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  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane - Emigration</title>
  <link>http://blog.doomurewmi.net/</link>
  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 12:55:48 +0000</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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  <item>
    <title>Immigration : Le Choix de Sarkozy</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/17/Immigration-%3A-Le-Choix-de-Sarkozy</link>
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    <pubDate>Thu, 17 Aug 2006 19:30:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques de mon autre pays</category>
        <category>Emigration</category><category>France</category>    
    <description>&lt;p&gt;Sarkozy a fait son choix. Il nous raconte qu’il a fait pour la France le
choix de choisir au lieu de subir. « Immigration choisie » dit il, et non «
Immigration subie ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et les journaux de s’enflammer du débat sur ce nouveau paradigme dans la
politique de l’immigration française.&lt;/p&gt;    De &lt;a href=&quot;http://www.politis.fr/&quot;&gt;grands penseurs français&lt;/a&gt; s’emparent de
la question, « réagissent » comme dit la presse, qui d’ailleurs elle aussi se
répand en analyse sur la « &lt;a href=&quot;http://www.politis.fr/article1377.html&quot;&gt;trouvaille de Sarkozy&lt;/a&gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nos présidents, passé et présent, se disent tour à tour « &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/actufr/articles/075/article_42425.asp&quot;&gt;choqué&lt;/a&gt; »ou
&lt;a href=&quot;http://www.afrik.com/article9873.html&quot;&gt;contre une opération
malhonnête&lt;/a&gt; pour le Continent Noir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nos chanteurs préférés &lt;a href=&quot;http://fr.news.yahoo.com/07052006/202/pour-alpha-blondy-l-immigration-choisie-renvoie-au-temps-des.html&quot;&gt;
s’indignent de ce nouvel esclavage&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et même les &lt;a href=&quot;http://vanb.typepad.com/versac/2006/08/eolas_pas_prsid.html&quot;&gt;leaders
d’opinions de la blogosphère francophone&lt;/a&gt;, répondent avec leur &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/05/28/349-france-terre-d-acceuil&quot;&gt;
hospitalité&lt;/a&gt;, leur &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/05/28/349-france-terre-d-acceuil&quot;&gt;
empathie&lt;/a&gt;, leur &lt;a href=&quot;http://bravepatrie.com/La-carte-competence-et-talent-pour-une-immigration-de-bon-gout&quot;&gt;
ironie&lt;/a&gt;, et leur lucidité (contrairement à la presse) &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/05/04/200-france-terre-d-ecueil&quot;&gt;sur les
vraies raisons de Sarkozy&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est que la formule de Sarkozy à une portée historique et morale telle que on
peut difficilement ne pas lui répondre. Pour lui rappeler la responsabilité
historique de la France, pour lui rappeler portée globale de ce choix et son
impact ailleurs, pour lui dire l’immoralité du pillage qu’il prépare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui il y a beaucoup de discours à lui faire sur ce choix. Et c’est la peut être
le piège. Parce que le choix de Sarkozy il est ailleurs…&lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
D’abord comme l’ont remarqué &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/05/04/200-france-terre-d-ecueil&quot;&gt;les plus
lucides&lt;/a&gt;, le premier choix de Sarkozy est de faire porter le débat de la
prochaine campagne électorale sur le thème de l’immigration. Ce choix qu’il
fait avec un certain cynisme politique a plusieurs motivations. D’une part il
s’agit d’aller pêcher dans les eaux glauques du marigot lepéniste, ce qui est
était après tout une vielle habitude de la droite française jusqu'à ce que
récemment la &lt;a href=&quot;http://politique.fluctuat.net/segolene-royal.html&quot;&gt;Royale
enfant de Dakar&lt;/a&gt; innove dans la gauche et &lt;a href=&quot;http://fr.news.yahoo.com/01062006/202/royal-concurrence-sarkozy-sur-le-terrain-de-l-insecurite.html&quot;&gt;
brouille les cartes&lt;/a&gt;. D’autre part il s’agit, et là ce n’est pas une
exclusivité de la droite, de trouver le sujet épouvantail pour éviter
