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  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane</title>
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  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 02 Feb 2010 06:21:17 +0000</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Histoire alternative du Sénégal : 1- Naissance</title>
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    <pubDate>Sat, 09 Aug 2008 15:21:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques de l'Utopie</category>
        <category>Alternance</category><category>Fiction</category><category>Sénégal</category><category>Utopie</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tambacounda, le 19 Mars 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma chere fille,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as dix ans au moment où j'écris les lignes de cette lettre que je
t'adresse dans le futur. Quand tu la liras, toi et le nouveau Sénégal, celui
qu’on apelle fièrement le Sénégal moderne, vous aurez vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ma fille tu es née 19 Mars 2000, ce jour il y a exactement dix où
l'histoire du Sénégal a basculé. Dix ans après, le Sénégal d’alors, celui du
vingtieme siècle, s'est déjà effacé des mémoires et c'est même avec une
certaine incrédulité qu'on se remémore certains faits de ce Sénégal révolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans dix ans, ma fille, tu entreras dans l'age adulte et peut être que plus
personne ne voudra croire que ce sénégal là ai jamais existé. Oh, peut être
bien que je serais encore là, ma fille pour te le raconter, mais ne me prendras
tu pas pour un vieux radoteur ? Et moi même me souviendrais-je encore avec
autant de clarté ebahie qu'aujourd'hui de ces dix années de mutations pendant
lesquelles nous avons construit, enthousiastes et solidaires , une nouvelle
nation ? Je ne suis pas sur, ma fille aujourd'hui même, tandis que je
t'écris cette lettre vers le futur, que je saurais te raconter l'essentiel de
ce passé pourtant si proche. Ces dix années ont été une aventure tellement
extraordinaire, ma fille ! Une aventure nationale qui a coïncidé avec ma
propre aventure humaine, celle de nourrir et guider ton enfance comme nous
faisons tous de notre nation renaissante.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le 19 Mars 2000. Je m'en souviens avec acuité. Non, ma fille, je n'ètais pas
pris comme l'immense majorité de mes compatriotes dans la fièvre de ces
élections de la dernière chance. A 19 h, tandis que fermaient les bureaux de
votes, j’attendais dans le hall de la maternité, tendu et songeur, priant de
toute mes forces ta mère, en pleine délivrance. Son attente fut longue et ta
venue au monde coïncida pratiquement avec les premières rumeurs de l'autre
délivrance. C'est donc fou d'une autre joie que j’ai rejoint en sortant de
l’hopital la foule en liesse qui fetait ce qu'on appelait déjà
l'Alternance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et déjà, père inquiet je me demandais dans quel pays tu grandirais. J'en sus
bien vite quelque chose. Ce serait d'abord dans un pays de changement. Un
président élu porté en triomphe par toute une jeunesse c'était un sacré
changement. Un président battu félicitant son adversaire, cela ne s'était
jamais vu. En un geste, ces deux là venait de signer la redemption de tous
leurs homologues et une nouvelle classe politique venait de naitre. Une classe
politique responsable, respectueuse des règles d'un jeu arbitré par le peuple.
Une classe politique inspirée par un espoir collectif et portant en eux un
dessein plus large que le personne. D'ailleurs en une nuit c'est un déclic qui
a semblé s'opérer chez chaque homme politique et en particulier chez le nouveau
prèsident. En effet, de l'opposant, on avait déjà entendu les rumeurs d'une
personnalité particulière : égomanie, cynisme à la limite de l'amoral et
amour féroce du pouvoir. On ne retrouva jamais cela chez l'homme une fois
élu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respects des règles ! C'est le premier principe que mis en avant le
nouveau président. Le premier exemple qu'il en donna frappa tous les esprits.
En effet lors de sa prestation de serment, la jeunesse passionnée voulu faire
de son Hymne à la jeunesse le chant qui marquerait la cérémonie. En effet il
avait toujours critiqué notre hymne national et avait composé ses propres vers
qu'il dédiait à la jeunesse. Pourtant, voici ce qu'il leur rappella
sobrement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Je n'aime certainement pas notre hymne actuel, composé par
Senghor d'une manière trop française et qui plus est, mise en musique par un
français. Il ne parle pas assez à ma fibre africaine. Mais, mes chers
compatriotes, mes jeunes amis, je dois vous dire ceci : tant qu'une
constitution encore valide en fera l'hymne national du Sénégal, alors moi, et
vous tous, nous devrons témoigner à cet hymne le plus grand respect. Car c'est
au Sénégal et à tout ce qui le représente que nous devons ce respect. Et
surtout, parce que c'est la loi fondamentale de notre nation qui l'exige et
notre premier devoir est de respecter la loi.&lt;/em&gt;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit cette déclaration avec ferveur et véhémence, les yeux brillants d'une
flamme jusque là inconnue. La foule muette pendant un instant lui fit une
ovation fantastique. Et déjà les germes du changement était planté parce que
l'ovation saluait non pas un homme mais une idée, celle du respect envers tout
ce qui représente notre nation et, plus, de respect de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce même jour, dans son adresse à la nation, il posa les termes du
changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment te les raconter ? Tu les connais déjà , c’est vrai, puisque tu
vis avec. Mais les avoir vécu est un autre histoire. Tiens permets que je te
raconte, comme je les ai vécus, ceux qui m’ont le plus marqué. Permets ma
fille, a ton vieux radoteur de père, de te dire en dix anecdotes ce que tu sais
déjà.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ma grand-mère et les mutants</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2008/03/23/Ma-grand-mere-et-les-mutants</link>
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    <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 23:19:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ma grand-mère a plus de cent ans maintenant. Bon pied bon oeil comme on dit.
Elle vit dans notre village du Saloum un peu loin de Dakar, mais je lui parle
souvent. Oui dans ce village, où ni l'électricité, ni l'eau courante n'ont
encore cours, le réseau mobile apporte déjà tous les échos de la modernité. Je
la vois d'ici se lever de sa démarche fragile, se saisir d'un pot en fer blanc
et aller se servir à boire de l'eau fraîche dans la jarre en terre cuite qui a
toujours occupé le même coin sombre et frais de sa case. Puis elle revient
s'asseoir et reprendre sa conversation avec moi à Dakar ou avec ses arrières
petites filles à Paris, peut être avec mon frère dans le Midi, ma soeur en
Allemagne ou l'autre qui vit en Asie. Pourtant, Quand elle était jeune fille,
ma grand-mère, on n'avait jamais entendu parler de ces pays. On n'avait même
jamais vu au village ces étranges hommes blancs dont on entendait parler depuis
peu. Il y avait encore des royaumes qui guerroyaient et de dangereux chevaliers
qui enlevaient des jeunes filles comme elle pour les emmener on ne sait où.
Mais vingt ans plus tard, elle prenait déjà la voiture pour la première fois et
une décennie après elle se rendait en ville pour visiter ma mère. Elle y
retournera souvent, l'aventure devenue banale. Les jeunes du village osaient
déjà écouter en cachette de leurs parents la voix diabolique de la radio. Deux
décennies encore et son petit-fils, un de mes cousins, prenait l'avion pour
aller vivre et étudier en Europe. Un autre suivra, puis d'autres. Jusqu’à ce
qu'elle se retrouve accrochée à un téléphone portable pour répondre aux
questions candides et mais terriblement incisives de son arrière petite fille
parisienne.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je dis toujours qu'en fait ma grand-mère vit dans une société des mutants.
La mienne. La nôtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non je ne vis pas dans le monde des X-Men. Je regarde juste autour de moi,
mes neveux qui poussent ailleurs comme ici, les enfants de certains amis, nés
en France ou aux USA et qui vivent désormais à Dakar, d'autres qui ont fait le
trajet inverse ou celui plus proche qui amène de mon village du Saloum à la
bouillonnante Dakar, je vois les enfants de la Médina chausser des rollers et
essayer de filer sur nos rues ensablées, je vois d'autres déjà obèses flotter
dans la piscine municipale en parlant de leur console de jeux. Je vois tout
cela, et je vois ma grand-mère et je me demande comment elle n'est pas prise de
vertige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ceci n'est pas un énième discours sur les temps qui changent, et qui
changent de plus en plus vite. Je laisserai les partisans de l'avènement du
&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Technological_singularity&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Technological Singularity&lt;/a&gt; gloser sur cette accélération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle simplement de mutations familiales et sociales tellement nombreuses
et rapprochées qu'elles font vivre une personne comme ma grand mère dans autant
de mondes différents et surtout laissent ses petits enfants dans un société
d'un nouveauté rarement appréhendée dans ses conséquences. Et ce sont ces
conséquences qui m'interpellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons à ma petite famille. Ma grand-mère n'a pas du se poser beaucoup de
questions, en élevant ma mère, sur ce qu'elle devait lui apprendre ou pas, les
valeurs qu'elles devait lui inculquer, le rôle et la place qu'elle occuperait
plus tard : elle n'avait qu'à reproduire ce que sa propre mère avait fait
à quelques arrangements près. Ma mère elle à du se poser déjà des questions
ardues. Par exemple, elle était la première du village à élever des enfants qui
allaient a l'Ecole. Imaginez un peu tout ce que nous faisons sans réfléchir
pour nos enfants qui vont a l'école : préparer la rentrée, surveiller les
devoirs, rencontrer les professeurs, ... etc. Elle a du découvrir toute seule
son rôle de parent d'élève sans aucune référence venue de ses propres parents.
Sa fille, ma soeur, se retrouve aujourd'hui face a plus d'inédit encore dans
son rôle de mère que n'a jamais connu notre mère. Elle vit en Europe, travaille
comme son mari, et essaie par exemple de concilier le fait que ses filles
vivent en majorité entre l'école et leur nounou venues des caraïbes avec sa
volonté de leur faire connaître et discuter en peul avec leur grand-mère au
Sénégal. Elle est confrontée souvent à ce que je perçois comme la conséquence
la plus évidente de ces mutations : nous ne pouvons pas reprendre et
adapter facilement des modèles existants pour construire nos foyers et nos
vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rester dans l'exemple de l'éducation des enfants, je me dis que des
jeunes parents trouvent déjà dans des modèles familiaux hérités de multiples
mécanismes pour prendre en charge de questions complexes d'éducation et peuvent
en bénéficier sans y avoir vraiment réfléchi. C'est le bénéfice qui vient avec
l'héritage culturel. Mais, si entre deux générations le contexte change au
point de rendre caducs la plupart de ces mécanismes, alors ils doivent faire un
travail beaucoup plus poussé pour soit aller extraire de ses modèles obsolètes
l'essence de l'expérience éducative qu'ils contenaient ou redécouvrir eux même
ce ques plusieurs générations avaient mis à apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je plains et admire ma soeur aînée. Quand ma nièce décroche le téléphone
l'autre jour à Paris pour me dire dans un peul limpide : &amp;quot;Kaw, Mi
yownitmam&amp;quot;. (Tonton, tu me manques) avant d'enchaîner pour me raconter les
grands événements de sa vie en maternelle, je réalise que sa mère est une
pionnière qui construit des références pour notre génération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Go Sister ! Go !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Fêtes sous tous les tons : Tabaski - Aid El kabir - Fete du Mouton (1)</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/Fetes-sous-tous-les-tons-%3A-Tabaski-Aid-El-kabir-Fete-du-Mouton-1</link>
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    <pubDate>Sat, 23 Feb 2008 15:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Fête</category><category>Mouton</category><category>Sénegal</category><category>Tradition</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tabaski. Aid El Kabir. La fête du mouton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien sur dans ces diverses appellations d'une fête plusieurs manières
de la percevoir. Plusieurs perceptions qui ont traversé ma vie si bien qu'il
m'arrive de me demander régulièrement s'il s'agit de la même fête. Est ce que
la Tabaski de mon enfance dakaroise a quelque chose à voir avec l'Aid de mon
ami Youcef à Paris ou la « Jouldé » de mon cousin au village ?
