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  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane - Tag - Marabout</title>
  <link>http://blog.doomurewmi.net/</link>
  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 01 Oct 2008 12:36:07 +0000</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>La saison (ou plutot L'ère) des Marabouts</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/12/01/La-saison-Lere-des-Marabouts</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Dec 2006 01:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Magazine du (théatre) Politique</category>
        <category>Elections</category><category>Marabout</category><category>Politique</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;blockquote style=&quot;color: rgb(0, 51, 51);&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;
&lt;p&gt;Qui se couvre de promesses, grelottera au grand froid.&lt;/p&gt;
Birago DIOP, Les Nouveaux Contes d'Amadou Coumba&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
C'est la nuit dans un quartier populaire de Dakar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est 23 heures passées mais la rue grouille de monde, marée humaine jetée
dehors par la chaleur qui ne finit pas de sévir, l'exiguité des maisons
surpeuplées et la simple curiosité de ce qui se passe dehors.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coin de la rue est éclairé par un lampadaire qu'un adroit jet de pierre a
dut esquinter puisque son ampoule pend au bout d'un cable, oscillant au gré
d'une brise rare, diffusant une lumière jaune et blaffarde. Un peu à l'ecart du
lampadaire, un groupe de jeunes s'anime de débats passionés, d'eclats de rires
sonores et parfois, de piques taquines lorsque passe une fille du quartier. Au
loin, on peut entendre un haut-parleur saturé brailler les inévitables chants
religieux qui ne reussisent toujours pas à enchanter les nuits dakaroises. En
face, une bonne femme s'active autour d'un fourneau où brule du charbon de bois
invectivant sans arrêt sa fille dans un peul chantant : elle grille des
cacahuetes (dans une poëlle remplie de sable chaud) pour les vendre en cornets
aux passants et aux voisins habitués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Banale et finalement paisible scène nocture de ce quartier.&lt;br /&gt;    Dans cette scène, le rutillant 4x4 Volkswagen Touareg qui longe la rue a beau
ronronner silencieusement, ses tentatives de se donner un air discret frisent
le grotesque tant il detonne dans le décor. &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Apparemment
convaincu de l'efficacité de son effort de camouflage, le 4x4 s'immobilise
comme pour se cacher sous l'ombre d'un arbre dont les branches surplombent la
rue : le conducteur doit avoir des fanstasmes de la jungle animés par les
courbes félines de sa voiture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a peine le temps d'apercevoir l'homme qui s'en echappe caché derrier le pan
d'un boubou et qui s'engoufre dans l'entrée beante d'une maison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le groupe qui discutait a marqué un petit silence. En fait, une oreille
attentive pourrait percevoir leurs chuchotements :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;C'est Untel. Il vient voir Serigne Modou le Marabout.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il aurait pu nous saluer quand même&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il veut se faire discret, tu sais&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Ah .. c'est vrai, on ne l'avait pas vu depuis ...&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Oui mais là c'est sur on va le voir passer plus souvent &amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Ah oui ... les élections.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne demie heure plus tard, le même froufrou furtif du grand boubou, la
même tentative ridicule du 4x4 de passer inaperçu et la rue reprend son aspect
habituel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais desormais la scène se repetera plus souvent devant chez Serigne Modou le
Marabout : les lections approchent et les politiciens veulent des garanties
qu'ils garderont leur postes et leurs 4x4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi commence à Dakar, à quelques mois des éléections présidentielles et
législatives de 2007 la Grande Saison des Marabouts ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'approche des élections, le politcien local se re-découvre soudain une
angoisse existentielle, une ferveur religieuse et une foi inébranlable dans le
rapport très proche que son marabout attitré, au pouvoir mystique illimité,
entretien avec Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre politicien renoue donc avec le maître occulte qui saura executer les
rites lui garantissant l'investiture et la victoire. Il y aura des gris-gris
bien sûr, le Polictien a besoin de symbole concret et permenent de son bouclier
mysqtiue. Mais il y aura surtout des décotions fabriquées selon des formules
secretes alliant racines et incantations, il y aura des bains nocturnes parfois
au millieu de la brousse, des aumônes étranges ('&lt;em&gt;Donne une paire de
chaussures à une veuve enceinte!&lt;/em&gt;)&amp;quot;, et des rituels quotidiens ou plus
envahissants (&amp;quot;&lt;em&gt;Avant de saluer quiconque repète trois fois
&amp;quot;&lt;/em&gt;jaybajakrejem&lt;em&gt;&amp;quot; en croisant l'index et le pouce de ta main
gauche&lt;/em&gt;&amp;quot;) ... et des promesses de satisifaction (&amp;quot;&lt;em&gt;Tu seras maintenu à
ton poste&lt;/em&gt;&amp;quot;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le marabout cependant n'est pas du genre à se couvrir de promesses. Notre cher
politicien le couvrira de ses largesses. Largesses d'autant plus facilement
offertes qu'elles seront au frais de la République : il embauchera son neuveu à
la mairie, lui fera bénéficier d'une dotation de riz destinés au plus
nécessiteux, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il n'y rien là de nouveau sous le soleil de la corruption et de la
superstition policiennes. Ce n'est d'ailleurs pas une exclusivté de nos
tropiques : L'increvable Giscard lui même vient d&lt;a href=&quot;http://www.xalimalaplume.com/details.php?ref=2275&amp;amp;categorie=une&quot;&gt;'avouer
le concours d'un marabout sénégalais&lt;/a&gt; à son election en 74, Mitterand voyait
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lizabeth_Teissier&quot;&gt;l'autre diseuse
d'aventures&lt;/a&gt; et on peut trouver plus dans &lt;a href=&quot;http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&amp;amp;art=456&quot;&gt;le bouquin de