soigneusement les &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2006/05/ROBERT/13477&quot;&gt;vrais débats de la
société française&lt;/a&gt; sur lesquelles la classe politique dans son ensemble a
fait déjà un choix radical (celui de l’exclure &lt;a href=&quot;http://chrisleroy.free.fr/article_journal_le_monde.htm&quot;&gt;du champ de la
politique&lt;/a&gt;).Que reste-t-il alors au politicien en panne de projet de
société, sinon des promesses de Kracher et d’expulsions ? Il se fait
provocateur et tout le monde lui répond, chaque voix, y compris la mienne (et
j’ai essayé de me taire, je vous assure), allant dans le sens d’alimenter ce
débat trompeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième choix de Sarkozy, est une formule qui cache peut être un autre
dessein. Oui sa jolie formule d’accroche, qui, nous dit-il, définit sa nouvelle
approche de l’immigration. Mais sa &lt;a href=&quot;http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=INTX0600037L&quot;&gt;loi&lt;/a&gt;,
désormais votée, porte-t-elle réellement cette ligne directrice ?Les deux
grands volets de cette loi sont&lt;/span&gt;
&lt;ul style=&quot;margin-top: 0cm;&quot; type=&quot;disc&quot;&gt;
&lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;le durcissement des
conditions d’obtention de la carte de séjour pour des raisons non
professionnelles (regroupement familial, mariage, …)&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;&quot;&gt;l’invention d’une carte facilitée pour les
immigrants possédants des compétences recherchées.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
L’immigration choisie qu’on nous a annoncée est elle là ?Peut être un peu, dans
le deuxième volet, sauf que ceci n’a rien de nouveau, des directives
ministérielles ayant jusqu'à présent régulièrement faovrisé certains profils
selon le contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais mon impression est que la portée de cette loi est beaucoup plus grande
dans d’autres domaines :
&lt;ul style=&quot;margin-top: 0cm;&quot; type=&quot;disc&quot;&gt;
&lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;&quot;&gt;D’abord elle veut faire du travail la seule
finalité acceptée de l’immigration, le seul angle pour son appréciation.&lt;/li&gt;
&lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;&quot;&gt;Elle précarise les immigrés qui ne possèdent pas
des compétences privilégiées, en les maintenant dans la clandestinité, les
rendant ainsi plus soumis au dictat de leur employeur local et renforce ainsi
un réservoir de main d’œuvre flexible, peu chère, ….&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Ici, je crois se trouve le véritable choix de Sarkozy, celui d’une immigration
mieux asservie, visant à mettre à disposition de certaines industries
françaises une main d’œuvre « compétitive ».&lt;br /&gt;
Ainsi que ce soit sur le plan politique que sur le plan socio-économique, la
question est approchée dans une démarche utilitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec, cette approche de l’immigration, on peut toujours se fatiguer à lui
rappeler les enjeux historiques et les implications morales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;&quot;&gt;Le Choix de Sarkozy est déjà fait : c’est celui de se servir de
l’immigration, simplement&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Pirogues de l’Infamie 3 : Une histoire individuelle de l’émigration clandestine</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:112cc70a151500fd5626ca71270a71b8</guid>
    <pubDate>Sat, 12 Aug 2006 17:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Emigration</category><category>Pirogues</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Oui, oui, … on a assez entendu parler de ces émigrés clandestins qui partent
à l’assaut des frontières africaines de l’Europe, sur les clôtures de l’enclave
de Ceuta ou à travers le détroit de Gibraltar, dans des petits bateaux vers les
cotes italiennes ou sur des &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/actufr/articles/081/article_46122.asp&quot;&gt;pirogues de fortunes
vers les canaries&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
On les a vus, recueillis par les secouristes, fatigués, blessés, le visage
livide, grelottant dans des couvertures ou affalés sur des brancards, le regard
