<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://blog.doomurewmi.net/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
<channel>
  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane - Tag - Quartier</title>
  <link>http://blog.doomurewmi.net/</link>
  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 02 Sep 2008 15:28:44 +0000</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Habitat contre Habitudes</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4dd45f82415d453531030e525cac199e</guid>
    <pubDate>Mon, 10 Sep 2007 00:15:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Dakar</category><category>Habitat</category><category>Quartier</category><category>Ville</category>    
    <description>&lt;p&gt;Samedi dernier, j'ai dîné au milieu de la rue, en plein air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous étions des douzaines sur la chaussée, réunis autour de larges plateaux
remplis de succulents et dangereusement riches plats de fêtes sénégalais,
sirotant nos jus de fruits, échangeant répliques et éclats de rires d'un groupe
à l'autre. Un véritable banquet sur la voie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une scène pourtant classique à Dakar.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Qu’il y ait un mariage à fêter, un baptême à célébrer, un enterrement même
et la famille dakaroise s’empresse de louer une sorte de chapiteau vite monté
sur la rue devant sa maison, de mettre des chaises tout autour et voilà sa
salle des cérémonies improvisée fermant d’office la rue à la circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ensuite voir pendant tout le temps que cela dure, les voitures
tourner au coin de la rue, apercevoir le chapiteau, s’arrêter et rebrousser
chemin pour aller chercher ailleurs une voie plus dégagée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux il est devenu courant dans nos quartiers populaires de voir, le soir,
quelques jeunes tirer un câble au-dessus de la chaussé, accrocher une ampoule
au milieu et sous le foyer de lumière crue ainsi créé, former une ronde
tournante pour brailler des chants religieux. Les voix écaillées se noient
alors dans un chœur miraculeusement harmonieux qu’un petit tam-tam vient
parfois rythmer, la ronde se muant même en une chorégraphie élaborée qui durera
tard dans la nuit. Chorégraphie et chœurs que ne sauront hélas pas apprécier
les rares non-chômeurs qui tentent d’obtenir une nuit de sommeil dans ces
quartiers qui vivent surtout le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les automobilistes ne s’étonnent plus des ces barrages impromptus même s’ils
s’énervent parfois des vrais parcours d’orientation qui leur sont ainsi
imposés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait conclure rapidement que c’est la une société déjà &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Activisme_anti-voiture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;anti-voiture&lt;/a&gt; ou du moins qui n’a pas encore donné priorité absolue sur
la voie publique à la voiture. Surtout à voir, même au delà de ses barrages
ponctuels, les piétons dakarois partager nonchalamment la chaussée avec les
voitures, s’écarter à peine sous le coup de klaxon et offrir l’invective aux
conducteurs trop pressés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne serait qu’une explication partielle. D’abord parce que
l’occupation de la voie publique dont il est question ici ne se fait pas qu’aux
dépens des voitures mais de tout le voisinage. Et surtout parce que quand un
autre espace (terrain vague, place publique) est disponible à portée, les gens
y vont plutôt que sur la chaussée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du sud que je récusais dans un de mes &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/25/Ce-qui-va-mal-a-Dakar-selon-le-Sud-Quotidien&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billets&lt;/a&gt; expliquait ce comportement et beaucoup d’autres par le fait
que la majorité de la population dakaroise, issue d’un exode rural récent,
serait composée de mauvais citadins. « A-urbains » disait le
journaliste, les accusant de transposer ici des habitudes provinciales. Une
manière de nous traiter de ploucs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui je le récusais globalement parce qu’il parlait en général de respect de
la chose publique. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-1&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-1&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant j’ai envie de lui donner raison sur un point : notre habitat
à Dakar ne correspond pas à nos habitudes (provinciales ou pas). Mais n’est ce
pas l’habitat qui aurait du être mieux pensé ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Provinciales ou pas, nos habitudes sont héritières d’un autre modèle
d’habitat : la concession. La concession, que je retrouve aussi bien dans
mon village d’origine que dans le Dakar de mon enfance, c’est un ensemble de
bâtiments réunis autour d’une grande cour commune. Au village, elle est encore
familiale puisque les bâtiments abritent des frères et cousins, &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les générations qui grandissent&lt;/a&gt; élargissant progressivement
la concession quand ils fondent leur foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’élément fondamental de ces concessions était cette cour centrale, large
