tour des maisons du quartier pour demander nos étrennes.
Le soir venu on comptera fièrement nos pièces qui serviront à une petite partie
du lendemain entre enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sur, au prochain jour de classe, le maître nous demandera de raconter
tout cela dans une rédaction. Je n'y suis jamais vraiment arrivé.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/#rev-pnote-212971-1&quot; id=&quot;pnote-212971-1&quot; name=&quot;pnote-212971-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le mot vient probablement d'une langue berbère qui
dénomme cette fête Tafaska. L'origine réelle serait liée à la paque juive
(pesha). M'enfin c'est ce qu'ils disent sur le net ....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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