Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane

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Chroniques d'une société dérèglée

Mes regards sur la société sénégalais et ses convulsions.

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dimanche 23 mars 2008

Ma grand-mère et les mutants

Ma grand-mère a plus de cent ans maintenant. Bon pied bon oeil comme on dit. Elle vit dans notre village du Saloum un peu loin de Dakar, mais je lui parle souvent. Oui dans ce village, où ni l'électricité, ni l'eau courante n'ont encore cours, le réseau mobile apporte déjà tous les échos de la modernité. Je la vois d'ici se lever de sa démarche fragile, se saisir d'un pot en fer blanc et aller se servir à boire de l'eau fraîche dans la jarre en terre cuite qui a toujours occupé le même coin sombre et frais de sa case. Puis elle revient s'asseoir et reprendre sa conversation avec moi à Dakar ou avec ses arrières petites filles à Paris, peut être avec mon frère dans le Midi, ma soeur en Allemagne ou l'autre qui vit en Asie. Pourtant, Quand elle était jeune fille, ma grand-mère, on n'avait jamais entendu parler de ces pays. On n'avait même jamais vu au village ces étranges hommes blancs dont on entendait parler depuis peu. Il y avait encore des royaumes qui guerroyaient et de dangereux chevaliers qui enlevaient des jeunes filles comme elle pour les emmener on ne sait où. Mais vingt ans plus tard, elle prenait déjà la voiture pour la première fois et une décennie après elle se rendait en ville pour visiter ma mère. Elle y retournera souvent, l'aventure devenue banale. Les jeunes du village osaient déjà écouter en cachette de leurs parents la voix diabolique de la radio. Deux décennies encore et son petit-fils, un de mes cousins, prenait l'avion pour aller vivre et étudier en Europe. Un autre suivra, puis d'autres. Jusqu’à ce qu'elle se retrouve accrochée à un téléphone portable pour répondre aux questions candides et mais terriblement incisives de son arrière petite fille parisienne.

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samedi 23 février 2008

Fêtes sous tous les tons : Tabaski - Aid El kabir - Fete du Mouton (1)

Tabaski. Aid El Kabir. La fête du mouton.

Il y a bien sur dans ces diverses appellations d'une fête plusieurs manières de la percevoir. Plusieurs perceptions qui ont traversé ma vie si bien qu'il m'arrive de me demander régulièrement s'il s'agit de la même fête. Est ce que la Tabaski de mon enfance dakaroise a quelque chose à voir avec l'Aid de mon ami Youcef à Paris ou la « Jouldé » de mon cousin au village ? Et quel est le lien entre tout ceci et la stupide image de "mouton dans la baignoire" facilement évoquée par certains pour alimenter les xénophobies ? Cette année tandis que je regardais venir la fête à Dakar, sous un angle encore nouveau pour moi pour des raisons que j'expliquerais, j'avais envie de passer en revue tous les avatars de cette fête que je connais.

Cela commence bien sur, il y a pas mal de temps, à Dakar, dans la tête d'un enfant ....

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vendredi 14 décembre 2007

Tiken Jah honoré d'une tenative de censure au Sénégal

J'ai été carrément incrédule de la rumeur, puis j'ai vu la dépêche de l'agence sénégalaise de presse : Tiken Jah Fakoly, qui vient de tenir deux concerts à Dakar ce mercredi, est déclarée persona non grata au Sénégal affirme le ministère sénégalais de l'intérieur.

La déclaration n'est pas que révoltante à plus d'un titre elle est tout simplement ridicule et absolument mal  pensée.

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lundi 3 décembre 2007

Théorie de la bulle (ou la démission des "élites" sénégalaises!)

Beaucoup de mes amis sont ce que j'appelle des citoyens de la bulle. Comme moi.

Ils sont cadres supérieurs dans le privé. Ils gagnent 10 à 40 fois le salaire minimum légal sénégalais. Il ont un Bac+5 souvent obtenu en Europe ou aux USA. Ils ont souvent aussi un passeport étranger en poche : un double nationalité. Leurs enfants vont au Cours Privé "Les Maristes" ou équivalent. Ils prennent leurs vacances en Europe. Ils ne se souviennent pas de la dernière fois qu'ils ont pris un car rapide ou un bus. Ils savent rarement dire combien coûte un kilo de riz vendu au détail.

Et, au fond, ce sont tous des inconscients!'

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dimanche 23 septembre 2007

Définir l'indécence

INDÉCENT, -ENTE adj. XIVe siècle. Emprunté du latin indecens, « inconvenant ». Qui est contraire aux convenances, aux usages ; qui choque le sens moral. S'en aller si tôt serait indécent. Un luxe indécent. Il est indécent de se plaindre ainsi. Spécialt. Qui blesse la pudeur. Des paroles indécentes. Une tenue, une posture indécente. Un geste indécent. Par ext. En parlant d'une personne. Vous êtes indécent.

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lundi 10 septembre 2007

Habitat contre Habitudes

Samedi dernier, j'ai dîné au milieu de la rue, en plein air.

Nous étions des douzaines sur la chaussée, réunis autour de larges plateaux remplis de succulents et dangereusement riches plats de fêtes sénégalais, sirotant nos jus de fruits, échangeant répliques et éclats de rires d'un groupe à l'autre. Un véritable banquet sur la voie publique.

Une scène pourtant classique à Dakar.

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dimanche 9 septembre 2007

Culture Shock and the Devine surprise

Culture Shock n'est pas seulement le titre accrocheur d'une note à propos de l'utopie la plus enthousiaste que j'ai jamais lue (La Culture décrite par Iain Banks, dans certain de ces romans). Culture Shock est un terme désignant ce qui se passe quand un individu découvre à ses dépens et parfois à son insu les différences profondes entre sa société et une autre qu'il rencontre. Culture Shock est le terme à proposer à Patrick Devine, jeune irlandais qui vient de passer un mois en prison au Sénégal pour avoir tenté de se faire prendre en photo fesses en l'air devant la Gouvernance Saint Louis.

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jeudi 23 août 2007

Mots de Jubilation

Tentant de me défendre de la réputation de spleener invétéré que me donnent mes envolées lyriques où la mélancolie se fait passer pour de la profondeur, j'avais promis, en réponse à un commentaire sur mes mots de lamentation, des mots de jubilation.

Je me voyais déjà tentant d'extraire des recoins sombre de mon humeur triste une lueur de joie à partager et l'exercice me déprimait d'avance. Eh bien cela n'aura pas été difficile. Des mots jubilatoires j'en ai eu plein le Dimanche 12, au Just 4 U, lors de la soirée SLAM que nous ont offerte avec beaucoup de talent la petite bande du Victorian Bantu.

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samedi 26 mai 2007

Mots de consolation

Cousin H est mort.

D'un coup comme ça.

Comme on meurt en contrée mal développée : plutôt jeune, plutôt pauvre, suite à une crise soudaine d'une maladie non identifiée, laissant de jeunes orphelins et une veuve sans soutien.

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samedi 7 avril 2007

Apprentis sages (4) : Allez et (sur)peuplez la terre... du Saloum.

Je reviens dans la série des Apprentis-sages pour cette fois ci abandonner mes pauvres cousins face aux défis de la Ville et aller voir un peu ce qui se passe du coté de ceux qui sont restés au village.

Oui, c'est toujours la révolution dans la petite vie de mes cousins, de mon village, la -bas dans le bassin arachidier, anciennement vivier de riches négociants aujourd'hui source privilégiée de nouveaux boat-people.

Et comme toute révolution, celle-ci nait dans la tension d'un conflit.

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