Et quel est le lien entre tout ceci et la stupide image de &amp;quot;mouton dans la
baignoire&amp;quot; facilement évoquée par certains pour alimenter les
xénophobies ? Cette année tandis que je regardais venir la fête à Dakar,
sous un angle encore nouveau pour moi pour des raisons que j'expliquerais,
j'avais envie de passer en revue tous les avatars de cette fête que je
connais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence bien sur, il y a pas mal de temps, à Dakar, dans la tête d'un
enfant ....&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tabaski!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on appelle &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/#pnote-212971-1&quot; id=&quot;rev-pnote-212971-1&quot; name=&quot;rev-pnote-212971-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; l'Aid El Kabir au
Sénégal. Et c'est ce mot qui évoque précisément la fête populaire de mon
enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fête annuelle qui a dû être pour nous enfants du Sahel ce que Noël était
pour d'autres enfants ailleurs. Et comme Noël, c'est d'abord les préparatifs
qui nous amusaient. Pour moi, c'est Maman qui donnait le premier signe de
l'approche de la Tabaski lorsqu'elle nous engageait dans le grand nettoyage de
la maison. Rideaux et meubles, murs et sols, tout devait être remis à neuf pour
la fête. On s'y attelait avec l'excitation qu'un enfant a toujours pour
l'inhabituel, la rupture de la routine familiale. Nous prenions avec
enthousiasmes les balais, les têtes de loups, les brosses et les seaux. On
grimpait avec une joyeuse agilité les échafaudages de fortune (tables
superposées, un seau renversé, n'importe quoi nous servait d'escabeau) pour
accéder aux hauteurs de la maison. Bref on s'amusait tous follement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis arrivaient les premiers moutons qu'on voyait conduits par des marchands
ambulants qu'un homme avait vite fait d'interpeller avant d'entrer dans le
rituel de l'évaluation puis du marchandage. Nous arrêtions alors nos jeux pour
le regarder faire.Il le tâtait, lui ouvrait la bouche pour évaluer son age par
sa dentition, reculait de quelque pas pour apprécier son allure. &amp;quot;Foq Niaar
la!&amp;quot; (&amp;quot;Il est à sa deuxième dentition&amp;quot;) affirmait le vendeur avant de
rajouter : &amp;quot;Guiss nga ni ben melo la&amp;quot; (&amp;quot;Et tu vois qu’Il a une robe d'une
seule couleur&amp;quot;). Ainsi commençait le marchandage habituel. Si tout ceci
aboutissait à une vente, c'est souvent un fils fier, un d'entre nous, qui
venait prendre en charge le bélier pour le ramener à la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah les moutons et les garçons! Une belle et terrible histoire que celle
entre les jeunes garçons et le bélier paternel. Des garçons sous d'autres cieux
comparent peut-être les bagnoles de leurs pères; nous, nous mesurions la
grandeur de Papa à l'allure du bélier. Alors forcément on s'en occupait avec
soin. On se levait assez tôt le matin pour doucher le bélier (qui était parfois
récalcitrant ou qui s'échappait et cela donnait un joyeux bordel, il faut
dire), le brosser pour faire luire sa robe impeccable. Puis on l'attachait
devant la maison pour le laisser sécher et surtout le faire admirer. C'était
une véritable exposition de moutons dans tout le quartier et nous allions de
l'un à l'autre commentant en connaisseurs l'élégance des cornes chez l'un, la
force dégagée par l'autre, la beauté du poil de celui-ci. Et chacun de se
remettre à la toilette de son mouton. Certains allaient jusqu'à teindre le bout
des pattes et de la queue au henné ou lui ciraient les cornes. On lui achetait
la plus belle herbe, le meilleur fourrage. On s'assurait qu'il buvait. Bref on
le bichonnait. Tant et si bien qu'il arrivait fréquemment qu'un gamin se
retrouve si attaché au mouton qu'il pleurait à chaudes larmes lors de
l'inévitable sacrifice et refusait de manger de la viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui parce que bientôt arrivait le jour de la Tabaski, les derniers
préparatifs... Ah .. oui. J'oubliais tous les autres préparatifs, les courses
pour acheter des beaux coupons de tissus, la séance chez le couturier qui les
fera sur mesure, les boutiques encore vers minuit pour trouver la paire de
babouches adéquates,... etc. Puis on se réveillait tôt le lendemain et on y
était déjà.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me vois encore, dans le boubou aux larges pans bien gominés, le bonnet
imitant celui de Papa, le tenant fièrement à la main pour aller à la Grande
Mosquée. Première exhibition de mes beaux habits. Au retour, on égorgeait le
mouton dans la cour de la maison. Désordre familial garanti : Papa qui
demande pourquoi tout n'est pas prêt, Maman qui insiste pour qu'il se mette un
pagne autour pour ne pas tacher de sang le tissu très cher qu'il porte, un
petit qui pleure parce qu'il ne faut pas tuer le mouton, un autre qui n'a pas
finit de creuser le trou où on déversera le sang et les boyaux, Papa qui ne
trouve pas le couteau bien aiguisé, Maman qui veut encore acheter quelque
condiment pour la grillade, ma sœur qui essaie d'allumer le feu, l'autre qui
rate les frites, Papa qui s'énerve parce que tout le monde n'est pas là ... et
tout le monde qui s'arrête soudain, une minute solennelle pendant que Papa
égorge enfin le mouton que quelqu'un a réussi à entraver et à coucher par
terre. Le filet de sang n'a pas faibli que l'activité s'emballe à nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure après on mangeait déjà les premières grillades, puis après
plusieurs plats successifs, les adultes s'étendront pour une sieste, la fête
finie pour eux. L'après-midi appartiendra aux enfants. On remettra nos tenues
et on sortira faire le tour des maisons du quartier pour demander nos étrennes.
Le soir venu on comptera fièrement nos pièces qui serviront à une petite partie
du lendemain entre enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sur, au prochain jour de classe, le maître nous demandera de raconter
tout cela dans une rédaction. Je n'y suis jamais vraiment arrivé.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/#rev-pnote-212971-1&quot; id=&quot;pnote-212971-1&quot; name=&quot;pnote-212971-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le mot vient probablement d'une langue berbère qui
dénomme cette fête Tafaska. L'origine réelle serait liée à la paque juive
(pesha). M'enfin c'est ce qu'ils disent sur le net ....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/Fetes-sous-tous-les-tons-%3A-Tabaski-Aid-El-kabir-Fete-du-Mouton-1#comment-form</comments>
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    <title>Lectures précieuses</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/20/Lectures-precieuses</link>
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    <pubDate>Thu, 20 Dec 2007 02:24:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Notes Littéraires</category>
        <category>Douda</category><category>Ecriture</category><category>Natty</category><category>Poésie</category>    
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai mal au pays&lt;br /&gt;
J'ai mal à la democratie&lt;br /&gt;
J'ai mal à l'histoire&lt;br /&gt;
J'ai mal à l'espoir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;    &lt;p&gt;C'est &lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Natty&lt;/a&gt; qui
le dit sur &lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2007/12/jai-mal-lhistoire.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;son dernier post&lt;/a&gt; et c'est l'occasion pour moi de vous conseiller d'y
faire un tour. Elle s'y épanche à cœur ouvert d'une superbe plume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis tiens j'en profite pour vous suggérer de la lire et de la relire.
Vous n'en reviendrez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;&lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2007/10/si-je-meurs-aujourdhui.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Si je meurs aujourd'hui&lt;/a&gt;&amp;quot;, dit elle pour énoncer un testament d'amour,
&amp;quot;&lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2006/10/si-je-men-vais-un-jour.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Si je m'en vais un jour&lt;/a&gt;&amp;quot; chante-t-elle encore, et c'est un
testament de poète, amoureuse des mots. Ne la croyez pas morbide : elle chante
la vie, celle de &lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2006_10_01_archive.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la
jeune fille à la robe fleurie&lt;/a&gt; ou celle de l'illuminée qui crie &amp;quot;j&lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2007/09/je-vais-l-o-mne-le-vent.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;e vais là où mène le vent&lt;/a&gt;&amp;quot;. Et vous savez quoi, elle chante
surtout le mots : &lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2006/09/je-veux-des-mots.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;elle veut des mots&lt;/a&gt;! Vous ne la croyez pas ? &lt;a href=&quot;http://nattydready.blogspot.com/2007/03/jai-besoin-de-mots.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Elle a besoin de mots&lt;/a&gt;, elle attrape des fièvres d'écrire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui j'adore ce qu'elle fait. Même si c'est ma petite sœur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour me combler voila que réapparaît &lt;a href=&quot;http://lettres-a-mon-roumi.blogspot.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Douda&lt;/a&gt;, dont la
plume aussi acérée qu'elle à le cœur qui saigne et dont chaque mot me
régale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lectures précieuses s'il en est. Si précieuse en fait qu'il me faut les
partager.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si je m'en vais un jour&lt;br /&gt;
couvrez ma tombe d'amour&lt;br /&gt;
semez des poèmes tout autours&lt;br /&gt;
bercez mon âme endormie&lt;br /&gt;
de la plus belle des poésies&lt;br /&gt;
celle la venue du Ciel&lt;br /&gt;
celle du livre Sacre &lt;em&gt;&lt;br /&gt;
versez sur cette âme envolée&lt;br /&gt;
ces versets adores&lt;br /&gt;
et priez mes amis&lt;br /&gt;
qu'elle monte au paradis&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/20/Lectures-precieuses#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Tiken Jah honoré d'une tenative de censure au Sénégal</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/14/Tiken-Jah-honore-dune-tenative-de-censure</link>
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    <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 00:49:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Censure</category><category>Musique</category><category>Reggae</category><category>Tiken Jah Fakoly</category>    
    <description>J'ai été carrément incrédule de la rumeur, puis j'ai vu la dépêche de l'agence
sénégalaise de presse : &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.tikenjah.net&quot;&gt;Tiken
Jah Fakoly&lt;/a&gt;, qui vient de tenir deux concerts à Dakar ce mercredi, est
&lt;q&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.aps.sn/articles.php?id_article=38220&amp;amp;PHPSESSID=bace896e106b600e8f2a088f80fdddf2&quot;&gt;
déclarée persona non grata au Sénégal&lt;/a&gt;&lt;/q&gt; affirme le ministère sénégalais
de l'intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déclaration n'est pas que révoltante à plus d'un titre elle est tout
simplement ridicule et absolument mal  pensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;
Quitte le pouvoir chante &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.rfimusique.com/sitefr/biographie/biographie_9048.asp&quot;&gt;Tiken Jah
Fakoly.&lt;/a&gt; Quitte le Sénégal lui rétorque le ministère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma première réaction incrédule à la rumeur s'est immédiatement muée en une
révolte catégorique. Dans le Sénégal, prétendu pays de la Teranga, qui se
voulait haut lieu de  la culture noire sous Senghor, dans mon Sénégal!,
quelqu'un qui ne m'a pas demandé mon avis, vient en mon nom de mettre dehors un
homme pour qui j'ai le plus grand respect ?!  Intolérable!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quelques heures j'ai commencé a voir ceci sous un angle plus
ironique.  Tiken Jah persona non grata au Sénégal ? Je suis mort de rire.
Il sont également morts de rire à cette idée tous les spectateurs qui ont
rempli les  concerts qu'il a tenus cette semaine à Dakar, ceux qui ont
entonné avec lui chaque chanson, chaque appel à la conscience africaine, chaque
pamphlet dénonciateur, ceux qui ont vibré au son de sa belle voix mandingue et
de son reggae talentueux, oui tous ceux là trouveront aussi la déclaration
ridicule. &lt;strong&gt;Parce que lorsque Tiken Jah Fakoly frappera à leur porte, ils
lui ouvriront leur cœur comme à un frère, ils l'honoreront comme un prince, ils
l'acclamerons comme le  grand guerrier moderne qu'il est et ils le
salueront comme un digne fils de notre pays&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déclaration officielle ? Une brindille de plus dans la roue de son char.
Mais surtout un trophé de plus prouvant la peur qu'il a inspirée. Peur stupide
qui a amené quelque laquais mal inspiré du régime à croire qu'il servirait
mieux son maître en muselant cette voix. Il cède ainsi à la facilité de la
censure et honore Tiken Jah de la seule récompense qu'il mérite: la panique
qu'il provoque dans le cœur des faibles.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/14/Tiken-Jah-honore-dune-tenative-de-censure#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lecture douloureuse</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/11/Lecture-douloureuse</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2bc67065cd108b5f4b5ab9e45288fb92</guid>
    <pubDate>Tue, 11 Dec 2007 19:08:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Afrique mon Afrique</category>
        <category>Histoire</category><category>Racisme</category><category>Traite négrière</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je viens de lire &lt;a href=&quot;http://lmsi.net/spip.php?article695&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;cet article&lt;/a&gt; du site &lt;a href=&quot;http://lmsi.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;LMSI (Les
mots sont importants)&lt;/a&gt; et je suis ... bouleversé. C'est une lecture
douloureuse parce qu'elle me dit ce que des choses que je ne veux pas
entendre :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Que le monde n'est pas si beau que cela. Et la société française dont je me
réclame le métis culturel porte encore aujourd'hui en elle ce racisme profond
et pernicieux.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Que le monde n'est pas si beau que cela. Et une injustice historique est
faite tous les jours à la mémoire entière d'un peuple.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Que JE ne suis pas si beau que cela puisque je suis moi même porteur
inconscient des certains concepts fondamentalement racistes.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Je l'avoue je suis bouleversé.&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis le Code noir (1685), rares sont les intellectuels français qui ont
remis en question le socle raciste sur lequel repose notre regard sur
« les noirs », africains ou antillais. Les récentes saillies négrophobes
d’Hélène Carrère d’Encausse, Alain Finkielkraut ou Nicolas Sarkozy ne sont pas
de malheureux dérapages mais la continuité désolante de préjugés nourris depuis
quatre siècles &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/11/1&quot; title=&quot;1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Qui, en France, sait que
Saint-Simon, Bossuet, Montesquieu ou Voltaire ont commis, sur ces questions,
des pages monstrueuses ? Que Renan, Jules Ferry, Teilhard de Chardin,
Albert Schweitzer ou encore le général De Gaulle leur ont emboîté le pas ?
