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  <title>Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane - Chroniques d'une société dérèglée</title>
  <link>http://blog.doomurewmi.net/</link>
  <description>Mes Chroniques Sénégalaises. Mes loghorrées nombrilistes sur la vie, l'univers et tout le reste, surtout la vie publique et politique de mon petit pays qui deviendra grand, le Sénégal. Oh .. et puis faut le signaler quand même je n'ai rien à avoir avec le nouveau parti Rewmi et ses satellites. J'étais là bien avant, hein?</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 12:55:48 +0000</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Ma grand-mère et les mutants</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2008/03/23/Ma-grand-mere-et-les-mutants</link>
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    <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 23:19:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ma grand-mère a plus de cent ans maintenant. Bon pied bon oeil comme on dit.
Elle vit dans notre village du Saloum un peu loin de Dakar, mais je lui parle
souvent. Oui dans ce village, où ni l'électricité, ni l'eau courante n'ont
encore cours, le réseau mobile apporte déjà tous les échos de la modernité. Je
la vois d'ici se lever de sa démarche fragile, se saisir d'un pot en fer blanc
et aller se servir à boire de l'eau fraîche dans la jarre en terre cuite qui a
toujours occupé le même coin sombre et frais de sa case. Puis elle revient
s'asseoir et reprendre sa conversation avec moi à Dakar ou avec ses arrières
petites filles à Paris, peut être avec mon frère dans le Midi, ma soeur en
Allemagne ou l'autre qui vit en Asie. Pourtant, Quand elle était jeune fille,
ma grand-mère, on n'avait jamais entendu parler de ces pays. On n'avait même
jamais vu au village ces étranges hommes blancs dont on entendait parler depuis
peu. Il y avait encore des royaumes qui guerroyaient et de dangereux chevaliers
qui enlevaient des jeunes filles comme elle pour les emmener on ne sait où.
Mais vingt ans plus tard, elle prenait déjà la voiture pour la première fois et
une décennie après elle se rendait en ville pour visiter ma mère. Elle y
retournera souvent, l'aventure devenue banale. Les jeunes du village osaient
déjà écouter en cachette de leurs parents la voix diabolique de la radio. Deux
décennies encore et son petit-fils, un de mes cousins, prenait l'avion pour
aller vivre et étudier en Europe. Un autre suivra, puis d'autres. Jusqu’à ce
qu'elle se retrouve accrochée à un téléphone portable pour répondre aux
questions candides et mais terriblement incisives de son arrière petite fille
parisienne.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je dis toujours qu'en fait ma grand-mère vit dans une société des mutants.
La mienne. La nôtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non je ne vis pas dans le monde des X-Men. Je regarde juste autour de moi,
mes neveux qui poussent ailleurs comme ici, les enfants de certains amis, nés
en France ou aux USA et qui vivent désormais à Dakar, d'autres qui ont fait le
trajet inverse ou celui plus proche qui amène de mon village du Saloum à la
bouillonnante Dakar, je vois les enfants de la Médina chausser des rollers et
essayer de filer sur nos rues ensablées, je vois d'autres déjà obèses flotter
dans la piscine municipale en parlant de leur console de jeux. Je vois tout
cela, et je vois ma grand-mère et je me demande comment elle n'est pas prise de
vertige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ceci n'est pas un énième discours sur les temps qui changent, et qui
changent de plus en plus vite. Je laisserai les partisans de l'avènement du
&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Technological_singularity&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Technological Singularity&lt;/a&gt; gloser sur cette accélération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle simplement de mutations familiales et sociales tellement nombreuses
et rapprochées qu'elles font vivre une personne comme ma grand mère dans autant
de mondes différents et surtout laissent ses petits enfants dans un société
d'un nouveauté rarement appréhendée dans ses conséquences. Et ce sont ces
conséquences qui m'interpellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons à ma petite famille. Ma grand-mère n'a pas du se poser beaucoup de
questions, en élevant ma mère, sur ce qu'elle devait lui apprendre ou pas, les
valeurs qu'elles devait lui inculquer, le rôle et la place qu'elle occuperait
plus tard : elle n'avait qu'à reproduire ce que sa propre mère avait fait
à quelques arrangements près. Ma mère elle à du se poser déjà des questions
ardues. Par exemple, elle était la première du village à élever des enfants qui
allaient a l'Ecole. Imaginez un peu tout ce que nous faisons sans réfléchir
pour nos enfants qui vont a l'école : préparer la rentrée, surveiller les
devoirs, rencontrer les professeurs, ... etc. Elle a du découvrir toute seule
son rôle de parent d'élève sans aucune référence venue de ses propres parents.
Sa fille, ma soeur, se retrouve aujourd'hui face a plus d'inédit encore dans
son rôle de mère que n'a jamais connu notre mère. Elle vit en Europe, travaille
comme son mari, et essaie par exemple de concilier le fait que ses filles
vivent en majorité entre l'école et leur nounou venues des caraïbes avec sa
volonté de leur faire connaître et discuter en peul avec leur grand-mère au
Sénégal. Elle est confrontée souvent à ce que je perçois comme la conséquence
la plus évidente de ces mutations : nous ne pouvons pas reprendre et
adapter facilement des modèles existants pour construire nos foyers et nos
vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rester dans l'exemple de l'éducation des enfants, je me dis que des
jeunes parents trouvent déjà dans des modèles familiaux hérités de multiples
mécanismes pour prendre en charge de questions complexes d'éducation et peuvent
en bénéficier sans y avoir vraiment réfléchi. C'est le bénéfice qui vient avec
l'héritage culturel. Mais, si entre deux générations le contexte change au
point de rendre caducs la plupart de ces mécanismes, alors ils doivent faire un
travail beaucoup plus poussé pour soit aller extraire de ses modèles obsolètes
l'essence de l'expérience éducative qu'ils contenaient ou redécouvrir eux même
ce ques plusieurs générations avaient mis à apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je plains et admire ma soeur aînée. Quand ma nièce décroche le téléphone
l'autre jour à Paris pour me dire dans un peul limpide : &amp;quot;Kaw, Mi
yownitmam&amp;quot;. (Tonton, tu me manques) avant d'enchaîner pour me raconter les
grands événements de sa vie en maternelle, je réalise que sa mère est une
pionnière qui construit des références pour notre génération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Go Sister ! Go !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Fêtes sous tous les tons : Tabaski - Aid El kabir - Fete du Mouton (1)</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/Fetes-sous-tous-les-tons-%3A-Tabaski-Aid-El-kabir-Fete-du-Mouton-1</link>
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    <pubDate>Sat, 23 Feb 2008 15:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Fête</category><category>Mouton</category><category>Sénegal</category><category>Tradition</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tabaski. Aid El Kabir. La fête du mouton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien sur dans ces diverses appellations d'une fête plusieurs manières
de la percevoir. Plusieurs perceptions qui ont traversé ma vie si bien qu'il
m'arrive de me demander régulièrement s'il s'agit de la même fête. Est ce que
la Tabaski de mon enfance dakaroise a quelque chose à voir avec l'Aid de mon
ami Youcef à Paris ou la « Jouldé » de mon cousin au village ?
Et quel est le lien entre tout ceci et la stupide image de &amp;quot;mouton dans la
baignoire&amp;quot; facilement évoquée par certains pour alimenter les
xénophobies ? Cette année tandis que je regardais venir la fête à Dakar,
sous un angle encore nouveau pour moi pour des raisons que j'expliquerais,
j'avais envie de passer en revue tous les avatars de cette fête que je
connais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence bien sur, il y a pas mal de temps, à Dakar, dans la tête d'un
enfant ....&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tabaski!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on appelle &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/#pnote-212971-1&quot; id=&quot;rev-pnote-212971-1&quot; name=&quot;rev-pnote-212971-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; l'Aid El Kabir au
Sénégal. Et c'est ce mot qui évoque précisément la fête populaire de mon
enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fête annuelle qui a dû être pour nous enfants du Sahel ce que Noël était
pour d'autres enfants ailleurs. Et comme Noël, c'est d'abord les préparatifs
qui nous amusaient. Pour moi, c'est Maman qui donnait le premier signe de
l'approche de la Tabaski lorsqu'elle nous engageait dans le grand nettoyage de
la maison. Rideaux et meubles, murs et sols, tout devait être remis à neuf pour
la fête. On s'y attelait avec l'excitation qu'un enfant a toujours pour
l'inhabituel, la rupture de la routine familiale. Nous prenions avec
enthousiasmes les balais, les têtes de loups, les brosses et les seaux. On
grimpait avec une joyeuse agilité les échafaudages de fortune (tables
superposées, un seau renversé, n'importe quoi nous servait d'escabeau) pour
accéder aux hauteurs de la maison. Bref on s'amusait tous follement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis arrivaient les premiers moutons qu'on voyait conduits par des marchands
ambulants qu'un homme avait vite fait d'interpeller avant d'entrer dans le
rituel de l'évaluation puis du marchandage. Nous arrêtions alors nos jeux pour
le regarder faire.Il le tâtait, lui ouvrait la bouche pour évaluer son age par
sa dentition, reculait de quelque pas pour apprécier son allure. &amp;quot;Foq Niaar
la!&amp;quot; (&amp;quot;Il est à sa deuxième dentition&amp;quot;) affirmait le vendeur avant de
rajouter : &amp;quot;Guiss nga ni ben melo la&amp;quot; (&amp;quot;Et tu vois qu’Il a une robe d'une
seule couleur&amp;quot;). Ainsi commençait le marchandage habituel. Si tout ceci
aboutissait à une vente, c'est souvent un fils fier, un d'entre nous, qui
venait prendre en charge le bélier pour le ramener à la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah les moutons et les garçons! Une belle et terrible histoire que celle
entre les jeunes garçons et le bélier paternel. Des garçons sous d'autres cieux
comparent peut-être les bagnoles de leurs pères; nous, nous mesurions la
grandeur de Papa à l'allure du bélier. Alors forcément on s'en occupait avec
soin. On se levait assez tôt le matin pour doucher le bélier (qui était parfois
récalcitrant ou qui s'échappait et cela donnait un joyeux bordel, il faut
dire), le brosser pour faire luire sa robe impeccable. Puis on l'attachait
devant la maison pour le laisser sécher et surtout le faire admirer. C'était
une véritable exposition de moutons dans tout le quartier et nous allions de
l'un à l'autre commentant en connaisseurs l'élégance des cornes chez l'un, la
force dégagée par l'autre, la beauté du poil de celui-ci. Et chacun de se
remettre à la toilette de son mouton. Certains allaient jusqu'à teindre le bout
des pattes et de la queue au henné ou lui ciraient les cornes. On lui achetait
la plus belle herbe, le meilleur fourrage. On s'assurait qu'il buvait. Bref on
le bichonnait. Tant et si bien qu'il arrivait fréquemment qu'un gamin se
retrouve si attaché au mouton qu'il pleurait à chaudes larmes lors de
l'inévitable sacrifice et refusait de manger de la viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui parce que bientôt arrivait le jour de la Tabaski, les derniers
préparatifs... Ah .. oui. J'oubliais tous les autres préparatifs, les courses
pour acheter des beaux coupons de tissus, la séance chez le couturier qui les
fera sur mesure, les boutiques encore vers minuit pour trouver la paire de
babouches adéquates,... etc. Puis on se réveillait tôt le lendemain et on y
était déjà.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me vois encore, dans le boubou aux larges pans bien gominés, le bonnet
imitant celui de Papa, le tenant fièrement à la main pour aller à la Grande
Mosquée. Première exhibition de mes beaux habits. Au retour, on égorgeait le
mouton dans la cour de la maison. Désordre familial garanti : Papa qui
demande pourquoi tout n'est pas prêt, Maman qui insiste pour qu'il se mette un
pagne autour pour ne pas tacher de sang le tissu très cher qu'il porte, un
petit qui pleure parce qu'il ne faut pas tuer le mouton, un autre qui n'a pas
finit de creuser le trou où on déversera le sang et les boyaux, Papa qui ne
trouve pas le couteau bien aiguisé, Maman qui veut encore acheter quelque
condiment pour la grillade, ma sœur qui essaie d'allumer le feu, l'autre qui
rate les frites, Papa qui s'énerve parce que tout le monde n'est pas là ... et
tout le monde qui s'arrête soudain, une minute solennelle pendant que Papa
égorge enfin le mouton que quelqu'un a réussi à entraver et à coucher par
terre. Le filet de sang n'a pas faibli que l'activité s'emballe à nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure après on mangeait déjà les premières grillades, puis après
plusieurs plats successifs, les adultes s'étendront pour une sieste, la fête
finie pour eux. L'après-midi appartiendra aux enfants. On remettra nos tenues
et on sortira faire le tour des maisons du quartier pour demander nos étrennes.