perdu au loin, entre les vagues qui ont failli les engloutir….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais avez-vous essayé, en scrutant ces traits tirés au bout d’un voyage
cauchemardesque de deviner l’itinéraire d’un de ces réfugiés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’en connais un.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Laissez moi vous conter son histoire ...&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est originaire de Kaolack, ancienne capitale florissante de la région du
&lt;a href=&quot;http://www.au-senegal.com/decouvrir/geo_saloum.htm&quot;&gt;Sine-Saloum&lt;/a&gt;,
bassin arachidier, carrefour du commerce de cette graîne dont la culture et
l’exportation ont été la spécialité du Sénégal colonial. Aujourd’hui, c’est une
ville frappée de plein fouet par la&lt;/span&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ifpri.org/divs/mtid/dp/mssdp17.htm&quot;&gt;sinistrôse du secteur
arachidier&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;; une ville qui continue pourtant une
croissance débridée alimentée par sa position géographique qui en fait toujours
le lieu de transit de beaucoup d’échanges vers les régions intérieures ainsi
que les pays voisins. Kaolack, c’est une gigantesque gare routière, où les
camions surchargés slaloment majestueusement entre les taxis-brousses et les
tas d’immondices, dans le bourdonnement harmonieux des moteurs surchauffés et
des millions de mouches. Une vraie carte postale d’Afrique subsaharienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon ami Baba est de Kaolack. Son grand-père fut un de ces commerçants qui
s’enrichirent dans la collecte et l’achat aux producteurs de l’arachide qu’ils
revendaient à l’Etat Colonial. Une grande maison où les allées venues des
camions chargés rythmaient une vie en constante ébullition. Une grande maison à
l’hospitalité généreuse, typique de cette époque faste, où le voyageur trouvait
toujours l’eau fraîche, le gîte garanti et le bol de riz inépuisable. Depuis le
flot des camions s’est tari et son père, héritier de ce commerce, ancien fils
de rihce négociant qui avait donc fait l'ecole coloniale, finit sa vie
d’ex-fils de bourgeois instruit en commis de la poste à la retraite. La pension
qu’il perçoit assure peut être dix jours de repas à une famille qui ne peut
plus accueillir ses hôtes qu’avec le sourire et un peu de cette eau fraîche
mais trop salée de Kaolack.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son frère, héritier de la fibre commerçante du grand père était allé ouvrir un
petit commerce au détail (une Alimentation Générale, comme on dit ici) dans une
autre ville, pas loin, à Mbour. Ouvert 14 heures par jour, un chiffre d’affaire
de 100 000 F CFA par jour, une marge brute de 7 % et les charges qui attendent,
puis il faut affronter l’embarras de ne rapporter à Kaolack que quelques
provisions et bien peu d’argent chaque mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour,Baba qui était de passage à Dakar a reçu un coup de fil paniqué de
Kaolack, son frère aurait disparu, sa boutique est vide et on dit qu’il est
partit dans les pirogues. « &lt;em&gt;Ci loothio yi la dem …&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baba part en urgence pour Mbour et mène une enquête rapide qui le met sur les
traces de son frère et d’un groupe d’amis, qui, désespérant de construire une
vie avec si peu, ont écoulé le stock de la boutique pour se payer le passage
sur une pirogue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laquelle ? On ne sait pas. Ou bien on ne peut pas dire. Quand ? Il y a dix
jours. Ou quinze. Peut être. Une nuit en tout cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers où ? L’Europe bien sur. Comme tous les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baba revient à Dakar, nous raconte l’histoire. Je connaissais son frère, il
avait un air calme et un sourire rare et marchait beaucoup au lieu de prendre
le car.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne sait pas trop que faire après. Par ici, il n’y pas de numéro vert et de
soutien psychologique aux familles des victimes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a pas de listes des réfugiés arrivés sains et sauf ou des corps de noyés
à identifier. Les autorités discutent du sort de ceux qui sont arrivés là-bas.
Mais elles n’ont rien à dire de ceux qui se sont peut être perdus en chemin.