C’est pourtant ce que vient nous rappeler Odile Tobner dans son livre Du
racisme français. De ce livre salutaire nous publions un extrait consacré à
l’historien-fétiche des grands médias : Olivier Pétré-Grenouilleau, et à
la manière plus que douteuse dont il revisite l’histoire de la Traite des
Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://lmsi.net/spip.php?article695&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;La suite sur le
site de LMSI.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ne vous arrêtez pas parce que c'est moche.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/11/Lecture-douloureuse#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Théorie de la bulle  (ou la démission des &quot;élites&quot; sénégalaises!)</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/03/Theorie-de-la-bulle</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c73c0c157a80ef96e1000b25b003e6b7</guid>
    <pubDate>Mon, 03 Dec 2007 16:50:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Engagement</category><category>Politique</category><category>élite</category>    
    <description>&lt;p&gt;Beaucoup de mes amis sont ce que j'appelle des citoyens de la bulle. Comme
moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont cadres supérieurs dans le privé. Ils gagnent 10 à 40 fois le
salaire minimum légal sénégalais. Il ont un Bac+5 souvent obtenu en Europe ou
aux USA. Ils ont souvent aussi un passeport étranger en poche : un double
nationalité. Leurs enfants vont au Cours Privé &amp;quot;Les Maristes&amp;quot; ou équivalent.
Ils prennent leurs vacances en Europe. Ils ne se souviennent pas de la dernière
fois qu'ils ont pris un car rapide ou un bus. Ils savent rarement dire combien
coûte un kilo de riz vendu au détail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, au fond, ce sont tous des inconscients!'&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ah que cela fait plaisir de les choquer ainsi dans leurs conforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'y arrive d'autant mieux depuis que j'ai découvert le discours
neo-marxiste qui me donne un cadre théorique pour souligner leur responsabilité
et, partant, l'ampleur de leur démission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma théorie de la bulle (comme dit mon ami P.) que je vais vous conter si
vous le voulez bien ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les néo-marxistes vous le diront, les marxistes à la papa se plantaient. Il
n'y a pas que deux classes sociales, les capitalistes d'un coté et les
travailleurs de l'autre. Il y a une troisième classe pour les arbitrer. Une
classe composée des organisateurs, des gestionnaires, publics ou privés, des
cadres. Une classe d'intellectuels instruits qui se retrouvent souvent aux
rênes des structures de la société (entreprise et état). Cette classe qui n'est
pas forcément détentrice du capital mais qui n'est pas dans la masse laborieuse
non plus. La France l'appelle pompeusement ses élites et se plaint tous les
jours qu'elle se délite (ouf, il me fallait le placer ce jeu de mot!). Et comme
le décrivent si bien les auteurs d'un récent &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/BIDET/15216&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; dans le diplo, les tendances historiques vers la gauche ou la
droite de l'échiquier politique dépendent beaucoup finalement de l'alliance que
choisit de faire cette classe. Prend-elle à cœur la cause populaire que nous
voici en plein révolution socialiste de l'après 39-45. Se convertit-elle à
celle des nantis que nous voila en pleine révolution ultra-libérale. L'article
n'analyse hélas pas les mécanismes qui font pencher cette classe arbitre d'un
coté ou de l'autre. Personnellement, je soupçonne l'Ecole d'y jouer un grand
rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voila donc en Europe tellement coupée du peuple, qu'elle devient une
élite complètement acquise à la droite et au marché et qu'on constate
régulièrement la fracture entre les
Politiques-Journalistes-Patrons-Intellectuels (choisissez le terme selon le
contexte) et le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sénégal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je vous disais plus haut, ils vivent dans une bulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part ils se sont coupés de la gestion de la chose publique. Trop peu
pour eux que de frayer avec cette classe politicienne qu'ils écrasent de leur
mépris académique, intellectuel et moral. Ils ne se voient pas discuter avec
Farba ou Pape Samba. Ils déplorent tous l'&lt;a href=&quot;http://www.sudonline.sn/spip.php?article7169&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;informel&lt;/a&gt;, le
manque de structure, l'absence de professionnalisme et parfois l'&lt;a href=&quot;http://www.sudonline.sn/spip.php?article7168&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;incompétence et
l'ignorance crasse&lt;/a&gt; qu'affiche notre classe politique. Il ont acquis leur
expérience dans un environnement autrement plus sain. Alors faire avec ces gens
là ? Non ma soeur ils ne peuvent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ils se sont coupés de la galère du peuple aussi, les malins.
La banlieue dakaroise et la dense soupe démographique qui y fait bouillir
toutes les misères et toutes les frustrations ? Les embouteillages les
empêchent d'y aller. La galère du père de famille Sénégalais qui compte ses
dettes à la fin du mois ? Leur compétence les met à l'abri. Le Service
Public en déliquescence ? Prenons quelques exemples. L'électricité trop
intermittente ? Ils auront un groupe électrogène. Le pouvoir d'achat qui
s'effondre ? C'est sur, ils ont lu le cours du pétrole dans le journal.
Mais leur employeur paye presque au tarif européen. Les banques leur prêtent
aussi, plus facilement. L'Ecole en crise depuis vint ans ? Ils payent cher
pour mettre leurs enfant dans d'excellente écoles privées. Le service public de
santé inexistant ? Les cliniques privés compensent. Et la France offre
d'excellent hôpitaux quand on peut y aller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui voila mes amis dans leur bulle sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut être ne sont il pas totalement indiffèrent au sort du pays. Ils en
discutent dans leurs salons cossus. Ils ont matière à comparer, ils on vu le
monde. Oh! Quelle désapprobation fataliste et résignée quand ils discutent de
la vie publique de la nation. Ils sont tellement convaincus de l'universalité
de leurs analyses qu'ils tombent de très haut quand le peuple n'exprime pas le
même rejet qu'eux. &amp;quot;Salaud de peuple, tu n'auras que ce que tu mérites!&amp;quot;
s'exprimaient-ils en chœur au lendemain des dernières élections. Ah oui, faut
le dire, ils s'étaient tous emballés (quoiqu'avec la modération et le recul qui
sied) pour quelque cause technocratique qui, &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/20/Cuisine-Politique-Senegalaise-%3A-linevitable-echec-des-independants&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;inévitablement&lt;/a&gt;, a fait piètre score. Ils sont ainsi revenus à
leur démission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant ils vivent bien dans leur bulle, protégés de remous d'une
nation qui est dans la tempête. Ils semblent ignorer que quand le navire
sombrera, leur bulle éclatera brutalement. Et si leur passeport étranger est un
radeau, il ne sauvera que peu des choses et personnes qui leur sont chères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sur j'ai envie de les appeler à un engagement quelconque. Mais la
question pratique que je me pose, qu'ils me posent : Que doivent ils
faire ? Que dois-je faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plonger dans l'arène politique malgré le dégoût bien compréhensible qu'il
inspire ? Ils diront les règles de ce théâtre politique, et souligneront
le manque maturité du peuple (Ha!) qui ne saurait pas comprendre leur discours.
Ils diront aussi l'inévitable corruption de ce milieu et leur réticence à se
salir ou à se fourvoyer. (N'y a-t-il pas une forme d'égoïsme à préférer sauver
leur virginité morale plutôt que d'intervenir pour améliorer globalement la
moralité du pays ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre un engagement public ailleurs ? Dans le milieu associatif par
exemple ? Oui mais, quand ils savent que la racine du problème se situe au
cœur du champ politique, comment peuvent ils se motiver pour des engagements
qui ne traitent que le &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;symptôme&lt;/a&gt; et pas la maladie ? Bien sur, comme je le
disais &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/20/Cuisine-Politique-Senegalaise-%3A-linevitable-echec-des-independants&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ailleurs&lt;/a&gt;, ils ignorent la nécessité de s'investir sur le
terrain, de faire de petite choses pour s'entraîner au grandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de suite ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/11/22/Mere-toi-aussi-tu-as-un-fils&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le pire se prépare&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attendons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre bulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EDIT : J'ai découvert via le commentaire de mamadu ci-dessous
l'article de Hady BA avec qui je converge étrangement sur les élites et leur
responsabilité. Je le propose comem complément nécessaire de cet
article.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/03/Theorie-de-la-bulle#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mère, toi aussi tu as un fils.</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/11/22/Mere-toi-aussi-tu-as-un-fils</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:84dc1440a1cc8068982dc73a6c024e37</guid>
    <pubDate>Thu, 22 Nov 2007 15:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Magazine du (théatre) Politique</category>
        <category>Politique</category>    
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Désolé pour certains mais le délire ci-dessous ne fera réellement sens
que pour ceux qui vivent ou suivent de près l'actualité (politique)
sénégalaise.&lt;br /&gt;
J'ai hésité à le poster. En fait j'évite toujours d'aborder les sujets brûlants
de l'actualité politique. D'abord pour garder une distance avec ce dont je
parle. Ensuite, je l'avoue, parce que je crains d'attirer l'attention
potentiellement dévastatrice de nos acteurs politiques (mes obligations
actuelles me l'interdisent).Mais publions. Car après tout, ce ne sont que les
délires d'un pauvre fou sur un nébuleux coin peu (mais bien) fréquenté du
Web.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;    Ma Mère, dois-je te rappeler que toi aussi tu as un fils ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'heure où on nous apprend qu'un enfant prodige serait soudain apparu au
grand jour pour mener les destinées du pays,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’heure où les pires de tes enfants, parfois même fils d'une autre sont venus
se servir dans ton écrin des plus coûteux de tes bijoux qu'ils bradent,
t'apportant ensuite des cadeaux en pacotille pour tromper ta patience qu'ils
prennent pour de la naïveté,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’heure où, ô mère, les galopins qui te volent cruellement le lait qui doit
nourrir mon petit frère, lui subtilisent chaque grelot que tu lui bricoles,
pavanent devant toi leurs nouveaux jouets, prétendant même t'impressionner par
ce qu'il savent en faire,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette heure, pauvre mère, où une autre mère assise sur ta tête, prend la
nourriture de la bouche de tes petits pour engraisser le sien et oser ensuite
leur demander de se soumettre à sa vigueur plus grande,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette grave mère, où je te sens prête à te rendre, victime toujours résignée
de toutes les trahisons, je voudrais te rappeler, mère que toi aussi tu as un
fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tu l'as enfanté dans la douleur, mère. Etait-ce accroupie à même le sol de
quelque arrière case de l'arrière pays ou sur la table délabrée d'un hôpital
populaire réduit à ses murs lézardés et à son personnel démotivé juste encore
assez éveillé pour t'écrire une ordonnance que tu ne comprendrais jamais et
saurais difficilement payer ? Ce n'était certainement pas dans la maternité
rutilante d'une clinique hors de prix ou dans celle encore plus rassurante
d'une autre patrie mieux lotie dans la loterie de l'Histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, mère, toi aussi tu as un fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tu l'as élevé dans mille terreurs, Mère, assailli de toutes parts par les
hordes des maladies infantiles, peu défendu par des vaccins qui, tels des
mercenaires demandaient leur prix. Tu as marché des kilomètres souvent avec lui
sur ton dos pour aller chercher protection chez quelque sorcier en blouse
blanche. Tu as appris par coeur les recettes de grand-mère qui savait
reconnaître les fièvres scélérates et les racines amicales. Tu as tremblé,
pleuré, supplié et prié un ciel muet et parfois avare de son eau. Tu as regardé
succomber certains de ses frères et soeurs et attendu sept années pour oser
croire que lui survivrait. Oui il a survécu. Son corps marqué par les
cicatrices de cette guerre est-il moins beau, moins digne d'amour que celui
lisse, clair et sans tache du fils d'une autre qui aura grandi dans la sécurité
du château, protégé des milles maux, souvent exilé pour se regaillardir,
toujours sous l'oeil rassuré mais exigeant d'une autre mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui mère, tu as vraiment un fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tu l'as éduqué à l'école de la vie, celle du pas assez, du peu partagé entre
plusieurs, celle des misères quotidiennes et des conjonctures difficiles, des
coups durs qu'un hasard cruel semble destiner si souvent aux mêmes. Certes il a
été aussi à l'autre Ecole, celles des classes bondées, des coudes serrés, des
profs lésés, celle qu'on rêvait voir construire la république et qui s'est
soudain déversée dans la rue publique en une horde jeune criant son rejet d'un
joug devenu intenable et scandant le nouveau slogan de l'espoir placé en un
seul homme. Cette école qui n'a jamais guéri de cette hémorragie, de cette
saignée qui devait sauver tout le corps, cette école la, Mère, à plus tard
recraché ton fils des couches populaires sur le rivage sans horizon des
maîtrisards chômeurs. Non, Mère, ton fils n'aura pas eu le privilège des lycées
cossus réservés aux fils d'ailleurs, il n'aura pas eu le car climatisé, les
programmes importés et terminés, les inscriptions toutes prêtes et l'envol vers
la métropole. Il lui aura fallu creuser son trou et, comme une fourmi, tenter
de construire graine par graine son édifice fragile. Ou peut-être, vainqueur au
mérite de la course à la bourse, il sera puni d'un exil à la dure, dans le
froid et les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui mère, toi aussi finalement tu as un fils, et lui aussi est de retour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En son absence, le nouveau maître a pris possession du château porté par un
frêle espoir sur une tempête de révolte contre les injustices sociales. Un
nouveau maître triomphant aujourd'hui mais dont le défi avait d'abord été
hésitant avant de s'affirmer porté par la horde vengeresse des frères, des
sœurs et du père de ton fils. Ceux la même qui, le dernier souffle emporté par
la bataille qui renversa l'ancien despote, mirent leurs espoirs aux pieds du
nouveau maître avant de s'effondrer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tu as un fils, mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et il était là quand tu t'es jetée pleine d'espoir dans l'étreinte du nouveau
maître. Ah quelle douloureuse surprise mère quand cette étreinte se montra
cruelle et sans respect pour tes organes. Ton fils était là qui pleurait de
déception quand le nouveau maitre te violentait et te possédait de toutes les
façons indignes. Ton fils était là, tremblant de rage quand il offrait ton
corps sacré aux assauts sauvages de ses vulgaires hommes de main. Ton fils
était là, hébété de douleur quand il se sont battus comme des chiens pour les
derniers lambeaux de ta chair. Ton fils était là mère, quand la concubine du
nouveau maître comptait tes bijoux pour offrir un cheval de course à son
fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui mère, toi aussi tu as encore un fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un fils écorché par la trahison amère du destin, mais qui rêve encore de te
rétablir dans ta stature telle la reine que tu es toujours dans son cœur. Un
fils prêt à se jeter dans les joutes saisonnières pour reconquérir ton honneur
fut-ce face au fils de l'autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Que dis-je mère ? Tu n'as pas un fils mais des milliers et des milliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je les vois debout, mes frères, mes sœurs, qui te regardent plein
d'appréhension, refusant de croire que tu accepteras l'ultime trahison qui te
verra héritée comme un vulgaire butin de guerre et tomber sans vie dans
l'étreinte du fils après avoir subi le viol du père.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mère, ô pauvre patrie, souviens toi que toi aussi tu as un fils.</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/11/22/Mere-toi-aussi-tu-as-un-fils#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Spéculations sur la dignité</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/11/20/Speculation-sur-la-dignite</link>
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    <pubDate>Tue, 20 Nov 2007 00:43:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Magazine du (théatre) Politique</category>
        <category>Politique</category>    
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;On ne parvient aux dignités que par mille indignités.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;(Francis Bacon)&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans ce monde bien capitaliste des marchés qu'on ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais celui-ci ne se cache pas. Dès que j'ouvre les journaux, je le vois sous
mes yeux qui prête à sourire. Ce marché c'est celui des dignités.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;C'est un classique sur le théâtre politique, de mon petit pays comme des
autres qui se prétendent grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, on y voit des personnages commencer une vie d'engagement. Le
choix de l'engagement importe peu ici pourvu qu'il soit noble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y 'en a des principes nobles à défendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux de la justice sociale par exemple. Vous savez le joli discours autour
de l'idée étrange de construire ensemble un système où tout le monde tire son
compte plutôt que d'organiser une compétition féroce dont seuls les plus ...