Le soir venu on comptera fièrement nos pièces qui serviront à une petite partie
du lendemain entre enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sur, au prochain jour de classe, le maître nous demandera de raconter
tout cela dans une rédaction. Je n'y suis jamais vraiment arrivé.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/#rev-pnote-212971-1&quot; id=&quot;pnote-212971-1&quot; name=&quot;pnote-212971-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le mot vient probablement d'une langue berbère qui
dénomme cette fête Tafaska. L'origine réelle serait liée à la paque juive
(pesha). M'enfin c'est ce qu'ils disent sur le net ....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2008/02/23/Fetes-sous-tous-les-tons-%3A-Tabaski-Aid-El-kabir-Fete-du-Mouton-1#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Tiken Jah honoré d'une tenative de censure au Sénégal</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/14/Tiken-Jah-honore-dune-tenative-de-censure</link>
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    <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 00:49:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Censure</category><category>Musique</category><category>Reggae</category><category>Tiken Jah Fakoly</category>    
    <description>J'ai été carrément incrédule de la rumeur, puis j'ai vu la dépêche de l'agence
sénégalaise de presse : &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.tikenjah.net&quot;&gt;Tiken
Jah Fakoly&lt;/a&gt;, qui vient de tenir deux concerts à Dakar ce mercredi, est
&lt;q&gt;&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.aps.sn/articles.php?id_article=38220&amp;amp;PHPSESSID=bace896e106b600e8f2a088f80fdddf2&quot;&gt;
déclarée persona non grata au Sénégal&lt;/a&gt;&lt;/q&gt; affirme le ministère sénégalais
de l'intérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déclaration n'est pas que révoltante à plus d'un titre elle est tout
simplement ridicule et absolument mal  pensée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;
Quitte le pouvoir chante &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.rfimusique.com/sitefr/biographie/biographie_9048.asp&quot;&gt;Tiken Jah
Fakoly.&lt;/a&gt; Quitte le Sénégal lui rétorque le ministère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma première réaction incrédule à la rumeur s'est immédiatement muée en une
révolte catégorique. Dans le Sénégal, prétendu pays de la Teranga, qui se
voulait haut lieu de  la culture noire sous Senghor, dans mon Sénégal!,
quelqu'un qui ne m'a pas demandé mon avis, vient en mon nom de mettre dehors un
homme pour qui j'ai le plus grand respect ?!  Intolérable!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quelques heures j'ai commencé a voir ceci sous un angle plus
ironique.  Tiken Jah persona non grata au Sénégal ? Je suis mort de rire.
Il sont également morts de rire à cette idée tous les spectateurs qui ont
rempli les  concerts qu'il a tenus cette semaine à Dakar, ceux qui ont
entonné avec lui chaque chanson, chaque appel à la conscience africaine, chaque
pamphlet dénonciateur, ceux qui ont vibré au son de sa belle voix mandingue et
de son reggae talentueux, oui tous ceux là trouveront aussi la déclaration
ridicule. &lt;strong&gt;Parce que lorsque Tiken Jah Fakoly frappera à leur porte, ils
lui ouvriront leur cœur comme à un frère, ils l'honoreront comme un prince, ils
l'acclamerons comme le  grand guerrier moderne qu'il est et ils le
salueront comme un digne fils de notre pays&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La déclaration officielle ? Une brindille de plus dans la roue de son char.
Mais surtout un trophé de plus prouvant la peur qu'il a inspirée. Peur stupide
qui a amené quelque laquais mal inspiré du régime à croire qu'il servirait
mieux son maître en muselant cette voix. Il cède ainsi à la facilité de la
censure et honore Tiken Jah de la seule récompense qu'il mérite: la panique
qu'il provoque dans le cœur des faibles.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Théorie de la bulle  (ou la démission des &quot;élites&quot; sénégalaises!)</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/03/Theorie-de-la-bulle</link>
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    <pubDate>Mon, 03 Dec 2007 16:50:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Engagement</category><category>Politique</category><category>élite</category>    
    <description>&lt;p&gt;Beaucoup de mes amis sont ce que j'appelle des citoyens de la bulle. Comme
moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont cadres supérieurs dans le privé. Ils gagnent 10 à 40 fois le
salaire minimum légal sénégalais. Il ont un Bac+5 souvent obtenu en Europe ou
aux USA. Ils ont souvent aussi un passeport étranger en poche : un double
nationalité. Leurs enfants vont au Cours Privé &amp;quot;Les Maristes&amp;quot; ou équivalent.
Ils prennent leurs vacances en Europe. Ils ne se souviennent pas de la dernière
fois qu'ils ont pris un car rapide ou un bus. Ils savent rarement dire combien
coûte un kilo de riz vendu au détail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, au fond, ce sont tous des inconscients!'&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ah que cela fait plaisir de les choquer ainsi dans leurs conforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j'y arrive d'autant mieux depuis que j'ai découvert le discours
neo-marxiste qui me donne un cadre théorique pour souligner leur responsabilité
et, partant, l'ampleur de leur démission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma théorie de la bulle (comme dit mon ami P.) que je vais vous conter si
vous le voulez bien ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les néo-marxistes vous le diront, les marxistes à la papa se plantaient. Il
n'y a pas que deux classes sociales, les capitalistes d'un coté et les
travailleurs de l'autre. Il y a une troisième classe pour les arbitrer. Une
classe composée des organisateurs, des gestionnaires, publics ou privés, des
cadres. Une classe d'intellectuels instruits qui se retrouvent souvent aux
rênes des structures de la société (entreprise et état). Cette classe qui n'est
pas forcément détentrice du capital mais qui n'est pas dans la masse laborieuse
non plus. La France l'appelle pompeusement ses élites et se plaint tous les
jours qu'elle se délite (ouf, il me fallait le placer ce jeu de mot!). Et comme
le décrivent si bien les auteurs d'un récent &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/BIDET/15216&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; dans le diplo, les tendances historiques vers la gauche ou la
droite de l'échiquier politique dépendent beaucoup finalement de l'alliance que
choisit de faire cette classe. Prend-elle à cœur la cause populaire que nous
voici en plein révolution socialiste de l'après 39-45. Se convertit-elle à
celle des nantis que nous voila en pleine révolution ultra-libérale. L'article
n'analyse hélas pas les mécanismes qui font pencher cette classe arbitre d'un
coté ou de l'autre. Personnellement, je soupçonne l'Ecole d'y jouer un grand
rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voila donc en Europe tellement coupée du peuple, qu'elle devient une
élite complètement acquise à la droite et au marché et qu'on constate
régulièrement la fracture entre les
Politiques-Journalistes-Patrons-Intellectuels (choisissez le terme selon le
contexte) et le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sénégal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je vous disais plus haut, ils vivent dans une bulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part ils se sont coupés de la gestion de la chose publique. Trop peu
pour eux que de frayer avec cette classe politicienne qu'ils écrasent de leur
mépris académique, intellectuel et moral. Ils ne se voient pas discuter avec
Farba ou Pape Samba. Ils déplorent tous l'&lt;a href=&quot;http://www.sudonline.sn/spip.php?article7169&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;informel&lt;/a&gt;, le
manque de structure, l'absence de professionnalisme et parfois l'&lt;a href=&quot;http://www.sudonline.sn/spip.php?article7168&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;incompétence et
l'ignorance crasse&lt;/a&gt; qu'affiche notre classe politique. Il ont acquis leur
expérience dans un environnement autrement plus sain. Alors faire avec ces gens
là ? Non ma soeur ils ne peuvent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ils se sont coupés de la galère du peuple aussi, les malins.
La banlieue dakaroise et la dense soupe démographique qui y fait bouillir
toutes les misères et toutes les frustrations ? Les embouteillages les
empêchent d'y aller. La galère du père de famille Sénégalais qui compte ses
dettes à la fin du mois ? Leur compétence les met à l'abri. Le Service
Public en déliquescence ? Prenons quelques exemples. L'électricité trop
intermittente ? Ils auront un groupe électrogène. Le pouvoir d'achat qui
s'effondre ? C'est sur, ils ont lu le cours du pétrole dans le journal.
Mais leur employeur paye presque au tarif européen. Les banques leur prêtent
aussi, plus facilement. L'Ecole en crise depuis vint ans ? Ils payent cher
pour mettre leurs enfant dans d'excellente écoles privées. Le service public de
santé inexistant ? Les cliniques privés compensent. Et la France offre
d'excellent hôpitaux quand on peut y aller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui voila mes amis dans leur bulle sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut être ne sont il pas totalement indiffèrent au sort du pays. Ils en
discutent dans leurs salons cossus. Ils ont matière à comparer, ils on vu le
monde. Oh! Quelle désapprobation fataliste et résignée quand ils discutent de
la vie publique de la nation. Ils sont tellement convaincus de l'universalité
de leurs analyses qu'ils tombent de très haut quand le peuple n'exprime pas le
même rejet qu'eux. &amp;quot;Salaud de peuple, tu n'auras que ce que tu mérites!&amp;quot;
s'exprimaient-ils en chœur au lendemain des dernières élections. Ah oui, faut
le dire, ils s'étaient tous emballés (quoiqu'avec la modération et le recul qui
sied) pour quelque cause technocratique qui, &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/20/Cuisine-Politique-Senegalaise-%3A-linevitable-echec-des-independants&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;inévitablement&lt;/a&gt;, a fait piètre score. Ils sont ainsi revenus à
leur démission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant ils vivent bien dans leur bulle, protégés de remous d'une
nation qui est dans la tempête. Ils semblent ignorer que quand le navire
sombrera, leur bulle éclatera brutalement. Et si leur passeport étranger est un
radeau, il ne sauvera que peu des choses et personnes qui leur sont chères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sur j'ai envie de les appeler à un engagement quelconque. Mais la
question pratique que je me pose, qu'ils me posent : Que doivent ils
faire ? Que dois-je faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plonger dans l'arène politique malgré le dégoût bien compréhensible qu'il
inspire ? Ils diront les règles de ce théâtre politique, et souligneront
le manque maturité du peuple (Ha!) qui ne saurait pas comprendre leur discours.
Ils diront aussi l'inévitable corruption de ce milieu et leur réticence à se
salir ou à se fourvoyer. (N'y a-t-il pas une forme d'égoïsme à préférer sauver
leur virginité morale plutôt que d'intervenir pour améliorer globalement la
moralité du pays ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre un engagement public ailleurs ? Dans le milieu associatif par
exemple ? Oui mais, quand ils savent que la racine du problème se situe au
cœur du champ politique, comment peuvent ils se motiver pour des engagements
qui ne traitent que le &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;symptôme&lt;/a&gt; et pas la maladie ? Bien sur, comme je le
disais &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/20/Cuisine-Politique-Senegalaise-%3A-linevitable-echec-des-independants&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ailleurs&lt;/a&gt;, ils ignorent la nécessité de s'investir sur le
terrain, de faire de petite choses pour s'entraîner au grandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de suite ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/11/22/Mere-toi-aussi-tu-as-un-fils&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;le pire se prépare&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attendons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre bulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EDIT : J'ai découvert via le commentaire de mamadu ci-dessous
l'article de Hady BA avec qui je converge étrangement sur les élites et leur
responsabilité. Je le propose comem complément nécessaire de cet
article.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/12/03/Theorie-de-la-bulle#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Définir l'indécence</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/Definissez-lindecence</link>
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    <pubDate>Sun, 23 Sep 2007 01:32:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Danse</category><category>Indécence</category><category>Moeurs</category><category>Morale</category><category>Sabar</category>    
    <description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INDÉCENT, -ENTE&lt;/strong&gt; adj. XIVe siècle. Emprunté du latin
indecens, « inconvenant ». Qui est contraire aux convenances, aux
usages ; qui choque le sens moral. &lt;em&gt;S'en aller si tôt serait indécent.