Elles n’ont par l’air non plus d’avoir quelque chose à dire à ceux qui
attendent inquiets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rien. Attendre. Des jours. Puis quelques semaines. On scrute les visages à la
télé. Peut être …&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois semaines plus tard, un coup de fil.&lt;br /&gt;
« &lt;em&gt;Allo, oui c’est moi. Je vous appelle d’Espagne. Je suis fatigué mais j’y
suis. Ils disent qu’ils vont nous relâcher. Mon ami S. dit que son frère qui
vit à Barcelone sera là. Il va nous emmener. Il dit qu’on trouvera un boulot.
Je donnerais des nouvelles de que je peux. Priez pour moi&lt;/em&gt;.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous l’avez peut être vu à la télé, les traits tirés par la fatigue d’un voyage
cauchemardesque,le visage livide, grelottant dans des couvertures, un gobelet à
la main, son regard perdu au loin, entre les vagues de l’océan qui a failli
l’engloutir, et qui raconte une histoire qui à commencé dans le bassin
arachidier, dans une maison riche et accueillante, il y a seulement deux
générations.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Pirogues de l’infamie  2 : L'emigration clandestine, un simple symptôme</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-linfamie-2-%3A-Lemigration-clandestine-un-simple-symptome</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5bfe74322a9e768c66797a707711a019</guid>
    <pubDate>Wed, 09 Aug 2006 17:52:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Emigration</category><category>Pirogues</category><category>Sous développement</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;summary&quot;&gt;Pour revenir avec moins d’émotion peut être (à part
l’affection immense que j’ai pour toi, oui, Ô lecteur) sur cette « affaire »
des nouveaux boat people de notre ère, je prendrais mon temps (oui, et le tien,
cher lecteur) et plusieurs posts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je commencerais aujourd’hui par une tentative de décrypter plus posément le
phénomène en évitant si possible de me retrouver à crier des accusations devant
le tribunal de l’Histoire, bave au lèvres, les yeux rougis par la colère et le
corps tremblant de la révolte de tous les opprimés du monde, criant des « Honte
à vous ! » et « Pendez les tous »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OK, essayons...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
Pour revenir avec moins d’émotion peut être (à part l’affection immense que
j’ai pour toi, oui, Ô lecteur) sur cette « affaire » des nouveaux boat people
de notre ère, je prendrais mon temps (oui, et le tien, cher lecteur) et
plusieurs posts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je commencerais aujourd’hui par une tentative de décrypter plus posément le
phénomène en évitant si possible de me retrouver à crier des accusations devant
le tribunal de l’Histoire, bave au lèvres, les yeux rougis par la colère et le
corps tremblant de la révolte de tous les opprimés du monde, criant des « Honte
à vous ! » et « Pendez les tous »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
OK, essayons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a d’un coté, un pays le Sénégal, qu’on définira rapidement comme sous
développé (les adeptes de l’émergence imminente du pays devront me pardonner)
et un autre, européen, tel que la France, qu’on dira développé (là, ce sont les
déclinistes parmi l’intelligentsia française qui vont me lyncher).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une grande partie de jeunes hommes et femmes du Sénégal sont apparemment prêt à
des tentatives suicidaires pour sortir du Sénégal et atteindre la France, sans
autre but que d’y être . Et ensuite ? Ensuite, on verra, ça ira mieux…. Ceci,
alors que le Sénégal n’est ni en guerre, ni dans une situation de catastrophe
humanitaire quelconque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pire, même après avoir vécu l’enfer dans leur tentatives, ils sont prêt à
recommencer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Encore plus grave, ils vont souvent travailler et économiser avec acharnement
pour réunir la somme nécessaire pour payer le passage, somme qui semble en
théorie suffisante pour s’investir dans quelque chose de viable au
Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interrogés, ils répondront, qu’ils ne voient que cette voix comme issue à leurs
aspirations à « réussir ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour moi, cela veut dire plusieurs choses :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;strong&gt;ils ont une certaine notion de ce que c’est
« réussir ».&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Une notion réduite à la réussite économique (être riche !), sans considération
d’autres valeurs sociales. Un notion probablement distillée par ces cas qu’ils
voient autour d’eux, allant du modou-modou à l’alternoceur en passant par
l’utopique vision de l’occident construite par la télé. Les modèles de réussite
ainsi construits ont hélas tous en commun un chose : l'enrichissement est
soudain, rarement le fruit de longues années d’efforts sur place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bref « réussir » c’est devenir riche et vite.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;ils ne trouvent pas sur place d’autres solutions pour devenir riche
et vite.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Ceci est normal dans la plupart des pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais certains pays comme les USA à défaut d’offrir cette opportunité à tous,
donnent quand même à chacun l’impression qu’il pourrait être dans le happy few
qui y arrivera. Cela s’appelle « le rêve américain » et c’est bien sur une
illusion, mais une illusion utile à la cohésion sociale et à l’adhésion de tous
au système. Pour qui vit au Sénégal, de quel ascenseur social peut-on rêver ?