euh .. féroces, tiens! ... pourront être les vainqueurs laissant les autres sur
le pavé. Cette idée, cela s'appelle souvent le socialisme, même si selon le
choix de la manière de la réaliser on lui trouve des noms plus typés et dont la
distinction vaut des combat à mort pour certains : communisme, trotkysme
et des trucs méchants comme ça. Les rouges qu'on les appelle aussi (bien que la
version rose bonbon, très édulcorée, soit la plus courante aujourd'hui). Oui,
la justice sociale c'est pas mal comme principe noble pour se forger une
dignité politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi la solidarité comme principe noble. Là on fait carrément
appel au cœur (alors que plus haut évidemment on parlait aux couilles ...
pardon, à la raison). C'est du grand sentiment. Mère Theresa. On peut faire une
association (c'est plus facile qu'un parti, on ne doit pas gagner les élections
ou gérer un vrai truc). On peut même l'appeler Machin Sans Frontières et
devenir célébre. Là on se forge une belle dignité politique qui peut même se
targuer d'un certaine pureté. Ah la pureté! vachement bien ce truc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus limite il y a le patriotisme. Beau principe normalement mais victime
d'une malheureuse tendance à virer au nationalisme bête et méchant. Et puis le
principe inverse, l'internationalisme est tout aussi vendeur. Ouais c'est
limite le patriotisme mais quand on fiat un appel à une date bien choisie, la
main sur le cœur, à l'amour de la mèèère patrie, ça vous conscrit un sacré
capital pour la suite ça. Faut bien viser la date.&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
Enfin tout ceci pour dire qu'au départ il s'agit de se construire un capital de dignité. Oui CAPITAL dis-je en lettre du même nom. Parce que le but c'est de le convertir à la fin. En quelque chose de plus consommable.
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;En France, on le fait en se laissant recruter par un président réactionnaire
de la droite décomplexée par exemple et on fait une belle carrière de ministre
des affaires étrangères va-t-en guerre tout en entrant dans la grande nébuleuse
affairiste assez juteuse qui entoure ledit prince .. euh pardon président.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sénégal, on est plus francs, on annonce simplement son ralliement au camp
présidentiel. On trouve soudain le chef de ce camp paré de toutes les vertus et
on explique combien il serait amoral de ne pas lui donner un soutien
inconditionnel. On voue aux gémonies toute critique et on se place sous la
servitude volontaire du maître à penser. Cela paye aussi. Facilement par un
maroquin ministériel juteux quoique temporaire. Mais si on sait maintenir le
volume sonore de son asservissement on peut faire durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, on devient un ardent défenseur du nouveau maître. Et on a
une arme utile. Une garantie puissante : la dignité acquise dans son
passée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah faut les voir la ramener, ces vendus qui, la bedaine remplis du fruit de
leur trahison, le poil luisant de satiété, osent rappeler leurs combats passés
pour tenter de cacher leur reddition présente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela leur réussit bien, remarquez. Ils récoltent ainsi les plus values de
l'investissement passé dans une noble cause en vendant leur dignité sur le
marché politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire banale et somme toute bien respectueuse des principes sacré de
la belle économie de marché qui pourrit .. pardon, régit désormais notre
monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les mauvais esprits trouveront quelques méchanceté à dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, l'acheteur sur ce marché,par son seul achat, avoue ainsi être en
défaut de cette denrée rare : la dignité. Oui tout le monde le savait
déjà, certes. Vous, moi et peut être lui. Mais là il se l'avoue. Et vus les
monstrueux problèmes de psychanalyse que constituent généralement ces egos
tordus, cet aveu, l'air de rien c'est un grand pas. Vers la decomplexation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus drôle c'est le cas du vendeur. En fait il détruit sa
marchandise par le seul acte de la reconnaître comme vendable. La dignité se
prête mal au troc. Pour telle et telle faveur, je mets mon CAPITAL dignité au
service de ta cause discréditée, dit le vendeur et c'est bien. Mais il l'a à
peine dit que le fameux capital commence à fondre comme une action surévaluée
quand la bourse perd les nerfs(qu'elle a fragile, vous savez. Dit &amp;quot;Bouh
Subrpime! a un trader pour voir). On réalise soudain qu'elle n'a jamais existé
cette valeur ailleurs que dans l'imagination des petits épargnants qui y ont
cru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai marché de dupes. On vend un truc prouvant au passage qu'il n'existe
pas et il y a un idiot qui achète et prétend s'en servir auprès d'autres qui
voudraient encore y croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce marché de dupes s'appelle ouverture en France. Au Sénégal on appelle cela
selon la saison &amp;quot;majorité élargie&amp;quot;, &amp;quot;gouvernement d'unité nationale&amp;quot;, ...
etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me rappelle un jeu de mon en enfance. Lambi Golo, l'arène des singes.
Toute personne debout sur le champs de jeu, se faisait tirer les pieds et
renversé par les autres. Au final tout le monde finissait par terre.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/11/20/Speculation-sur-la-dignite#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Définir l'indécence</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/Definissez-lindecence</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:81f3af94489bc75cd62111551d1cfc07</guid>
    <pubDate>Sun, 23 Sep 2007 01:32:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Danse</category><category>Indécence</category><category>Moeurs</category><category>Morale</category><category>Sabar</category>    
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INDÉCENT, -ENTE&lt;/strong&gt; adj. XIVe siècle. Emprunté du latin
indecens, « inconvenant ». Qui est contraire aux convenances, aux
usages ; qui choque le sens moral. &lt;em&gt;S'en aller si tôt serait indécent.
Un luxe indécent. Il est indécent de se plaindre ainsi.&lt;/em&gt; Spécialt. Qui
blesse la pudeur. Des paroles indécentes. Une tenue, une posture indécente. Un
geste indécent. Par ext. En parlant d'une personne. &lt;em&gt;Vous êtes
indécent.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;    &lt;p&gt;À beaucoup d'égards, le Sénégal est une jeune nation. C'est la seule excuse
qu'on peut lui trouver quand ce pays adopte collectivement des comportements
qui manifestent si terriblement d'un manque d'expérience des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez l'indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble qu'on ne sache pas encore bien définir l'indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez donc, on croit encore que l'indécence à l'échelle de ce pays, ce
serait de voir ses filles étaler leur petite vertu devant un public parsemé de
touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’&lt;a href=&quot;http://www.xibar.net/index.php?action=article&amp;amp;numero=1520&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;histoire&lt;/a&gt; défraie la chronique dakaroise actuellement. Elle
commence dans une boîte de nuit un peu mal famée où une bande de jeunes filles
aux mœurs qu’on qualifiera de légères s’emballe sur une piste de danse de plus
en plus chaude. L’ambiance aidant, l’alcool peut être, les billets de banques
brandis par des européens présents aussi parait-il, cela se finit en un
concours de danse érotique très osé. Non, carrément vulgaire. Dans la plus pure
tradition d'encanaillement des &amp;quot;sabbaru keur&amp;quot;, ces danses privées que Dakar
connaît depuis toujours. Tout le monde s’amuse bien je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que quelqu’un a filmé le tout et la vidéo, je ne sais comment, se
retrouve sur le Net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a vite fait les tours des &lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;sites&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.rewmi.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;fréquentés&lt;/a&gt; par
les sénégalais. Ah l’indignation de &lt;a href=&quot;http://forum.seneweb.com/forum/viewtopic.php?p=970424&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mes
compatriotes en ligne&lt;/a&gt;, mes amis, fallait la voir. Chacun y allant de son
petit couplet. « Ce pays est foutu ! » s’émeuvent-ils. « Foutu
je te dis ! » qu’ils se répliquent-ils. &amp;quot;Que je n'y retournerais plus,
moi, môssieu&amp;quot; dit, l'immigré choisi et bientôt jeté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre jeune presse à scandale, qui essaie d’exister depuis peu, s’empare du
sujet et publie quelques photos en une et voilà l’affaire devenue
nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« C’est indécent ! » s’exclame avec une pudibonde hypocrisie le
pays tout entier &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#pnote-157734-1&quot; id=&quot;rev-pnote-157734-1&quot; name=&quot;rev-pnote-157734-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Hypocrisie vite constatée, car le lendemain,
le CD de la vidéo qu’un petit malin a pensé à graver, &lt;a href=&quot;http://www.rewmi.com/Vente-de-films-dans-la-rue-Gouddi-Town,-le-nouveau-creneau-des-ambulants_a4544.html?PHPSESSID=45cf4e8e3e7589012bc91a9280cc3d22&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;se vend comme de petits pains&lt;/a&gt; aux feux rouges dakarois. Tu
parles de faux-culs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-là tout ceci m’indiffère. Du moins j’essaie de ne pas m’irriter que
des Sénégalais se drapent de leur indignation pour une histoire de cul qui
n’est même arrivée jusqu’à l’acte. Dans un lieu fermé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Indécence ! » disent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant et si bien que ces jeunes filles &lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com/news/article/12289.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;sont aujourd’hui
en prison&lt;/a&gt;. Et la nation entière de se souffler : la morale est
sauve.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#pnote-157734-2&quot; id=&quot;rev-pnote-157734-2&quot; name=&quot;rev-pnote-157734-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non mais ! D’abord faut leur expliquer que la prostitution existe dans
ce pays, bien implantée d’ailleurs avec tout un segment de marché pour les
touristes occidentaux. S’il s’agit de parler de dégradation de la condition des
femmes et de la condition humaine en général, on peut commencer par là pour
causer d’indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce serait qu’un début.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout pour les femmes sénégalaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d’entre elles meurent chaque année en couches faute d’avoir
accès au soin les plus élémentaires. Leur rudimentaire « case » de
santé se trouve facilement à 7 Km de marche, au moment même oû les femmes de
nos gouvernants vont accoucher dans les cliniques américaines. Pour assurer la
nationalité à leur rejeton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent je trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers encore doivent pleurer leur enfant mort trop tôt de l’absence
d’un vaccin ou d’un médicament trop cher. Pendant ce temps, les enfants de la
bourgeoisie dakaroise, gavée d’argent sale, flottent obèses dans les piscines
des grands hôtels dakarois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent je vous assure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres corps flottent eux dans l’océan atlantique où se perdent et
dérivent chaque jour &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/tag/Pirogues&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les pirogues du
désespoir&lt;/a&gt;, cargaisons de jeune de mon pays, chassés par un horizon local
bouché et hantés par le mirage entretenu de l’eldorado européen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent aussi, je le prétends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les milliers d'enfants, talibés ou pas, qu'on regarde tous, traîner dans
nos rues, exposés aux pires exploitations, apprenant la délinquance comme
d'autre apprennent à lire? &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Somme nous
encore humains de tolérer cela&lt;/a&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent, au minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au même moment, le dakarois moyen traîne encore jusqu'à 22 heures dans les
coupes gorges de Colobane pour trouver un transport qui le ramènera vers sa
banlieue, tandis que nos députés se font offrir sans ciller par l’état une 4x4
par législature. Ceux qui sont reélus en ont une nouvelle. En outre le nombre
de 4x4 Porsche Cayenne, Touareg ou, c’est la toute dernière mode, Hummer, qui
circulent à Dakar est hallucinant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent ça, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les accusations de détournement portant sur des milliards de nos francs
vite oubliées à la faveur des compromis politiques ? Et l’enrichissement
subit et extraordinaire qui frappe chacun de nos leaders dès qu’ils
atterrissent sur un maroquin ministériel ou directorial ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent, je crains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, même, nos gouvernants qui applaudissent quand Sarko vient dans
l’université nommée d'après le grand savant africaniste Cheikh Anta Diop
&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/En-reponse-au-discours-de-Sarko-a-Dakar&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;insulter la mémoire de tout le continent&lt;/a&gt; et l'intelligence de toute
l'assistance (y compris la sienne)?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent, c’est sûr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela et beaucoup d’autres choses qui mériteraient la qualification
d’indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le geste de l’autorité publique qui s’attaque à ces jeunes filles
accusées d’indécence (au nom de quel loi ? ), geste qui n’est que la
feuille de vigne qui cache mal l’obscène indécence de sa faillite morale et
opérationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est .. d'un vulgaire!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#rev-pnote-157734-1&quot; id=&quot;pnote-157734-1&quot; name=&quot;pnote-157734-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] La presse plus classique s'est jointe à la curée. J'ai
quand même noté un billet de Samba Alaar dans le Populaire qui comme