Un luxe indécent. Il est indécent de se plaindre ainsi.&lt;/em&gt; Spécialt. Qui
blesse la pudeur. Des paroles indécentes. Une tenue, une posture indécente. Un
geste indécent. Par ext. En parlant d'une personne. &lt;em&gt;Vous êtes
indécent.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;    &lt;p&gt;À beaucoup d'égards, le Sénégal est une jeune nation. C'est la seule excuse
qu'on peut lui trouver quand ce pays adopte collectivement des comportements
qui manifestent si terriblement d'un manque d'expérience des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez l'indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble qu'on ne sache pas encore bien définir l'indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez donc, on croit encore que l'indécence à l'échelle de ce pays, ce
serait de voir ses filles étaler leur petite vertu devant un public parsemé de
touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’&lt;a href=&quot;http://www.xibar.net/index.php?action=article&amp;amp;numero=1520&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;histoire&lt;/a&gt; défraie la chronique dakaroise actuellement. Elle
commence dans une boîte de nuit un peu mal famée où une bande de jeunes filles
aux mœurs qu’on qualifiera de légères s’emballe sur une piste de danse de plus
en plus chaude. L’ambiance aidant, l’alcool peut être, les billets de banques
brandis par des européens présents aussi parait-il, cela se finit en un
concours de danse érotique très osé. Non, carrément vulgaire. Dans la plus pure
tradition d'encanaillement des &amp;quot;sabbaru keur&amp;quot;, ces danses privées que Dakar
connaît depuis toujours. Tout le monde s’amuse bien je crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que quelqu’un a filmé le tout et la vidéo, je ne sais comment, se
retrouve sur le Net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a vite fait les tours des &lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;sites&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.rewmi.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;fréquentés&lt;/a&gt; par
les sénégalais. Ah l’indignation de &lt;a href=&quot;http://forum.seneweb.com/forum/viewtopic.php?p=970424&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mes
compatriotes en ligne&lt;/a&gt;, mes amis, fallait la voir. Chacun y allant de son
petit couplet. « Ce pays est foutu ! » s’émeuvent-ils. « Foutu
je te dis ! » qu’ils se répliquent-ils. &amp;quot;Que je n'y retournerais plus,
moi, môssieu&amp;quot; dit, l'immigré choisi et bientôt jeté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre jeune presse à scandale, qui essaie d’exister depuis peu, s’empare du
sujet et publie quelques photos en une et voilà l’affaire devenue
nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« C’est indécent ! » s’exclame avec une pudibonde hypocrisie le
pays tout entier &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#pnote-157734-1&quot; id=&quot;rev-pnote-157734-1&quot; name=&quot;rev-pnote-157734-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Hypocrisie vite constatée, car le lendemain,
le CD de la vidéo qu’un petit malin a pensé à graver, &lt;a href=&quot;http://www.rewmi.com/Vente-de-films-dans-la-rue-Gouddi-Town,-le-nouveau-creneau-des-ambulants_a4544.html?PHPSESSID=45cf4e8e3e7589012bc91a9280cc3d22&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;se vend comme de petits pains&lt;/a&gt; aux feux rouges dakarois. Tu
parles de faux-culs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-là tout ceci m’indiffère. Du moins j’essaie de ne pas m’irriter que
des Sénégalais se drapent de leur indignation pour une histoire de cul qui
n’est même arrivée jusqu’à l’acte. Dans un lieu fermé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Indécence ! » disent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant et si bien que ces jeunes filles &lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com/news/article/12289.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;sont aujourd’hui
en prison&lt;/a&gt;. Et la nation entière de se souffler : la morale est
sauve.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#pnote-157734-2&quot; id=&quot;rev-pnote-157734-2&quot; name=&quot;rev-pnote-157734-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non mais ! D’abord faut leur expliquer que la prostitution existe dans
ce pays, bien implantée d’ailleurs avec tout un segment de marché pour les
touristes occidentaux. S’il s’agit de parler de dégradation de la condition des
femmes et de la condition humaine en général, on peut commencer par là pour
causer d’indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce serait qu’un début.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout pour les femmes sénégalaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d’entre elles meurent chaque année en couches faute d’avoir
accès au soin les plus élémentaires. Leur rudimentaire « case » de
santé se trouve facilement à 7 Km de marche, au moment même oû les femmes de
nos gouvernants vont accoucher dans les cliniques américaines. Pour assurer la
nationalité à leur rejeton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent je trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers encore doivent pleurer leur enfant mort trop tôt de l’absence
d’un vaccin ou d’un médicament trop cher. Pendant ce temps, les enfants de la
bourgeoisie dakaroise, gavée d’argent sale, flottent obèses dans les piscines
des grands hôtels dakarois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent je vous assure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’autres corps flottent eux dans l’océan atlantique où se perdent et
dérivent chaque jour &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/tag/Pirogues&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les pirogues du
désespoir&lt;/a&gt;, cargaisons de jeune de mon pays, chassés par un horizon local
bouché et hantés par le mirage entretenu de l’eldorado européen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent aussi, je le prétends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les milliers d'enfants, talibés ou pas, qu'on regarde tous, traîner dans
nos rues, exposés aux pires exploitations, apprenant la délinquance comme
d'autre apprennent à lire? &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Somme nous
encore humains de tolérer cela&lt;/a&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent, au minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au même moment, le dakarois moyen traîne encore jusqu'à 22 heures dans les
coupes gorges de Colobane pour trouver un transport qui le ramènera vers sa
banlieue, tandis que nos députés se font offrir sans ciller par l’état une 4x4
par législature. Ceux qui sont reélus en ont une nouvelle. En outre le nombre
de 4x4 Porsche Cayenne, Touareg ou, c’est la toute dernière mode, Hummer, qui
circulent à Dakar est hallucinant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent ça, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les accusations de détournement portant sur des milliards de nos francs
vite oubliées à la faveur des compromis politiques ? Et l’enrichissement
subit et extraordinaire qui frappe chacun de nos leaders dès qu’ils
atterrissent sur un maroquin ministériel ou directorial ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent, je crains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, même, nos gouvernants qui applaudissent quand Sarko vient dans
l’université nommée d'après le grand savant africaniste Cheikh Anta Diop
&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/13/En-reponse-au-discours-de-Sarko-a-Dakar&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;insulter la mémoire de tout le continent&lt;/a&gt; et l'intelligence de toute
l'assistance (y compris la sienne)?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indécent, c’est sûr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela et beaucoup d’autres choses qui mériteraient la qualification
d’indécence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le geste de l’autorité publique qui s’attaque à ces jeunes filles
accusées d’indécence (au nom de quel loi ? ), geste qui n’est que la
feuille de vigne qui cache mal l’obscène indécence de sa faillite morale et
opérationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est .. d'un vulgaire!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#rev-pnote-157734-1&quot; id=&quot;pnote-157734-1&quot; name=&quot;pnote-157734-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] La presse plus classique s'est jointe à la curée. J'ai
quand même noté un billet de Samba Alaar dans le Populaire qui comme
d'habitude, prend le contre-pied et compare le crime de ces files avec la
corruption quotidienne de nos dirigeants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/#rev-pnote-157734-2&quot; id=&quot;pnote-157734-2&quot; name=&quot;pnote-157734-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] J'exagère un peu. Il y a quand même un politicien pour
&lt;a href=&quot;http://www.seneweb.com/news/elections2007/article.php?artid=12370&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;remettre les choses en perspectives&lt;/a&gt;. Il vaut ce qu'il
vaut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/23/Definissez-lindecence#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Habitat contre Habitudes</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes</link>
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    <pubDate>Mon, 10 Sep 2007 00:15:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Dakar</category><category>Habitat</category><category>Quartier</category><category>Ville</category>    
    <description>&lt;p&gt;Samedi dernier, j'ai dîné au milieu de la rue, en plein air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous étions des douzaines sur la chaussée, réunis autour de larges plateaux
remplis de succulents et dangereusement riches plats de fêtes sénégalais,
sirotant nos jus de fruits, échangeant répliques et éclats de rires d'un groupe
à l'autre. Un véritable banquet sur la voie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une scène pourtant classique à Dakar.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Qu’il y ait un mariage à fêter, un baptême à célébrer, un enterrement même
et la famille dakaroise s’empresse de louer une sorte de chapiteau vite monté
sur la rue devant sa maison, de mettre des chaises tout autour et voilà sa
salle des cérémonies improvisée fermant d’office la rue à la circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ensuite voir pendant tout le temps que cela dure, les voitures
tourner au coin de la rue, apercevoir le chapiteau, s’arrêter et rebrousser
chemin pour aller chercher ailleurs une voie plus dégagée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux il est devenu courant dans nos quartiers populaires de voir, le soir,
quelques jeunes tirer un câble au-dessus de la chaussé, accrocher une ampoule
au milieu et sous le foyer de lumière crue ainsi créé, former une ronde
tournante pour brailler des chants religieux. Les voix écaillées se noient
alors dans un chœur miraculeusement harmonieux qu’un petit tam-tam vient
parfois rythmer, la ronde se muant même en une chorégraphie élaborée qui durera
tard dans la nuit. Chorégraphie et chœurs que ne sauront hélas pas apprécier
les rares non-chômeurs qui tentent d’obtenir une nuit de sommeil dans ces
quartiers qui vivent surtout le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les automobilistes ne s’étonnent plus des ces barrages impromptus même s’ils
s’énervent parfois des vrais parcours d’orientation qui leur sont ainsi
imposés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait conclure rapidement que c’est la une société déjà &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Activisme_anti-voiture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;anti-voiture&lt;/a&gt; ou du moins qui n’a pas encore donné priorité absolue sur
la voie publique à la voiture. Surtout à voir, même au delà de ses barrages
ponctuels, les piétons dakarois partager nonchalamment la chaussée avec les
voitures, s’écarter à peine sous le coup de klaxon et offrir l’invective aux
conducteurs trop pressés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne serait qu’une explication partielle. D’abord parce que
l’occupation de la voie publique dont il est question ici ne se fait pas qu’aux
dépens des voitures mais de tout le voisinage. Et surtout parce que quand un
autre espace (terrain vague, place publique) est disponible à portée, les gens
y vont plutôt que sur la chaussée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du sud que je récusais dans un de mes &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/25/Ce-qui-va-mal-a-Dakar-selon-le-Sud-Quotidien&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;billets&lt;/a&gt; expliquait ce comportement et beaucoup d’autres par le fait
que la majorité de la population dakaroise, issue d’un exode rural récent,
serait composée de mauvais citadins. « A-urbains » disait le
journaliste, les accusant de transposer ici des habitudes provinciales. Une
manière de nous traiter de ploucs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui je le récusais globalement parce qu’il parlait en général de respect de
la chose publique. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-1&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-1&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant j’ai envie de lui donner raison sur un point : notre habitat
à Dakar ne correspond pas à nos habitudes (provinciales ou pas). Mais n’est ce
pas l’habitat qui aurait du être mieux pensé ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Provinciales ou pas, nos habitudes sont héritières d’un autre modèle
d’habitat : la concession. La concession, que je retrouve aussi bien dans
mon village d’origine que dans le Dakar de mon enfance, c’est un ensemble de
bâtiments réunis autour d’une grande cour commune. Au village, elle est encore
familiale puisque les bâtiments abritent des frères et cousins, &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les générations qui grandissent&lt;/a&gt; élargissant progressivement
la concession quand ils fondent leur foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’élément fondamental de ces concessions était cette cour centrale, large
espace, qui n’est pas encore la voie publique, mais un espace partagé par tous
ces foyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de jeux pour les enfants qui peuvent s’y épanouir tout en
restant sous l’œil des parents &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-2&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-2&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de travail surtout pour ces dames qui s’y activent depuis le
premier coup de pilon du matin jusqu’au dernier coup de balais du soir, mais
aussi pour tous ces artisans dont le métier s’exerce à la maison (cordonnerie,
sculpture, vannerie…).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un espace de détente et de repos qui voit par exemple le soir venu, se
dérouler les nattes comme les hamacs et, seul ou en couple, les habitants de la
concession s’installer pour prendre l’air, fuyant jusque tard dans la nuit la
chaleur des chambres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est enfin un lieu de regroupement, cet espace large facilement transformé
en piste de danse, en autel de cérémonies ou en salle de réunion
communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d’espaces que n’ont pas pensé à offrir les planificateurs (quand ils
existent) de notre habitat urbain. Autant d’espaces que doit remplacer la voie
publique dakaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s’étonner alors de voir les enfants poser deux cailloux pour marquer
les buts et transformer la rue en terrain de foot ? Ou encore de voir les
trottoirs servir d’espace de travail domestique ou artisanal ? Comme
'indigner réellement de voir la chaussée devenir salle de banquet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dakar a connu une expansion démographique vertigineuse et les nouveaux
quartiers sont peut être sortis de terre plus vite qu’on ne pouvait les nommer
&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-3&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-3&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Ils ont poussé certainement plus vite que
les pouvoirs publics ne pouvaient les contrôler et planifier leur
développement. Ainsi, des promoteurs avides ont découpé des parcelles de plus
en plus exiguës omettant non seulement les espaces réservés aux lieux publics
(écoles, jardins publics, lieus de cultes) mais aussi parfois les
trottoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans cette ville ainsi mal fichue, nos habitudes se heurtent à notre
habitat et rien n’en sort indemne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aime rêver que si on leur avait laissé le temps et l’éspace &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#pnote-154005-4&quot; id=&quot;rev-pnote-154005-4&quot; name=&quot;rev-pnote-154005-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, les planificateurs urbains nous auraient
construit une ville des concessions. Des cours regroupant plusieurs foyers dans
une sorte de « &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Gated_community&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;gated community&lt;/a&gt; » plus humaine, pas faite pour exclure
mais pour réunir. Des concessions qui pourrait même servir de cellules de base
d’une gestion municipale plus proche de nos conseils de village et offrant
ainsi au pouvoir public un ancrage traditionnel utile pour sa légitimité et
pour un meilleur respect de la chose publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas gratuitement dans le romantisme bucolique. Il me semble juste
parfois, que si l’organisation et la gestion de notre société actuelle est
parfois si mauvaise, c’est qu’elle a subi une mutation artificielle (depuis la
colonisation) qui lui retire le bénéfice d’un meilleur ancrage dans les
traditions et la culture dont nous restons héritiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est aussi de tout cela que nous discutons en nous régalant au milieu d’une
rue étroite d’un nouveau quartier dakarois.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-1&quot; id=&quot;pnote-154005-1&quot; name=&quot;pnote-154005-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Or, la chose publique possède ses mécanismes de gestion
dans nos campagnes et qu’elle soit mal gérée en ville relève plus de
l’inefficacité du nouveau mécanisme (le jeune etat du sénégal) que de l’absence
de mécanismes traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-2&quot; id=&quot;pnote-154005-2&quot; name=&quot;pnote-154005-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Rôle de parent facilement mis en commun dans le modèle
de concession, la surveillance comme l’éducation étant mutualisées&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-3&quot; id=&quot;pnote-154005-3&quot; name=&quot;pnote-154005-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] D’où le nombre fascinant d’homonymies entre ces
quartiers. Compter les « Keur Khadim » pour voir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/#rev-pnote-154005-4&quot; id=&quot;pnote-154005-4&quot; name=&quot;pnote-154005-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] qui fait facilement défaut dans la presqu’île
dakaroise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/10/Habitat-contre-Habitudes#comment-form</comments>
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      </item>
    
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    <title>Culture Shock and the Devine surprise</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/Culture-Shock-and-the-Devine-suprise</link>
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    <pubDate>Sun, 09 Sep 2007 23:37:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Culture</category><category>Irlande</category>    
    <description>&lt;p&gt;Culture Shock n'est pas seulement le titre accrocheur d'une &lt;a href=&quot;http://www.vavatch.co.uk/books/banks/cultnote.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;note&lt;/a&gt; à
propos de l'&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/The_Culture&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;utopie&lt;/a&gt; la plus enthousiaste que j'ai jamais lue (La Culture décrite
par &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Iain_Banks&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Iain
Banks&lt;/a&gt;, dans certain de ces romans). Culture Shock est un terme désignant ce
qui se passe quand un individu découvre à ses dépens et parfois à son insu les
différences profondes entre sa société et une autre qu'il rencontre. Culture
Shock est le terme à proposer à Patrick Devine, jeune irlandais qui vient de
passer un mois en prison au Sénégal pour avoir tenté de se faire prendre en
photo fesses en l'air devant la Gouvernance Saint Louis.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L'Histoire de Patrick Devine que j'ai découverte parce que je jette parfois
un coup d'oeil distrait sur des &lt;a href=&quot;http://www.independent.co.uk/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;journaux&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;britanniques&lt;/a&gt; en ligne, est passée totalement inaperçue dans la presse
sénégalaise tandis qu'elle soulevait une forte émotion dans les chaumières de
son Donegal natal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est presque drôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est celle d'un irlandais venu au Sénégal dans le cadre d'un programme de
volontariat (&lt;a href=&quot;http://www.teaching-abroad.co.uk/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;TPA&lt;/a&gt;)
mener des actions humanitaires en direction des enfants (Oui, touchant). Ce
devait être des sortes de vacances utiles, faire oeuvre humanitaire et voir du
pays ... A l'étape de &lt;a href=&quot;http://www.kassoumay.com/senegal/saint-louis-senegal.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Saint
Louis&lt;/a&gt;, pendant qu'il sillonne la vielle île aux superbes bâtiments
coloniaux, &lt;a href=&quot;http://whc.unesco.org/pg.cfm?cid=31&amp;amp;id_site=956&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;déclarés patrimoine de l'Humanité&lt;/a&gt;, Patrick s'offre le délire
de sa faire prendre en photo les fesses en l'air devant l'imposante bâtisse de
la gouvernance. &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Mooning&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Mooning&lt;/a&gt;&amp;quot;, comme cela se dit en argot anglais, allusion probable aux
deux globes ainsi exposés comme deux croissants de lune (et preuve faite donc
par la couleur que ce n'est une exactement une pratique sénégalaise). Le
contraste entre le lieu de pouvoir et son moqueur arrière-train devait
probablement plaire au jeune esprit subversif. Sauf qu'un passant choqué par
l'exhibition impudique fait venir la police et le voila en prison attendant
d'être jugé pour attentat à la pudeur ou un truc de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles des journaux &lt;a href=&quot;http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/northern_ireland/6944088.stm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;anglais&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.breakingnews.ie/ireland/mhcweyauaukf/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;irlandais&lt;/a&gt; qui rapportent l'affaire utilise des termes qui me
laisse l'impression que le jeune homme est retenu dans une geole terrible en
contrée barbare &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#pnote-154004-1&quot; id=&quot;rev-pnote-154004-1&quot; name=&quot;rev-pnote-154004-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;pour avoir bafoué quelques tabou arrirèré.