Sylvine Jumel&lt;/a&gt; (La sorcellerie au coeur de la republique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, la saison des marabouts n' a rien d'extraodinaire, on est après tout
haibitué aux polticiens faisant tout pour garder le maroquin sauf bien faire le
truc pour lequel ils sont élus (ce que naivement je crois être le meilleur
moyen, mais bon....).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais la politique sénégalaise a un autre rapport bien particulier avec les
marabouts*, un autre type de marabout en fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-style: italic; font-size: 85%;&quot;&gt;* &lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt; :
J'aimerais juste signaler ici, principalement aux non-Sénégalais, l'usage du
terme marabout dans ce texte pour deux sens très distincts : dans la première
partie du texte je parle du marabout consultés à la recherche d'interventions
occultes; celui ci ne dirge pas une communauté et exerce plutot une profession
libérale. Le marabout dont il est question dans la deuxième partie est lui un
chef religieux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Senghor déja avait été un des premiers à reconnaitre le pouvoir de ces
véritables chefs de communatés et s'etait appuyé sur eux pour mener sa campagne
electorale à la veille de l'indépendance du Sénégal. Dans un pays à très forte
majorité muslmane, l'alliance entre le catholique Senghor et ces chefs
religieux musulmans (contre leur co-réligionnaire Lamine Gueye) illustrait bien
une chose : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;il ne s'agissait pas ici d'un rapport religieux mais
d'un rapport de pouvoirs&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, celui en construction du nouvel état
sénégalais face aux pouvoirs traditionnels déja bien établis de ces chefs
réligieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Senghor tout au long de son règne maintint cette alliance des Marabouts et de
l'état. Je me demande toujours si le rôle que Senghor leur a donné ainsi dans
la vie politioque du Sénégal était inévitable et s'il n'est pas responsable de
ce qu'il en advient aujourd'hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet les sucesseurs de Senghor ont progressivement degradé cette relation
en impliquant plus les chefs religieux dans la bataille politique. Ainsi sous
Abdou Diouf, le fait pour un chef réligieux de donner une instruction de vote à
sa communaté est devenu pratique courante toutes confréries confondues. Et
comme je le disais dans un &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/03/26/Le-Saint-Le-Politicien-et-lAmenagement-du-Territoire&quot;&gt;
précédent post&lt;/a&gt;, les marabouts sont même devenus des facteurs importants
dans les décisions d'aménagement du territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis en 2000, Wade inaugure une nouvelle ère : celle du Président qui se défait
de ses oripeaux étatiques pour assumer son allégeance personnelle au marabout,
hérissant les plus républicains d'entre nous par ses recurrentes prosternations
devant ce dernier sous l'oeil des caméras offcielles. Le geste est d'autant
plus critiqué qu'il est supçonné d'etre motivé par des calculs bien politciens,
ledit marabout étant à la tête d'une communauté qui est un immense vivier
electoral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette ère Wade aura ensuite vu des marabouts à la tête de partis politiques
(ex: Serigne Modou Kara et son PVD), la fin effective de l'interdiction de
radios religieuses sur la FM , l'utilisation des versets du coran par les
dauphins de Wade pour s'insulter à la une de journaux et enfin dernière
escalade en date : la nommination d'&lt;a href=&quot;http://www.xalimalaplume.com/details.php?ref=2278&amp;amp;categorie=une&quot;&gt;un
marabout-politicien au poste de Minitre d'Etat&lt;/a&gt; auprès du Président de la
République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui au dela de la saison des marabouts, c'est l'ère des marabouts-politiciens
qui a sonné au Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela dit, ce serait un peu reducteur de mettre tout ceci sur le compte de WADE.
Le Marabout-Politcien était peut etre un phénomène inévitable et
prévisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet les chefs religieux ont été toujours des chefs politiques de leur
communauté dans le sens littéral du terme : ils en ordonnaient la vie publique
et collective. Ils ont ainsi été souvent &lt;a href=&quot;http://www.soninkara.org/histoire-soninkara/colonisation/mamadou-lamine-drame.php&quot;&gt;
resistants&lt;/a&gt; à la colonisation. Puis, lorsque la vie publique, la gestion de
la communauté est passée sous la charge des colonisateurs , ils ont été leurs
interlocuteurs avant de devenir ceux du nouvel etat indépendant du
Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, dans la nouvelle configuration démocratique du pays, avec sa scène
politique marquée par le clientélisme et l'enrichissement rapide des
dirigeants, combien de temps pouvaient ils ignorer cette tentation sachant leur
propre capacité de mobilisation populaire ? Défaits d'autres valeurs qui
auraient pu les empecher de s'engager dans cette scène corrompue, de moins en
moins guides religieux et de plus en plus princes héritiers de pouvoirs
communautaires, leur investissement dans la vie politique semble
inévitable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci d'autant plus que, deception de l'alternance aidant, on vit une période de
défiance profonde du peuple à l'egard de la classe politique. Le resultat est
une grande confusion : l'impression de ne pas savoir à quel saint se vouer.
Quel saint ? Ben tiens .. se dit le prétendu saint homme, me voila!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un marabout pour apporter un peu de certitudes et peu ou prou de morale (à
voir!) ... On peut se demander où nous menera cette ère des marabouts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait tout un article pour revenir dessus. Mais quelques réponses
évidentes :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A plus de communatarisme&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A l'affaiblissement de l'Etat voire la destruction du modèle
républicain&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A la radicalisation religieuse du pays&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Que des bonnes nouvelles ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/12/01/La-saison-Lere-des-Marabouts#comment-form</comments>
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