d'habitude, prend le contre-pied et compare le crime de ces files avec la
corruption quotidienne de nos dirigeants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#rev-pnote-157734-2&quot; id=&quot;pnote-157734-2&quot; name=&quot;pnote-157734-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] J'exagère un peu. Il y a quand même un politicien pour
&lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com/news/elections2007/article.php?artid=12370&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;remettre les choses en perspectives&lt;/a&gt;. Il vaut ce qu'il
vaut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Message in a bottle</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/20/Message-in-a-bottle</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:05122d20238c5934534e4d22422a05e8</guid>
    <pubDate>Thu, 20 Sep 2007 01:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques de l'Utopie</category>
        <category>Guerre</category><category>Iran</category><category>Monolecte</category><category>Paix</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Le Monolecte&lt;/a&gt; posted
this very &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/09/18/Message-in-a-bottle&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;beautiful message&lt;/a&gt; to the people of Iran, after French Foreign Affairs
Minister Bernard Kouchner spoke very strongly of war against this country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A message she wishes will reach somehow someone in Iran through the seas of
Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A message in a bottle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many readers agreed this bottle should reach as many shores as possible. To
this end, I contribute a very approximative English translation, hoping to get
her bottle a bit closer to the intended farsi audience.&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;As a kid, like many kids, I used to love releasing foil balloons, red ones
with postcards attached underneath. I loved the idea of sending a message to
another kid, somewhere around the world, of creating a link, fragile as it was,
between people. Though, in fact, my words must have been mostly seeding some
field in the neighbourhood.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I even threw a few bottles to the sea - and I must have given to the beach
cleaning teams something to enjoy. Of course, I never received any answer to
any of these attempts but the idea of those messages left to the whim of
currents - of the air or of the seas - still have for me a strong evocative
power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today, the desire to reach out to the some unknown person at the other end
of the world is stronger than ever. And I can use the electronic currents of
the Internet as vessels of my thoughts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet is large indeed and I am very small.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Still, I wish to send a message to the people of Iran, telling myself that,
through links and backlinks, through translations accurate or not, something of
it will reach them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today at last, we, the downtrodden people of the world, can talk to
each other, communicate beyond our governments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, I can't stand any more of the horrors broadcast on my behalf
by the official channels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, I can't stand anymore the leaders who, drawing their
legitimacy from a democratic system corrupted by the monstrous orgy of power,
money and communication media, dare promise, on my behalf, death and
sufferings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, those who were elected on empty promises unveil their real
plan and that plan is to bring, on my behalf, war, death and suffering to a
foreign land.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, lies are told in my name and in the name of all my kin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, the people of Iran are described as a bunch of terrorists
bent upon threatening the world with nuclear weapons as real as Saddam
Hussein’s WMD. Even though Mohammed El Baradei, of IAEA, insists that the
authorities of Iran have always tried to find a pacific solution to the crisis.
Even though we can estimate our own nuclear stockpile to 346 heads.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, the &amp;quot;French doctor&amp;quot;, reveals himself and promise, in our
name, the worst to people whose only fault is to be sitting upon huge reserves
of the black resource the whole world craves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because today, like yesterday, I believe war is the business of a few
cynical people seeking personal profit while the majority of the people would
happily do without any war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet is larger than the sky and deeper than the seas, but I am sure that
now, there is a good chance our thousands and thousands of little messages,
going over all the electronic barriers set up by the cynical people who wish to
set us against each other, will reach their audience. I am sure that, within
ours or days, somewhere in Teheran (تهران), Kermasha (کرمانشاه), Esfahan
(اصفهان) or Zahedan (زاهدان), someone will get my words or another one's and
thus get confirmation that Bernard Kouchner doesn't speak for the people of
France but only for the warmongers who need to boost their deathly
business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet is large indeed and I am very small, but our words go beyond space
and time. Internet is wide and inscrutable but it is so much less than the
stupidity of people who wet their dreams of riches and power with the blood of
others.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet is not an ocean that separates us but a web that links us and
allows us to transcend space, time and the wedges of languages and cultures.
Today I can share with a friend from the other side of the world my thoughts,
my pictures, my music.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, I can tell to Iran that Sarkozy and Kouchner are no more representative
of France than Bush and Rumsfield are or the USA, that these people got to
their stations with promises of prosperity for each (and not for all), that
here like elsewhere the is a Tele-Mille-Collines TV &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/20/#pnote-157080-1&quot; id=&quot;rev-pnote-157080-1&quot; name=&quot;rev-pnote-157080-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; that teaches fear and hate, that here like
over there we wish essentially to tend to our garden and watch our kids
grow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet is so large it can bring together all the people and we don't need
people speaking for us anymore. These conflicts they are trying to seed in our
minds are not our conflicts but those of big transnational companies dealing in
energy and arms who fund trash medias and phoney governments everywhere.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is why I write today to the people of Iran and to all the people out
there who must suffer from the bunch of cynics governing us. This is why I
hope, others on the web will do the same, more and more, until we overflow and
sweep away the dominant empty thinking.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet is large indeed and I am very small. But the power of word is
larger still and can bridge over the abyss of misunderstanding and hate dug bay
a few&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is my message. May it go everywhere. May it inspire others. Many
others.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/09/18/Message-in-a-bottle&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Le Monolecte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/20/#rev-pnote-157080-1&quot; id=&quot;pnote-157080-1&quot; name=&quot;pnote-157080-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] The author is refering here to the infamous Radio Mille
Colline radio channel in Rwanda whose broadcats is said to have fueled the
&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Rwanda_genocide&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;genocide&lt;/a&gt; in 1994&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Sankara (1) : &quot;Je parle.. au nom de tous ceux qui ont mal quelque part&quot;</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/18/Sankara</link>
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    <pubDate>Tue, 18 Sep 2007 10:41:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Afrique mon Afrique</category>
        <category>Afrique</category><category>Révolution</category><category>Sankara</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le 15 Octobre prochain, on commemorera les 20 ans de la mort de &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/mav/92/ROBERT/14791&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Thomas
Sankara.&lt;/a&gt; Vingt années qu'il est mort et que le mythe s'affirme, toujours
plus vivace. Un mythe qui ne se construit pas autour d'une simple icône mais
d'un véritable discours souvent pertinent, toujours inspirateur. Je ne vais pas
le célébrer ponctuellement le 14 Octobre mais vous en parler petit à petit.
Mais pour commencer, c'est lui que je laisse vous parler, via un de ses
discours, prononcée devant l'AG de l'ONU, le 4 Octobre 1984. Je l'a trouvé sur
&lt;a href=&quot;http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&amp;amp;art=260&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Afrikara.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas
seulement au nom de mon Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous
ceux qui ont mal quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce
qu’ils ont la peau noire, ou qu’ils sont de cultures différentes et qui
bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal. Je souffre au
nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles
dans des réserves, afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne
puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures,
y compris celle de l’envahisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et
conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de
celle des plus nantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système
d’exploitation imposé par les mâles. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts
à accueillir toutes suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à
l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en
partage, à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des
femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil d’Etat et de la
vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous,
que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on
s’apitoie sur son sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la
condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte
libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles
montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle au nom des mères de nos pays démunis qui voient mourir leurs
enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver,
des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas,
préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie
esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie
est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une
régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le
vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons
décidé de les adopter et de les populariser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre qui a faim et louche
furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La
boutique protégée par une épaisse vitre. La vitre défendue par une grille
infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de
matraque. Ce policier placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se
servir ou plutôt se faire servir parce que présentant toutes les garanties de
représentativité et de normes capitalistiques du système.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle au nom des artistes – poètes, peintres, sculpteurs, musiciens,
acteurs – hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des
prestidigitations du show-business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au
mensonge, pour ne pas subir les dures lois du chômage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont
exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage
moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse
douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des
espérances de nos luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec
anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes
pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à
ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la
redoutable arme de la faim…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m’élève ici au nom de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum
de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en
considération, réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres
viendront après moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous
sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte-voix
de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se
faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour
compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne
m’est étranger »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Thomas Sankara, 4 Octobre 1984&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Habitat contre Habitudes</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4dd45f82415d453531030e525cac199e</guid>
    <pubDate>Mon, 10 Sep 2007 00:15:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Dakar</category><category>Habitat</category><category>Quartier</category><category>Ville</category>    
    <description>&lt;p&gt;Samedi dernier, j'ai dîné au milieu de la rue, en plein air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous étions des douzaines sur la chaussée, réunis autour de larges plateaux
remplis de succulents et dangereusement riches plats de fêtes sénégalais,
sirotant nos jus de fruits, échangeant répliques et éclats de rires d'un groupe
à l'autre. Un véritable banquet sur la voie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une scène pourtant classique à Dakar.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Qu’il y ait un mariage à fêter, un baptême à célébrer, un enterrement même
et la famille dakaroise s’empresse de louer une sorte de chapiteau vite monté
sur la rue devant sa maison, de mettre des chaises tout autour et voilà sa