Leur ambassadeur au Nigeria (le plus proche, pour dire!) avait pris langue avec
les autorités du dit pays nous dit on (comme quoi dans ces contrées la justice
ne doit pas etre indépendante hein?). Et puis on y va du &lt;a href=&quot;http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/article2915314.ece&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;témoignage larmoyant&lt;/a&gt; sur ce jeune homme bien sous tous
rapports parti sauver les enfants d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rigole un peu. Et me désole que les journalistes ratent encore une
occasion de faire réfléchir un peu leur lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part je comprend le délire du jeune homme. J'ai quand même passé
plusieurs de mes années en France dans une école dont les membres l'équipe de
rugby avaient la charmante habitude de présenter collectivement leur derrière
aux fenêtres de leur bus à chaque sortie. Mais j'aurais été présent à Saint
Louis quand Patrick a fait pareil, je l'aurai également interpellé au moins
pour une verte remontrance. Parce que interprétant son geste dans le cadre ou
il était, je l'aurais trouvé extrêmement choquant. La nudité n'est pas
exactement perçue de la même d'une société à l'autre. Comme plein d'autres
choses. Par exemple, au risque de surprendre mon éventuel lecteur londonien, je
peux affirmer que chanter ensemble sur des thèmes sportifs autour de la
quinzième choppe de Guiness n'est pas un moyen universel de communion
masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de choc culturel me vient d'une anecdote plus personnelle.
Une de mes anciennes profs à Paris se plaignait que ses nouveaux étudiants
sénégalais ne lui inspiraient aucune confiance. &amp;quot;Ils ne me regardent jamais
dans les yeux quand je leur parle&amp;quot; disait-elle. Elle les soupçonnait déjà des
pires turpitudes. En fait, elle rencontrait pour la première fois des
sénégalais bien élevés dans nos traditions et pour lesquels garder les yeux
respectueusement baissés quand une autorité (un adulte, un prof) s'exprime est
le signe d'une bonne éducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de situation me mettent toujours un peu mal à l'aise, embarrassé en
fait pour les personnes qui ne se sont pas comprises. Ou plutôt pour ceux qui
n'ont pas bien réagi. Je me dis quand même qu'en partant d'une certaine
ouverture aux différences culturelles et en avançant avec un peu plus de
prudence et d'ouverture, beaucoup de ces chocs seraient mieux vécus. Aucun des
sénégalais avec qui j'étais n'a éclaté de rire à notre premier cours en France
quand le prof est entré en classe en avec son look loubard et sa boucle
d'oreille. Pourtant vu de chez nous, il y avait de quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir à Patrick Devine, je crois qu'il a omis la plus élémentaire
réflexion sur l'impact de son geste dans l'environnement où il était. Il
n'était pas bien difficile de constater que les sénégalais n'exhibent pas
facilement leur nudité &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#pnote-154004-2&quot; id=&quot;rev-pnote-154004-2&quot; name=&quot;rev-pnote-154004-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; (Je me souviens encore de mon choc
devant l'idée de douches communes , avec des personnes plus agées que moi qui
plus est, après une séance de sport).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Patrick, l'histoire se finit bien. Il a été libéré sous caution et
&lt;a href=&quot;http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/article2915314.ece&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;n'a pas attendu&lt;/a&gt; le procès qui l'a condamné a une amende et à
une peine en sursis. Tant mieux pour lui. Mais j'aurais bien aimé l'attraper
pour discuter un peu de relativité culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#rev-pnote-154004-1&quot; id=&quot;pnote-154004-1&quot; name=&quot;pnote-154004-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] par exemple ils ne disent pas &amp;quot;arrêté au senegal&amp;quot; mais
&amp;quot;emprisonné en Afrique&amp;quot;. Tout de suite ça fait plus grave hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/09/09/#rev-pnote-154004-2&quot; id=&quot;pnote-154004-2&quot; name=&quot;pnote-154004-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Oui je sais, la mode vestimentaire des jeune dakaroises
me contredit superbement. On dira qu'on exhibe pas facilement tout le
reste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mots de Jubilation</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/23/Mots-de-Jubilation</link>
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    <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 02:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Banlieue</category><category>Musique</category><category>SLAM</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tentant de me défendre de la réputation de spleener invétéré que me donnent
mes envolées lyriques où la mélancolie se fait passer pour de la profondeur,
j'avais promis, en réponse à un &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/09/Mots-de-lamentation#c1979674&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;commentaire&lt;/a&gt;
sur mes &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/09/Mots-de-lamentation&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mots de
lamentation&lt;/a&gt;, des mots de jubilation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me voyais déjà tentant d'extraire des recoins sombre de mon humeur triste
une lueur de joie à partager et l'exercice me déprimait d'avance. Eh bien cela
n'aura pas été difficile. Des mots jubilatoires j'en ai eu plein le Dimanche
12, au Just 4 U, lors de la soirée SLAM que nous ont offerte avec beaucoup de
talent la petite bande du Victorian Bantu.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« C'est quoi le Juste Quatre U» ? se demandera le francophone pas
assez au fait des loisirs dakarois. Le «Djeuste Fore You», O lecteur lointain,
c'est un petit bar-resto-cabaret en plein air en face de l'université où
l'amateur de musique folk sénégalaise (les mélodies &lt;a href=&quot;http://www.leopardmannen.no/l/lo.cheikh.asp&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Cheikh LO&lt;/a&gt;, les
mots de Souleymane Faye, la voix de Daby), celui de Jazz (Vieux Mac Faye, Baba
Band), celui de rap sénégalais (Dara J?) ou juste le rare grégaire Dakarois
incapable de dîner seul à la maison &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/23/#pnote-148877-1&quot; id=&quot;rev-pnote-148877-1&quot; name=&quot;rev-pnote-148877-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; se rencontrent en
plein air pour une bouffe insipide, un choix limité de boissons et une bonne
diversité en musique live souvent excellente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche donc ... Pardon ? Le slam ? Vous ne connaissez pas le
slam ? Ah on me lit donc dans ces contrées reculées ? Ebinmonwié! Le
slam, ma petite dame, ce sont des textes qui se déclament, sans tout le
tintammare et le ramdam, une nouvelle poésie populaire qu'on acclame, de Dakar
a NY en passant par Paname.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche donc à minuit, au Just 4 U et j'y renifle l'air de l'hivernage
tentant de savourer cette odeur de terre mouillée annonciatrice de la pluie qui
risque de sonner le glas de cette soirée SLAM que j'attends depuis deux bonnes
heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.evene.fr/livres/livre/chinua-achebe-le-monde-s-effondre-8183.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&amp;quot;À la fin la pluie vint. Elle fut soudaine et formidable&amp;quot;&lt;/a&gt;
comme l’écrivait &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Chinua_Achebe&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Chinuwa Achebe&lt;/a&gt;. Mais heuresement il y a eu d'abord la pluie de mots,
tout aussi formidable, durant toute la prestation de Papelas, Fari et de leur
invités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les mots ont volé et très haut tandis que nos slameurs du Lundi (...
oui, il était minuit passé et ce ne sont vraiment pas des poètes du dimanche.
Et puis Lundi, cela sonne plus pro, madame, ce qu'ils etaitent. Arretez donc de
m'interrompre! ou en etais-je ? Ah .. tandis que nos slameurs disais-je
....) se sont succédés dans un enchaînement très riche de textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai admiré les beaux jeux de mots de Papelas, qui parlait à nos consciences
avec un humour subtil. J'ai applaudi les délires de Fari qui a peint en mots
Wolof et français toujours bien agencés la scène de drague la plus sénégalaise
qui soit. Leurs textes acappela se sont enchaînés comme sur du papier à musique
et nous ont beaucoup enchantés, souvent fait rire et par moment très émus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il ont ouvert le micro à quelques invités (dont &lt;a href=&quot;http://www.awadimusic.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Awadi&lt;/a&gt;, Fou Malade et &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=TTkYSXpHMWo&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Xuman&lt;/a&gt;, le plus
grand rappeur sénégalais, qui fait pas loin de 2 metres). C'est là que j'ai eu
ma plus belle surprise avec Matador (du groupe de rap BMG 44). Ce petit gars à
l’allure ramassée de félin aux aguets nous a offert une prestation fascinante,
tant elle était expressive, et troublante, tant elle exprimait le quotidien de
détresse et de rejet social d'une vie d'un jeune dans la banlieue
dakaroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard j'apprendrais que Papelas qui est allé le rencontrer au fond de sa
banlieue l'a trouvé entrain d'animer un atelier d'écriture et de slam avec les
jeunes du quartier. Ce qu'ils produisaient nous a tous soufflés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis reparti avec un constat terrible teinté d'un espoir insensé. En
effet, Pikine-Thiaroye-Guidewaye, cette grande banlieue de Dakar, c'est là-bas
que se déroule l'explosion de la démographie dakaroise avec ses
caractéristiques inquiétantes: 52 % de moins de 18 ans et 68 % sous le seuil de
pauvrèté. Là-bas, loin de nos yeux de bourgeois du centre vile qui s'ignorent
minoritaires, mijote une soupe sociale dont l'explosion certaine pourra prendre
n'importe quelle forme. Bonne ou mauvaise, je peux vous prédire qu'elle sera
créative. Cette banlieue produit déjà les meilleurs résultats du concours
général (la sélection doit être si serrée, ceux qui arrivent au bac au Lycée
Limoulaye doivent être de sacrés monstres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut produire aussi le pire. Mais pour une fois, vu ce que j'ai
découvert sur scène, je parie sur le meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08/23/#rev-pnote-148877-1&quot; id=&quot;pnote-148877-1&quot; name=&quot;pnote-148877-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] les sénégalais ne dinent pas dehors! Mais c'est tout
une histoire ça. Un autre post sûrement&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Mots de consolation</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/28/Mots-de-consolation</link>
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    <pubDate>Sat, 26 May 2007 16:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Mort</category><category>Rituel</category><category>Salamalec</category>    
    <description>&lt;p&gt;Cousin H est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un coup comme ça.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on meurt en contrée mal développée : plutôt jeune, plutôt pauvre,
suite à une crise soudaine d'une maladie non identifiée, laissant de jeunes
orphelins et une veuve sans soutien.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le foyer qui il y a encore quelque jours semblait condamné à se construire
dans la durée envers et contre tant de handicaps se désagrège soudain éparpillé
au grès des mécanismes traditionnels de soutien social. Quelques enfants pris
en charge par ci, la mère ailleurs et il ne reste plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les visages restent graves et le chagrin sourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les formules convenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une formule pour chaque échange, une partition pour chacun. Des formules
anciennes qu'on répète comme des automates sans remarquer combien elles ont
l'art de contenir en peu de mots tant de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord le visiteur qui entame l'échange rituel&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Nous avons appris l'événement bien triste qui s'est produit
ici&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille du défunt : &amp;quot;Hmmmm hm! Oui c'est ainsi&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Je vous présentes des condoléances qu'on partage&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Et lui, que Dieu le prenne en pitié et lui pardonne ses
fautes&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Que Dieu sauvegarde la dignité de ce qu'il laisse derrière
lui&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille du défunt :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Qu'il nous offre la force de supporter cette perte&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille du défunt :&amp;quot;Amin! amin&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Qu'Il laisse ses prières longtemps entre vos mains&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse deviner le sens derrière chaque formule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite la famille du défunt retourne les voeux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Famille : &amp;quot;Que Dieux entendre vos voeux&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiteur : &amp;quot;Amin! Amin!&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Famille : Qu'Il en fasse une dette qu'on tardera à vous payer&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais attaché beaucoup d'attention à ces formules. Justement par ce
que je les trouvais bien convenues. Pourtant récemment quand j'ai cherchais à
dire sincèrement des voeux à l'enterrement de cousin H, je me suis retrouvé à
dire les mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui cousin H avait ses défauts et ses fautes, c'est les reconnaître et les
pardonner que nous propose la formule. Oui je partage la perte de cousin H.