Depuis longtemps, l’Ecole, voix reine au lendemain de l’indépendance, semble
avoir perdu cette fonction au profit de l’aventure de l’émigration et la
politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;ils n’ont pas d’alternatives intermédiaires entre « réussir et
échouer»&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
En fait on revient ici au classique problème d’une société divisée en très
riches et en très pauvres avec très peu de classes intermédiaires. Une
alternative qui offrirait au jeune sénégalais la perspective d’une vie pas
fabuleuse mais correcte, sans 4x4 rutilants mais avec la satisfaction des
besoin de base, une vie sans glamour mais sans problèmes non plus, un métier
simplement et l’assurance de la dignité garantie au bout d’un honnête effort,
une alternative pareille, rendrait la voix de l’exil moins tentante au vue des
risques encourus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bref, les pirogues qui dérivent aujourd’hui sur l’atlantique avec leur
cargaison de malheur ne sont que le symptôme récent et tragique d’un mal plus
profond et depuis longtemps installé : la dérive de la Pirogue Sunugal, le sous
développepement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet Il y a derrière le désespoir qui pousse ces jeunes à ce terrible choix
des problèmes structurels d’un pays sous développé :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;une majorité de jeunes au chômage,&lt;/li&gt;
&lt;li style=&quot;list-style: none&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;des fortes inégalités avec une population largement pauvre à cote d’une
minorité à la richesse exubérante,&lt;/li&gt;
&lt;li style=&quot;list-style: none&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un modèle social en panne qui donne l’impression d’un horizon bouché.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
C’est parce que ces problèmes sont bel et bien le résultat d’une gouvernance
politique et sociale malheureuse que je me suis retrouver à accuser nos
dirigeants d’hier au d’aujourd’hui de ce terrible fléau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je devrais pour être juste accuser tous les dirigeants du monde, car le sous
développement et la misère d’aujourd’hui au Sénégal existent dans un contexte
global et historique plus large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, pour vraiment mettre fin à la tragédie de cette jeunesse se jetant avec
désespoir dans les bras de la mort, il faudrait changer le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rien que ça….&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-linfamie-2-%3A-Lemigration-clandestine-un-simple-symptome#comment-form</comments>
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    <title>Les pirogues de l'infamie 1 : Honte à nous!</title>
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    <pubDate>Mon, 07 Aug 2006 17:45:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Emigration</category><category>Pirogues</category><category>Senegal</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Imaginez un père de famille, son foyer, sa famille, ses enfants, quelque
part…..&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
Imaginez sa maison parmi d’autres, entourée de hauts murs protégés par des
barbelés.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
Imaginez que chaque matin, des enfants de cette maison, après de longues heures
de préparation, tentent, avec détermination mais hélas avec des outils
rudimentaires, de franchir le mur pour se réfugier dans une des maisons
voisines.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
Imaginez que chaque matin, quelques enfants meurent ainsi, victimes des
barbélés empoisonnés ou d’une chute mortelle. Imaginez que chaque jour, les
enfants, voyant pourtant les dépouilles de leurs ainées pendues aux barbelés,
se lancent quand même à l’assaut du mur.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
Imaginez qu’ils répondent à ceux qui leur demandent « Pourquoi ? » , qu’ils ne
voit pas d’autre issue pour échapper à l’enfer de cette maison.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
Que diriez vous à ce père de famille ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Loothio yi.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est le nom désormais associé au drame humain qui se joue entre mon pays et