salle des cérémonies improvisée fermant d’office la rue à la circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ensuite voir pendant tout le temps que cela dure, les voitures
tourner au coin de la rue, apercevoir le chapiteau, s’arrêter et rebrousser
chemin pour aller chercher ailleurs une voie plus dégagée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux il est devenu courant dans nos quartiers populaires de voir, le soir,
quelques jeunes tirer un câble au-dessus de la chaussé, accrocher une ampoule
au milieu et sous le foyer de lumière crue ainsi créé, former une ronde
tournante pour brailler des chants religieux. Les voix écaillées se noient
alors dans un chœur miraculeusement harmonieux qu’un petit tam-tam vient
parfois rythmer, la ronde se muant même en une chorégraphie élaborée qui durera
tard dans la nuit. Chorégraphie et chœurs que ne sauront hélas pas apprécier
les rares non-chômeurs qui tentent d’obtenir une nuit de sommeil dans ces
quartiers qui vivent surtout le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les automobilistes ne s’étonnent plus des ces barrages impromptus même s’ils
s’énervent parfois des vrais parcours d’orientation qui leur sont ainsi
imposés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait conclure rapidement que c’est la une société déjà &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Activisme_anti-voiture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;anti-voiture&lt;/a&gt; ou du moins qui n’a pas encore donné priorité absolue sur
la voie publique à la voiture. Surtout à voir, même au delà de ses barrages
ponctuels, les piétons dakarois partager nonchalamment la chaussée avec les
voitures, s’écarter à peine sous le coup de klaxon et offrir l’invective aux
conducteurs trop pressés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne serait qu’une explication partielle. D’abord parce que
l’occupation de la voie publique dont il est question ici ne se fait pas qu’aux
dépens des voitures mais de tout le voisinage. Et surtout parce que quand un
autre espace (terrain vague, place publique) est disponible à portée, les gens
y vont plutôt que sur la chaussée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du sud que je récusais dans un de mes &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/25/Ce-qui-va-mal-a-Dakar-selon-le-Sud-Quotidien&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billets&lt;/a&gt; expliquait ce comportement et beaucoup d’autres par le fait
que la majorité de la population dakaroise, issue d’un exode rural récent,
serait composée de mauvais citadins. « A-urbains » disait le
journaliste, les accusant de transposer ici des habitudes provinciales. Une
manière de nous traiter de ploucs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui je le récusais globalement parce qu’il parlait en général de respect de
la chose publique. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-1&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-1&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant j’ai envie de lui donner raison sur un point : notre habitat
à Dakar ne correspond pas à nos habitudes (provinciales ou pas). Mais n’est ce
pas l’habitat qui aurait du être mieux pensé ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Provinciales ou pas, nos habitudes sont héritières d’un autre modèle
d’habitat : la concession. La concession, que je retrouve aussi bien dans
mon village d’origine que dans le Dakar de mon enfance, c’est un ensemble de
bâtiments réunis autour d’une grande cour commune. Au village, elle est encore
familiale puisque les bâtiments abritent des frères et cousins, &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les générations qui grandissent&lt;/a&gt; élargissant progressivement
la concession quand ils fondent leur foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’élément fondamental de ces concessions était cette cour centrale, large
espace, qui n’est pas encore la voie publique, mais un espace partagé par tous
ces foyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de jeux pour les enfants qui peuvent s’y épanouir tout en
restant sous l’œil des parents &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-2&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-2&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de travail surtout pour ces dames qui s’y activent depuis le
premier coup de pilon du matin jusqu’au dernier coup de balais du soir, mais
aussi pour tous ces artisans dont le métier s’exerce à la maison (cordonnerie,
sculpture, vannerie…).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de détente et de repos qui voit par exemple le soir venu, se
dérouler les nattes comme les hamacs et, seul ou en couple, les habitants de la
concession s’installer pour prendre l’air, fuyant jusque tard dans la nuit la
chaleur des chambres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est enfin un lieu de regroupement, cet espace large facilement transformé
en piste de danse, en autel de cérémonies ou en salle de réunion
communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d’espaces que n’ont pas pensé à offrir les planificateurs (quand ils
existent) de notre habitat urbain. Autant d’espaces que doit remplacer la voie
publique dakaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s’étonner alors de voir les enfants poser deux cailloux pour marquer
les buts et transformer la rue en terrain de foot ? Ou encore de voir les
trottoirs servir d’espace de travail domestique ou artisanal ? Comme
'indigner réellement de voir la chaussée devenir salle de banquet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dakar a connu une expansion démographique vertigineuse et les nouveaux
quartiers sont peut être sortis de terre plus vite qu’on ne pouvait les nommer
&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-3&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-3&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Ils ont poussé certainement plus vite que
les pouvoirs publics ne pouvaient les contrôler et planifier leur
développement. Ainsi, des promoteurs avides ont découpé des parcelles de plus
en plus exiguës omettant non seulement les espaces réservés aux lieux publics
(écoles, jardins publics, lieus de cultes) mais aussi parfois les
trottoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans cette ville ainsi mal fichue, nos habitudes se heurtent à notre
habitat et rien n’en sort indemne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime rêver que si on leur avait laissé le temps et l’éspace &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-4&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-4&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, les planificateurs urbains nous auraient
construit une ville des concessions. Des cours regroupant plusieurs foyers dans
une sorte de « &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Gated_community&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;gated community&lt;/a&gt; » plus humaine, pas faite pour exclure
mais pour réunir. Des concessions qui pourrait même servir de cellules de base
d’une gestion municipale plus proche de nos conseils de village et offrant
ainsi au pouvoir public un ancrage traditionnel utile pour sa légitimité et
pour un meilleur respect de la chose publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas gratuitement dans le romantisme bucolique. Il me semble juste
parfois, que si l’organisation et la gestion de notre société actuelle est
parfois si mauvaise, c’est qu’elle a subi une mutation artificielle (depuis la
colonisation) qui lui retire le bénéfice d’un meilleur ancrage dans les
traditions et la culture dont nous restons héritiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est aussi de tout cela que nous discutons en nous régalant au milieu d’une
rue étroite d’un nouveau quartier dakarois.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-1&quot; id=&quot;pnote-154005-1&quot; name=&quot;pnote-154005-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Or, la chose publique possède ses mécanismes de gestion
dans nos campagnes et qu’elle soit mal gérée en ville relève plus de
l’inefficacité du nouveau mécanisme (le jeune etat du sénégal) que de l’absence
de mécanismes traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-2&quot; id=&quot;pnote-154005-2&quot; name=&quot;pnote-154005-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Rôle de parent facilement mis en commun dans le modèle
de concession, la surveillance comme l’éducation étant mutualisées&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-3&quot; id=&quot;pnote-154005-3&quot; name=&quot;pnote-154005-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] D’où le nombre fascinant d’homonymies entre ces
quartiers. Compter les « Keur Khadim » pour voir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-4&quot; id=&quot;pnote-154005-4&quot; name=&quot;pnote-154005-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] qui fait facilement défaut dans la presqu’île
dakaroise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Culture Shock and the Devine surprise</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/Culture-Shock-and-the-Devine-suprise</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:be3f219903c0722bf6d2f9f0f8851e1a</guid>
    <pubDate>Sun, 09 Sep 2007 23:37:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Culture</category><category>Irlande</category>    
    <description>&lt;p&gt;Culture Shock n'est pas seulement le titre accrocheur d'une &lt;a href=&quot;http://www.vavatch.co.uk/books/banks/cultnote.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;note&lt;/a&gt; à
propos de l'&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/The_Culture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;utopie&lt;/a&gt; la plus enthousiaste que j'ai jamais lue (La Culture décrite
par &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Iain_Banks&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Iain
Banks&lt;/a&gt;, dans certain de ces romans). Culture Shock est un terme désignant ce
qui se passe quand un individu découvre à ses dépens et parfois à son insu les
différences profondes entre sa société et une autre qu'il rencontre. Culture
Shock est le terme à proposer à Patrick Devine, jeune irlandais qui vient de
passer un mois en prison au Sénégal pour avoir tenté de se faire prendre en
photo fesses en l'air devant la Gouvernance Saint Louis.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L'Histoire de Patrick Devine que j'ai découverte parce que je jette parfois
un coup d'oeil distrait sur des &lt;a href=&quot;http://www.independent.co.uk/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;journaux&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;britanniques&lt;/a&gt; en ligne, est passée totalement inaperçue dans la presse
sénégalaise tandis qu'elle soulevait une forte émotion dans les chaumières de
son Donegal natal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est presque drôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est celle d'un irlandais venu au Sénégal dans le cadre d'un programme de
volontariat (&lt;a href=&quot;http://www.teaching-abroad.co.uk/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;TPA&lt;/a&gt;)
mener des actions humanitaires en direction des enfants (Oui, touchant). Ce
devait être des sortes de vacances utiles, faire oeuvre humanitaire et voir du
pays ... A l'étape de &lt;a href=&quot;http://www.kassoumay.com/senegal/saint-louis-senegal.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Saint
Louis&lt;/a&gt;, pendant qu'il sillonne la vielle île aux superbes bâtiments
coloniaux, &lt;a href=&quot;http://whc.unesco.org/pg.cfm?cid=31&amp;amp;id_site=956&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;déclarés patrimoine de l'Humanité&lt;/a&gt;, Patrick s'offre le délire
de sa faire prendre en photo les fesses en l'air devant l'imposante bâtisse de
la gouvernance. &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Mooning&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Mooning&lt;/a&gt;&amp;quot;, comme cela se dit en argot anglais, allusion probable aux
deux globes ainsi exposés comme deux croissants de lune (et preuve faite donc
par la couleur que ce n'est une exactement une pratique sénégalaise). Le
contraste entre le lieu de pouvoir et son moqueur arrière-train devait
probablement plaire au jeune esprit subversif. Sauf qu'un passant choqué par
l'exhibition impudique fait venir la police et le voila en prison attendant
d'être jugé pour attentat à la pudeur ou un truc de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles des journaux &lt;a href=&quot;http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/northern_ireland/6944088.stm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;anglais&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.breakingnews.ie/ireland/mhcweyauaukf/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;irlandais&lt;/a&gt; qui rapportent l'affaire utilise des termes qui me
laisse l'impression que le jeune homme est retenu dans une geole terrible en
contrée barbare &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#pnote-154004-1&quot; id=&quot;rev-pnote-154004-1&quot; name=&quot;rev-pnote-154004-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;pour avoir bafoué quelques tabou arrirèré.
Leur ambassadeur au Nigeria (le plus proche, pour dire!) avait pris langue avec
les autorités du dit pays nous dit on (comme quoi dans ces contrées la justice
ne doit pas etre indépendante hein?). Et puis on y va du &lt;a href=&quot;http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/article2915314.ece&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;témoignage larmoyant&lt;/a&gt; sur ce jeune homme bien sous tous
rapports parti sauver les enfants d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rigole un peu. Et me désole que les journalistes ratent encore une
occasion de faire réfléchir un peu leur lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part je comprend le délire du jeune homme. J'ai quand même passé
plusieurs de mes années en France dans une école dont les membres l'équipe de
rugby avaient la charmante habitude de présenter collectivement leur derrière
aux fenêtres de leur bus à chaque sortie. Mais j'aurais été présent à Saint
Louis quand Patrick a fait pareil, je l'aurai également interpellé au moins
pour une verte remontrance. Parce que interprétant son geste dans le cadre ou
il était, je l'aurais trouvé extrêmement choquant. La nudité n'est pas
exactement perçue de la même d'une société à l'autre. Comme plein d'autres
choses. Par exemple, au risque de surprendre mon éventuel lecteur londonien, je
peux affirmer que chanter ensemble sur des thèmes sportifs autour de la
quinzième choppe de Guiness n'est pas un moyen universel de communion
masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de choc culturel me vient d'une anecdote plus personnelle.