avec ses frères à qui je présente les condoléances. Oui il laisse des dettes,
une famille dans le besoin .... la dignité ici, ce serait de régler tout ceci
en toute discrétion. Et enfin, on veut bien vivre longtemps à faire des voeux
pour lui, nous. Et quelle poésie dans le verbe que de souhaiter que ces
condoléances soient une dette qu'on tarde à payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui , de sens ces formules toutes faites en ont plein mais ce n'est pas pour
cela que j'ai finalement appris leur valeur. C'est en regardant la veuve, les
frères souvent près de perdre le contrôle et de se laisser aller chagrin, se
reprendre obligés qu'il sont de répondre aux formules d'usage, c'est quand j'ai
vu les réponses automatiques devenir la bouée à laquelle s'accroche le chagrin
pour retrouver une contenance que j'ai compris : ces mots consolent en
donnant à l'esprit troublé des repères fermes, facile à suivre. Un chemin vers
la consolation nécessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez déjà remarqué combien les cérémonies funèbres restent encore aussi
marquées par les traditions ? Combien le rituel qu'elles imposent
résistent longtemps au moindre changement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que je comprends désormais un des raisons à cela.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Apprentis sages (4) : Allez et (sur)peuplez la terre... du Saloum.</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3d2e844088a149db27ec099b31c4c40e</guid>
    <pubDate>Sat, 07 Apr 2007 01:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Agriculture</category><category>Apprentis-sages</category><category>Population</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je reviens dans la série des &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/tag/Apprentis-sages&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Apprentis-sages&lt;/a&gt; pour cette fois ci abandonner mes pauvres cousins face
aux défis de la Ville et aller voir un peu ce qui se passe du coté de ceux qui
sont restés au village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est toujours la révolution dans la petite vie de mes cousins, de mon
village, la -bas dans le bassin arachidier, anciennement vivier de riches
négociants aujourd'hui source privilégiée de &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;nouveaux boat-people&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme toute révolution, celle-ci nait dans la tension d'un conflit.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un des mes cousins est actuellement en cavale. Il a pris le maquis dans
cette zone frontalière (avec la Gambie) propice à ce genre d'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de sa fuite un drame qui est devenu banal dans ce pays depuis
que les bergers y cohabitent avec les paysans. Il faut dire qu'ici, le berger
d'un jour est le paysan de la veille et ces conflits exigent une schizophrénie
permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin donc, de corvée pour guider le troupeaux ce jour là, savait bien
qu'il n'échapperait pas au conflit quand ses bêtes sont entrés dans les champs
appartenant au village voisin. Mais tout jeune peul qui se respecte a la
machette aussi afutée que la fierté dangereuse. Aussi mon jeune cousin après
avoir fait sortir son troupeaux du champ saccagé, atendit sans se dégonfler
l'arrivée du propriétaire. Qui arriva. Bien accompagné. Bref une foule. Des
accusations outragées, des excuses néssairement insuffisantes, des menaces
pleines de défis et bientôt il ne restait plus que l'affrontement. Sauf que mon
cousin, peu volontaire pour la raclée (qui récompense habituellement la
négligence du berger et produit des générations d'ex bergers agguéris aux coups
et excellent coureurs) se dégagea d'un coup de machette au jugé avant de
s'évanouir parmi les &lt;a href=&quot;http://www.diawara.org/senegal/senegal_agriculture_cereales.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;épis de mil&lt;/a&gt; très hauts en cette saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banalité de cette anedocte aurait pu faire bailler n'importe qui dans ce
terroir, si le coup de machette n'avait atterit dans une chair délicate et mis
l'infortuné en sérieux danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Il a été &amp;quot;taillé!&amp;quot; dit on litéralement dans la langue locale utilisant le
même verbe que pour le bois. &amp;quot;Il a été taillé par UnTel de tel village&amp;quot;
consigna méticulisement le gendarme dans le PV avant d'anoncer tranquilement à
l'assistance qui avait accompagné les frères indignés au bourg voisin pour
porter plainte qu'on irait le chercher le lendemain. Pour interrogatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin n'est pas rentré au village. Il a profité de la nuit pour passer
la frontière. Un ami l'a un peu aidé avant de revenir rapporter à mon oncle le
message d'au revoir du fugitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah l'idiot! L'histoire a été reglée comme d'habitude. Délégation ad hoc.
Excuses formelles. Regrets sincères. Compassion réelle pour la victime. Et
rappels subtils dans les salémalecs de tout ce qui lie les deux parties. Oui
bien sur, la plainte sera retirée, le blessé soigné. Les gendarmes tiendront
quand même à faire regretter à mon cousin d'avoir osé s'enfuir. Ils exigent sa
présentation au poste. Dès son retour, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classique symptôme de ce qu'on appelle savamment la saturation foncière dans
cette zone un peu trop peuplée pour les ressources qu'elle peut offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais assis à l'ombre du manguier qui domine la cour de la concession
familale, tandis qu'on commente la stupidté du cousin et la fatalité du
conflit, je regarde courrir autour de mois les acteurs d'un futur conflit bien
plus tragique : des enfants, pleins d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, mon oncle qui a de nombreux fils est desormais tant de fois grand
père qu'il ne comple plus le nombre de gateaux de mil qu'il distribue avec
génrosité à toute heure dans la pure tradition des grand-pères. Or, dans une
région déjà complètement en culture, il a du découper les terres de la famille
en lots déjà trop petits pour offrir à chacun de de ses fils son lopin. Lesdits
fils, mes cousins testent in vivo la règle mathématique dite de croissance
exponentielle d'une population en refusant obstinément de découvrir la
contraception (je simplifie, là).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une génération, pas si lointaine que cela, ces enfants se battront pour
le partage de ses terres. Et les conflits entre frères sauront être bien plus
sanglants qu'entre voisins. On fera dans le familial, sans retenue ni
pudeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays où la seule alternative au travail agricole sinistrée reste
l&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;'aventure maritime vers les côtes d'Europe&lt;/a&gt; ou l'&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/05/15/Apprentissages-3-%3A-Mon-cousin-decouvre-la-Chine&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;horizon bouché de l'aventure urbaine&lt;/a&gt;, la bombe démographique fait ses
derniers tics-tacs avant une explosion qui pourrait jeter chacun à la gorge de
son frère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fait la l'équipe des volontaires de déminage ? On tatonne. On
essaie d'initier d'autres activités économiquement viables qui ne requièrent
pas autant d'espace. On essaie de causer contraception et planning familial. On
essaie d'ouvir à ceux qui viennent au village la voie vers l'apprentissage d'un
métier. Et on compulse avec fébrilité les lectures sur la gestion de la terre
dans les environnements similaires &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/#pnote-95743-1&quot; id=&quot;rev-pnote-95743-1&quot; name=&quot;rev-pnote-95743-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Oui cela fait
beaucoup d'apprentissages pour mes cousins et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour peut être l'Etat se reveillera pour proposer une réforme foncière
plus ou moins heureuse. Un plan peut etre concoté par quelque prophète du
libéralisme à la Banque Mondiale ou au FMI. Histoire d&amp;quot;appliquer &lt;a href=&quot;http://sanou.mbaye.free.fr/blog/index.php?/archives/10-LAfrique-et-le-neoliberalisme-resistance-ou-soumission.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la recette miralce habituelle&lt;/a&gt; qui met en situation de
concurrence libre et non faussée les agneaux de mon villages avec quelque loups
bien choisis. Au risque de créer une autre population de sans terre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/#rev-pnote-95743-1&quot; id=&quot;pnote-95743-1&quot; name=&quot;pnote-95743-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]
par exemple cet &lt;a href=&quot;http://www.dhdi.free.fr/recherches/environnement/articles/barrieredroitenvironnement.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;article&lt;/a&gt; sur la gestion du foncier en pays bassari par Olivier
BARRIERE&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/07/Apprentis-sages-4-%3A-La-bulle-immobiliere-dans-mon-village#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ville Cruelle -  Où la communauté se noie dans la multitude</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/06/Ville-Cruelle-1-%3A-Et-la-communaute-se-noie-dans-la-multitude</link>
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    <pubDate>Fri, 06 Apr 2007 04:40:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Agression</category><category>Dakar</category><category>Individualisme</category><category>Société</category>    
    <description>&lt;p&gt;La scène se déroule dans un &amp;quot;car rapide&amp;quot;, un des ces monstres roulants qui
encombrent les rues de Dakar au grand regret des autres conducteurs mais qui
font office de transport en commun le plus populaire de la ville. Ces cars,
qu'emprunte la grande masse laborieuse qui se deverse chaque jour de la grande
banlieue dakaroise vers le centre, sont un laboratoire de notre société.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin qui a emprunté le car ce matin là tente en vain de sauver le
repassage impeccable et la blancheur de son ample et superbe &lt;a href=&quot;http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/09/Hypermarche-le-Senegal-Rayon-Beaute&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Kaftan&lt;/a&gt;
aux broderies élaborées mais la tâche est ardue. Sur sa gauche, il a une
vendeuse de poissons qui transporte toute sa marchandise dans une large bassine
qui encombre l'étroit couloir du car et dont les éffluves &amp;quot;marines&amp;quot; sont bien
moins dangereuses que les arêtes tranchantes et queues de poissons qui en
débordent joyeusement tentant d'ecorcher les pan du Kaftan. Sur sa droite, un
jeune homme est plongé dans la lecture d'un journal qu'il étale sans gène sur
ses voisins les obligeant à des contorsions qui achèvent de froisser mon
fringant cousin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lecteur indélicat est en fait un voleur en pleine action.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Il a repéré sa victime pendant qu'elle payait des courses au marché et l'a
suivie dans le car. Il a profité de l'entassement des voyageurs sur les sièges
pour opérer. La technique est presque un classique du genre. Le journal lui
donne un peu de discretion pendant qu'un canif aiguisé tente de lui ouvrir les
entrailles du sac à main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dame assise en face a longtemps observé la scène avant d'oser intervenir.
N'y tenant plus elle a averti la victime et interrompu le vol. Devant les
autres voyageurs fascinés mais passifs, le voleur a d'abord toisé sa victime
sans aucune peur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Tu as de la chance toi. Mais elle ... ce sera la dernière fois qu'elle se
mèle de mes affaires&amp;quot; a-t-il dit en se tournant vers celle qui l'a dénoncé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un geste vif, et il lui à lacéré le visage avant de sauter du car. Pendant
ques les voyageurs s'attroupent autour de la dame en sang, il s'est
tranquilement fondu dans la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cousin qui comme les voyageurs est resté sans réaction explique sa
propre passivité par un instinct de conservation : pourquoi serail il
intervenu pour risquer d'être bléessé pour quelqu'un qu'il ne connait
pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette scène et cette attitude sont devenues monnaie courante dans une ville
qui découvre depuis peu (une dizaine d'année) des formes de plus en plus
violentes d'agression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indivdualisme en tout beauté n'est ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcul égoiste de mon cousin et de chacun des voyageurs est évidemment
faux. En effet ils croient assurer leur propre sécurité en choisissant de ne
pas s'interposer. Or c'est justement l'assurance de leur non intervention qui a
permit à l'agresseur d'opèrer. Et qui les fera victime à leur tour un autre
jour. Ainsi leur attitude qui fait sens à l'echelle individuelle devient
castastrophique pour le collectif. Ce genre de fausse optimisation est une des
grandes joies de l'individualisme et le terreau de l'exploitation capitaliste
(mais je digresse...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui rend possible cet individualisme c'est avant tout la multitude
des inconnus qui peuple une ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en effet ne pas être tenté de laisser à son sort un inconnu? Et
puis, on risque peu de le rencontrer ailleurs pour se voir accusé de lachété.