espace, qui n’est pas encore la voie publique, mais un espace partagé par tous
ces foyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de jeux pour les enfants qui peuvent s’y épanouir tout en
restant sous l’œil des parents &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-2&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-2&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de travail surtout pour ces dames qui s’y activent depuis le
premier coup de pilon du matin jusqu’au dernier coup de balais du soir, mais
aussi pour tous ces artisans dont le métier s’exerce à la maison (cordonnerie,
sculpture, vannerie…).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de détente et de repos qui voit par exemple le soir venu, se
dérouler les nattes comme les hamacs et, seul ou en couple, les habitants de la
concession s’installer pour prendre l’air, fuyant jusque tard dans la nuit la
chaleur des chambres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est enfin un lieu de regroupement, cet espace large facilement transformé
en piste de danse, en autel de cérémonies ou en salle de réunion
communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d’espaces que n’ont pas pensé à offrir les planificateurs (quand ils
existent) de notre habitat urbain. Autant d’espaces que doit remplacer la voie
publique dakaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s’étonner alors de voir les enfants poser deux cailloux pour marquer
les buts et transformer la rue en terrain de foot ? Ou encore de voir les
trottoirs servir d’espace de travail domestique ou artisanal ? Comme
'indigner réellement de voir la chaussée devenir salle de banquet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dakar a connu une expansion démographique vertigineuse et les nouveaux
quartiers sont peut être sortis de terre plus vite qu’on ne pouvait les nommer
&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-3&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-3&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Ils ont poussé certainement plus vite que
les pouvoirs publics ne pouvaient les contrôler et planifier leur
développement. Ainsi, des promoteurs avides ont découpé des parcelles de plus
en plus exiguës omettant non seulement les espaces réservés aux lieux publics
(écoles, jardins publics, lieus de cultes) mais aussi parfois les
trottoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans cette ville ainsi mal fichue, nos habitudes se heurtent à notre
habitat et rien n’en sort indemne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime rêver que si on leur avait laissé le temps et l’éspace &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-4&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-4&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, les planificateurs urbains nous auraient
construit une ville des concessions. Des cours regroupant plusieurs foyers dans
une sorte de « &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Gated_community&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;gated community&lt;/a&gt; » plus humaine, pas faite pour exclure
mais pour réunir. Des concessions qui pourrait même servir de cellules de base
d’une gestion municipale plus proche de nos conseils de village et offrant
ainsi au pouvoir public un ancrage traditionnel utile pour sa légitimité et
pour un meilleur respect de la chose publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas gratuitement dans le romantisme bucolique. Il me semble juste
parfois, que si l’organisation et la gestion de notre société actuelle est
parfois si mauvaise, c’est qu’elle a subi une mutation artificielle (depuis la
colonisation) qui lui retire le bénéfice d’un meilleur ancrage dans les
traditions et la culture dont nous restons héritiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est aussi de tout cela que nous discutons en nous régalant au milieu d’une
rue étroite d’un nouveau quartier dakarois.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-1&quot; id=&quot;pnote-154005-1&quot; name=&quot;pnote-154005-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Or, la chose publique possède ses mécanismes de gestion
dans nos campagnes et qu’elle soit mal gérée en ville relève plus de
l’inefficacité du nouveau mécanisme (le jeune etat du sénégal) que de l’absence
de mécanismes traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-2&quot; id=&quot;pnote-154005-2&quot; name=&quot;pnote-154005-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Rôle de parent facilement mis en commun dans le modèle
de concession, la surveillance comme l’éducation étant mutualisées&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-3&quot; id=&quot;pnote-154005-3&quot; name=&quot;pnote-154005-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] D’où le nombre fascinant d’homonymies entre ces
quartiers. Compter les « Keur Khadim » pour voir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-4&quot; id=&quot;pnote-154005-4&quot; name=&quot;pnote-154005-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] qui fait facilement défaut dans la presqu’île
dakaroise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://blog.doomurewmi.net/feed/rss2/comments/154005</wfw:commentRss>
      </item>
    
</channel>
</rss>