Une de mes anciennes profs à Paris se plaignait que ses nouveaux étudiants
sénégalais ne lui inspiraient aucune confiance. &amp;quot;Ils ne me regardent jamais
dans les yeux quand je leur parle&amp;quot; disait-elle. Elle les soupçonnait déjà des
pires turpitudes. En fait, elle rencontrait pour la première fois des
sénégalais bien élevés dans nos traditions et pour lesquels garder les yeux
respectueusement baissés quand une autorité (un adulte, un prof) s'exprime est
le signe d'une bonne éducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de situation me mettent toujours un peu mal à l'aise, embarrassé en
fait pour les personnes qui ne se sont pas comprises. Ou plutôt pour ceux qui
n'ont pas bien réagi. Je me dis quand même qu'en partant d'une certaine
ouverture aux différences culturelles et en avançant avec un peu plus de
prudence et d'ouverture, beaucoup de ces chocs seraient mieux vécus. Aucun des
sénégalais avec qui j'étais n'a éclaté de rire à notre premier cours en France
quand le prof est entré en classe en avec son look loubard et sa boucle
d'oreille. Pourtant vu de chez nous, il y avait de quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir à Patrick Devine, je crois qu'il a omis la plus élémentaire
réflexion sur l'impact de son geste dans l'environnement où il était. Il
n'était pas bien difficile de constater que les sénégalais n'exhibent pas
facilement leur nudité &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#pnote-154004-2&quot; id=&quot;rev-pnote-154004-2&quot; name=&quot;rev-pnote-154004-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; (Je me souviens encore de mon choc
devant l'idée de douches communes , avec des personnes plus agées que moi qui
plus est, après une séance de sport).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Patrick, l'histoire se finit bien. Il a été libéré sous caution et
&lt;a href=&quot;http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/article2915314.ece&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;n'a pas attendu&lt;/a&gt; le procès qui l'a condamné a une amende et à
une peine en sursis. Tant mieux pour lui. Mais j'aurais bien aimé l'attraper
pour discuter un peu de relativité culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#rev-pnote-154004-1&quot; id=&quot;pnote-154004-1&quot; name=&quot;pnote-154004-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] par exemple ils ne disent pas &amp;quot;arrêté au senegal&amp;quot; mais
&amp;quot;emprisonné en Afrique&amp;quot;. Tout de suite ça fait plus grave hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#rev-pnote-154004-2&quot; id=&quot;pnote-154004-2&quot; name=&quot;pnote-154004-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Oui je sais, la mode vestimentaire des jeune dakaroises
me contredit superbement. On dira qu'on exhibe pas facilement tout le
reste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/Culture-Shock-and-the-Devine-suprise#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mots de Jubilation</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/23/Mots-de-Jubilation</link>
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    <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 02:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Banlieue</category><category>Musique</category><category>SLAM</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tentant de me défendre de la réputation de spleener invétéré que me donnent
mes envolées lyriques où la mélancolie se fait passer pour de la profondeur,
j'avais promis, en réponse à un &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/09/Mots-de-lamentation#c1979674&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;commentaire&lt;/a&gt;
sur mes &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/09/Mots-de-lamentation&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mots de
lamentation&lt;/a&gt;, des mots de jubilation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me voyais déjà tentant d'extraire des recoins sombre de mon humeur triste
une lueur de joie à partager et l'exercice me déprimait d'avance. Eh bien cela
n'aura pas été difficile. Des mots jubilatoires j'en ai eu plein le Dimanche
12, au Just 4 U, lors de la soirée SLAM que nous ont offerte avec beaucoup de
talent la petite bande du Victorian Bantu.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« C'est quoi le Juste Quatre U» ? se demandera le francophone pas
assez au fait des loisirs dakarois. Le «Djeuste Fore You», O lecteur lointain,
c'est un petit bar-resto-cabaret en plein air en face de l'université où
l'amateur de musique folk sénégalaise (les mélodies &lt;a href=&quot;http://www.leopardmannen.no/l/lo.cheikh.asp&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Cheikh LO&lt;/a&gt;, les
mots de Souleymane Faye, la voix de Daby), celui de Jazz (Vieux Mac Faye, Baba
Band), celui de rap sénégalais (Dara J?) ou juste le rare grégaire Dakarois
incapable de dîner seul à la maison &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/23/#pnote-148877-1&quot; id=&quot;rev-pnote-148877-1&quot; name=&quot;rev-pnote-148877-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; se rencontrent en
plein air pour une bouffe insipide, un choix limité de boissons et une bonne
diversité en musique live souvent excellente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche donc ... Pardon ? Le slam ? Vous ne connaissez pas le
slam ? Ah on me lit donc dans ces contrées reculées ? Ebinmonwié! Le
slam, ma petite dame, ce sont des textes qui se déclament, sans tout le
tintammare et le ramdam, une nouvelle poésie populaire qu'on acclame, de Dakar
a NY en passant par Paname.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche donc à minuit, au Just 4 U et j'y renifle l'air de l'hivernage
tentant de savourer cette odeur de terre mouillée annonciatrice de la pluie qui
risque de sonner le glas de cette soirée SLAM que j'attends depuis deux bonnes
heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.evene.fr/livres/livre/chinua-achebe-le-monde-s-effondre-8183.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&amp;quot;À la fin la pluie vint. Elle fut soudaine et formidable&amp;quot;&lt;/a&gt;
comme l’écrivait &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Chinua_Achebe&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Chinuwa Achebe&lt;/a&gt;. Mais heuresement il y a eu d'abord la pluie de mots,
tout aussi formidable, durant toute la prestation de Papelas, Fari et de leur
invités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les mots ont volé et très haut tandis que nos slameurs du Lundi (...
oui, il était minuit passé et ce ne sont vraiment pas des poètes du dimanche.
Et puis Lundi, cela sonne plus pro, madame, ce qu'ils etaitent. Arretez donc de
m'interrompre! ou en etais-je ? Ah .. tandis que nos slameurs disais-je
....) se sont succédés dans un enchaînement très riche de textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai admiré les beaux jeux de mots de Papelas, qui parlait à nos consciences
avec un humour subtil. J'ai applaudi les délires de Fari qui a peint en mots
Wolof et français toujours bien agencés la scène de drague la plus sénégalaise
qui soit. Leurs textes acappela se sont enchaînés comme sur du papier à musique
et nous ont beaucoup enchantés, souvent fait rire et par moment très émus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il ont ouvert le micro à quelques invités (dont &lt;a href=&quot;http://www.awadimusic.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Awadi&lt;/a&gt;, Fou Malade et &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=TTkYSXpHMWo&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Xuman&lt;/a&gt;, le plus
grand rappeur sénégalais, qui fait pas loin de 2 metres). C'est là que j'ai eu
ma plus belle surprise avec Matador (du groupe de rap BMG 44). Ce petit gars à
l’allure ramassée de félin aux aguets nous a offert une prestation fascinante,
tant elle était expressive, et troublante, tant elle exprimait le quotidien de
détresse et de rejet social d'une vie d'un jeune dans la banlieue
dakaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard j'apprendrais que Papelas qui est allé le rencontrer au fond de sa
banlieue l'a trouvé entrain d'animer un atelier d'écriture et de slam avec les
jeunes du quartier. Ce qu'ils produisaient nous a tous soufflés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis reparti avec un constat terrible teinté d'un espoir insensé. En
effet, Pikine-Thiaroye-Guidewaye, cette grande banlieue de Dakar, c'est là-bas
que se déroule l'explosion de la démographie dakaroise avec ses
caractéristiques inquiétantes: 52 % de moins de 18 ans et 68 % sous le seuil de
pauvrèté. Là-bas, loin de nos yeux de bourgeois du centre vile qui s'ignorent
minoritaires, mijote une soupe sociale dont l'explosion certaine pourra prendre
n'importe quelle forme. Bonne ou mauvaise, je peux vous prédire qu'elle sera
créative. Cette banlieue produit déjà les meilleurs résultats du concours
général (la sélection doit être si serrée, ceux qui arrivent au bac au Lycée
Limoulaye doivent être de sacrés monstres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut produire aussi le pire. Mais pour une fois, vu ce que j'ai
découvert sur scène, je parie sur le meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/23/#rev-pnote-148877-1&quot; id=&quot;pnote-148877-1&quot; name=&quot;pnote-148877-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] les sénégalais ne dinent pas dehors! Mais c'est tout
une histoire ça. Un autre post sûrement&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Murambi, le livre des ossements (Boubacar Boris DIOP)</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/Murambi-le-livre-des-ossements-Boubacar-Boris-DIOP</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Aug 2007 19:48:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Notes Littéraires</category>
        <category>Boubacar Boris Diop</category><category>Rwanda</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je profite des &lt;a href=&quot;http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-qDj9rAg5eqJSpIeU0OeU0g--?cq=1&amp;amp;p=615&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;conseils de lecture de Hady Ba,&lt;/a&gt; pour déterrer un vieux post
sur l'&lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com/discus/messages/1/299.html?1020682045&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ancien forum de Seneweb&lt;/a&gt; où je donnais mes impressions à la
lecture de &amp;quot;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Murambi, le livre des ossements&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot; de
Boubacar Boris DIOP. C'etait en 2001, mais six ans plus tard, j'ai toujours ce
livre dans les trippes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comble de l'egotisme, je m'autocite et vous balance ce vieux
post.&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Salam a vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Lire un livre c'est vivre d'autres vies&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le petit adage que j'aime citer quand je parle de mon loisir favori et
c'est plutôt sérieux: j'ai souvent l'impression après avoir lu un livre, que
j'ai me suis totalement identifié à certains personnages et que j'ai vécu leurs
expériences. C'est bien sur souvent le but de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le piège était donc inévitable : J'ai lu &amp;quot;Murambi, le livre de
ossements&amp;quot; de Boubacar Boris Diop et j'ai vécu des choses terribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est souvent narrée à la première personne du singulier, &amp;quot;je,moi&amp;quot;,
mais ce &amp;quot;je&amp;quot; change à chaque chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vécu donc les premiers jours de la crise rwandaise, l'annonce de la
mort de Juvénal Habirymana , j'a vécu ces jours en tant que père de famille
Tutsi essayant désespérément de se convaincre que les voisins qui écoutent les
appels au meurtre de la radio des mille collines, n'iront pas &amp;quot;jusque là&amp;quot;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vécu la fierté du jeune chef responsable de la milice interhamwe qui se
prépare fébrilement à son opération de &amp;quot;nettoyage&amp;quot;, sous le regard fier et
éxigeant de son père, celui admiratif de sa sœur et celui insondable mais
probablement réprobateur de sa mère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vécu le flirt avec la folie de la jeune espionne du FPR se faisant
passer pour Hutu et assistant au massacres dans Kigali, impuissante, en
s'efforçant, pour garder sa couverture, de paraître s'en réjouir tandis que
cette effort la détruit presque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vécu le dernier espoir de cette jeune fille se réfugiant dans l'église
pour attendre que cela se calme et qui se répète sans cesse &amp;quot;Ils ne peuvent pas
faire cela, ils savent que Dieu les voient&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vécu la froide détermination de cette industriel qui se chargeait
d'organiser le massacre des gens qu'il faisait semblant de protéger, y compris
sa femme et ses deux enfants. J'ai vécu ensuite la stupéfaction d'un de ses
fils , en exil au moment du massacre et qui croyait jusque la que son père
avait été tué en essayant de défendre sa famille et qui le découvrait bourreau,
toujours vivant et symbole ultime du monstre génocidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui j'ai vécu des choses terribles en lisant ce livre. Et hélas ces choses
sont pour une fois réelles et non simplement le fruit d'un imagination
féconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en posant le livre je me suis dit que si B.B. Diop avait eu pour ambition
de faire partager ces choses terribles, de faire entendre à tout le monde le
cri muet des squelettes exposés à Murambi et de nous rappeler que pendant
qu'ils mourraient en appelant au secours nous regardions le coupe du monde de
football des US, .. eh bien c'est réussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais corriger mon adage favori. Lire ce livre, c'est aussi vivre d'autres
morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je crois qu'il le faut.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui voudrait mettre la main sur ce livre : Murambi, le livre
des ossement Boubacar Boris DOP Edition Stock&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous le trouverez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=857367&amp;amp;OrderInSession=1&amp;amp;Mn=1&amp;amp;SID=d1796bf9-b19d-3dbb-258f-b23107ec2a5a&amp;amp;TTL=140820072144&amp;amp;Origin=FnacFR&amp;amp;Ra=-1&amp;amp;To=0&amp;amp;Nu=1&amp;amp;UID=07498e75e-5b2c-4a49-971d-bc2678f5038e&amp;amp;Fr=0&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;A la FNAC&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Amazon : en &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Murambi-Diop-B-B/dp/2844871240/ref=sr_1_1/402-6429120-7188923?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1187033936&amp;amp;sr=8-1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;français&lt;/a&gt;, en &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Murambi-Book-Bones-Eileen-Julien/dp/0253347548/ref=sr_1_2/402-6429120-7188923?ie=UTF8&amp;amp;s=english-books&amp;amp;qid=1187033936&amp;amp;sr=8-2&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;anglais&lt;/a&gt; (oui, il a été traduit!!)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/www.evene.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;EVENE&lt;/a&gt; : en &lt;a href=&quot;http://www.evene.fr/livres/livre/boubacar-boris-diop-murambi-19111.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;français&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>En réponse au discours de Sarko à Dakar ....</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/En-reponse-au-discours-de-Sarko-a-Dakar</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Aug 2007 13:43:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques de mon autre pays</category>
        <category>Afrique</category><category>Boris Diop</category><category>France</category><category>Sarkozy</category>    
    <description>&lt;p&gt;Vous avez certainement entendu parler du disocurs de Sarkozy à l'Université
de Dakar et des réactions qu'il a suscitées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vraiment savoir de quoi il retourne il faudrait avoir lu ce fameux
discours. Vous en trouverez le texte sur le &lt;a href=&quot;http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;site de l'elysée&lt;/a&gt; et le film, en parties, sur &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=k9tU1vlKaTU&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;youtube&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réplique qui me démangeait mais que je savais ne pas pouvoir écrire comme
il faut, a été fait et pas mal faite par quelques écrivains. C'etait un rebond
publié sur &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/www.liberation.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Liberation&lt;/a&gt;, ce
vendredi : &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/rebonds/271587.FR.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous en donne copie ici.&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Président,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec
franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée,
car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un
échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la
conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu
dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons
la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère
également.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo,
quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen
dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de
quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser
la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur
africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous
lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ?
Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et
ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre
immuable des saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre
histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une
génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames
continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour
définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain
n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de
l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de
l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de
l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde.
Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne,
je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les
traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la
nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés
comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que
vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans
l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont
contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos
pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous
Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la
colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces
dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le
groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie
Elf. Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les
manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine
d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue
d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant
aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne
s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la
répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ?
Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ?
Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant
exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous
aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous
concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la
responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la
colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les
émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand
les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car
oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous
avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon
côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons
qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent
pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos
faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes
puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ?
Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons
déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le
Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler
à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement
cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas
Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien
d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette
lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs
de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous
parlé à Angela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sincèrement et franchement à vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antananarivo, le 3 août 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raharimanana et les écrivains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boubacar Boris Diop (Sénégal),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kangni Alem (université de Lomé),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/En-reponse-au-discours-de-Sarko-a-Dakar#comment-form</comments>
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    <title>Mots de lamentation</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/09/Mots-de-lamentation</link>
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    <pubDate>Thu, 09 Aug 2007 01:39:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques Intérieures</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je devrais commencer par des mots de réconciliation, je le sais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, ce n'est pas qu'on s'était disputés. Non juste une petite bouderie.