L'héroisme de nos ainés qui se jettaient au secours d'une dame en detresse
n'était peut etre que la peur de l'oppobre quand tout le monde connaissait tout
le monde dans un cadre bien provincial. De son coté le voleur assuré de son
anonymat peut commetter son forfait et se perdre facilement dans l'immensité
urbaine sans qu'on le cueille le lendemain à sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'a rien d'extraordinaire. C'est classique à tout les grandes
villes du monde j'imagine. Ce qui me chagrine reellement c'est que tandis le
Sénégal s'urbanise de plus en plus vite devant la paupérisation insupportable
de son monde rurale, les villes connaissent une croissance folle en dehors de
tout contrôle, de tout planification et, surtout de toute reflexion sur
l'habitat et ses conséquences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et parmi ces conséquences, ce nouvel individualisme que nous ne connaissions
pas vraiement par ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens de la communauté tant invoquée chez nous se noie ainsi tranquilement
dans la multitude grouillante de nos villes en pleine explosion
démographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS: Ville Cruelle est le titre d'un beau roman de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mongo_Beti&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Mongo Beti&lt;/a&gt; (publié
sour le pseudonyme d'Eza Boto).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/04/06/Ville-Cruelle-1-%3A-Et-la-communaute-se-noie-dans-la-multitude#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Talibés : Notre humanité en jeu?</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html</link>
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    <pubDate>Tue, 20 Mar 2007 01:47:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il est vingt deux heures et les rues de Dakar se sont vidées enfin de leur
trop plein de véhicules et de monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela laisse un air d'après fête, avec les détritus et pour le dire brutalement
l'incroyable saleté qui tapisse les rues. Pour l'instant le calme et la
fraîcheur du soir font comme un écho à la fureur de la journée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je marche dans ces décombres de la journée, mon petit trajet nocturne occasion
de méditations souvent aériennes et dont, pauvres lecteurs, vous subissez
parfois les chutes maladroites.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce soir là, ma chute, un rappel à une douloureuse réalité, est venue sous une
forme innocente, fragile et pathétique : une main d'enfant m'a accroché...&lt;/p&gt;    &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Une main encore petite de son âge mais que déjà une vie
d'aumônes a rendu calleuse. Une main grise, sale et sèche qui prolonge un
maigre bras à la peau agressée par le froid et les derniers souffles de
l'Harmattan (ce vent sec qui souffle en Hiver et mène le sable du Sahara à nos
portes). Au bout de ce bras, l'épaule émerge de ce qui reste d'un T-shirt dont
le col s'élargit sur une petite poitrine aux côtes bien visibles. L'enfant aux
pieds nus qui m'interpelle ainsi n'a même plus l'envie de me chanter sa
complainte : il se contente d'un &amp;quot;saara gira yalla&amp;quot; pour demander sa
pièce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un talibé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'image est banale à Dakar et, c'est terrible à dire, ne m'aurait guère arrêté
si ce n'est deux détails.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'heure d'abord, tardive : je me demande ce que fait ce talibé dehors à cette
heure. Des restes de décence me disent aussi qu'un enfant dehors la nuit, par
ce froid, est un signe d'un terrible abandon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et puis l'autre détail : avec ces fins traits de peul, encore plus marqués par
sa maigreur, ses grand yeux sous le front large, cet enfant ressemble à mon
petit frère. A moi-même d'ailleurs quand je pense à mes photos d'enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et je prends tout à coup mesure de la réalité que nous trouvons desormais
banale à Dakar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, à vingt deux heures passées, un enfant de cinq ans, perclus de fatigue et
de froid, me demande d'une voix ensomeillée une pièce. Et j'allais trouver cela
banal. Jusqu'à ce que je réalise que cet enfant aurait pu être mon frère. Ou
moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand sommes nous tombés aussi bas, nous habitants du pays dit de la Teranga,
que nous laissons tous les jours des enfants dans cette condition ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a eu sa pièce et moi ma gifle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis, j'ai regardé le phénomène et les réactions qu'il suscite autour de moi
avec une attention nouvelle. J'essaye de comprendre comment nous percevons et
traitons les talibés, au quotidien comme dans le long terme. J'ai un peu
l'impression que c'est notre humanité qui est en jeu ici. En effet comment
qualifier une société qui serait indiffèrente ou, pire, complice active d'une
marginalisation aussi cruelle de ses enfants? Oui je crois bien qu'il y va de
notre humanité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors comment traite-t-on donc ces talibés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A la maison&lt;/strong&gt;, pour commencer au plus près? Il n'est pas rare de
voir une mère de famille avoir ses talibés attitrés. Ils passent après chaque
repas prendre des restes dont la qualité dépend aussi bien du niveau de vie de
la maisonnée que de sa générosité réelle. Une véritable relation s'instaure
souvent. Issue d'une maisonnée plutôt traditionnaliste j'ai souvent mangé
autour du même bol que les talibés attitrés de maman. Rien d'extraordinaire
dans cette charité bien répandue dans nos régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans la rue ?&lt;/strong&gt; C'est apparemment autre chose. Il faut d'abord
dire que l'explosion du nombre de talibés dans les rues de Dakar est
relativement récente et coïncide fortement avec une période de grande
paupérisation et d'exode rural. Preuve s'il en faut que le phénomène est une
manifestation du plus large problème de la pauvreté. Hélas, peut-être parce
qu'ils sont arrivés en grand nombre au moment même où Dakar découvrait une
nouvelle violence urbaine, les fameux &amp;quot;Agresseurs&amp;quot;, ils suscitent désormais
méfiance et stigmatisation. L'aumône vite jetée en réponse à la complainte du
talibé devant la vitre de la portière va de pair avec une tentative claire de
se distancier de cette source possible de délinquance. On les ignore quand on
peut. On les accuse quand on veut. On les regarde finalement bien peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans les média ?&lt;/strong&gt; De tous les maux qui affligent ce petit bout
de tiers monde qu'est le Sénégal, ce sont les talibés qui, à juste titre,
provoquent du monde occidental, le plus d'indignation, de compassion et de
projets humanitaires. Aussi vous trouverez facilement plusieurs associations
concentrant leurs actions sur les talibés. Il y a également pas mal de
littérature sur le Net à ce sujet. Cela va du &lt;a href=&quot;http://membres.lycos.fr/talibes/&quot;&gt;petit mémoire étudiant&lt;/a&gt; aux élucubrations
simplistes sur un &lt;a href=&quot;http://www.senegalaisement.com/senegal/mendicite.html&quot;&gt;certain portail&lt;/a&gt;.
Dans la presse quotidienne c'est plus sous la rubrique des faits divers qu'on
trouve parfois &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/actufr/articles/040/article_21217.asp&quot;&gt;raconté un drame&lt;/a&gt;.
A côté, combien de silences ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chez nos gouvernants alors&lt;/strong&gt; ? Eh bien la surprise est que
ceux-là semblent très préoccupés par le phénomène. Il avait sa place dans le
&lt;a href=&quot;http://www.gouv.sn/discours_pres/detail.cfm?numero=303&quot;&gt;Discours du
Président au 31 Décembre 2006&lt;/a&gt;, il était dans le programme de campagne de la
plupart des candidats aux présidentielles, il a fait l'objet d'un &lt;a href=&quot;http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/AFRICAINFRENCHEXT/SENEGALINFRENCHEXTN/0,,contentMDK:21234644%7EmenuPK:461591%7EpagePK:2865066%7EpiPK:2865079%7EtheSitePK:461478,00.html&quot;&gt;
programme particulier de la Banque Mondiale au Sénégal&lt;/a&gt; et a fait la une du
mensuel (?) sur papier glacé de la BM à Dakar. Mieux, j'ai dégotté sur le site
du Ministère de l'Education cette &lt;a href=&quot;http://www.education.gouv.sn/politique/eqja/fichiers/Etude-jeunes-daara.pdf&quot;&gt;étude
impliquant l'UNESCO&lt;/a&gt; qui envisage des formations qualifiantes pour améliorer
les chances d'insertion du talibé. Bref on a l'impression que le problème est
pris en charge et que s'il n'est pas réglé c'est plus faute d'efficacité que
manque de conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et puis il y a le traitement des ONG, nationales ou internationales, des
associations locales ou étrangères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui il se passe tout cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et j'en viens à me dire que si le sort cruel de ces enfants est un
des symptômes visibles et tragiques des multiples et profonds maux de notre
sous-développement, sa persistance malgré les discours et programmes est à
prendre avec la même patience presque fataliste que l'échec de nos plans de
développement jusqu'à aujourd'hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et ce n'est rien puisqu'un gamin famélique et grelottant qui
ressemblait beaucoup à mon frère m'a quand même interpellé au milieu d'une nuit
froide pour quémander une pièce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et ce n'est pas assez ou pas ce qu'il faut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela et puis je m'interroge toujours sur notre humanité pensant (à tort!)
qu'il suffirait qu'on dise tous &amp;quot;NON&amp;quot; à cette ultime indignité pour qu'elle
s'arrête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais faire quelque chose quand même. Vous aussi, faites donc.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2007/03/talibs-notre-humanit-en-jeu.html#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;...en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyranie&quot;</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/11/13/en-toute-beaute-et-en-toute-jeunesse-le-debut-de-la-tyranie</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 13:37:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Humeur</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;La scène inspire des images de guérilla urbaine, de révolutions sanglantes,
de terreur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On aperçoit d'abord au loin une épaisse fumée noire qui s'élève au dessus des
maisons et des arbres qui bordent les rues. Tout autour de vous les gens
inquiets lèvent la tête vers ce signe sinistre, s'interpellent,
s'interrogent.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Puis arrivent, venant de cette direction, les premiers d'entre eux. Ils courent
tous, en se retournant parfois, passent sans s'arreter. L'un est en sang,
l'autre tiens à la main un gourdin, un troisième s'arrete devant vous pour
ramasser un gros caillou, puis un autre avant de repartir. Ils répondent à
peine à vos questions :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;quot;Oui, c'est une voiture.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;quot;Ils l'ont brulée&amp;quot;.&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui ils ? Vous ne saurez pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bientôt c'est une foule qui arrive de ce coté, ils courent tous, une arme de
fortune à la main. Ils ont souvent le même T-shirt rouge. On commence à
reconnaitre les couleurs, les emblèmes. Ce sont les supporters de l'équipe qui
a gagné la finale d'hier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &amp;quot; Quelle finale ? &amp;quot; (oui, je ne suis pas les hivernales!) ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On comprend bientôt qu'iIls courent vers leurs maisons en feu. Pendant qu'ils
brulaient une voiture dans le quartier de leurs adversaires d'hier, ceux-ci
sont allés mettre le feu à leurs maisons. Effectivement de coté la aussi, dans
l'autre direction, on dirait des panaches de fumées noires dans le ciel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils défilent ainsi, au pas de course. Une véritable petite armée, jeune , très
jeunes, génération &amp;quot;boulfaale&amp;quot; comme ils se nomment eux mêmes. Les plus grands
ont l'air costauds, déterminés et sérieux. Impressionnants. Parmi eux, les plus
jeunes s'amusent. Des gamins, même dix ans, qui ont souvi le groupe parce que
c'est amusant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bientôt la fleuve humain se tarit. La rue retombe dans un calme suréaliste. Les
voisins s'interpellent, commentent, rendent un verdict amère sur les dérives de
la jeunesse, rappelent peut etre avec un peu de nostalgie l'époque forcément
meilleure de leur jeunesse. Puis après un hochement de tête résigné rentrent
chez eux. Leurs enfants qu'ils n'ont pas pu (?) empécher de suivre la vague
raconteront à leur retour les scène de batailles, les blessures ouvertes, les
ambulances, puis la police et les grenades lacrymogènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui on en est là...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'air de mon vieux quartier de la Médina en a porté les premiers frémissements
dépuis des semaines déjà, puis c'est devenu petit à petit le bruit de fond de
nos journées, le ton montant progressivement jusqu'à devenir une sorte de
tension preque éléectrique qui chargeait l'air le jour où ça devait avoir
lieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un match de foot. Une finale des hivernales, les navetanes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tension electrique se finit en explosion. De joie d'abord pour les