l’Europe, quelque part sur l’océan et que Awadi et compagnie &lt;a href=&quot;http://www.studiosankara.com/sunugaal.html&quot;&gt;décrivent si bien&lt;/a&gt;. Je ne sais
pas encore d’où vient ce mot wolof utilisé ces jours ci à Dakar pour désigner
ces pirogues de l’ultime désillusion, qui emportent de jeunes Sénégalais vers
la mort ou les côtes de l’Espagne. Vers &lt;a href=&quot;http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=11784&quot;&gt;Barça ou Barzakh&lt;/a&gt;
comme le titrait récemment le quotidien de l’état, &lt;a href=&quot;http://www.lesoleil.sn/&quot;&gt;le Soleil&lt;/a&gt;, sans oser aller jusqu’au bout dans
l’analyse de ce drame.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reprenons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce beau pays qu’est le mien, Sénégal, Sunugal (notre pirogue en wolof,
l’ironie de ce surnom est terrible dans ce contexte), une partie de la jeunesse
trouve l’alternative des pirogues de la mort plus attrayante que tout ce que
peut leur offrir le pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Répetons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jeunesse sénégalaise, se trouve en partie dans un tel état de désespoir,
qu’elle voit dans la tentative suicidaire de quitter le pays une voie plus
acceptable que d’y rester.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pense que devant un tel constat, chacun de nos dirigeants ou de nos
soi-disantes élites, toutes personne qui se trouve ou s’est jamais trouvé en
charge d’une partie quelconque de la gestion de pays, devrait prendre
conscience de sa responsabilité dans cette tragédie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messieurs et mesdames les gouvernants sénégalais, ceci est votre échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messieurs et mesdames les politiciens sénégalais, ceci est votre échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messieurs et mesdames les fonctionnaires de la Banque Mondiale et du FMI qui
nous aviez promis le developpement, ceci est votre echec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ô Elites du Pays, Ô dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, Honte à vous !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Honte à toi, Ô Léopold, Poète célébré, Père de la Négritude, pointilleux
bâtisseur d’une véritable Administration Sénégalaise. Oui honte à toi, Ô Sedar,
tes vingt ans de règne et ta belle Administration n'ont pas su offrir meilleur
espoir aux enfants du pays !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Honte à toi, Abdou, Grand parmi les grands, nourri depuis toujours au sein du
pouvoir, gardien vanté de la constitution. Oui honte à toi, Ô Père de la Nation
(disais tu), tes vingt ans de règne, tes ajustements structurels et ta force
tranquille n’auront pas su offrir à tes &amp;quot;enfants &amp;quot; un pays vivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Honte à toi, Abdoulaye, père de l’alternance, porteur du flambeau du
changement, homme providence pour pays en mal de développement. Oui honte à
toi, Ô Gorgui, ton alternance, tes cinq ans de règne, ton émergence, ta
croissance accélérée, oui tout ceci, n’a pas donné meilleur espoir à la
jeunesse qui t’a élue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Honte à vous dirigeants de mon pays, honte à vous élites vautrées dans votre
luxe insolent et vos véhicules 4x4 rutilants, pendant que vous arpentez les
aéroports de l’occident, les enfants de la maison Sénégal, se jettent dans les
bras de la mort pour fuir l’enfer que vous leur construisez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Honte à vous autres, intellos auto-proclamés ou réels de ce pays, cette
tragédie est aussi l'echec de votre engagement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Honte à nous, Sénégalais, d'ici ou d'ailleurs, qui regardont passif sur les
écrans à plasma de nos salons cossus ou sur la vieille télé de notre baraque en
ruines, les fils du Sénégal s'échouer sur les plages d'Espagne parce que nous,
citoyens silencieux, avons laissé faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Combien de temps durera cette honte ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
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