L'attention portée ailleurs et voilà deux mois facile qu'on ne s'est pas trop
parlé le Web et moi. Je ne lui disais plus rien et l'écoutait bien peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que voulez vous, il m'avait dit peut de choses agréables ce printemps, le
Net. Voyons voir ...&lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/-Nouvelles-d-Orient-&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Pour commencer il m'a annoncé avec des graphiques enthousiastes que la
majorité des français avait opté pour les promesses de changement d'un vieux
cynique déguisé en jeune décomplexé et qui leur a promis qu'il créerait une
jungle où ils aurait tous l'occasion d'être Prédateurs. Ils y ont cru, les
pauvres hères (faut dire l'alternative n'offrait rien d'autre qu'une jungle
avec quelques guirlandes aux cimes : la même chose et avec quelqu'un de
moins crédible). Fin mai donc et le Net pullulait de belles cartes de France
avec des taches bleux plus larges que les taches roses. Pas de quoi donner
envie d'y revenir (je parle du net pas de la France). Le reste était &lt;a href=&quot;http://www.ratsdebiblio.net/marquezgabrielchroniquedune.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;chronique d'une mort annoncée&lt;/a&gt; (d'une certaine idée que je me faisais
de ma presque deuxième patrie). Autant lire Garcia Marquez. Offline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coté local, avais-je besoin du Net pour m'énerver plus sur la
situation ? Deux RV électoraux majeurs et le pays avait l'air de
s'enfoncer dans une certaine &lt;a href=&quot;http://www.sudonline.sn/spip.php?article4227&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;apathie
politique&lt;/a&gt; : apparemment surpris des résultats de la Présidentielle,
notre opposition envahie de vielles têtes qui ont déjà tellement vendu la
morale sur l'autel de l'alimentaire et du cynisme politique qu'ils avaient
convaincu mon pays que leur agitation n'était que jeu de scène et que les deals
se faisant derrière le rideaux on aimait mieux garder l'actuel metteur en scène
dont le talent pour le spectacle est indéniable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? Ah ailleurs madame c'est toujours aussi follement joyeux.
Voyons, prenons des &lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/-Nouvelles-d-Orient-&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Nouvelles d'orient&lt;/a&gt; ... Le blocus international avait finit de
punir les palestiniens d'avoir voté pour des mecs pas fréquentables et la bonne
vielle formule du &amp;quot;Diviser pour régner&amp;quot; triomphait sous hourras imbéciles des
victorieux miliciens et les compromissions de politiciens qui couchent avec
l'ennemi et tue le frère. Le tout sous la &amp;quot;médiation&amp;quot; loufoque du Grand frère
américain et le suivisme incompréhensible du cousin européen. De quoi nous
rendre tous follement épris de la Justice Internationale, de progrès et
d'amitié entre les peuples. On aime les chimères vous savez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? Vous voulez dire plus près, en Cote d'Ivoire, ou le jeune
loup des forces nouvelles et le vieux chat des forces pas si anciennes que cela
se sont finalement mis d'accord sur ce qui les réunissait tous : un
pouvoir à partager et crève le peuple!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou alors le Darfour, nouveau studio à produire les images dramatiques où des
stars sensibilisées prennent une photos avec les mourants avant de reprendre le
Jet pour aller faire des caprices sur la qualité de leur suite lors du prochain
tournage ? Comme dit l'autre : &lt;a href=&quot;http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/07/13/AR2007071301714.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Stop trying to save Africa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui j'en était la, mes amis. le monde m'allait mal et le Net ne me parlait
que du monde. Une déprime printanière, vous imaginez ? J'ai coupé le son
et essayé de lire dans la vie locale une histoire plus excitante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regardé les enfants commencer leurs premier jeux d'eau dans la chaleur
déjà estivale et je n'ai pu m'empêcher de noter qu'il n'y avait désormais
presque plus de plage accessible au public dans la presqu'île dakaroise et que
les enfants qui barbotent dans la piscine, classe sociale oblige, sont déjà
obèses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regardé de superbes colosses s'affronter dans l'arène de lutte mais je
n'ai pu m'empêcher d'entendre derrière les clameurs de ce sport traditionnel
apparemment en pleine renaissance, le bruit sinistre de la grande lessive
d'argent (sale?) qui anime ce nouvel engouement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai applaudi joyeusement le bac littéraire (avec mention, je te jure) d'une
nièce, le bac S de l'autre mais cela ne m'a pas fait oublié le véritable état
de l'éducation chez moi qui est passé en moins d'une génération du statut de
voie royale de promotion sociale qui valait des sacrifices de tous les parents
au statut de voie de garage pour enfants en attente d'immigration. Les plus
chanceux prendront l'avion au frais de Papa et Maman pour aller faire un BTS à
deux balles. Les autres se bousculeront sur les &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;pirogues&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sombre tableau n'est ce pas. Mon habituelle déprime printanière. Imaginez
les posts joyeux que vous avez ratés. Non, vraiment je ne pouvais vous imposer
cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens on va jouer à un jeu. On va essayer de parler de tout cela dans les
prochains posts mais joyeusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez y, vous pouvez commencer dans les commentaires.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Mots de consolation</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/28/Mots-de-consolation</link>
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    <pubDate>Sat, 26 May 2007 16:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Mort</category><category>Rituel</category><category>Salamalec</category>    
    <description>&lt;p&gt;Cousin H est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un coup comme ça.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on meurt en contrée mal développée : plutôt jeune, plutôt pauvre,
suite à une crise soudaine d'une maladie non identifiée, laissant de jeunes
orphelins et une veuve sans soutien.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le foyer qui il y a encore quelque jours semblait condamné à se construire
dans la durée envers et contre tant de handicaps se désagrège soudain éparpillé
au grès des mécanismes traditionnels de soutien social. Quelques enfants pris
en charge par ci, la mère ailleurs et il ne reste plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les visages restent graves et le chagrin sourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les formules convenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une formule pour chaque échange, une partition pour chacun. Des formules
anciennes qu'on répète comme des automates sans remarquer combien elles ont
l'art de contenir en peu de mots tant de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord le visiteur qui entame l'échange rituel&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Nous avons appris l'événement bien triste qui s'est produit
ici&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille du défunt : &amp;quot;Hmmmm hm! Oui c'est ainsi&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Je vous présentes des condoléances qu'on partage&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Et lui, que Dieu le prenne en pitié et lui pardonne ses
fautes&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Que Dieu sauvegarde la dignité de ce qu'il laisse derrière
lui&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille du défunt :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Qu'il nous offre la force de supporter cette perte&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille du défunt :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Qu'Il laisse ses prières longtemps entre vos mains&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse deviner le sens derrière chaque formule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite la famille du défunt retourne les voeux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Famille : &amp;quot;Que Dieux entendre vos voeux&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Amin! Amin!&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille : Qu'Il en fasse une dette qu'on tardera à vous payer&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais attaché beaucoup d'attention à ces formules. Justement par ce
que je les trouvais bien convenues. Pourtant récemment quand j'ai cherchais à
dire sincèrement des voeux à l'enterrement de cousin H, je me suis retrouvé à
dire les mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui cousin H avait ses défauts et ses fautes, c'est les reconnaître et les
pardonner que nous propose la formule. Oui je partage la perte de cousin H.
avec ses frères à qui je présente les condoléances. Oui il laisse des dettes,
une famille dans le besoin .... la dignité ici, ce serait de régler tout ceci
en toute discrétion. Et enfin, on veut bien vivre longtemps à faire des voeux
pour lui, nous. Et quelle poésie dans le verbe que de souhaiter que ces
condoléances soient une dette qu'on tarde à payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui , de sens ces formules toutes faites en ont plein mais ce n'est pas pour
cela que j'ai finalement appris leur valeur. C'est en regardant la veuve, les
frères souvent près de perdre le contrôle et de se laisser aller chagrin, se
reprendre obligés qu'il sont de répondre aux formules d'usage, c'est quand j'ai
vu les réponses automatiques devenir la bouée à laquelle s'accroche le chagrin
pour retrouver une contenance que j'ai compris : ces mots consolent en
donnant à l'esprit troublé des repères fermes, facile à suivre. Un chemin vers
la consolation nécessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez déjà remarqué combien les cérémonies funèbres restent encore aussi
marquées par les traditions ? Combien le rituel qu'elles imposent
résistent longtemps au moindre changement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que je comprends désormais un des raisons à cela.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Narcissus Plague</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Narcissus-Plague</link>
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    <pubDate>Fri, 04 May 2007 02:52:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Notes Littéraires</category>
        <category>blog</category><category>dystopie</category><category>egomanie</category><category>livres</category><category>SF</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;q&gt;You sharpen the human appetite to the point where it can split atoms with
its desire; you build egos the size of cathedrals; fiber-optically connect the
world to every eager impulse; grease even the dullest dreams with these
dollar-green, gold-plated fantasies, until every human becomes an aspiring
emperor, becomes his own God... and where can you go from there?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La citation en début de cet article est un extrait d'une tirade de John
Milton alias le Diable joué par Al Pacino dans &lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/title/tt0118971/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;l'Associé du
Diable.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai apprécié ce film pour plusieurs raisons (et Pacino n'est pas la
moindre) et surtout je l'ai trouvé très juste ce diable jubilatoire dont le
péché humain favori est l'orgueil. &amp;quot;Vanity, définitely my favourite sin&amp;quot; dit
il. Il a de la chance le bougre, parce que c'est le notre aussi, tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi quand au hasard des mes pérégrinations blogosophériques (manière
pompeuse et très tendance de dire que je surfais, mais bon ... il faut bien que
je cède aux exigences de l'ego) je tombe sur un excellent billet titré
&amp;quot;&lt;a href=&quot;http://moutons.karma-lab.net/les-blogs-des-egos&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Le
blog des égos&lt;/a&gt;&amp;quot; qui explique en détails et en humour comment l'Internet
qu'on a cru au début être un merveilleux outil de partage de connaissances est
devenu l'endroit par excellence où les egos hypertrophiés trouvent enfin un
exutoire pour se mettre en scène et s'exhiber jusqu'à la nausée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réponse à la question de John Milton (&amp;quot;Where can you go from there?&amp;quot;) est
bien là, s'affichant triomphante sur nos navigateurs. Si vous en doutez, je
vous recommande chaudement un bref détour par le fascinant &lt;a href=&quot;http://www.jacquelinepassey.com/blog/2006/08/dating_tip_qual.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;blog de cette dame&lt;/a&gt;. J'insiste sur la brièveté, la bête et méchante
auto-célébration qu'elle pratique est dur à digérer.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/#pnote-95765-1&quot; id=&quot;rev-pnote-95765-1&quot; name=&quot;rev-pnote-95765-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, à voir le succès de l'affaire, je me dis que décidément on est atteint
par une épidémie d'egomanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la cela fait tilt. Je me souviens de cette excellente nouvelle de Lisa
Goldstein (que vous pouvez lire en ligne sur &lt;a href=&quot;http://www.infinityplus.co.uk/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Infinityplus&lt;/a&gt;) :
&lt;a href=&quot;http://www.infinityplus.co.uk/stories/narc.htm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Naricissus Plague&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'épidémie narcissique. Elle a imaginé quelque chose de fascinant la dame
Goldstein. Et qui touche juste. Une egomanie diagnostiquée comme une pathologie
causée par un virus bien identifié. Une egomanie extrême, celle du &amp;quot;moi je&amp;quot; en
plein puissance qui laisse le malade incapable de s'intéresser à autre chose
qu'à lui même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne l'a pas bien exploitée je trouve son idée. Elle a oublié un peu
l'egomanie qui va plus loin que de parler de soi tout le temps, celle qui veut
en plus plier le monde entier au besoin de l'ego. L'égomanie qui finalement
fait le malheur de ce monde. J'imagine ce qu'aurait pu faire un audacieux comme
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Neil_Gaiman&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Neil
Gaiman,&lt;/a&gt; un conteur comme &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Larry_Niven&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Larry Niven&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Gregory_Benford&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Benford&lt;/a&gt; le
Catastrophiste avec ce virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de quoi construire une vision &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Dystopie&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;dystopique&lt;/a&gt; et très
probable de notre futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis finalement, je regarde les dirigeants de la planète, en particulier
le notre au Sénégal qui ignore totalement l'usage du &amp;quot;nous&amp;quot; (régalien comme
administratif), je regarde Ségo et Sarko, j'écoute Bush et je me dis que le
virus existe peut être déjà seulement il ne touche que les puissants de ce
monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je puis je surfe un peu et je réalise que non, il est déjà bien répandu
dans toutes les couches;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis d'ailleurs, moi je ....&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/#rev-pnote-95765-1&quot; id=&quot;pnote-95765-1&quot; name=&quot;pnote-95765-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]
Ne me demandez pas comment j'ai découvert ce blog. Laissez moi l'intimité des
mes pratiques web perverses :-)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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