vainqueurs, de violence ensuite dans ce qui est devenu la traditionnelle
troisième mi-temps de ces matchs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prudemment perché au balcon, j'ai regardé passer ces explosions successives qui
crachent leurs marée de manifestants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y bien sur pour moi la dedans une petite histoire personnelle, celle banale
du temps qui passe, des années qu'on prend et des petis choses dans le
quotidien auxquelles on les mesure. En effet, la marée des supporters a changé
sous mes yeux. D'abord une marée d'adultes à mes yeux d'enfant, puis une foule
d'adolescents de mon age , c'est desormais une masse de jeunes que j'observe du
haut de ma trentaine. Oui banale histoire de moi qui vieillit et des supporters
qui ont toujours le même age. Je regarde mon nombril et me morfond mais bah
..&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'autre histoire, la vraie la terrible histoire, c'est celle de l'avenement au
fil des ans, sous mes yeux résignés, d'une nouvelle tyrannie. Ce n'est pas la
nostalgie qui parle quand je dis qu'avant cela ne passait pas ainsi. Les
hivernales se sont bien transformées petit à petit. D'une activité des vacances
scolaires qui réunissait la jeunesse du quartier dans de multiples
confrontations bon enfant avec d'autres quartiers alentours, ces joutes sont
devenues des affrontements guérriers où la moindre rencontre se paie très chers
en batailles de rue, en casses et vandalisme, en victimes mutilées a vie,
....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me souviens de ce texte de Platon placardé dans toutes les classes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;em&gt;Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les
enfants,&lt;br /&gt;
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,&lt;br /&gt;
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les
flatter,&lt;br /&gt;
Lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois, parce qu'ils ne
reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne,&lt;br /&gt;
Alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse,&lt;br /&gt;
le début de la tyrannie.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Platon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Oui je retrouve bien la tyranie de Platon dans la marée qui passe devant chez
moi et dans les hochements de têtes des mes voisins qui rentrent chez eux
attendre que leurs enfants reviennent de ces batailles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun des jeunes (oui je suis bien obligé de les nommer ainsi) qui constituent
cette foule violente est un enfant que personne n'a forcé rentrer à la maison,
à qui personne n'est venue tirer les oreilles et demander des comptes sur son
attitude dans la rue. Et chacun de ses groupes qui s'afrontent, est une bande
de jeunes qu'aucune autorité du quartier, un ainé respecté, un viellard craint,
n'est vénu prendre en main pour leur dire ce qui est mieux pour eux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amateur de causes profondes, je me demande evidemment ce qui a changé pour
qu'on en arrive là. Je ne sais pas. Je sais que la réponse n'est jamais simple
quand on par le de phénomène sociaux. Alors je vais chercher partou en meme
temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans l'abrutissement individualiste qu'impose la vie urbaine, cet
abrutissement qui met fin aux communautés et à la prise en charge collective de
la jeunesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans la pauvreté urbaine et la misère sociale qui ont fait que chaque enfant
nait devant un horizon bouché où le seul modèle se présente sous les traits de
El Hadji Diouf, enfant terrible, violent, batailleur, indiscipliné, insolent
... riche et aimé de tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans la perte des valeurs morales qui font que chaque jour le moindre
politicien ou responsable public corrompu vient se pavaner avec arrogance
devant ces jeunes, sapant la valeur de l'autorité administrative et invalidant
tout sermon sur la vertu d'un comportement plus exemplaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans le spectacle désolant de nos dirigeants qui se batttent tant pour le
butin national qu'ils en ont oublié de sauver les apparences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Dans l'avénement des nouveaux modèle de nos dirgeants, des ces ministres qui
ont acquis leur responsabilité, malgré leur caractère surlfureux, simplement
parce qu'ils ont affiché la témérité, la violence militante et le manque total
de respect envers toute autorité non rallié à leur camp et l'insolence qui a
cloué le bec à tous leurs adversaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne sais pas trouver une cause profonde immédiate à ceci mais je sais une
chose : c'est que c'est là le sympotome de ce genre de décompostion sociale qui
méne si facilement aux guerres civiles et aux enfants soldats du Libéria et du
Sierra Leone.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/11/13/en-toute-beaute-et-en-toute-jeunesse-le-debut-de-la-tyranie#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dakar, la grande mendicité africaine</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/09/06/Dakar-la-grande-mendicite-africaine</link>
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    <pubDate>Wed, 06 Sep 2006 01:44:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Dakar</category><category>Dans la Rue</category><category>Mendiant</category><category>Société</category><category>Sénégal</category><category>Talibé</category>    
    <description>&lt;p&gt;Ce doit effectivement être une des images les plus marquantes pour le
visiteur à Dakar. Lorsque sa voiture à parcouru l’avenue Roume, longeant le
Palais de la République, palace colonial aux épais murs blancs dont les grilles
dévoilent un jardin tropical toujours superbe, passant sous les grands arbres
qui bordent l'avenue et dont les cimes se joignent au dessus de la chaussée
pour lui donner un voûte verte et ombragée, débouchant ensuite sur la Place de
l’Indépendance et son étonnant mélange de Building moderne et de vielles
battisses coloniales, quand enfin ayant fait le tour elle s’arrête au feu
devant la BICIS, le visiteur qui savourait la beauté du Plateau découvre
soudain son autre visage : la nuée miséreuse des mendiants voletant autour de
sa voiture.&lt;/p&gt;    Tac ! par ici et c’est un aveugle qui la heurte de sa canne au bois lissé au
fil des ans par ses mains rugueuses et qui dirige vers lui ses orbites creuses
et ses paupières affaissées tendant une main crochue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toc ! de l’autre coté et c’est une vielle dame qui implore le regard pétillant
d’espoir, le sourire édenté et la peau toute frippée achenvant d’en faire une
universelle grand-mère qu’il est d’autant plus dur à ignorer .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la vitre avant, un talibé, laisse déjà monter sa complainte, un bout de
verset coranique chanté dans une voix chevrotante, et dans laquelle l’oreille
profane n’entendra peut être que la belle mélancolie mais où un autre plus
renseigné notera également les erreurs et défaillances qui trahissent une
éducation négligée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière le talibé une femme portant au dos et dans les bras ses jumeaux
annoncera « Seex ya ngi yelewaan ! » tandis que mille bouches bourdonnent
autour de la têtes des bambins qu’un soleil implacable achève de rendre
malades.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu'à présent cette image venait même en surprise au touriste éperdu à qui
les dépliants avaient plutôt vendu les fleurs et milles couleurs du marché
Kermel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Surprise il n’y aura desormais plus. Du moins pour certains...&lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
En effet j’ai découvert le mois dernier sur l’édition en ligne du New York Time
&lt;a href=&quot;http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F60915FE395A0C728EDDA10894DE404482&quot;&gt;
cet article&lt;/a&gt; titre « Spare Change Is Big Business in a Culture of Generosity
» (il faut être enregistré. Sinon vous le trouverez copié &lt;a href=&quot;http://www.mail-archive.com/ugandanet@kym.net/msg23159.html&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai été étonné que, pour une fois que le NY Times parlait du Sénégal, qu'il
ait choisi ce sujet et cet angle d'attaque (et pas la complainte habituelle sur
le sort de talibé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un &lt;a href=&quot;http://www.google.sn/search?hl=fr&amp;amp;client=firefox-a&amp;amp;rls=org.mozilla%3Afr%3Aofficial&amp;amp;q=Senegal+Beggars&amp;amp;btnG=Rechercher&amp;amp;meta=&quot;&gt;
coup de google&lt;/a&gt; plus tard, j'avais lu le même article (par Elisabeth
Dickinson) sur le site du &lt;a href=&quot;http://www.iht.com/articles/2006/08/21/news/beggars.php&quot;&gt;International Herald
Tribune&lt;/a&gt; puis trouvé un &lt;a href=&quot;http://www.ronntaylor.com/bulbs/000818.html&quot;&gt;blogueur&lt;/a&gt; qui y fait
référence. L'article fait donc tache sur le web et probablement sur le futur
touriste américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &lt;a href=&quot;http://www.google.sn/search?q=S%C3%A9n%C3%A9gal+Mendicit%C3%A9&amp;amp;start=0&amp;amp;ie=utf-8&amp;amp;oe=utf-8&amp;amp;client=firefox-a&amp;amp;rls=org.mozilla:fr:official&quot;&gt;
recherche en français&lt;/a&gt; m'a donné l'occasion de lire l'assemblage
d'affirmations péremptoires et d'opinions limités au point de vu touristique
que le site &lt;a href=&quot;http://www.senegalaisement.com&quot;&gt;www.senegalaisement.com&lt;/a&gt; présente &lt;a href=&quot;http://www.senegalaisement.com/senegal/mendicite.html&quot;&gt;sur le sujet&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela m'a donné envie de revenir sur certains points pour apporter des
précisions qui échappent peut être facilement à ceux qui ont écrits dans ces
deux cas sur le phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les talibés, pour commencer par ce sujet qui touche le plus et fait couler
le plus d'encre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'abord il faut dire qu'en monde rurale les talibés ne mendient pas. Ils
travaillent aux champs et le fruit de la récolte les nourrit largement. Le
phénomène est donc urbain quasi exclusivement (il est d’ailleurs intéressant de
le voir présenté comme sénégalais. Le Sénégal n'est pas encore réduit à au
monde urbain).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mendicité actuelle des talibés actuelle de Dakar et d'autre grandes villes
sénégal est une déformation d’une mendicité différente à l’origine, et qui
existait dans les villes hebergeant de grandes écoles coraniques :&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Elle ne portait pas sur l'argent mais seulement la
nouriture&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le talibé ne trainait pas dans les rues mais allait de maision en maison,
dans un circuit où il avait souvant ses habitutudes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le but avoué était aussi bien nourricier que formateur à un certain
ascétisme et à la vie à la dure&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
La dénaturation de la mendicité des talibés en une mendicité de la pauvreté et
de l’exploitation relève de la dénaturation de l’école coranique en un lieu de
débarras d’enfants à charge pour famille miséreuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au dela du cas des talibé, si la mendicité de manière plus générale est en
constant développement à Dakar, c'est que la pauvreté est en constant
développement à Dakar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le phénomène reste limité à Dakar et aux autres villes mais ne touche pas
en campagne : le phénomène est urbain. Pourquoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Probalement parce qu'au village les mécanismes traditionnels de solidarité
fonctionnent encore. Ces mécanismes comprennent par exemple :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le remariage systematique (et souvent juste formel) des veuves âgées au
sein de la famille du mari décédé, garantissant une prise en charge des
orphelins&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les aides spontanées fournies au moment des récoltes au familles les plus
démunies qui leur donnent un stock essentiel de vivres&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La solidarité familiale en génral&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi la mendicité reste une réponse urbaine, surtout dakaroise, à la
déliquescence des nos économies et (incidemment ?) de nos sociétés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'ailleurs ceci explique au moins autant que les questions culturelles que
certaines ethnies peu présentes dans les villes restent épargnées par la
mendicité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dakar capitale régionale de la mendicité ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ce qui m'a interpellé c'est que Le NY Times comme la Banque Mondiale
insistent sur l'existence d'un afflux de mendiants de la sous région (Mali,
Guinée) qui convergeraient à Dakar attirés par la réputation de générosité de
sa population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avoue avoir entendu évoquer dans mon entourage cette forme étonnante de
migration mais avoir voulu l'ignorer comme une stigmatisation des étrangers.
J’avais tort. En effet on constate assez facilement la présence aux feux de
mendiants ne s'exprimant pas en wolof mais en Bambara ou en Dioula.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plus grande générosité des dakarois est ici expliquée par la religion. Ah...
tiens ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis surpris que tout ce beau monde se contente de l’explication religieuse.
D’abord les maliens et guinéens pratiquent la même religion que les sénégalais
et adhèrent au même confréries sunnites. Pourquoi donc trouverait-on à Dakar
plus de fervent pratiquants de l’aumône que qu’a Bamako ou Conakry?
L’explication semble insuffisante ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne m’etonne pas vraiement que le NY Times se soit arreté à cette explication
: elle prouve le biais de la presse américaine qui, emporté par la rhétorique
de clash des civilisations et par l’islamophobie/arabophobie ambiante, en vient
à retenir d’abord les explications religieuses. En fait la première
caractéristique qui intéresse desormais l’Amérique, c’est la religion (muslmane
ou non) de son interlocuteur. Au final, ceci explique même pourquoi le NY Times
a fait cet article là sur le Sénégal. Il y a dedans tout ce que son lectorat
veut voir sur un pays africain : la misère, le malheurs des enfants, de la
réligion mulsmane pour pays arriéré, ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et pour couronner la vision très américaine des choses, on a même l'approche
business débrouillarde du mendiant handicapé. Il ne manque que la success story
de l'ex mendiant devenu milliardaire pour parfaire le rêve amércain.Vous en
connaissez peut etre un ... ?&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/09/06/Dakar-la-grande-mendicite-africaine#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ce qui va mal à Dakar selon le Sud Quotidien</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/25/Ce-qui-va-mal-a-Dakar-selon-le-Sud-Quotidien</link>
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    <pubDate>Fri, 25 Aug 2006 02:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Sommes nous urbains?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est la question que titre l'éditorial du &lt;a href=&quot;http://www.sudonline.sn/&quot;&gt;Sud Quotidien&lt;/a&gt; d'hier (hélas, ils ne laissent pas
sur leur site de lien vers les articles des jours passés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Sommes nous urbains&amp;quot; s'interrogait donc l'editorialiste en se désolant des
habitudes de l'animal dakarois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout y passe.&lt;/p&gt;    Notre propension à jeter par terre le papier journal emballant les coques
d'arachides grillées qu'on vient de finir ? A-urbain dit il, m'initiant au
passage à un vocabulaire que je le supconne d'avoir inventé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nouvelle occupation nocturne faovrite des jeunes Dakarois, la vraie joie des
pauvres des quartiers populaires,qui n'est pas ce qu'on a toujours cru se
dérouler dans la langueur des nuits étouffantes d'hivernage mais consiste
plutot à brancher un haut parleur grinçant pour y crier leur enthoisiame
religieux jusqu'aux aurores ? A-urbain dit notre éditorialiste de ses divins
DJ,...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conduite des Dakarois qui ressemble parfois à une chasse ouverte au piéton
imprudent et d'autres fois à une expression collective du rejet de toute règle
de conduite ? A-urbain confirme notre éditorialiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'occupation sauvage des espaces publiques par la horde de marchands de
l'informel ? A-urbain dit-il...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais que veut donc dire par ce &amp;quot;a-urbain&amp;quot; ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
Il nous l'explique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous explique que Dakar est peuplé en majorité de gens issus de l'exode
rurale. Ou nés de parents issus de l'exode. Bref des immigrants. Il nous
explique comment ces gens là ont construit des habitudes sociales dans un cadre
non urbain et les transposent à Dakar causant du coup tous ces maux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c'est la que je ne suis pas du tout d'accord avec lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet que dit il au fond ? Que ce manque de respect de la chose publique
(&amp;quot;&lt;em&gt;mbed mi bedu buur la&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&amp;quot; cite-t-il comme slogan typique, à
juste titre), ce manque de conscience de l'intéret général, serait un resultat
d'une mentalité provinciale ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est vite dit je trouve. Et il occulte beaucoup de choses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il oublie d'abord de préciser que dans ces vieilles campagnes que dépeuple
aujourd'hui l'exode rural, il a existé longtemps des mécanismes efficaces de
gestion de la chose publique (comme le montrent très bien Olivier et Catherien
Barrière dans leur livre disponible &lt;a href=&quot;http://www.fao.org/DOCREP/W3723F/w3723f00.htm#Contents&quot;&gt;en ligne sur le site
de la FAO&lt;/a&gt;)avant que le pouvoir colonial puis l'etat indépendant ne
remplacent ces mécanismes par une Administration beaucoup moins efficace qui,
népotisme, corruption et clientélisme politique aidant, n'a certainement pas
encore convaincu de son sens de l'intéret général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il oublie de préciser que l'indiscipline féroce des conducteurs Dakarois est un
phénomène totalement urbain très loin de la courtoisie qui règne entre
charettes sur les sentiers du Saloum (quoi vous n'avez jamais subi un
embouteillage de charettes un jour de loumo*&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;*&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;sur une des bourgades qui longent la
nationale 1 ?)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il oublie que le manque de respect du voisin qui permet les sonos hurlantes des
soirées religieuses ne peut exister dans un village où le voisinnage est encore
une parenté et où l'individualisme urbain n'a pas cours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il oublie en gros que si Dakar est peuplé en majorité de gens issus du millieu
rural,&lt;br /&gt;
ceux ci ont quitté une monde plutot organisé (ou qui l'était il y a peu) pour
entrer dans une jungle sans code, nos villes saheliennes à la croissance
incontrolée, à la voirie inexsitante et dont les mairies, normalement
dépositaires de l'autorité et du pouvoir de gestion de la chose publique au
niveau locale, sont juste un autre lieu de gestion patrimonial d'un pouvoir qui
est tout sauf gardien de l'intéret général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S'il faut chercher quelque part l'origine de l'anarchie urbaine, c'est peut
etre bien dans l'echec d'un pouvoir trop longtemps aux mains d'une caste
politique qui l'a accaparée pour ses intérêts propres tuant par sa corruption
et son clintèlisme tout notion de bien public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question difficile pour moi et sur laquelles les sociologues et historiens
auront peut etre beaucoup à dire, c'est celle des origines de cette approche du
pouvoir public. Un héritage colonial ? Une simple circonstance historique qui a
placé le pouvoir tout neuf au lendemain de l'indépendance entre de mauvaises
mains ? Une autre facette de notre aliennation culturelle ? Un vice inhérent à
notre culture comme le diront les plus cyniques ? Un retard de nos sociétés
dans la construction d'entités nationales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchement, je ne sais pas. Et vous?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;color: rgb(102, 102, 0);&quot;&gt;*&amp;quot;La voie publique appartient au roi/ à
l'etat&amp;quot;. Réponse classique du Dakarois a qui ont reproche de maltraiter cette
voie publique. Sous entendu elle n'est à perosnne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(102, 102, 0);&quot; class=&quot;fullpost&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic; color: rgb(102, 102, 0);&quot;&gt;*&lt;strong&gt;loumo&lt;/strong&gt;: marchés
ruraux souvent hébdomadaires. Vielle tradition recemment découverte par les
officionados des NTIC qui ont inventé le concept &lt;a href=&quot;http://www.osiris.sn/article2286.html&quot;&gt;Cyber Louma&lt;/a&gt; qui ne cessera jamais
de m'amuser&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/25/Ce-qui-va-mal-a-Dakar-selon-le-Sud-Quotidien#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Il n'y pas  de chomage au Sénégal</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/20/Il-ny-pas-de-chomage-au-Senegal</link>
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    <pubDate>Sun, 20 Aug 2006 18:20:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je vous assure... Il n'y a pas de chômage au Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah... je te vois d'ici, Internaute sceptique, qui lève un sourcil ironique
devant cette hallucinante déclaration, te demander si je vais partir dans une
pirouette rhétorique qui prouvera une fois pour toute que j'ai le mensonge
assez effronté pour mériter un siège à l'Assemblée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de chômage au Sénégal qu'est ce qu'il raconte nous là ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais si, j'insiste. Il n'y pas de chômage au Sénégal. Je vais vous dire
pourquoi ...&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;Vous en Europe, là bas.... Allumez votre téléviseur et
regardez un Journal complet. A tous les coups le chômage s'invitera dans votre
salon : on lui prendra ses mensurations (&amp;quot;... &lt;em&gt;le chômage passe sous la
barre de 12 % de la population active. Le Premier ministre se
félicite...&amp;quot;&lt;/em&gt;), on lui cherchera des raison d'être (&amp;quot;.&lt;em&gt;.. le chômage
existe pour permettre aux patrons....&lt;/em&gt;&amp;quot;) on lui trouvera des relations
sulfureuses (&amp;quot;&lt;em&gt;...le leader du parti nationaliste maintient qu'il existe un
lien entre le chômage et l'immigration ...&lt;/em&gt;&amp;quot;), on lui prédira un avenir
radieux (&amp;quot;&lt;em&gt;... si la France ne mène pas les réformes nécessaires, le chômage
a de beaux jours...&lt;/em&gt;&amp;quot;) ou alors une mort certaine (&amp;quot;.&lt;em&gt;.. le candidat de
la gauche veut mettre fin au chômage...&lt;/em&gt;&amp;quot;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hors de la télé, vous rencontrez le chômage dans votre quotidien, déjà dans le
métro où le mendiant vous raconte sa vie avec lui (&amp;quot; ... &lt;em&gt;messieurs esdames,
je suis au chômage depuis quatre ans... une petite pièce..&lt;/em&gt;.&amp;quot;), au bureau
où son spectre menaçant vous hante (&amp;quot;&lt;em&gt;... je te jure, si j'accepte pas ce
que le chef dit, je risque le chômage moi, ....&lt;/em&gt;&amp;quot;). Il est au coeur des
préoccupations des experts qui se penchent sur son cas, l'étudient, l'analysent
avec brio parfois...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah et puis il a plusieurs visages. Il y a le Chômage des Jeunes qui frappe
traîtreusement les forces vives et les laisse sans RMI ni ASSEDIC. Il y a le
Chômage Longue Durée qui devient plus coriace au fil des années et laisse peu
d'espoir à ces victimes. Il y a le Chômage des Seniors (ah les Seniors... plus
de vieux maintenant) qui est cruel et n'a aucun respect pour l'age. Il y a le
Chômage des Diplômés, qui surprend tout le monde en s'attaquant aux grosses
têtes. Il y le Chômage des Banlieues, qui refuse de voir les choses en
&amp;quot;&lt;strong&gt;faciès&lt;/strong&gt;&amp;quot;. Il y a le Chômage Qui Ne Dit Pas Son Nom qui
perturbe les statistiques et que les gouvernants ne veulent pas voir en
peinture (ou en tableau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui vous avez compris... le chômage est présent partout, au coeur du débat
politique et social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceux qui sont au Sénégal ont déjà deviné le sens de mon propos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chômage ? Ici ? Rarement entendu parler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas au 20 h de la RTS, pas sur les &amp;quot;xibaar&amp;quot; de Walf FM, pas à la une du &amp;quot;Sud
Quotidien&amp;quot;... la presse n'a pas l'air de connaître ce mystérieux bonhomme. Ou
alors elle ne l'aime pas trop. En tout cas, il est rare de rencontrer le
chômage au détour d'un article ou d'un édito. Ses mesures qui font les gorges
chaudes ailleurs n'intéressent apparemment personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de chômage non plus dans l'arène politique. Ou bien … ah … si attendez...
je crois me souvenir d'une promesse de campagne en 2000... Ou avant cela
encore, la terrible époque du chômage des maîtrisards que le régime de Diouf
essaya d'éradiquer en les transformant en Boulangers....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non sérieusement, le chômage par ici on ne connaît pas trop. Du moins pas en
tant que phénomène faisant l'objet d'un traitement particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi donc ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regardons les chiffres : &lt;strong&gt;48 % de la population active est au
chômage&lt;/strong&gt; (&lt;a href=&quot;http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/AFRICAINFRENCHEXT/SENEGALINFRENCHEXTN/0,,menuPK:461591%7EpagePK:141159%7EpiPK:55000052%7EtheSitePK:461478,00.html&quot;&gt;d'après
la banque mondiale&lt;/a&gt;, le MEF français annonce 40 %).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne sais pas trop comment ce chiffre est obtenu par nos amis de la Banque
Mondiale (est ce qu'il comptent comme 0.75 chômeur mon cousin paysan qui ne
travaille que les trois mois de l'hivernage ?) mais il apparait énorme comparé
aux 10 à 12% qui traumatisent la France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait il qu'avec des taux pareils on ne parle jamais du chômage
?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eh bien a regarder le Journal Télévisé au Sénégal on sait facilement pourquoi.
Ici, l'hôte obligé de votre JT, celui dont on cherche à connaitre les mesures,
celui dont on trouve tous les jours la raison d'etre et auquel on promet une
mort prochaine, c'est le &lt;strong&gt;&lt;em&gt;sous-developpement&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aah... hideux monstre que celui ci. A lui tout seul, le sous-developpement
contient non seulement le chômage, mais l'analphabestisme, la pauvreté, la
malnutrition, la mortalité infantile, la corruption, les risques de guerre
civile ou pas, .....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne parle pas de chômage au Sénégal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait l'existence d'un marché de l'emploi qui absorbe presque toute
la population active : le chômage c'est les restes!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait une économie plus active avec de multiples secteurs où
foisonnent les entrepsies suceptible d'employer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait une économie plus formelle dans laquelle on sait compter
l'emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela supposerait tellement de choses qui marchent plus ou moins pour qu'on
puisse se pencher sur un &lt;em&gt;détail&lt;/em&gt; comme le chômage ...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non... on n'a pas de chomage au Sénégal. On n'est pas encore assez developpé
pour ça ...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Pirogues de l’Infamie 3 : Une histoire individuelle de l’émigration clandestine</title>
    <link>http://blog.doomurewmi.net/post/2006/08/12/Les-Pirogues-de-lInfamie-3-%3A-Une-histoire-individuelle-de-lemigration-clandestine</link>
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    <pubDate>Sat, 12 Aug 2006 17:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Doomu Rewmi</dc:creator>
        <category>Chroniques d'une société dérèglée</category>
        <category>Emigration</category><category>Pirogues</category><category>Société</category><category>Sénégal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Oui, oui, … on a assez entendu parler de ces émigrés clandestins qui partent
à l’assaut des frontières africaines de l’Europe, sur les clôtures de l’enclave
de Ceuta ou à travers le détroit de Gibraltar, dans des petits bateaux vers les
cotes italiennes ou sur des &lt;a href=&quot;http://www.rfi.fr/actufr/articles/081/article_46122.asp&quot;&gt;pirogues de fortunes
vers les canaries&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
On les a vus, recueillis par les secouristes, fatigués, blessés, le visage
livide, grelottant dans des couvertures ou affalés sur des brancards, le regard
perdu au loin, entre les vagues qui ont failli les engloutir….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais avez-vous essayé, en scrutant ces traits tirés au bout d’un voyage
cauchemardesque de deviner l’itinéraire d’un de ces réfugiés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’en connais un.&lt;/p&gt;    &lt;br /&gt;
Laissez moi vous conter son histoire ...&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est originaire de Kaolack, ancienne capitale florissante de la région du
&lt;a href=&quot;http://www.au-senegal.com/decouvrir/geo_saloum.htm&quot;&gt;Sine-Saloum&lt;/a&gt;,
bassin arachidier, carrefour du commerce de cette graîne dont la culture et
l’exportation ont été la spécialité du Sénégal colonial. Aujourd’hui, c’est une
ville frappée de plein fouet par la&lt;/span&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ifpri.org/divs/mtid/dp/mssdp17.htm&quot;&gt;sinistrôse du secteur
arachidier&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;fullpost&quot;&gt;; une ville qui continue pourtant une
croissance débridée alimentée par sa position géographique qui en fait toujours
le lieu de transit de beaucoup d’échanges vers les régions intérieures ainsi
que les pays voisins. Kaolack, c’est une gigantesque 